La hype du moment aux Pays-Bas, c'est la question du meilleur et du pire politicien de l'année. Cette année, on a Wouter Bos comme meilleur, et Gert Wilders comme pire. Plus ou moins l'inverse de l'année derniers. On retrouve dans le tiercé perdant Rita Verdonk, et chez les gagnants Alexander Pechtold. Bon, ça a la valeur qu'on accorde aux sondages. "Yawn..." (baillement) comme dit Lewis.
Plus intéressant est le changement qui a lieu dans le projections de voix et de sièges à la Deuxième Chambre: Rita Verdonk comme Gert Wilders se tassent sévèrement, les travaillistes remontent et les gentils partis (GroenLinks, D66) regagnent ce qu'ils avaient perdu récemment. Ça ressemble terriblement à une stabilisation de la politique néerlandaise: une extrême-droite présente mais pas dominante, une extrême gauche présente mais pas du tout en état de gouverner, des partis du centre qui ronronnent, allez vous coucher ma bonne dame, tout est sous contrôle.
Mon impression? Qu'une fois que les crises d'identité retombées, on s'occupe à nouveau de l'économie, et que le clivage gauche/droite recommence à faire sens. C'est une bonne nouvelle, parce qu'on va enfin pouvoir parler de choses sur lesquelles le gouvernement peut vraiment agir. La mauvaise nouvelle, c'est que les citoyens que l'extrême-droite et l'extrême-gauche avaient réveillés chacune à leur manière vont à nouveau se détourner de la politique. Les partis gouvernementaux doivent être soulagés, mais je ne sais pas si c'est vraiment une victoire pour la démocratie. Car, je vous le rappelle, la démocratie ce n'est pas la dictature de la majorité, mais bien le régime qui prend en compte aussi les minorités. Toutes. On en est encore loin.
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samedi 13 décembre 2008
jeudi 4 décembre 2008
Wifi.. ah, euh, heum, toi même!

Hier, Commission Transport & Entreprise (Verkeer & Ondernemen). C'était pas ça, vraiment. Tout d'abord, j'ai étudié les documents avec surprise, trouvant que vraiment je ne connaissais pas grand chose aux sujets... jusqu'à ce que je découvre qu'on m'avait envoyé les documents de la Commission Finances & Sécurité (qui a lieu la semaine prochaine). La photo ci-dessus le prouve. Juste quelques heures perdues pour rien, comme si je n'avais rien d'autre à faire.
Mais bon, je connaissais mon sujet, puisqu'on devait parler du wifi. Mon idée, dont j'ai déjà parlé sur ce blogue, est d'encourager les gens à partager leur wifi pour avoir moins de radiations, et inciter les cafés à proposer le wifi gratuit pour inciter les gens à ne pas utiliser ni wimax ni UMTS (qui ont des ondes très puissantes et méchantes). Rien d'obligatoire, juste une aide technique et un avis neutre pour les aider à ne pas se faire avoir par les vendeurs de KPN (ancien monopole d'État) et se retrouver avec des antennes qui ne marchent pas bien.
Je m'attendais à un débat intéressant. J'ai dû bien vite redescendre de mon nuage... La droite n'avait que le "marché" à la bouche, et quand je leur ai rétorqué qu'un marché (voir la définition d'un marché pur et parfait) doit pouvoir offrir la transparence de l'information, et donc que l'accès à l'information doit être possible à tous, la seule réponse à laquelle j'ai eu droit est flauwekul ("n'importe naouaque"), ce qui est vraiment un argument rationnel irréfutable. En gros la droite est contre l'intervention des autorités, même si cette intervention permettrait de s'approcher d'un marché parfait auquel ils disent aspirer. Je les aime bien, nos VVD, ils sont sympas et constructifs, mais là ils ont vraiment besoin d'un petit cours d'économie pour au moins être fidèle à leurs dogmes avec intelligence...
Les petits partis locaux, quant à eux, n'avaient aucune idée de quoi on parlait et ont essayé de nous rouler dans la farine avec des questions idiotes. C'était pas très malin, et c'en était franchement embarassant. Heureusement que nos partenaires de GroenLinks ont plein de neurdes dans leur parti et savaient exactement de quoi je parlais. Eux vont plus loin et pensent que l'arrondissement devrait installer des bornes. C'est une bonne idée, mais mes camarades de parti ne me suivront jamais dans une telle aventure, aussi parce que certains d'entre eux ne comprennent pas grand chose non plus, et puis parce que le parti travailliste est lui aussi contaminé par le mythe du marché-qui-n'existe-jamais.
La déception finale, ce fut l'échevin qui n'avait rien préparé et cela se sentait à des kilomètres. Heureusement, Willem Bos de l'association locale contre l'UMTS (lien), très à la pointe sur la question, est venu remettre les pendules à l'heure et a expliqué qu'un réseau dense de wifi était préférable à trois antennes wimaw ou UMTS pour la santé, que c'était un moindre mal si les réseaux étaient ouverts et que les gens partageaient leur antenne. Ouf.
C'était tellement affreux que j'en ai fait des cauchemars cette nuit. Des vrais rêves horribles qui vous réveillent. Plus concrètement, je vais venir avec une proposition commune avec GroenLinks en espérant qu'on ne va pas perdre encore un an avec des incompétants. Ah, dur la politique...
Après cela, on a parlé du mémo de D66 sur les crottes de chien. Les petits partis ont encore essayé de cacher leur nullité et leur manque de préparation en faisant des blagues éculées sur le fait que D66 n'avait rien de mieux à faire. Ah ah ah. (Not.) J'avais vraiment honte pour eux. Là encore, je vais voir avec le D66 (et GroenLinks, j'espère) comment les embarquer dans mon projet de tolérance envers les chiens sous appel et que ça débouche sur une initiative du Conseil. J'en reparlerai, natuurlijk.
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lundi 1 décembre 2008
Attaques territoriales

Aujourd'hui, j'ai reçu le complément "spécial arrondissements" de la compilation annuelle que nous offre le service Recherches & Statistiques de la commune d'Amsterdam. Pas de changement majeur par rapport à l'année dernière, sauf que nous avons perdu 300 habitants: le remplacement des familles logeant dans le social par des bobos sans enfants dans des immeubles privatisés commence à avoir des conséquences.
L'autre chiffre intéressant, c'est qu'Oud Zuid est l'arrondissement à la fois le plus néerlandais, le plus français et le plus portugais de la ville. Les allochtones (pour une grosse moitié occidentaux, pour une petite moitié non-occidentaux) forment encore un tiers des habitants, malgré la politique des corporations immobilières de suburbanisation des allochtones.
Par ailleurs, nous sommes en pleines discussions sur l'avenir des arrondissements amstellodamois. Qui va annexer quel quartier, qui va se marier à qui, qui va disparaître, ce sont les questions du jour. Une commission indépendante est chargée de délivrer son rapport à la mairie centrale très bientôt. Deux souhaits de nos voisins de ZuiderAmstel nous sont désormais connus: ils aimeraient soit annexer un quartier de Zuid, soit fusionner avec nous. Nous n'avons pas vraiment envie de nous faire découper, alors qu'administrativement on se remet à peine de la fusion entre le Pijp et Zuid. Une fusion donnerait un arrondissement géant (probablement appelé "Zuid") de plus de 130.000 habitants, à comparer aux 31.484 habitants d'Oud West ou aux 30.045 de Bos & Lommer.
Politiquement, ils ont 23 élus, dont 7 PvdA, 6 VVD, 2 GroenLinks, 2 CDA, 4 (ex-)SP. Si rien ne changeait aux élections cela donnerait, sur un conseil de 52 membres, 17 PvdA, 13 VVD, 8 GroenLinks, 3 CDA. Les possibilités de coalitions avec GroenLinks seraient plus compliquées (il faudrait au moins un ou deux élus d'un autre parti), alors qu'avec le VVD ce serait plus facile. Mais bon, d'ici les élections de mars 2010, tellement de choses peuvent arriver, comme une grosse crise économique ringardisant la droite néo-libérale, que tout peut changer.
La décision finale sera prise avant les élections, et par le Conseil de la ville centrale. En tant qu'arrondissement, nous n'aurons pas notre mot à dire. Suspense...
dimanche 30 novembre 2008
Waterschappen: pas encore ça

Oui j'ai voté pour les waterschappen il y a une semaine, mais mon enthousiasme commence à se transformer en effroi: il n'y a aucun(e) allochtone sur aucune des listes, ce qui est quand même fascinant en 2008. Allochtone weblog est outré, à raison d'ailleurs.
Pire encore, le CDA ne présente que des hommes, aucun ne venant d'Amsterdam (c'est vrai que le CDA ne cartonne pas vraiment ici), mais c'est surtout deux partis qui commencent à sentir leurs oreilles siffler: la liste Eigen Woning en Water (Habitation particulière et Eau, un parti de propriétaires) et celle de la Socialistische Waterschapvereniging (Union socialiste des waterschappen, qui dit vouloir défendre les locataires) sont toutes deux fondées par un loulou vaguement escroc qui a réussi à être élu (deux sièges pour chaque parti, quand même).
En regardant les résultats (lien), on voit que la participation a été faible (18,2%, contre 20,1% en 2004) et que l'équilibre politique de la région est ailleurs: 5 sièges pour les verts de Water Natuurlijk (l'Eau naturellement), 3 pour le PvdA, 3 pour le VVD (dont Anne-Lize van der Stoel, ancienne échevine de l'arrondissement du Centre), 3 pour le CDA, 2 pour chacune des listes bizares sus-citées, 2 pour le Partij voor de Dieren (le parti pour les animaux), 1 pour la ChristenUnie, et 1 pour deux listes traditionnelles. 9 femmes sur 29 (31%) ce n'est pas mauvais, ni fabuleux non plus.
