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jeudi 1 janvier 2009

Straight Pig Pride™

Hier, c'était le réveillon, comme partout ailleurs sur terre. Sauf qu'aux Pays-Bas, la tradition veut qu'on célèbre ça avec des pétards et des feux d'artifice. Chaque année les Néerlandais se surpassent en dépensant encore plus d'argent que précédemment, et chaque année les autorités mettent les gens en garde contre les pétards de contrebande qui explosent les doigts et mettent le feu aux cheveux.
En fait, si on se promène dans la rue entre 19h et 2h du matin le soir du réveillon, on voit surtout des adolescent et des hommes jeunes qui terrorisent tout le monde avec leurs tubes rouges. Plus ils sont gros, plus ils font du bruit, plus ils sont contents. Pas besoin d'avoir un doctorat en anthropologie pour y voir un substitut phallique (un gros bâton rouge qui explose, hello people!). C'est d'ailleurs comment un de mes amis résume le réveillon à la batave: Pig Straight Pride™.  La "fête de la fierté des gros porcs hétéros". C'est un peu extrême mais c'est quand même bien vu: on ne voit en effet que les hétéros complexés (les jeunes d'origine marocaine et turque, ainsi que toutes les génération d'hommes white trash), pratiquement aucune femme, aucun homo, aucun père de famille respectable.
Le reste de l'année, ils se contentent d'uriner partout dans la rue (alors que les femmes doivent faire la queue dans les cafés). Mais pour fêter la nouvelle année, faire peur à tout le monde et dégueulasser la rue (des tonnes et des tonnes de papier rouge partout dans les rues) est un must.

Dans ma rue, heureusement, il n'y a que les mômes white trash qui explosent leurs substituts phalliques rouges. Je leur ai dit qu'il faisaient peur à Martin le chien avec leurs crottes explosives, et ils sont gentiment allés les péter ailleurs. En fait, Martin n'a pas peur, c'est moi qui sursaute bêtement à chaque attaque. 
Mais bon, ce réveillon à la hollandaise nous le rappelle: nous vivons en plein patriarcat hétérocentré. Même à Amsterdam, où même si les homos et les femmes sont plus libres qu'ailleurs, on sait qui commande. Bonne année. Paf!

mardi 30 décembre 2008

Un autre bébé poilu



Dans quelques jours, nous allons accueillir le petit frère de Martin, un bébé Labrador qui s'appelle Philippe. De son vrai nom Philippe Duponant Chambon-Marques. Il semble qu'il va être un peu plus baraqué que Martin, avec une fourrure plus épaisse. C'est à nous d'en faire un chien aussi gentil que son grand frère.
En attendant on a déjà monté sa cage (avec Martin qui squatte dedans et dort comme un gros bébé), on a bien aligné ses jouets et on commence à angoisser un peu. Ah, être parent, c'est une sacré responsabilité, même s'il ne s'agit que d'un enfant canin...
Le blogue de Martin est ici, celui de Philippe .

