La hype du moment aux Pays-Bas, c'est la question du meilleur et du pire politicien de l'année. Cette année, on a Wouter Bos comme meilleur, et Gert Wilders comme pire. Plus ou moins l'inverse de l'année derniers. On retrouve dans le tiercé perdant Rita Verdonk, et chez les gagnants Alexander Pechtold. Bon, ça a la valeur qu'on accorde aux sondages. "Yawn..." (baillement) comme dit Lewis.
Plus intéressant est le changement qui a lieu dans le projections de voix et de sièges à la Deuxième Chambre: Rita Verdonk comme Gert Wilders se tassent sévèrement, les travaillistes remontent et les gentils partis (GroenLinks, D66) regagnent ce qu'ils avaient perdu récemment. Ça ressemble terriblement à une stabilisation de la politique néerlandaise: une extrême-droite présente mais pas dominante, une extrême gauche présente mais pas du tout en état de gouverner, des partis du centre qui ronronnent, allez vous coucher ma bonne dame, tout est sous contrôle.
Mon impression? Qu'une fois que les crises d'identité retombées, on s'occupe à nouveau de l'économie, et que le clivage gauche/droite recommence à faire sens. C'est une bonne nouvelle, parce qu'on va enfin pouvoir parler de choses sur lesquelles le gouvernement peut vraiment agir. La mauvaise nouvelle, c'est que les citoyens que l'extrême-droite et l'extrême-gauche avaient réveillés chacune à leur manière vont à nouveau se détourner de la politique. Les partis gouvernementaux doivent être soulagés, mais je ne sais pas si c'est vraiment une victoire pour la démocratie. Car, je vous le rappelle, la démocratie ce n'est pas la dictature de la majorité, mais bien le régime qui prend en compte aussi les minorités. Toutes. On en est encore loin.
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samedi 13 décembre 2008
lundi 1 décembre 2008
Attaques territoriales

Aujourd'hui, j'ai reçu le complément "spécial arrondissements" de la compilation annuelle que nous offre le service Recherches & Statistiques de la commune d'Amsterdam. Pas de changement majeur par rapport à l'année dernière, sauf que nous avons perdu 300 habitants: le remplacement des familles logeant dans le social par des bobos sans enfants dans des immeubles privatisés commence à avoir des conséquences.
L'autre chiffre intéressant, c'est qu'Oud Zuid est l'arrondissement à la fois le plus néerlandais, le plus français et le plus portugais de la ville. Les allochtones (pour une grosse moitié occidentaux, pour une petite moitié non-occidentaux) forment encore un tiers des habitants, malgré la politique des corporations immobilières de suburbanisation des allochtones.
Par ailleurs, nous sommes en pleines discussions sur l'avenir des arrondissements amstellodamois. Qui va annexer quel quartier, qui va se marier à qui, qui va disparaître, ce sont les questions du jour. Une commission indépendante est chargée de délivrer son rapport à la mairie centrale très bientôt. Deux souhaits de nos voisins de ZuiderAmstel nous sont désormais connus: ils aimeraient soit annexer un quartier de Zuid, soit fusionner avec nous. Nous n'avons pas vraiment envie de nous faire découper, alors qu'administrativement on se remet à peine de la fusion entre le Pijp et Zuid. Une fusion donnerait un arrondissement géant (probablement appelé "Zuid") de plus de 130.000 habitants, à comparer aux 31.484 habitants d'Oud West ou aux 30.045 de Bos & Lommer.
Politiquement, ils ont 23 élus, dont 7 PvdA, 6 VVD, 2 GroenLinks, 2 CDA, 4 (ex-)SP. Si rien ne changeait aux élections cela donnerait, sur un conseil de 52 membres, 17 PvdA, 13 VVD, 8 GroenLinks, 3 CDA. Les possibilités de coalitions avec GroenLinks seraient plus compliquées (il faudrait au moins un ou deux élus d'un autre parti), alors qu'avec le VVD ce serait plus facile. Mais bon, d'ici les élections de mars 2010, tellement de choses peuvent arriver, comme une grosse crise économique ringardisant la droite néo-libérale, que tout peut changer.