Rob van der Bijl m'a dit de ne pas trop perdre de temps là-dessus, tant cette institution est, d'après lui, amenée à disparaître. Trop ringarde, trop provinciale, trop masculine, pas assez efficace. L'ouverture aux partis politiques traditionnels (et un moyen de caser leurs éléphants) va-t-elle lui permettre de survivre?
mardi 4 novembre 2008
Plan d'occupation des sols

Mercredi dernier, nous avions Conseil municipal. L'enjeu principal était le vote du nouveau plan d'occupation du sol pour le Quartier des Musées et de Valerius, un endroit truffé des luxueuses villas et d'immeubles datant pour la plupart du XIXe siècle. C'est un quartier privilégié qui ne connaît pas encore la crise et où le taux de pauvreté est proche de zéro, contrairement à d'autres quartiers de l'arrondissement.
Mes collègues Marc et Ron sont responsables de ce sujet qui m'intéresse beaucoup et font preuve de beaucoup de compétence. Ils avaient une motion sur laquelle je n'étais pas d'accord et c'est avec beaucoup d'hésitations que j'ai voté pour, sachant qu'on n'obtiendrai pas la majorité, ce qui a effectivement eu lieu: avec 14 voix pour et 14 voix contre, son vote est reporté au prochain Conseil.
En gros, la question est de savoir jusqu'à quel niveau on peut construire dans les parties non-protégées du quartier. D'un côté il y avait les Verts et le VVD qui voulaient qu'on puisse construire jusqu'au niveau de l'immeuble le plus élevé de chaque bloc, et nous qui voulions garder la hauteur actuelle. L'argument libéral est celui de la liberté d'entreprendre (lire=se faire plein de thune) et celui des Verts est que la ville doit se densifier.
Je suis d'accord avec les Verts, à un détail prêt: je suis pour que la ville se densifie autant que possible, mais que le style architectural soit respecté et qu'il n'y ait pas de destruction de batiments.
Mes deux camarades ont essayé de limiter la taille des bâtiments car il n'est pas rentable pour les spéculateurs de détruire pour reconstruire sans rajouter des étages. Je me retrouve donc coincé entre mon désir de densifier la ville et celui de ne pas voir des bâtiments de plus d'un siècle (allant de magnifiques à raisonnablement beaux) être remplacé par des choses énormes pour nouveaux riches. Les horreurs bling bling pseudo-vieux qui bordent désormais le Vondelpark dans la P.C. Hooftstraat montrent ce qu'il ne faut surtout pas faire.
Mon problème est aussi politique: on défend un quartier qui, il est vrai, est assez exceptionnel, mais on semble très peu se soucier d'autres quartiers, dont le mien. L'architecture du Pijp est une architecture simple et populaire, faite de maisons mal construites à la même époque mais qui a un caractère unique et une forte unité (photo ci-contre). La quartier a été massacré dans les années 1980 avec des immeubles comme le mien, et le massacre continue depuis. Prochain sur la liste: le Verbindingshoek, un ensemble d'immeubles à l'angle d'un bloc, qu'une des corporations privatisées veut détruire pour remplacer par des immeubles neufs.Mon impression est que si les riches vivent quelque part leur environnement est protégé, mais dès qu'il s'agit de pauvres ou d'étrangers, la loi du plus fort et de la spéculation règne et quoiqu'on dise, tout le monde s'en moque.
Comprenez moi bien, je ne souhaite pas que le Quartier des Musées soit détruit parce qu'on massacre le Pijp, mais je trouve que si les riches voient leur quartier protégé dans leur particularité, il devrait en être de même pour les autres quartiers.
Il nous reste trois semaines pour que Marc et Ron viennent avec un bon compromis constructif...
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jeudi 24 avril 2008
Agressivité et inflation de paperasse
Hier soir jusque tard, c'était le dernier conseil municipal du printemps. Il y avait pas moins de trois interpellations. C'était intéressant et assez révélateur de pas mal de choses...
Un des drames du moment c'est deux maisons assez mignones qui doivent être rasées pour faire place à 4 villas, le tout contrôlé par une des associations locatives (à l'origine une truc social, mais depuis quelques années une truc ultra-rentable qui cherche à se faire de la thune). On n'aime pas trop ça et on préfererait que les maisons mignones restent, mais tout a été décidé avant notre élection, par une coalition VVD/GroenLinks. En gros, si on empêche l'association locative de mener à bien son projet, il y a rupture de contrat et on doit payer des sommes incroyables. Bref, on est coincés par une décision prise par d'autres et maintenant on a l'air de méchants sans-cœur. Dur, le pouvoir.
Un autre drame de la soirée, c'est l'arrestation de huit jeunes qui sont tombés dans la criminalité et ont été arrêtés dans l'arrondissement. Le VVD a interpellé les échevins et demande comment ça a été possible, le tout enrobé de sous-entendus extrêmement stigmatisants pour les habitants du Diamantbuurt (une des zones assez pauvres de l'arrondissement avec beaucoup d'allochtones) alors que le lien est assez lâche. Comme l'a rappelé notre bourgmestre, Egbert de Vries, s'il y a traffic de drogues dures c'est parce qu'il y a une forte demande depuis le Pijp: yuppies et jeunes loups de la finance ont de telles demandes de cocaïne et d'xtc que pas mal de petits jeunes se sont montés un business plutôt que de garder leur McJob. On appelle ça une stratégie de survie (voir les nombreux ouvrages de socio et de criminologie écrits sur le sujets), et à défaut d'être acceptable, c'est assez facile à comprendre.
Ce qui me fascine, c'est que le VVD ne semble pas mesurer les différences de richesses entre le quartier du Midi (Zuid) et les Diamantbuurt. Il suffit de regarder les statistiques: on a d'un côté une concentration obscène de richesses, de l'autre un cumul de retards sociaux, économiques et scolaires qu'on essaye de réparer tant bien que mal. Je m'étonne que plus de jeunes ne sombrent pas dans la criminalité: cela montre que les aides marchent plutôt bien et que les jeunes ne sont pas aussi mauvais que le VVD aimerait le penser.
Surtout, l'agressivité de cette intervention montre que le sang neuf au VVD ne veut pas forcément dire amélioration de l'équipe. Trois cadres brillants du parti sont partis: Wouter Slettenhaar car son business décollait (l'immobilier, of course), son frère Paul a été nommé échevin de l'arrondissement d'à côté, et Emile Jaensch a été nommé échevin à Bijlmer. À la place des ces trois, on a trois jeunes en costume-cravate qui ont des problèmes d'agressivité et avec qui il est difficile de discuter. Un des trois s'améliore, mais les deux autres me font peur. J'ai l'impression qu'ils sont sur la ligne de la poujado-nationaliste Rita Verdonk, alors que leurs prédécesseurs étaient plutôt mesurés et progressistes. Est-ce la fin du VVD australovicien comme parti responsable et avec qui on peut correctement discuter? Ce serait dommage...
Plus ridicule encore, la tournure pro-nature d'un des partis locaux. Tout à coup, cette élue s'est prise de passion pour la nature, sentant que c'est un thème porteur (le Parti des animaux a arraché deux sièges aux dernières législatives), même si seuls les humains votent. Alors qu'on a mis en place un cadre très progressiste (probablement un des premiers aux Pays-Bas à être aussi systématique et progressiste) sur la nature et les animaux, en s'efforçant de protéger leur bien-être au-delà de ce qu'ils signifient pour les hommes (leur valeur intrinsèque, terme qui a été repris ad nauseam par tous), on s'est retrouvés attaqués par trois micro-partis locaux appuyés par des défenseurs des animaux anti-viande.
J'avais l'impression d'être dans un mauvais film avec l'histoire des gentils poissons ou des pauvres souris menacées. Comme si le pire qui puisse arriver aux souris n'était pas... un chat. À les entendre, il faudrait interdire la mort et les humains. Je n'aime pas la mort non plus, mais c'est inévitable, non? Au lieu d'interdire la mort (ce qui est impossible), il vaudrait mieux s'assurer que la vie est agréable, aussi pour les animaux.

Ces mêmes partis ont essayé de se distinguer en défendant un arbre menacé sur un lot de 18 dans un endroit de l'arrondissement où des logements pour étudiants vont être construits. Ceci dit, cela ne les a pas empêché de déposer une dizaine de motions redondantes et n'ayant aucune chance d'être adoptées (photo ci-dessus), ce qui a résulté en une inflation de la paperasse distribuée. J'aimerais qu'on puisse faire une enquête sur le nombre total d'arbres abattus et d'animaux délogés de leur habitant résultant directement de l'inflation de motions et autre amendements ridicules déposés par ces petits partis. On pourrait alors voir s'ils se préoccupent vraiment de la nature ou s'il ne s'agit que d'une pose populiste.
Comme l'a souligné notre désormais ex-collègue Joep Blaas du D66 (ancien échevin, qui a démissioné pour devenir conseiller de l'arrondissement en immobilier), il faut arrêter avec cette inflation des motions égocentriques et faire son travail en amont pour s'assurer que les bonnes idées sont reprises par les échevins. C'est ce que j'essaye de faire depuis le début. Cela ne génère pas beaucoup de paperasse spectaculaire avec mon nom dessus, mais au moins mes idées sont mises en application. Et c'est ce qui compte, in fine, non?
Enfin... Rentrée politique dans trois semaines. D'ici là, quelques projets à mettre en place. J'en reparlerai quand cela aura pris forme...
Un des drames du moment c'est deux maisons assez mignones qui doivent être rasées pour faire place à 4 villas, le tout contrôlé par une des associations locatives (à l'origine une truc social, mais depuis quelques années une truc ultra-rentable qui cherche à se faire de la thune). On n'aime pas trop ça et on préfererait que les maisons mignones restent, mais tout a été décidé avant notre élection, par une coalition VVD/GroenLinks. En gros, si on empêche l'association locative de mener à bien son projet, il y a rupture de contrat et on doit payer des sommes incroyables. Bref, on est coincés par une décision prise par d'autres et maintenant on a l'air de méchants sans-cœur. Dur, le pouvoir.
Un autre drame de la soirée, c'est l'arrestation de huit jeunes qui sont tombés dans la criminalité et ont été arrêtés dans l'arrondissement. Le VVD a interpellé les échevins et demande comment ça a été possible, le tout enrobé de sous-entendus extrêmement stigmatisants pour les habitants du Diamantbuurt (une des zones assez pauvres de l'arrondissement avec beaucoup d'allochtones) alors que le lien est assez lâche. Comme l'a rappelé notre bourgmestre, Egbert de Vries, s'il y a traffic de drogues dures c'est parce qu'il y a une forte demande depuis le Pijp: yuppies et jeunes loups de la finance ont de telles demandes de cocaïne et d'xtc que pas mal de petits jeunes se sont montés un business plutôt que de garder leur McJob. On appelle ça une stratégie de survie (voir les nombreux ouvrages de socio et de criminologie écrits sur le sujets), et à défaut d'être acceptable, c'est assez facile à comprendre.