vendredi 14 novembre 2008

Nous fabriquons des monstres

L'éducation des enfants est un sujet de discussion sans fin pour les étrangers vivant aux Pays-Bas: nos chères têtes blondes sont très souvent des monstres d'impolitesse, d'égoïsme et de gêne infinie pour tout le monde.
Natasha, dans son blogue (totalement addictif d'ailleurs) 24oranges, décortique par le menu pourquoi c'est encore possible: les parents néerlandais préfèrent que leur môme casse les pieds de tout le monde que devoir le confronter et le corriger. Beaucoup pensent encore que corriger les mauvaises attitudes des enfants est traumatique et va brider leur créativité.
Hurler, manger comme un cochon, se rouler par terre, terroriser les autres enfants, faire des colères pour obtenir ce qu'on veut n'est pas, à mon sens, une aide à la créativité, bien au contraire. Pour être très occupé à créer moi-même, je peux vous assurer qu'une culture bien bétonnée et un sens de la discipline personnelle est encore le meilleur moyen de réaliser ses rêves créatifs, sinon, cela reste du blabla et du rêve jamais réalisé.
Les Néerlandais ont du mal à croire que je tienne mon chien sous appel sans laisse ni violence: Martin a appris qu'il peut jouer et courir quand c'est possible, mais que s'il veut rester avec nous sans qu'on le mette en laisse, il doit rester près de nous et obéir quelques règles très simples. Il attend au feu rouge, s'assoit quand on lui demande, nous attend sagement à l'entrée des boutiques et ne mord jamais. En échange, on le nourrit, le protège, on ne le tape jamais, et on lui donne beaucoup de câlins. Il faut parfois le corriger, mais cela n'est presque plus nécessaire. Bien sûr, un petit humain est plus complexe et d'une interaction plus riche, mais le principe est étrangement identique dès qu'il s'agit de l'élever: en échange d'amour, de protection et de nourriture, on lui apprend des règles de plus en plus sophistiquées lui permettant de vivre en harmonie avec son environnement social et naturel.

Certaines discussions sur les enfants que nous avons parfois dans mon parti me choquent profondément. Beaucoup pensent que l'enfant s'éduque tout seul, le laissent choisir lui-même sa nourriture à tout moment et toute heure de la journée, et surtout rechignent à poser des limites. Je préfère ne pas m'énerver, mais ce n'est pas toujours facile.

Quand je reviens en France, je vois que les adultes se plaignent que les enfants d'aujourd'hui ne savent pas se tenir. Il arrive effectivement que des monstres mal élevés nous cassent les pieds (souvent des petits nouveaux-riches d'ailleurs), mais mon impression générale est, qu'au contraire, beaucoup de petits Français se tiennent très bien (surtout à table, je suis impressionné). Mon plus gros problème avec l'éducation à la française tient à la façon dont on corrige parfois les enfants: corriger et punir sont souvent confondus (la punition devrait être un outil qu'on peut éventuellement utiliser pour corriger, ce n'est en rien une obligation systématique), et surtout, violence et humiliation sont encore trop souvent utilisées. Les fessées et les humiliations publiques n'ont jamais rien arrangé à l'attitude d'un enfant, au contraire. Qu'on discute encore de la possibilité de laisser les parents battre leurs enfants pour les "corriger" me laisse pantois: on demande aux adultes de ne pas abuser des autres, mais on viole l'intégrité des enfants sans problème. Je parle des parents, mais aussi des enseignants, de la police, des autres adultes...

Entre le laisser-aller à la hollandaise et l'éducation humiliante à la française, je crois qu'il est possible de trouver un juste milieu: rappeler à l'enfant qu'il y a des règles de savoir-vivre à respecter, qu'il est des limites à ne pas dépasser, mais sans recourir à la violence ou à l'humiliation. Et si les parents veulent aider leurs enfants à être créatifs, pourquoi ne pas éteindre la télé et passer du temps à jouer avec eux, à chanter ensemble, danser, construire des objets, cuisiner, inventer des histoires avec des marionnettes, jouer avec des mots qui n'existent pas...?
Si une éducation stricte mais dénuée de violence est possible avec un chien (Martin: 35kg de muscle, 4 pattes, une vitalité sans limite et une gourmandise énorme), ça devrait pouvoir l'être avec un enfant, non?

lundi 5 mai 2008

À IJmuiden






Comme ce ouiquenne on n'est pas allés à la plage, on s'est rattrapés aujourd'hui. On est allés à IJmuiden, une des seules plages pas trop loin où les chiens sont acceptés. Il faisait beau mais il y avait beaucoup de vent, ce qui faisait voler beaucoup de sable. Dans la bouche, les poils, les fringues, sur le chien et dans les poches.
Martin a adoré. Au moment ou j'écris ces lignes, il ronfle comme un porc et rien ne le réveille...