La décision finale sera prise avant les élections, et par le Conseil de la ville centrale. En tant qu'arrondissement, nous n'aurons pas notre mot à dire. Suspense...
dimanche 30 novembre 2008
Waterschappen: pas encore ça

Oui j'ai voté pour les waterschappen il y a une semaine, mais mon enthousiasme commence à se transformer en effroi: il n'y a aucun(e) allochtone sur aucune des listes, ce qui est quand même fascinant en 2008. Allochtone weblog est outré, à raison d'ailleurs.
Pire encore, le CDA ne présente que des hommes, aucun ne venant d'Amsterdam (c'est vrai que le CDA ne cartonne pas vraiment ici), mais c'est surtout deux partis qui commencent à sentir leurs oreilles siffler: la liste Eigen Woning en Water (Habitation particulière et Eau, un parti de propriétaires) et celle de la Socialistische Waterschapvereniging (Union socialiste des waterschappen, qui dit vouloir défendre les locataires) sont toutes deux fondées par un loulou vaguement escroc qui a réussi à être élu (deux sièges pour chaque parti, quand même).
En regardant les résultats (lien), on voit que la participation a été faible (18,2%, contre 20,1% en 2004) et que l'équilibre politique de la région est ailleurs: 5 sièges pour les verts de Water Natuurlijk (l'Eau naturellement), 3 pour le PvdA, 3 pour le VVD (dont Anne-Lize van der Stoel, ancienne échevine de l'arrondissement du Centre), 3 pour le CDA, 2 pour chacune des listes bizares sus-citées, 2 pour le Partij voor de Dieren (le parti pour les animaux), 1 pour la ChristenUnie, et 1 pour deux listes traditionnelles. 9 femmes sur 29 (31%) ce n'est pas mauvais, ni fabuleux non plus.
Rob van der Bijl m'a dit de ne pas trop perdre de temps là-dessus, tant cette institution est, d'après lui, amenée à disparaître. Trop ringarde, trop provinciale, trop masculine, pas assez efficace. L'ouverture aux partis politiques traditionnels (et un moyen de caser leurs éléphants) va-t-elle lui permettre de survivre?
jeudi 6 décembre 2007
Politique locale: mal payée, trop de travail
Les élus découvrent que la politique, c'est du travail. Ceux qui suivent ce blogue ne s'en étonneront pas. Je ne sais pas comment quelqu'un avec un temps plein peut trouver du temps pour la politique. Mon décompte perso, en moyenne: environ 6h par semaine de réunions (avec des pointes à une réunion tous les soirs jusqu'à une heure du matin environ deux fois par an), 6h de préparation (avec des pointes deux fois par an), 6h pour les tâches périphériques, et un nombre incalculable d'heures passées à faire de la veille, lire la presse sur les sujets que je traite, parler avec les gens dans la rue ou au marché. Dans le cadre d'un travail, régulier, on ferait du 3-4 jours par semaine, mais à des heures terribles: le soir et les ouiquennes. C'est clair que si l'on devait avoir un tel travail dans le privé, on serait payé au mins 3 fois plus. Mais la plupart d'entre nous ne sont pas là pour l'argent.
Mais c'est vrai que ça bouffe du temps. Il y a des jours où cela génère des tensions avec la famille et les amis, même si la plupart comprennent...
Dans la presse néerlandaise d'aujourd'hui:
"La moitié des conseillers municipaux CDA - plus de 1 800 au total - trouve la charge de travail que ces fonctions entraînent trop lourde et difficile à combiner avec un emploi", relève le Volkskrant (p.3). "10 pour cent préféreraient y mettre fin immédiatement. Depuis les élections de mars 2006, presque quarante conseillers municipaux CDA ont effectivement quitté leurs fonctions."
"’Ces chiffres ne sont pas réjouissants’, dit le directeur de l’association des gestionnaires CDA, Jo-Annes de Bat. De Bat est lui-même conseiller municipal à Goes. Son association a fait étudier cet automne la charge de travail des conseillers municipaux CDA et elle en publie les résultats aujourd’hui."
"Selon De Bat, ce sont surtout les présidents de groupe qui constatent que leur travail prend beaucoup plus de temps qu’ils ne le pensaient au départ."
"Le PvdA signale aussi que ses conseillers municipaux jugent la charge de travail trop lourde, selon Jos Kuijs du Centrum voor Lokaal Bestuur [Centre pour l’administration locale]. ’Ce qui nous préoccupe, c’est que la ’durée’ moyenne de nos conseillers et échevins n’est que de quatre ans. Je trouve cette donnée alarmante. C’est beaucoup trop court pour vraiment asseoir quelque chose’."