Ce qui me fascine, c'est que le VVD ne semble pas mesurer les différences de richesses entre le quartier du Midi (Zuid) et les Diamantbuurt. Il suffit de regarder les statistiques: on a d'un côté une concentration obscène de richesses, de l'autre un cumul de retards sociaux, économiques et scolaires qu'on essaye de réparer tant bien que mal. Je m'étonne que plus de jeunes ne sombrent pas dans la criminalité: cela montre que les aides marchent plutôt bien et que les jeunes ne sont pas aussi mauvais que le VVD aimerait le penser.
Surtout, l'agressivité de cette intervention montre que le sang neuf au VVD ne veut pas forcément dire amélioration de l'équipe. Trois cadres brillants du parti sont partis: Wouter Slettenhaar car son business décollait (l'immobilier, of course), son frère Paul a été nommé échevin de l'arrondissement d'à côté, et Emile Jaensch a été nommé échevin à Bijlmer. À la place des ces trois, on a trois jeunes en costume-cravate qui ont des problèmes d'agressivité et avec qui il est difficile de discuter. Un des trois s'améliore, mais les deux autres me font peur. J'ai l'impression qu'ils sont sur la ligne de la poujado-nationaliste Rita Verdonk, alors que leurs prédécesseurs étaient plutôt mesurés et progressistes. Est-ce la fin du VVD australovicien comme parti responsable et avec qui on peut correctement discuter? Ce serait dommage...
Plus ridicule encore, la tournure pro-nature d'un des partis locaux. Tout à coup, cette élue s'est prise de passion pour la nature, sentant que c'est un thème porteur (le Parti des animaux a arraché deux sièges aux dernières législatives), même si seuls les humains votent. Alors qu'on a mis en place un cadre très progressiste (probablement un des premiers aux Pays-Bas à être aussi systématique et progressiste) sur la nature et les animaux, en s'efforçant de protéger leur bien-être au-delà de ce qu'ils signifient pour les hommes (leur valeur intrinsèque, terme qui a été repris ad nauseam par tous), on s'est retrouvés attaqués par trois micro-partis locaux appuyés par des défenseurs des animaux anti-viande.
J'avais l'impression d'être dans un mauvais film avec l'histoire des gentils poissons ou des pauvres souris menacées. Comme si le pire qui puisse arriver aux souris n'était pas... un chat. À les entendre, il faudrait interdire la mort et les humains. Je n'aime pas la mort non plus, mais c'est inévitable, non? Au lieu d'interdire la mort (ce qui est impossible), il vaudrait mieux s'assurer que la vie est agréable, aussi pour les animaux.
Ces mêmes partis ont essayé de se distinguer en défendant un arbre menacé sur un lot de 18 dans un endroit de l'arrondissement où des logements pour étudiants vont être construits. Ceci dit, cela ne les a pas empêché de déposer une dizaine de motions redondantes et n'ayant aucune chance d'être adoptées (photo ci-dessus), ce qui a résulté en une inflation de la paperasse distribuée. J'aimerais qu'on puisse faire une enquête sur le nombre total d'arbres abattus et d'animaux délogés de leur habitant résultant directement de l'inflation de motions et autre amendements ridicules déposés par ces petits partis. On pourrait alors voir s'ils se préoccupent vraiment de la nature ou s'il ne s'agit que d'une pose populiste.
Comme l'a souligné notre désormais ex-collègue Joep Blaas du D66 (ancien échevin, qui a démissioné pour devenir conseiller de l'arrondissement en immobilier), il faut arrêter avec cette inflation des motions égocentriques et faire son travail en amont pour s'assurer que les bonnes idées sont reprises par les échevins. C'est ce que j'essaye de faire depuis le début. Cela ne génère pas beaucoup de paperasse spectaculaire avec mon nom dessus, mais au moins mes idées sont mises en application. Et c'est ce qui compte, in fine, non?
Enfin... Rentrée politique dans trois semaines. D'ici là, quelques projets à mettre en place. J'en reparlerai quand cela aura pris forme...
dimanche 2 mars 2008
NBK: Les Néerlandais se réveillent

Ça y est, les Néerlandais se réveillent. Alors que la planète est en hystérie totale à propos d'un film de quelques minutes qui n'a même pas encore été montré, beaucoup semblent se rendre compte que Wilders n'est pas un phénomène isolé, mais bien le symptôme d'une maladie largement répandue, à savoir le racisme et la xénophobie.
Lundi derier j'ai été à une réunion préparatoire de la manifestation du 22 mars sur le Dam. Il y avait les mêmes gauchistes et nous étions deux du parti travailliste. Personne de GroenLinks, ni du CDA, ni de D66, ni bien sûr du VVD. En fait, quand on voit la politique néerlandaise à propos des sans-papiers (tous les jours, coups de filets de la police à la Gare centrale, où seuls les bronzés doivent montrer leurs papiers) alors que le PvdA est au gouvernement, je me demande si la plupart des partis néerlandais ont vraiment envie de se battre contre le racisme.Le délit de faciès est devenu une réalité, le droite drague ouvertement les électeurs de Wilders et Verdonk avec des déclarations toujours aussi xénophobes, et les seuls à s'élever contre ça, outre les organisations de migrants, sont... les Églises et les associations juives.
Je ne suis pas 100% satisfait par les choix stratégiques faits par Nederland Bekent Kleur, et il est évident que les gauchistes d'IS y sont encore trop présents, mais c'est surtout parce que les autres s'y font trop rares: la plupart étaient ravis que deux travaillistes y aient montré le bout de leur nez.
Je pense qu'il faut retourner le stigmate: que ce ne soit pas les gens comme moi qui soient vus comme paranoïaques, mais bien les connards comme Wilders ou Verdonk qui soient vus tels qu'ils sont. Des démagogues de la pire espèce, une menace pour l'Europe et pour les Pays-Bas, et des dangers pour l'économie, la politique, la culture et l'unité nationale.
Bref, j'invite ceux qui peuvent à me rejoindre sur le Dam samedi 22 mars à 13:00.
mercredi 20 février 2008
C'est dur d'avoir raison avant tout le monde...

Je ne dis pas ça par prétention. Il est des sujets où je suis naturellement en avance sur les collègues tout simplement car c'est mon travail. Comme le faisait remarquer Leena il y a quelques jours à table avec son sarcasme habituel: "c'est vrai que tout le monde sait tout mieux que nous, après tout nous ne sommes que des sociologues, ce n'est pas du tout notre travail de comprendre comment la société fonctionne".
Il y a plus d'un mois j'avais tiré la sonnette d'alarme à propos des petits commerçants qui sont racketés par les propriétaires ("bon, à partir de la semaine prochaine, c'est 1000 euros de plus par mois"). On m'a pris pour un Français trop porté sur le drame. Lundi, un camarade du quartier chic rapporte que son vendeur de cigares se fait pareillement racketer, et là tout le monde trouve que c'est scandaleux. Parfois c'est fatigant, cette méfiance continuelle...
Politique gauche/droite
Dans la presse néerlandaise, une analyse que je partage totalement. Alors que les expulsions de sans-papiers continue de plus belle, que les logements sociaux sont transformés en appartements de luxe et que les services étatiques continuent à être privatisés de plus belle, au PvdA on essaye de nous faire croire qu'on est en train d'effectuer un virage à gauche. Genre...
Le chroniqueur politique du Trouw, Willem Breedveld, réfléchit lui aussi à l’évolution de la politique néerlandaise depuis Pim Fortuyn.
« Cela fait sept ans que j’attends l’arrivée triomphante de la nouvelle politique annoncée de toutes parts après l’assassinat de Pim Fortuyn, en vain jusqu’à maintenant. Et les électeurs semblent partager ce sentiment. Les partis qui ont endossé la responsabilité gouvernementale depuis cette époque - CDA, VVD, PvdA, D66 - ont tous vu leur électorat s’effriter. Sur les flancs, le SP, le PVV et l’invisible Verdonk ont les faveurs des électeurs. Mais pris individuellement ou collectivement (ce qui serait du reste impossible), ils sont incapables de reprendre les commandes. Une simple collaboration avec un des partis traditionnels serait même problématique. Si je considère l’ensemble de la période écoulée, force est de reconnaître que les gouvernements Balkenende II et III semblaient disposer de bons atouts : ils partageaient avec les électeurs l’aversion de la société multiculturelle, la redécouverte de la culture nationale (jusqu’à la limite de l’exclusion ou de l’assimilation des autres), la volonté de lutter contre la bureaucratie, de réformer le système polder et de se libérer d’une protection sociale étouffante : vive le marché, pour la santé publique , l’école et l’emploi ! Mais au grand étonnement de Balkenende, les électeurs n’ont guère apprécié sa nouvelle politique ni son ‘esprit de la VOC’ (Compagnie des Indes Orientales). Ce résultat a pour effet de rendre les gens prudents ... et cela nous conduit au gouvernement Balkenende IV : il ne manque pas de grands projets (quartiers difficiles, environnement, enseignement, sécurité) mais sa prudence l’empêche d’imposer ses idées. Et en fait nous aurions déjà pu le deviner lorsque le nouveau gouvernement a annoncé son intention de se mettre à l’écoute de la population. Cette fameuse population venait certes d’élire un nouveau parlement, elle avait du subir un gouvernement Balkenende III qui n’en finissait pas, et voilà que les communicateurs du gouvernement décidaient qu’elle pouvait bien encore attendre six mois. Ensuite, rien ne s’est arrangé : le droit de licenciement a été évacué de l’agenda, les ‘quartiers superbes’ ont sombré dans le bras de fer avec les corporations locatives, l’enseignement est plus oublié que jamais et les salaires des grands managers galopent. Nous assistons à ce que le philosophe français Cornelius Castoriadis appelle ‘l’impuissance de la politique’ : notre époque est incapable de se trouver une alternative et n’offre guère plus que la justification récurrente du capitalisme libéral, qui suscite de nombreuses interrogations dans l’opinion publique. Il faut reconnaître que ce gouvernement partage ses interrogations sur ce point ; mais j’ai du mal à comprendre son manque de conviction, ses hésitations : on veut sauver la planète en retirant de la vente les ampoules électriques ou en se chamaillant sur un moulin à vent ; on pinaille sur la morale ou sur la nécessité d’une lampe arrière sur les vélos. Mais c’est une alternative que nous attendons de ce gouvernement pas du raccommodage. »
Natalité
Je ne parle même pas de la politique familiale néerlandaise. La ChristenUnie a ouvert la discussion, mais nulle part je n'ai encore entendu comment les Néerlandais allaient se débrouiller pour alléger le fardeau de la maternité pour les femmes. Pas de crèche spéciale, pas d'aide à la petite enfance, toujours du temps partiel imposé pour les femmes et cette morale très Cuisine-Église-Enfants qui règne à tous les étages. Et intériorisée au point que quand on aborde le sujet les femmes sont d'une agressivité incroyable. Someone needs a shrink here...