Pour changer, on a pris le Speedboat à la Gare Centrale qui relie directement Amsterdam à IJmuiden. Par contre, arrivés au port d'IJmuiden, après une grosse demi-heure de marche on s'est résignés à prendre le bus pour arriver à la plage. Sur internet ils disaient que le bateau arrivait juste à côté de la plage. Vu par satellite, peut-être, mais pas avec des chaussures...


mercredi 30 avril 2008

Ma fête de la Reine




La fête de la Reine (Koninginnedag) est devenu à Amsterdam une sortie d'orgie de bière, de techno vulgaire, de saucisses empoisonnées et de merdes oranges en tous genres qui finissent déchirées par terre. Cela fait des années que cela ne m'amuse plus. Mes premières fêtes étaient drôles et surprenantes, ces dernières années je préfère laisser les provinciaux alcooliques s'approprier la ville en pissant partout et aller voir ailleurs si j'y suis. Je n'ai même pas accroché mon drapeau batave à la fenêtre tellement je manquais d'enthousiasme, c'est dire.
Pour l'édition 2008, avec Lewis le mari et Martin le chien nous sommes allés au Bois Amstellodamois (Amsterdamse Bos), à une petite heure de marche. C'était délicieusement désert. Pas de fausse ferme vulgaire vendant des crêpes trop cher. Pas de couples se disputant devant leur marmaille grincheuse. Pas de chiens agressifs ou des coureurs malpolis en lycra moulant.
Juste les fleurs, les arbres, les canaux où Martin s'est vautré jusqu'à épuisement, et quelques oiseaux surpris. La fête de Dame Nature, en quelque sorte. C'était bien.

mardi 15 avril 2008

Martin a deux ans et demi






Émilie est passée nous voir dans le Poitou et a fait quelques photos, en particulier du bébé poilu, Martin, aka Lapin-en-chocolat (voir http://martindaraby.blogspot.com pour la totale). Il vient d'avoir deux ans et demi et est donc presque un adulte. Il restera compact et mignon, apparement. À part ça? Je me suis pris un sale coup de soleil (je pèle, ça gratouille, j'avais oublié combien le soleil d'avril peut être violent) alors que Lewis a bronzé. La loterie génétique n'a pas été généreuse avec tout le monde niveau mélanine, c'est clair.
Avec le retour, pas mal de chose prévues: le livre sort bientôt, la sortie du disque à préparer, des projets politiques, des projets de recherche aussi... Passage via Mehmet à Vilvoorde, près de Bruxelles, on s'est tellement amusés que j'ai oublié de faire des photos. Ce sera pour la prochaine fois.

mardi 1 avril 2008

Une décennie amstellodamoise



Je viens de m'apercevoir qu'il y a un mois, cela faisait dix ans que je suis à Amsterdam. Ce n'est pas rien. En me réveillant ce matin, je me suis fait une sorte de bilan décennal en forme de liste. Je ne sais pas trop qu'en penser.

Ces dix années amstellodamoises, cela représente:
· 1 doctorat
· 1 passion amoureuse compliquée
· 1 dépression nerveuse
· 1 chien
· 8 ans de mariage
· 2 chats
· 1 livre
· 2 maxis en vinyle, dont 1 primé
· ± 10 boulots différents
· 1 élection locale réussie
· 1 album en CD
· ± 20 voyages intéressants
· ± 5 vrais ami(e)s en plus
· 2 ami(e)s de perdus
· 1 langue étrangère apprise

Mais cela veut aussi dire...
· zéro possessions matérielles de valeur
· zéro enfants
· zéro amis néerlandais de souche
· zéro trajectoire professionnelle tangible
· zéro visibilité sur ce que le futur me réserve ici

Autour de moi, il s'est aussi passé pas mal de choses:
· ± 10 naissance (enfants d'amis ou dans la famille)
· 2 meurtres politiques
· 2 attentats importants
· 1 guerre en Irak
· 1 bulle internet
· 1 bulle immobilière
· 1 pays passé de la tolérance béate au nationalisme crasse
· 2 présidents français incompétents