Difficile de recruter
"Le directeur de l’association des gestionnaires CDA De Bat dit qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des candidats à un poste de conseiller municipal dans le secteur privé. Il rappelle que beaucoup de membres des conseils municipaux viennent de l’enseignement ou de la fonction publique. ’Il faut aussi avoir quelque chose à leur offrir du point de vue financier. Or la rémunération n’est pas tellement impressionnante’."
"Le président du groupe PvdA de Rotterdam, Peter van Heemst, a exprimé la même plainte récemment dans le Volkskrant. Selon lui, la rémunération des présidents de groupe n’est pas proportionnée à la quantité de travail que cette fonction entraîne. Cette opinion gagne aussi du terrain en milieu CDA. Un président de groupe CDA sur trois dit que ses tâches de conseiller lui prennent plus de 16 heures par semaine. Et 86 pour cent de tous les conseillers municipaux CDA déclarent que leurs tâches prennent plus de temps que prévu. Simultanément, 40 pour cent disent que toutes ces heures ne leur suffisent pas pour vraiment bien s’acquitter de leurs tâches. Depuis l’introduction du système dualiste en 2002 (davantage de pouvoir au conseil, les échevins ne font plus partie des groupes) la charge de travail n’a fait qu’augmenter, se plaignent beaucoup de conseillers municipaux."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9120
Mais c'est vrai que ça bouffe du temps. Il y a des jours où cela génère des tensions avec la famille et les amis, même si la plupart comprennent...
Dans la presse néerlandaise d'aujourd'hui:
"La moitié des conseillers municipaux CDA - plus de 1 800 au total - trouve la charge de travail que ces fonctions entraînent trop lourde et difficile à combiner avec un emploi", relève le Volkskrant (p.3). "10 pour cent préféreraient y mettre fin immédiatement. Depuis les élections de mars 2006, presque quarante conseillers municipaux CDA ont effectivement quitté leurs fonctions."
"’Ces chiffres ne sont pas réjouissants’, dit le directeur de l’association des gestionnaires CDA, Jo-Annes de Bat. De Bat est lui-même conseiller municipal à Goes. Son association a fait étudier cet automne la charge de travail des conseillers municipaux CDA et elle en publie les résultats aujourd’hui."
"Selon De Bat, ce sont surtout les présidents de groupe qui constatent que leur travail prend beaucoup plus de temps qu’ils ne le pensaient au départ."
"Le PvdA signale aussi que ses conseillers municipaux jugent la charge de travail trop lourde, selon Jos Kuijs du Centrum voor Lokaal Bestuur [Centre pour l’administration locale]. ’Ce qui nous préoccupe, c’est que la ’durée’ moyenne de nos conseillers et échevins n’est que de quatre ans. Je trouve cette donnée alarmante. C’est beaucoup trop court pour vraiment asseoir quelque chose’."
Difficile de recruter
"Le directeur de l’association des gestionnaires CDA De Bat dit qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des candidats à un poste de conseiller municipal dans le secteur privé. Il rappelle que beaucoup de membres des conseils municipaux viennent de l’enseignement ou de la fonction publique. ’Il faut aussi avoir quelque chose à leur offrir du point de vue financier. Or la rémunération n’est pas tellement impressionnante’."
"Le président du groupe PvdA de Rotterdam, Peter van Heemst, a exprimé la même plainte récemment dans le Volkskrant. Selon lui, la rémunération des présidents de groupe n’est pas proportionnée à la quantité de travail que cette fonction entraîne. Cette opinion gagne aussi du terrain en milieu CDA. Un président de groupe CDA sur trois dit que ses tâches de conseiller lui prennent plus de 16 heures par semaine. Et 86 pour cent de tous les conseillers municipaux CDA déclarent que leurs tâches prennent plus de temps que prévu. Simultanément, 40 pour cent disent que toutes ces heures ne leur suffisent pas pour vraiment bien s’acquitter de leurs tâches. Depuis l’introduction du système dualiste en 2002 (davantage de pouvoir au conseil, les échevins ne font plus partie des groupes) la charge de travail n’a fait qu’augmenter, se plaignent beaucoup de conseillers municipaux."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9120
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