Politique familiale
Le ministre de la Jeunesse et de la Famille, M. Rouvoet, « plaide pour une politique familiale active », indique le Trouw. « La politique familiale a traditionnellement été un tabou aux Pays-Bas. C’est pourquoi M. Rouvoet aborde le sujet avec beaucoup de prudence. Il en a toutefois parlé hier dans une interview accordée à De Pers : les familles néerlandaises devraient avoir davantage d’enfants afin de compenser les dépenses liées au vieillissement de la population. En dépit de la prudence des propos de Rouvoet, les réactions des parlementaires expriment une grande réticence : aucun groupe ne veut prendre de risque sur cette question. Rouvoet a fait le lien entre le chiffre de la natalité, trop faible à ses yeux et le vieillissement de la population ; la plupart des défenseurs d’une politique de natalité active font le lien entre le nombre d’enfants des familles autochtones et les chiffres de natalité beaucoup plus élevés dans les familles allochtones. L’ancienne députée VVD Ayaan Hirsi Ali s’exprimait ainsi en 2005 dans notre journal : ‘ le gouvernement garde le silence sur une évolution démographique inquiétante, avec d’un côté une population autochtone vieillissante et de l’autre l’afflux dans les grandes villes néerlandaises de familles allochtones qui ont beaucoup d’enfants. Le gouvernement trouve-t-il que c’est une bonne évolution pour lutter contre le fondamentalisme musulman ? Pourquoi n’y a-t-il aucune proposition dans le domaine de la politique familiale ?’. De même, l’universitaire Paul Scheffer, qui a lancé le débat sur la société multiculturelle, plaide dans son dernier livre (Het land van aankomst / le pays d’arrivée), pour une intervention plus active des pouvoirs publics. Tout comme Rouvoet, il relève le vieillissement de la population et la nécessité d’assurer une jeune génération qui puisse en supporter le coût ; mais lorsqu’il explique que l’alternative, pour faire augmenter les chiffres de la natalité (plus de population active immigrée) n’est pas une véritable solution, il rejoint Hirsi Ali : le population autochtone doit prendre ses responsabilités, estime Scheffer. La prudence du gouvernement néerlandais est exceptionnelle dans le contexte international : dans des pays comme la France, l’Italie ou l’Allemagne, l’Etat s’implique fortement dans les politiques familiales. »
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9324
Politique gauche/droite
Dans la presse néerlandaise, une analyse que je partage totalement. Alors que les expulsions de sans-papiers continue de plus belle, que les logements sociaux sont transformés en appartements de luxe et que les services étatiques continuent à être privatisés de plus belle, au PvdA on essaye de nous faire croire qu'on est en train d'effectuer un virage à gauche. Genre...
Le chroniqueur politique du Trouw, Willem Breedveld, réfléchit lui aussi à l’évolution de la politique néerlandaise depuis Pim Fortuyn.
« Cela fait sept ans que j’attends l’arrivée triomphante de la nouvelle politique annoncée de toutes parts après l’assassinat de Pim Fortuyn, en vain jusqu’à maintenant. Et les électeurs semblent partager ce sentiment. Les partis qui ont endossé la responsabilité gouvernementale depuis cette époque - CDA, VVD, PvdA, D66 - ont tous vu leur électorat s’effriter. Sur les flancs, le SP, le PVV et l’invisible Verdonk ont les faveurs des électeurs. Mais pris individuellement ou collectivement (ce qui serait du reste impossible), ils sont incapables de reprendre les commandes. Une simple collaboration avec un des partis traditionnels serait même problématique. Si je considère l’ensemble de la période écoulée, force est de reconnaître que les gouvernements Balkenende II et III semblaient disposer de bons atouts : ils partageaient avec les électeurs l’aversion de la société multiculturelle, la redécouverte de la culture nationale (jusqu’à la limite de l’exclusion ou de l’assimilation des autres), la volonté de lutter contre la bureaucratie, de réformer le système polder et de se libérer d’une protection sociale étouffante : vive le marché, pour la santé publique , l’école et l’emploi ! Mais au grand étonnement de Balkenende, les électeurs n’ont guère apprécié sa nouvelle politique ni son ‘esprit de la VOC’ (Compagnie des Indes Orientales). Ce résultat a pour effet de rendre les gens prudents ... et cela nous conduit au gouvernement Balkenende IV : il ne manque pas de grands projets (quartiers difficiles, environnement, enseignement, sécurité) mais sa prudence l’empêche d’imposer ses idées. Et en fait nous aurions déjà pu le deviner lorsque le nouveau gouvernement a annoncé son intention de se mettre à l’écoute de la population. Cette fameuse population venait certes d’élire un nouveau parlement, elle avait du subir un gouvernement Balkenende III qui n’en finissait pas, et voilà que les communicateurs du gouvernement décidaient qu’elle pouvait bien encore attendre six mois. Ensuite, rien ne s’est arrangé : le droit de licenciement a été évacué de l’agenda, les ‘quartiers superbes’ ont sombré dans le bras de fer avec les corporations locatives, l’enseignement est plus oublié que jamais et les salaires des grands managers galopent. Nous assistons à ce que le philosophe français Cornelius Castoriadis appelle ‘l’impuissance de la politique’ : notre époque est incapable de se trouver une alternative et n’offre guère plus que la justification récurrente du capitalisme libéral, qui suscite de nombreuses interrogations dans l’opinion publique. Il faut reconnaître que ce gouvernement partage ses interrogations sur ce point ; mais j’ai du mal à comprendre son manque de conviction, ses hésitations : on veut sauver la planète en retirant de la vente les ampoules électriques ou en se chamaillant sur un moulin à vent ; on pinaille sur la morale ou sur la nécessité d’une lampe arrière sur les vélos. Mais c’est une alternative que nous attendons de ce gouvernement pas du raccommodage. »
Natalité
Je ne parle même pas de la politique familiale néerlandaise. La ChristenUnie a ouvert la discussion, mais nulle part je n'ai encore entendu comment les Néerlandais allaient se débrouiller pour alléger le fardeau de la maternité pour les femmes. Pas de crèche spéciale, pas d'aide à la petite enfance, toujours du temps partiel imposé pour les femmes et cette morale très Cuisine-Église-Enfants qui règne à tous les étages. Et intériorisée au point que quand on aborde le sujet les femmes sont d'une agressivité incroyable. Someone needs a shrink here...
Politique familiale
Le ministre de la Jeunesse et de la Famille, M. Rouvoet, « plaide pour une politique familiale active », indique le Trouw. « La politique familiale a traditionnellement été un tabou aux Pays-Bas. C’est pourquoi M. Rouvoet aborde le sujet avec beaucoup de prudence. Il en a toutefois parlé hier dans une interview accordée à De Pers : les familles néerlandaises devraient avoir davantage d’enfants afin de compenser les dépenses liées au vieillissement de la population. En dépit de la prudence des propos de Rouvoet, les réactions des parlementaires expriment une grande réticence : aucun groupe ne veut prendre de risque sur cette question. Rouvoet a fait le lien entre le chiffre de la natalité, trop faible à ses yeux et le vieillissement de la population ; la plupart des défenseurs d’une politique de natalité active font le lien entre le nombre d’enfants des familles autochtones et les chiffres de natalité beaucoup plus élevés dans les familles allochtones. L’ancienne députée VVD Ayaan Hirsi Ali s’exprimait ainsi en 2005 dans notre journal : ‘ le gouvernement garde le silence sur une évolution démographique inquiétante, avec d’un côté une population autochtone vieillissante et de l’autre l’afflux dans les grandes villes néerlandaises de familles allochtones qui ont beaucoup d’enfants. Le gouvernement trouve-t-il que c’est une bonne évolution pour lutter contre le fondamentalisme musulman ? Pourquoi n’y a-t-il aucune proposition dans le domaine de la politique familiale ?’. De même, l’universitaire Paul Scheffer, qui a lancé le débat sur la société multiculturelle, plaide dans son dernier livre (Het land van aankomst / le pays d’arrivée), pour une intervention plus active des pouvoirs publics. Tout comme Rouvoet, il relève le vieillissement de la population et la nécessité d’assurer une jeune génération qui puisse en supporter le coût ; mais lorsqu’il explique que l’alternative, pour faire augmenter les chiffres de la natalité (plus de population active immigrée) n’est pas une véritable solution, il rejoint Hirsi Ali : le population autochtone doit prendre ses responsabilités, estime Scheffer. La prudence du gouvernement néerlandais est exceptionnelle dans le contexte international : dans des pays comme la France, l’Italie ou l’Allemagne, l’Etat s’implique fortement dans les politiques familiales. »
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9324
vendredi 11 janvier 2008
Communiqué de presse: Ferdinand Bolstraat sans voitures, avec tram
Voilà un communiqué de presse signé par mon collègue de GroenLinks, Arend Hamstra, et moi-même, sur la décision qui a été prise pour la Ferdinand Bolstraat. En gros, on a décidé que la rue sera réservée aux piétons, aux vélos et au tram, sans voitures ni taxis, donc. Nos amis du VVD ne sont pas contents et le prennent comme une attaque personnelle. Franchement, ils se montent le chou pour rien. J'y reviendrai dans un message ultérieur: j'ai été chercher de l'information à différentes sources pour arriver à prendre la meilleure décision possible, il n'y a donc pas d'idéologie ou de dogme particulier, si ce n'est l'intérêt général...