Bref, on ne peut pas dire que j'ai uniquement dormi. Je crois que j'ai vécu les pires années de ma vie, mais en même temps j'ai trimé comme un fou et j'ai connu quelques joies et moments intéressants. Pourtant, je suis loin d'être en état de me dire "tiens, je suis arrivé à quelque chose".

mardi 28 août 2007

Transformations corporelles canines

Hier, j'ai découvert par hasard sur internet que les chiens qui vivent autour de nous sont certes le produit d'une sélection génétique particulière (le Labrador a été sélectionné pour ses carractéristiques physiques et mentales particulières), mais qu'ils subissent très souvent des transformations corporelles à la naissance: taille des oreilles, coupe ou racourcissement de la queue ou ablation des ergots. Je n'en avais aucune idée. Pourtant Martin ne présente aucun ergot aux pattes arrières, il est donc probable qu'on les lui a otés peu après sa naissance. Les ergots sont le reste de ce qui correspond chez nous au pouce, et on les coupe généralement, du moins sur les pattes arrières, lors du 3ème jour, surtout pour éviter que les chiens ne se blessent, l'ergot étant souvent mal attaché à la patte et s'arrachant facilement.
La coupe des oreilles et de la queue est strictement interdite dans l'Europe du Nord, et autorisée dans l'Europe du Sud, avec, entre les deux, quelques pays mixtes où elle est autorisée uniquement pour certaines races. Les scandinaves considèrent qu'il s'agit d'un mauvais traitement, et les latins que c'est une opération indolore si pratiquée assez tôt et qui empêche le chien de se blesser et de souffrir inutilement. Aux Pays-Bas, l'ablation de la queue ou la coupe des oreilles est interdite et l'on voit des chiens magnifiques affublés d'une queue maigre et ridicule qui, j'imagine, peut s'abimer facilement pour peu qu'ils s'agisse d'un chien chasseur ou aventurier des buissons sauvages.
Il semble que la position des différents pays européens sur la question est franchement culturelle et ne correspond pas à une décision rationnelle: la question de la nature est absurde au vu de la façon dont les chiens ont été sélectionnés, presqu'aucun des chiens qui sont autour de nous n'étant dans un tel état dans la nature. La torture que peut représenter de telles transformations corporelles sont discutées (certains disent qu'il s'agit de torture, d'autres que le chiot de quelques jours n'a pas encore connecté tout son système nerveux), mais ce qui ressort de ces discussions, c'est que les nordiques fantasment complètement sur l'état de nature supposé des chiens (une vision protestante?), et que les latins voient les chiens comme une machine qui doit être efficace sans trop se poser de questions sur les souffrance éventuelles des chiots.
Ce qui me fascine, c'est que les nordiques se font des soucis pour la queue des chiens, mais continuent à tolérer des élevages de porcs ou de poulets où les animaux sont non seulement torturés via des castrations, des coupes de queues ou d'oreilles sans anesthésie, mais aussi et surtout par leurs conditions de vie, enfermés, stressés, maltraités, sans espace ni nourriture saine. Pire encore, ils nourissent leurs propres enfants (humains) avec de la bouffe de merde et en font des obèses (top européen: Allemagne, Belgique, Pays-Bas). Si ce n'est pas une forme de transformation corporelle confinant à la torture, je ne sais pas ce que c'est...

lundi 20 août 2007

On repart à Paname



A peine revenu du Poitou et de Bruxelles, me voilà à repartir sur Paris. J'emmène Martin le chien avec moi. Ce sera notre premier voyage Papa Lolo et Bébé Martin aussi loin ensemble. Il est shampooiné, passé à l'antipuce et ce soir on va lui nettoyer les oreilles et lui brosser les dents (il a sa brosse à dent électrique, ne demandez pas pourquoi, voyez avec Lewis). J'espère qu'il va supporter les 4 heures de train sans lécher trop de monde...
Programme chargé à Paris, je tâcherai de prendre des photos.