PERSBERICHT 10 januari 2008
Ferdinand Bolstraat geheel autovrij, maar mét tram.
PvdA en Groenlinks kiezen voor een geheel autovrije inrichting van de Ferdinand Bolstraat tussen Ceintuurbaan en Stadhouderskade als de bouw van Noord-Zuidlijnstation “de Pijp” klaar is. Het tramspoor blijft. Op die manier blijft een goed en fijnmazig OV in Amsterdam mogelijk. Uit onderzoek blijkt dat een grote meerderheid van ondernemers, bezoekers en bewoners ook voorstander is van een autovrije straat met tram.
Laurent Chambon, raadslid PvdA: ´Het autovrij maken is goed voor de economie en de leefbaarheid. Het geeft een stevige impuls voor alle ondernemers in de straat doordat er een aantrekkelijke gebied ontstaat voor bezoekers, bewoners en ondernemers. De PvdA vindt het belangrijk dat iedereen naar de Albert Cuyp kan komen, ook met de tram. Een goed OV is van belang voor iedereen in de samenleving.’
Arend Hamstra, raadslid Groenlinks:´Fietsers, voetgangers en tram, deze combinatie is de toekomst voor Amsterdam. Schone lucht en veilige straten zonder auto’s, dat is waar wij naar streven. Dit is een prachtige stap in die richting.`
Het voorstel van het Dagelijks Bestuur (Groenlinks en PvdA) om zowel het gedeelte tussen de Ceintuurbaan en de Albert Cuypstraat als het gedeelte tussen de Albert Cuypstraat en de Stadhouderskade autovrij te maken heeft een meerderheid van de raadscommissie Verkeer overtuigd In welke vorm er een tramspoor komt is nog onduidelijk. Onderzoek moet uitwijzen of het een strengelspoor of een dubbelspoor wordt.
Groenlinks en PvdA willen daarbij ook dat er extra aandacht komt voor het fietsparkeren. Deze problematiek is al groot in de Noord-Pijp maar zal met de komst van het metrostation `De Pijp´ alleen maar groter worden.
Voor PvdA en Groenlinks betekent een autovrije Ferdinand Bolstraat ook dat de straat geen racebaan voor taxi´s mag worden. Dit is een belangrijk punt bij het ontwerpen van de straat.
PERSBERICHT 10 januari 2008
Ferdinand Bolstraat geheel autovrij, maar mét tram.
PvdA en Groenlinks kiezen voor een geheel autovrije inrichting van de Ferdinand Bolstraat tussen Ceintuurbaan en Stadhouderskade als de bouw van Noord-Zuidlijnstation “de Pijp” klaar is. Het tramspoor blijft. Op die manier blijft een goed en fijnmazig OV in Amsterdam mogelijk. Uit onderzoek blijkt dat een grote meerderheid van ondernemers, bezoekers en bewoners ook voorstander is van een autovrije straat met tram.
Laurent Chambon, raadslid PvdA: ´Het autovrij maken is goed voor de economie en de leefbaarheid. Het geeft een stevige impuls voor alle ondernemers in de straat doordat er een aantrekkelijke gebied ontstaat voor bezoekers, bewoners en ondernemers. De PvdA vindt het belangrijk dat iedereen naar de Albert Cuyp kan komen, ook met de tram. Een goed OV is van belang voor iedereen in de samenleving.’
Arend Hamstra, raadslid Groenlinks:´Fietsers, voetgangers en tram, deze combinatie is de toekomst voor Amsterdam. Schone lucht en veilige straten zonder auto’s, dat is waar wij naar streven. Dit is een prachtige stap in die richting.`
Het voorstel van het Dagelijks Bestuur (Groenlinks en PvdA) om zowel het gedeelte tussen de Ceintuurbaan en de Albert Cuypstraat als het gedeelte tussen de Albert Cuypstraat en de Stadhouderskade autovrij te maken heeft een meerderheid van de raadscommissie Verkeer overtuigd In welke vorm er een tramspoor komt is nog onduidelijk. Onderzoek moet uitwijzen of het een strengelspoor of een dubbelspoor wordt.
Groenlinks en PvdA willen daarbij ook dat er extra aandacht komt voor het fietsparkeren. Deze problematiek is al groot in de Noord-Pijp maar zal met de komst van het metrostation `De Pijp´ alleen maar groter worden.
Voor PvdA en Groenlinks betekent een autovrije Ferdinand Bolstraat ook dat de straat geen racebaan voor taxi´s mag worden. Dit is een belangrijk punt bij het ontwerpen van de straat.
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vendredi 30 novembre 2007
Conseil: budget voté, discussions intéressantes
Le Conseil de ce soir était intéressant. On a voté pour (ou contre) une quantité impressionnante de motions au budget, et je pense que dans l'ensemble on a fait du bon travail, même si je n'ai pas tout suivi dans les détails: nous sommes un grand parti et pouvons nous permettre de nous spécialiser. Par exemple je n'avais aucune idée ce qu'était une precariobelasting (une "taxe précaire"). Maintenant je sais que c'est une taxe sur l'utilisation de l'espace public (par exemple pour les terrasses), mais quand je l'ai demandé à mes voisins, ils n'avaient aucune idée de quoi on parlait.
J'ai aussi parlé avec Els Willems, la nouvelle élue Amsterdam Anders/De Groenen (un petit parti vert qui a des liens lâches avec GroenLinks) qui est un peu débordée par sa nouvelle tâche. Elle se mélange encore un peu les pinceaux et mes collègues la regardent de haut, alors qu'il y a un an ils n'en menaient pas large non plus. C'est une femme vraiment sympa qui a été prof de français (et le parle parfaitement) et avec qui nous sommes d'accord sur beaucoup de points.
Un grand plaisir de la soirée, c'est le fait que nos trois dames de l'opposition (voir mon billet précédent) ont retiré leur motion et sont tombées d'accord avec moi: la fête de la musique doit procéder du travail des volontaires et le mieux est de mobiliser les gens en amont mais les laisser faire leur fête. J'ai été très heureux d'entendre que l'ensemble des politiques qui en ont parlé ont souligné l'incompétence de la coordinatrice de la fête précédente et les dérives financières de la stichting. D'après ce qu'on m'a dit, une évaluation réalisée par les fonctionnaires chargés de la culture et de l'économie est prête et serait terrible pour la stichting. Je doute qu'ils exercent encore ailleurs dans le futur. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage (les Néerlandais peuvent cliquer ici pour une explication).
(Pour les résidents aux Pays-Bas qui me lisent: préparez dès maintenant votre fête).
Le plaisir que je prends à voir les élues de caractère montrer leur verve me rappelle combien je peux être homo parfois. Les folles du ghetto adorent Rita Verdonk, moi j'ai quelques collègues pour assurer un spectacle à la hauteur de mes envies de girls who kick ass. J'ai adoré la façon dont Bea Mieris, notre cheffe de fraction, a tenu tête l'échevine et aux fonctionnaires de la ville sur une question assez technique sur le stationnement pour handicapés: elle a obtenu, tout sourire et après une pause technique, que l'arrondissement se range à ses côtés. Chapeau.
Le bijou de la soirée a été la sortie de notre chère Odette Taminiau qui tenait à ses terrasses chauffées. Bonne perdante (elle savait que c'était un combat perdu d'avance, et ce n'est pas faute d'avoir tout essayé), elle nous a fait beaucoup rire avec un verbe acéré et un sens de la formule assez exceptionnel. Si j'arrive à mettre la main sur sa sortie verbale, je vous la traduirai.
Le Conseil clos, nous sommes aller célébrer le vote du budget à grand renfort de vin, de bière et de petits fours (pas du Lenôtre, loin de là, je vous rassure). J'ai pu faire (enfin) la connaissance de Petra Snelders de GroenLinks. Une femme vraiment sympathique et drôle avec laquelle je suis aussi d'accord sur de nombreux points. On a eu, avec elle et Els, une discussion passionante sur l'émancipation, l'école et l'intégration. Je me sens souvent très seul sur la question, et c'était une révélation de pouvoir parler avec des gens avec qui je partage grand nombre d'opinions sur le sujet.
La politique, c'est parfois dur, mais ça reste passionnant. Parfois même, c'est un vrai plaisir.
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jeudi 29 novembre 2007
La fête de la musique doit venir de la base, pas être imposée d'en haut
Ce soir, on vote le budget et les diverses motions et amendements au Conseil municipal. Pas mal de choses sont déjà pliées: hier soir les négociations et modifications allaient bon train pour obtenir les meilleurs solutions avec le plus large support possible des élus.
J'ai un problème avec une motion signées par trois femmes des partis d'opposition (Odette Taminiau du VVD, l'adorable Agnès Simon du CDA et Daphna Brekveld du parti local VOZ) sur la fête de la musique 2008. Je pense que la fête doit venir de la société et ne pas être organisée d'en haut (on a vu l'année dernière quelle catastrophe cela a engendré), et que s'il n'y a pas de volontaires (que ce soit des musiciens, des organisateurs de scènes ou des cafés, quitte à ce qu'ils s'unissent pour faire de la publicité), c'est que l'idée ne prend pas. Pas de volontaires, pas de fête, point.
Je ne comprends donc pas trop l'idée de leur motion: je les soutiens par affection pour elles, mais en même temps si elles veulent tant qu'il y ait une fête, elles n'ont qu'à mobiliser leur base et leurs réseaux pour qu'ils montent leurs concerts.
Elles n'ont pas vraiment l'air de comprendre, et la chère Odette Taminiau (une femme du monde avec qui nous avons de nombreux points d'accords et que j'aime beaucoup, femme de l'ancien maire travailliste d'Amsterdam Ed van Thijn) dit que ce n'est pas son rôle de mobiliser. Mobiliser pour les élections ne lui pose pas problème, mais pour un projet gratuit dont personne ne peut vivre financièrement, si.
Clairement, on a affaire à deux modèles politiques: à ma gauche (mon parti) une vision sociale-démocrate où le lien social procède aussi du volontariat et des actions gratuites pour un plaisir collectif (ici: une fête), et à ma droite (les libéraux) une vision mercantiliste où les gens ne travaillent que s'ils en tirent un bénéfice financier (profit ou subsides étatiques). Ma vision est peut-être naïve, mais la leur est quand même cynique.
Je vois que de nombreux groupes de volontaires (que ce soit à l'Alliance française et ses 10.000 membres, au sein des Amis de la fête, la radio francophone, des groupes dans l'arrondissement du Centre, à Bijlmer ou dans le Diamantbuurt, Radio Oh Là Là, des groupes de musique et des chorales, l'Église africaine dans le Nieuwe Pijp) sont très intéressés. Les cafés du quartiers semblent aussi enthousiastes (il n'arrêtent pas de me demander quand ils peuvent s'y atteler: je leur dit qu'ils s'y mettent avec les conseils donnés sur le site http://www.fetedelamusique.nl). L'intéret est là.
Le seul problème est, me semble-t-il, l'interventionisme étatique, et, dans mon arrondissement, la rapacité des gens de la Stichting Feest der muziek, qui ont réussi avec 25.000 euros à planter la fête de l'années dernière et adoreraient se faire payer à nouveau. Non seulement ils ont cassé la dynamique des volontaires et se sont mis à dos l'essentiel des cafés du quartier, mais en plus ils ont englouti tout cet argent sans arriver à mobiliser le quartier, sans faire de plan communication, tout en maintenant la presse dans l'ignorance la plus totale. Une réussite dans la nullité que je trouve franchement impressionnante. Tellement d'incompétance avec un tel budget, c'est à saluer.
En attendant, dites à vos amis musiciens et mélomanes qu'ils peuvent déjà se préparer, que ce soit à Amsterdam ou n'importe où dans le monde: http://www.fetedelamusique.nl
J'ai un problème avec une motion signées par trois femmes des partis d'opposition (Odette Taminiau du VVD, l'adorable Agnès Simon du CDA et Daphna Brekveld du parti local VOZ) sur la fête de la musique 2008. Je pense que la fête doit venir de la société et ne pas être organisée d'en haut (on a vu l'année dernière quelle catastrophe cela a engendré), et que s'il n'y a pas de volontaires (que ce soit des musiciens, des organisateurs de scènes ou des cafés, quitte à ce qu'ils s'unissent pour faire de la publicité), c'est que l'idée ne prend pas. Pas de volontaires, pas de fête, point.
Je ne comprends donc pas trop l'idée de leur motion: je les soutiens par affection pour elles, mais en même temps si elles veulent tant qu'il y ait une fête, elles n'ont qu'à mobiliser leur base et leurs réseaux pour qu'ils montent leurs concerts.
Elles n'ont pas vraiment l'air de comprendre, et la chère Odette Taminiau (une femme du monde avec qui nous avons de nombreux points d'accords et que j'aime beaucoup, femme de l'ancien maire travailliste d'Amsterdam Ed van Thijn) dit que ce n'est pas son rôle de mobiliser. Mobiliser pour les élections ne lui pose pas problème, mais pour un projet gratuit dont personne ne peut vivre financièrement, si.
Clairement, on a affaire à deux modèles politiques: à ma gauche (mon parti) une vision sociale-démocrate où le lien social procède aussi du volontariat et des actions gratuites pour un plaisir collectif (ici: une fête), et à ma droite (les libéraux) une vision mercantiliste où les gens ne travaillent que s'ils en tirent un bénéfice financier (profit ou subsides étatiques). Ma vision est peut-être naïve, mais la leur est quand même cynique.
Je vois que de nombreux groupes de volontaires (que ce soit à l'Alliance française et ses 10.000 membres, au sein des Amis de la fête, la radio francophone, des groupes dans l'arrondissement du Centre, à Bijlmer ou dans le Diamantbuurt, Radio Oh Là Là, des groupes de musique et des chorales, l'Église africaine dans le Nieuwe Pijp) sont très intéressés. Les cafés du quartiers semblent aussi enthousiastes (il n'arrêtent pas de me demander quand ils peuvent s'y atteler: je leur dit qu'ils s'y mettent avec les conseils donnés sur le site http://www.fetedelamusique.nl). L'intéret est là.
Le seul problème est, me semble-t-il, l'interventionisme étatique, et, dans mon arrondissement, la rapacité des gens de la Stichting Feest der muziek, qui ont réussi avec 25.000 euros à planter la fête de l'années dernière et adoreraient se faire payer à nouveau. Non seulement ils ont cassé la dynamique des volontaires et se sont mis à dos l'essentiel des cafés du quartier, mais en plus ils ont englouti tout cet argent sans arriver à mobiliser le quartier, sans faire de plan communication, tout en maintenant la presse dans l'ignorance la plus totale. Une réussite dans la nullité que je trouve franchement impressionnante. Tellement d'incompétance avec un tel budget, c'est à saluer.
En attendant, dites à vos amis musiciens et mélomanes qu'ils peuvent déjà se préparer, que ce soit à Amsterdam ou n'importe où dans le monde: http://www.fetedelamusique.nl
mercredi 28 novembre 2007
Après Théo van Gogh et Ayaan Hirsi Ali, c'est au tour de Geert Wilders de devenir "cinéaste"
Déjà le fait que Theo van Gogh soit désormais présenté comme "cinéaste" me posait des problèmes (il a fait des films, certes; j'ai fait des pâtes, est-ce que cela fait de moi un chef?), mais maintenant c'est au tour du populistissime Geert Wilders de vouloir se faire de la pub facile, avec, vous l'aurez compris, le projet d'un film. Surprise, il portera sur... l'Islam.Panique à La Haye, déjà soulagés que le coup des caricatures ait eu lieu au Danemark et pas ici, mais où on sent que ça va chauffer avec le nouveau hobby de Geert. Sa passion pour le septième art est aussi ancienne que son islamophobie est subtile, c'est dire, et l'on sent que le seul but c'est se faire mousser, cracher sur les arabes et jouer à la victime, pas léguer une œuvre grandiose à l'humanité. La vanité de ces politiciens investis d'une mission et qui pensent qu'ils peuvent tout faire me laisse pantois.
J'imagine déjà le prochain épisode: monter un resto trois étoiles uniquement avec des recettes au porc et au chien, lancer un spectacle de trapézistes néo-classique avec des femmes voilées mais seins-nus, créer une chorégraphie avant-gardiste avec des versets du Coran enveloppés d'ironie, et pourquoi pas une exposition caligraphique en arabe avec des insultes au prophètes.
Wilders, héros du nouvel individualisme xénophobe sans limites, symptôme d'une élite arrogante et ignorante ou juste cas psychiatrique? Vos réponses par email.
Dans la presse néerlandaise:
Le Telegraaf annonce à la une un « film provocateur de Wilders ». « L’émotion est grande dans les milieux gouvernementaux », explique le journal populaire, « à l’annonce des projets de film de Geert Wilders. Le leader du PVV prépare dans la plus grande discrétion un téléfilm provocateur sur le Coran, qui doit paraître sur les écrans à la fin du mois de janvier. (...) Ce film est une mise en accusation du Coran. Des extrait du livre sacré des musulmans seront présentés devant la caméra dans un style comparable à celui de ’Submission’. Ce film de Théo Van Gogh avait provoqué une réaction de colère dans les milieux musulmans ; son réalisateur a été assassiné en 2004 par un musulman radical peu avant sa sortie. Wilders accepte de confirmer qu’il prépare un film dans lequel le Coran occupe une place centrale.
‘Dans mon film, cela conduit à quelque chose’, précise l’homme politique, qui refuse de révéler si par exemple il déchire un Coran : ‘Je ne veux rien dire, il faudra aller voir mon film’. Les projets cinématographiques de Wilders préoccupent vivement le gouvernement. En plus de problèmes de sécurité dans notre pays, celui-ci pourrait également déclencher des réactions néerlandophobes dans les pays musulmans. Les trois ministères concernés - affaires étrangères, justice et intérieur - en discutent avec Wilders. Le coordinateur national pour le terrorisme, Tjibbe Joustra, est impliqué dans les entretiens. Un porte-parole de la Justice fait savoir que ‘le gouvernement met tout en œuvre pour se préparer à une discussion subite et violente à l’intérieur comme à l’extérieur’. Wilders a déclaré dans le passé que les musulmans devraient déchirer la moitié du Coran s’ils voulaient rester aux pays-Bas ; il a également comparé le livre à ‘Mein Kampf’. Le leader du PVV est en discussion avec une chaîne de télévision pour diffuser son film ; il envisage également d’utiliser le temps d’émission réservé aux partis politiques pour le diffuser ».
Hommes politiques « investis d’une mission » Le Trouw est d’avis que « les hommes politiques investis d’une mission ne durent jamais longtemps ». « Un parti politique en bonne santé est composé de gens enthousiastes qui veulent imprimer leur marque à la société. A l’intérieur de chaque parti, il y a même une catégorie particulière, souvent modeste, de gens dont l’enthousiasme surpasse celui de leurs collègues - ce sont les politiciens investis d’une mission personnelle. Si tout se passe bien, ils représentent un plus pour leur parti .... mais parfois, ils dépassent les bornes, et ils laissent derrière eux un parti abasourdi ou dans certains cas soulagé. (...) Au PvdA, depuis la radiation d’Esfan Jami, le calme est revenu (...) Mais il resurgira quelque part, parce que les politiciens qui se sentent investis d’une mission ont tendance à changer de parti. Cela fut le cas d’Ayaan Hirsi Ali, qui après un bref passage au PvdA fut accueillie à bras ouverts par le VVD. A ses yeux, le VVD ne représentait qu’un podium, a-t-elle répété à plusieurs reprises, pour faire connaître ses idées et ses propositions sur l’Islam et l’injustice faite aux femmes. Elle ne s’intéressait pas au message libéral en général.
Hirsi Ali est devenue l’une des femmes les plus influentes du monde (selon Time Magazine), mais aux Pays-Bas, son rôle semble terminé. Le VVD bénéficie d’une solide expérience en terme de politiciens à forte personnalité. Dans deux cas, Geert Wilders et Rita Verdonk, la mission ne s’est révélée, comme pour Paul sur le chemin de Damas, que lorsqu’ils ont commencé à jouer un rôle politique actif. Wilders avait au VVD la réputation d’un ambitieux péroxydé avec des opinions tranchées sur la politique étrangère et la WAO (incapacité de travail). Son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE a provoqué son exclusion du parti. Ce n’est qu’après cela qu’il s’est senti porté par une mission contre l’Islam. Rita Verdonk n’a vu la lumière que lorsque dans ses fonctions de ministre, les sondages ont montré qu’elle jouissait d’une grande popularité et qu’elle a reçu d’énormes sacs de courrier. Verdonk a laissé derrière elle un parti déchiré, qui avait déjà été fortement secoué par le passage de Wilders et d’Hirsi Ali.
Il est indéniable que Pim Fortuyn compte parmi les plus grands dans le domaine des personnes convaincues de détenir la clef en or qui permettra de résoudre les problèmes de la société. Fortuyn est allé frapper à la porte de la plupart des partis, mais tous l’ont refusé, et il a fini par créer son propre parti. Le CDA n’a pas non plus été épargné : on se rappelle encore le cas de Jacques de Milliano, le visage de Médecins sans Frontières dans les années quatre vingt dix. Son engagement au sein du CDA, parti conservateur, a été une source d’étonnement pour tout le monde, et l’on n’était pas encore revenu de sa stupéfaction qu’il avait déjà claqué la porte à cause d’une politique d’asile qu’il jugeait trop inhumaine. Il a annoncé par la suite qu’il comptait fonder son propre mouvement, mais il y a finalement renoncé ».
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9093
mardi 27 novembre 2007
Rutte: "Rita et Geert sont populistes"
Le lideur maximo du VVD, Mark Rutte, se réveille: Rita (Verdonk) et Geert (Wilders) sont des populistes. Quelle perspicacité. Il lui a fallu trois ans pour s'en rendre compte. Je vous laisse déguster ces morceaux choisis.
Dans la presse néerlandaise:
« Rutte accuse le PVV et Verdonk de tromperie », annonce le Volkskrant. Le leader du VVD, Mark Rutte, dans un article co-signé du député VVD Joshua Livestro publié en page d’opinion du Volkskrant, accuse « le leader du PVV Geert Wilders et l’ancienne ministre Rita Verdonk de dissimuler leur absence de fond derrière un ton populiste. »
« C’est la première fois », relève le Volkskrant, « que Rutte et le député VVD Livestro s’opposent si durement à leurs rivaux électoraux de droite. Wilders qualifie cet article de ‘manifestation de désespoir d’un homme politique qui a peur, n’arrive pas à être reconnu comme leader et voit son parti diminuer’. Verdonk n’a pas encore voulu réagir. Selon Mark Rutte, les leaders de la ‘nouvelle politique’ (Verdonk et Wilders), se rendent coupables de rhétorique bon marché en ignorant la loi dans leurs propositions. ‘Pour la nouvelle politique, tout est baratin haguenois. Les principes constitutionnels sont là pour torturer les esprits, les lois ne servent qu’à gêner et les citoyens se fichent pas mal des détails. Ce qui compte, c’est de se montrer énergique. Evénements médiatiques, ‘petites phrases’ et photos doivent créer l’image d’un candidat X ou Y impatient de faire le ménage dans les Ecuries d’Augias de La Haye. Rutte n’a pas davantage pu découvrir la moindre vision politique, sauf que Wilders et verdonk se laissent guider par les sondages pour ‘coller le plus possible à la vague de l’opinion’.
Le leader VVD expliquer que celui qui se veut novateur ne ‘doit pas avoir peur de ramer’ ; cela veut dire prendre ses responsabilités et se battre de façon démocratique pour obtenir des changements : ‘Ceux qui pensent pouvoir changer le monde à coups de petites phrases mentent non seulement à leurs électeurs, mais ils se mentent aussi à eux-mêmes’. Selon le leader VVD, les prochaines années seront le cadre d’une expérience unique aux Pays-Bas : pour la première fois, les électeurs devront se décider « en faveur d’une présentation bien emballée ou bien en faveur de propositions de réformes solides ».
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9092
Dans la presse néerlandaise:
« Rutte accuse le PVV et Verdonk de tromperie », annonce le Volkskrant. Le leader du VVD, Mark Rutte, dans un article co-signé du député VVD Joshua Livestro publié en page d’opinion du Volkskrant, accuse « le leader du PVV Geert Wilders et l’ancienne ministre Rita Verdonk de dissimuler leur absence de fond derrière un ton populiste. »
« C’est la première fois », relève le Volkskrant, « que Rutte et le député VVD Livestro s’opposent si durement à leurs rivaux électoraux de droite. Wilders qualifie cet article de ‘manifestation de désespoir d’un homme politique qui a peur, n’arrive pas à être reconnu comme leader et voit son parti diminuer’. Verdonk n’a pas encore voulu réagir. Selon Mark Rutte, les leaders de la ‘nouvelle politique’ (Verdonk et Wilders), se rendent coupables de rhétorique bon marché en ignorant la loi dans leurs propositions. ‘Pour la nouvelle politique, tout est baratin haguenois. Les principes constitutionnels sont là pour torturer les esprits, les lois ne servent qu’à gêner et les citoyens se fichent pas mal des détails. Ce qui compte, c’est de se montrer énergique. Evénements médiatiques, ‘petites phrases’ et photos doivent créer l’image d’un candidat X ou Y impatient de faire le ménage dans les Ecuries d’Augias de La Haye. Rutte n’a pas davantage pu découvrir la moindre vision politique, sauf que Wilders et verdonk se laissent guider par les sondages pour ‘coller le plus possible à la vague de l’opinion’.
Le leader VVD expliquer que celui qui se veut novateur ne ‘doit pas avoir peur de ramer’ ; cela veut dire prendre ses responsabilités et se battre de façon démocratique pour obtenir des changements : ‘Ceux qui pensent pouvoir changer le monde à coups de petites phrases mentent non seulement à leurs électeurs, mais ils se mentent aussi à eux-mêmes’. Selon le leader VVD, les prochaines années seront le cadre d’une expérience unique aux Pays-Bas : pour la première fois, les électeurs devront se décider « en faveur d’une présentation bien emballée ou bien en faveur de propositions de réformes solides ».
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9092
mercredi 14 novembre 2007
Intégration: on y arrive

Après plusieurs années à me demander si je n'étais pas en train de perdre la tête (titre du Parool de lundi: "VVD: nous ne devons pas devenir un pays musulman", n'importe naouaque!), voilà que je me rends compte que quelques collègues de mon partis se réveillent. Une bonne nouvelle.
Dans la presse néerlandaise d'aujourd'hui:
"Le problème de l’intégration a deux aspects, souligne Ella Vogelaar à plusieurs reprise, lors de la présentation de son Integratienota 2007-2011 ", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "Les allochtones souffrent du durcissement de la société et les autochtones jugent menaçants les changements rapides et la présence de plus en plus visible de l’islam. Cette dernière constatation est un élément nouveau dans l’analyse de Vogelaar. Lorsqu’elle a pris ses fonctions, elle semblait considérer la ministre de l’Intégration qui l’a précédée, Verdonk, comme le principal obstacle à une société harmonieuse : en modérant le ton, la société se modérerait d’elle-même."
"C’était un champ de mines. Dans ses premières interviews, elle a dit que la burqa ne la gênait pas : chacun ses goûts. Plus tard, elle a été critiquée pour avoir évoqué la perspective des Pays-Bas comme pays en partie islamique."
"En présentant sa note sur l’intégration, elle se réfère à plusieurs reprises, avec admiration, à Land van Aankomst [Pays d’arrivée], le dernier ouvrage de Paul Scheffer, qui a donné en 2000 le coup d’envoi du débat sur l’intégration avec son essai Het Multiculturele Drama."
"Vogelaar annonce 56 mesures au total, allant de règles simplifiées pour l’insertion sociale à une ’prise de position’ sur l’immigration d’Europe de l’Est."
"Le ton prend à un moment donné une vivacité familière. Le gouvernement, dit Vogelaar, veut une société à laquelle les gens puissent s’identifier. ’C’est diamétralement opposé à une compétition pour voir qui prône l’approche la plus sévère vis-à-vis des étrangers. Wilders, qui veut interdire le Coran, Verdonk qui nous a laissé une loi sur l’intégration inapplicable et maintenant Henk Kamp qui cherche lui aussi à rejoindre ce peloton’."
"Le langage dur de députés comme Geert Wilders et Rita Verdonk, mais aussi du député VVD Henk Kamp, semble plutôt accroître les antagonismes entre les groupes de la population, selon Vogelaar", retient le Trouw. "’Le parler musclé est la recette de l’insécurité et du renforcement des antagonismes.’ C’est ce que Vogelaar a dit hier en commentant son Integratienota 2007-2011, dans laquelle elle conclut que le monde des allochtones et le monde des autochtones sont trop éloignés l’un de l’autre, qu’il n’y a plus de ’chimie’ et que cela débouche ’sur un sentiment croissant de malaise’."
Pour l’éditorialiste du journal chrétien progressiste, "Vogelaar fait un pas en avant, le VVD un pas en arrière". "L’approche de la ministre Vogelaar paraît équilibrée et réaliste. Il faut rapprocher le monde des autochtones et celui des immigrés, au lieu d’élargir le fossé."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9063
mercredi 17 octobre 2007
Ça bosse au café suédois
Ah, écrire est dur. Il faut arriver à se concentrer. J'ai donc pris Martin d'une main et mon ordinateur de l'autre et suis allé bosser au café suédois d'à côté. Délicieux. On a parlé avec le tenancier (Ingemar) et sa copine (Belge sans nom connu pour l'instant). Il a des idées dont j'ai pu me servir: Rita Verdonk comme diva homo, girl who kicks ass. Tout ça à lire bientôt en intégralité dans ce satané bouquin, of course...
dimanche 14 octobre 2007
Double nationalité permise
La nouvelle vient de tomber: le gouvernement renonce à obliger les détenteurs de deux nationalités à choisir. Les ministres semblent s'être rendus compte qu'une telle mesure serait entrée en conflit avec de nombreux traités internationaux. Encore un échec pour Rita Verdonk et Geert Wilders, pour qui la double nationalité était une des causes majeures du manque d'intégration. Outre que le lien entre simple nationalité et intégration ne me paraît pas du tout évident, une telle loi aurait posé de nombreux problèmes.En dehors des bidouilles juridiques improbables qu'il aurait fallu monter pour faire tenir cette mesure, elle montrait à quelle point non seulement leur vision de l'identité est étriquée, mais elle aurait posé de nombreux problèmes pour certains Néerlandais, qui auraient ainsi été privés d'héritage familial ou de certains droits de propriétés liés à certaines nationalités.
Bref, du grand n'importe quoi. Franchement, si l'intégration les stresse autant, qu'ils encouragent des mesures qui marchent vraiment, comme limiter la discrimination à l'emploi et au logement, les discriminations dans l'éducation (écoles noires et blanches, les mésorientation systématique des jeunes d'origine allochtone...), l'apartheid social et ethnique dans les grandes villes, la domination des élites blanches protestantes sur l'appareil municipal des grandes villes, et j'en passe.
Quand on compare la nullité des rhétoriques verdonkienne et wilderienne et leur popularité dans les sondages, on devient songeur. Plus encore, c'est le suiviste de Mark Rutte qui me surprend: le VVD était il n'y a pas longtemps encore le parti de la droite libérale, certes, mais aussi férue de pragmatisme et d'une pointe d'élitisme bien informé. Il semble être tombé bien bas.
* Rajout le 15 octobre / Dans la presse néerlandaise:
"Le fait que 1 047 165 personnes aient désormais un passeport marocain, turc, argentin, somalien ou autre en plus de leur passeport néerlandais pose-t-il un problème ?" s’interroge le Volkskrant (p.3) dans un article de fond. "Non, dit le ministre de la Justice Hirsch Ballin, qui ne veut absolument ’pas suggérer que la double nationalité pose un problème’. La participation à la vie sociale n’a rien à voir avec le nombre de passeports qu’on a dans sa poche."
"Le projet de loi sur la nationalité néerlandaise que Hirsch Ballin a envoyé à la Deuxième Chambre vendredi est par conséquent plein de ’l’approche respectueuse’ qu’il prône pour la double nationalité. Seuls ceux qui exagèrent - des terroristes condamnés ayant plusieurs passeports - pourront perdre la nationalité néerlandaise sous la nouvelle loi. Et les étrangers venus aux Pays-Bas quand ils étaient enfants et qui, une fois adultes, optent pour la nationalité néerlandaise seront priés explicitement de renoncer à leur vieille nationalité - à moins qu’ils ne puissent invoquer une longue liste de motifs d’exception."
"L’argument en faveur de cette exigence est purement juridique, affirme Hirsch Ballin. Elle ne s’appliquait pas encore à ce groupe, alors qu’elle était déjà valable pour d’autres groupes souhaitant la nationalisation. ’Nous généralisons la loi.’ Pour le reste, rien ne change. C’est à dire que quand on veut devenir néerlandais, on doit renoncer à son ancienne nationalité - ce qui a toujours été le cas. Suit une longue liste d’exceptions : quand le pays d’origine ne le permet pas - comme le Maroc et l’Argentine, quand on est marié à un ressortissant néerlandais - car on doit pouvoir rentrer après un éventuel divorce, quand on est reconnu réfugié - car on ne peut pas exiger des réfugiés qu’ils prennent contact avec les autorités du pays qu’ils viennent de fuir -, quand on est né et resté aux Pays-Bas, quand on se porterait un grave préjudice - comme les Turcs qui perdraient leurs droits d’héritage, quand on a des ’raisons particulières et objectives’."
"Le gouvernement sort ainsi le débat sur la double nationalité de l’atmosphère de loyauté et d’intégration pour ramener le problème idéologique à une question juridique pratique. La prédécesseur de Hirsch Ballin, Verdonk, était plus idéologique en tant ministre VVD. A ses yeux, la nationalité néerlandaise était quelque chose ’d’exclusif’. Elle voulait une loi sévère qui réduise le nombre de doubles nationalités."
"Mais la Deuxième Chambre voulait tant changer aux propositions de Verdonk que le nombre de doubles nationalités n’aurait guère diminué. Ensuite, Wilders a attiré à lui le débat, en mettant en doute l’intégrité des secrétaires d’Etat Albayrak (néerlandaise et turque) et Aboutaleb (néerlandais et marocain)."
"La disparition phase par phase des doubles nationalités n’est expressément pas l’objectif de la proposition de Hirsch Ballin. C’est une idée que nous reconnaissons chez lui. Lorsqu’il était ministre de la Justice sous le premier ministre Lubbers, il y quinze ans, il voulait justement autoriser explicitement les doubles nationalités comme étant bonnes pour l’intégration."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=8968
mercredi 10 octobre 2007
Ces embarassantes terrasses
La discussion en commission sur les terrasses chauffées n'a pas eu lieu (l'échevin n'état pas là) mais je sens le VVD prêt à s'exciter juste pour montrer qu'ils sont du côté des entrepreneurs. Ça va être d'autant plus embarassant que de nombreuses terrasses sont chauffées dans l'arrondissement... mais qu'elles n'attirent personne. Je me promène ainsi de terrasses chauffées et vides en terrasses vides et chauffées. Le lien entre chauffage de terrasse et popularité de la ville me paraît vraiment ténu.
C'est vrai que cramer la planète et justifier la guerre en Irak pour le passage éventuel d'un touriste, c'est vraiment une bonne idée. Je sais, je suis bilingue français-sarcasme. Nobody's perfect, toch?
lundi 1 octobre 2007
Chauffer des terrasses
En préparant la commission Verkeer & Ondernemen (littéralement "Circulation & entreprendre"), j'ai vu avec surprise que nos échevins ont écrit au maire à propos des terrasses chauffées. Le maire, Job Cohen, rêve de faire d'Amsterdam un Paris nordique, mais nos collègues du Centre comme nous, au Vieux Sud, nous sommes très moyennement enthousiastes, non seulement parce que ce n'est pas le seul moyen de rendre Amsterdam attractif aux visiteurs étrangers, mais aussi parce que, dans le cadre de nos tentatives pour réduire nos émissions de dioxyde de carbone, ce n'est franchement pas une bonne idée.
En lisant cette lettre des échevins, j'ai eu le plaisir de retrouver une idée que j'avais trouvée à Oslo: mettre des couvertures (ils parlent de couvertures "I amsterdam") à la disposition des consommateurs au lieu de gaspiller du gaz à réchauffer l'air extérieur.
Je me demande toujours quel est l'impact de nos discussions. Et bien pas toujours nul, donc. Nous faire croire que l'économie ne peut exister que par le gâchis environnemental et la consommation d'énergie sans limite aucune, c'est une idée simpliste qui ne rime à rien. J'espère que le VVD du Vieux Sud, en général plutôt progressiste et raisonnable, saura le comprendre. Résultat mercredi soir.
En lisant cette lettre des échevins, j'ai eu le plaisir de retrouver une idée que j'avais trouvée à Oslo: mettre des couvertures (ils parlent de couvertures "I amsterdam") à la disposition des consommateurs au lieu de gaspiller du gaz à réchauffer l'air extérieur.
Je me demande toujours quel est l'impact de nos discussions. Et bien pas toujours nul, donc. Nous faire croire que l'économie ne peut exister que par le gâchis environnemental et la consommation d'énergie sans limite aucune, c'est une idée simpliste qui ne rime à rien. J'espère que le VVD du Vieux Sud, en général plutôt progressiste et raisonnable, saura le comprendre. Résultat mercredi soir.
mardi 18 septembre 2007
Les gays voteraient massivement Verdonk
L'hégérie de la droite nationaliste et xénophobe Rita Verdonk serait de plus en plus populaire chez les homos. C'est ce qui ressort d'un sondage effectué sur le site du GayKrant. Même si la représentativité des lecteurs du GayKrant peut prêter à caution, elle recoupe les tendances nationales. Avec 31% d'intentions de vote, l'ancienne ministre de l'intégration devance les autres politiciens et dépasse largement les partis qui se sont toujours prononcés pour la cause homo, surtout à gauche. Alors Rita Verdonk vient d'être exclue du groupe parlementaire libéral pour manque de discipline, l'extrême-droite nationaliste et islamophobe de Geert Wilders se voit déjà l'accueillir en son sein. Sur son seul nom elle avait réuni presque la moitié des voix libérales lors des élections aux dernières législatives, en novembre 2006. Qui a dit que les homos étaient forcément de gauche?http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=11847
jeudi 13 septembre 2007
Début de ménage au VVD?
La niouze est tombée: Rita Verdonk, ex-ministre crypto-frontiste, chasseuse diplômée d'allochtones, tombeuse de Balkenende III et d'Ayaan Hirsi Ali, et probablement la femme politique néerlandaise à la fois la plus adulée et la plus haïe du pays, a été virée du VVD. Elle a déclaré continuer sous son seul nom à la Chambre.Les questions me viennent, depuis, sans arrêt. Les députés qui ont été élus avec ses votes préférentiels vont-ils la suivre? Va-t-elle faire alliance avec Geert Wilders avec qui elle partage tellement d'analyses? Le VVD va-t-il continuer à faire le ménage et en virer d'autres? Le VVD va-t-il redevenir un parti libéral ou va-t-il essayer de trouver une clone à Rita pour draguer les électeurs ultra-nationalistes? Ehsan Jami va-t-il être invité par Rutte à cracher sur les musulmans au sein de son parti, comme Verdonk et Hirsi Ali l'avaient été avant lui, ou ont-ils d'autres noms en tête?
On va découvrir tout cela dans les semaines qui suivent, j'en suis sûr. À côté, la guéguerre entre Jan Pronk l'archéo-gaucho et les amis néo-libéraux de Wouter Bos pour le contrôle du parti travailliste, c'est de la rigolade. Qui a dit que la politique néerlandaise était ennuyeuse?
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