Ah, l'instabilité d'internet. Je teste maintenant un nouveau service, issuu, pour mettre ma thèse de doctorat à disposition du public. On va voir si ce service tient longtemps... On peut lire le document en ligne (la mise en forme est relativement agréable, surtout avec un grand écran), mais aussi le télécharger gratuitement... Le lien direct est ici.
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vendredi 2 janvier 2009
samedi 13 décembre 2008
Meilleur ou pire
La hype du moment aux Pays-Bas, c'est la question du meilleur et du pire politicien de l'année. Cette année, on a Wouter Bos comme meilleur, et Gert Wilders comme pire. Plus ou moins l'inverse de l'année derniers. On retrouve dans le tiercé perdant Rita Verdonk, et chez les gagnants Alexander Pechtold. Bon, ça a la valeur qu'on accorde aux sondages. "Yawn..." (baillement) comme dit Lewis.
Plus intéressant est le changement qui a lieu dans le projections de voix et de sièges à la Deuxième Chambre: Rita Verdonk comme Gert Wilders se tassent sévèrement, les travaillistes remontent et les gentils partis (GroenLinks, D66) regagnent ce qu'ils avaient perdu récemment. Ça ressemble terriblement à une stabilisation de la politique néerlandaise: une extrême-droite présente mais pas dominante, une extrême gauche présente mais pas du tout en état de gouverner, des partis du centre qui ronronnent, allez vous coucher ma bonne dame, tout est sous contrôle.
Mon impression? Qu'une fois que les crises d'identité retombées, on s'occupe à nouveau de l'économie, et que le clivage gauche/droite recommence à faire sens. C'est une bonne nouvelle, parce qu'on va enfin pouvoir parler de choses sur lesquelles le gouvernement peut vraiment agir. La mauvaise nouvelle, c'est que les citoyens que l'extrême-droite et l'extrême-gauche avaient réveillés chacune à leur manière vont à nouveau se détourner de la politique. Les partis gouvernementaux doivent être soulagés, mais je ne sais pas si c'est vraiment une victoire pour la démocratie. Car, je vous le rappelle, la démocratie ce n'est pas la dictature de la majorité, mais bien le régime qui prend en compte aussi les minorités. Toutes. On en est encore loin.
Plus intéressant est le changement qui a lieu dans le projections de voix et de sièges à la Deuxième Chambre: Rita Verdonk comme Gert Wilders se tassent sévèrement, les travaillistes remontent et les gentils partis (GroenLinks, D66) regagnent ce qu'ils avaient perdu récemment. Ça ressemble terriblement à une stabilisation de la politique néerlandaise: une extrême-droite présente mais pas dominante, une extrême gauche présente mais pas du tout en état de gouverner, des partis du centre qui ronronnent, allez vous coucher ma bonne dame, tout est sous contrôle.
Mon impression? Qu'une fois que les crises d'identité retombées, on s'occupe à nouveau de l'économie, et que le clivage gauche/droite recommence à faire sens. C'est une bonne nouvelle, parce qu'on va enfin pouvoir parler de choses sur lesquelles le gouvernement peut vraiment agir. La mauvaise nouvelle, c'est que les citoyens que l'extrême-droite et l'extrême-gauche avaient réveillés chacune à leur manière vont à nouveau se détourner de la politique. Les partis gouvernementaux doivent être soulagés, mais je ne sais pas si c'est vraiment une victoire pour la démocratie. Car, je vous le rappelle, la démocratie ce n'est pas la dictature de la majorité, mais bien le régime qui prend en compte aussi les minorités. Toutes. On en est encore loin.
vendredi 5 décembre 2008
Archive surprise
J'ai trouvé par hasard la vidéo d'un programme de France 24 auquel j'avais été invité. Pour le fun...
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jeudi 13 novembre 2008
Ces histoires de nationalité

Ah, la question de la nationalité... Aujourd'hui, j'ai lu qu'un ex-président du Conseil italien était content que Carla Bruni ne soit plus italienne après qu'elle eût déclaré être contente d'être désormais française, suite à la remarque de Berlusconi sur le bronzage parfait d'Obama (quelle remarque de folle superficielle, d'ailleurs). Quel niveau...
Hier, Natasha la Canadienne m'a appelé pour me raconter comment, après dix ans dans le Royaume Submersible, en ayant appris la langue toute seule et s'étant construite une carrière sans aide publique, elle a reçu une lettre de son arrondissement lui demandant de venir pour un entretien afin de tester son néerlandais et d'apporter ses diplômes qu'on puisse parler perspectives d'emploi. La raison cachée est, apparemment, que les arrondissements paniquent après avoir vu que les lois Verdonk sur l'intégration sont inapplicables et ont surtout engendré un monstre bureaucratique, et que si elles ne prouvent pas rapidos qu'elles ont essayé de lever des clients, elles vont devoir rembourser des sommes énormes au Royaume de subsides non-utilisés.
Il y a quelques mois, c'était le sort de Frédéric Minvielle que j'avais soulevé, le pauvre ayant perdu sa nationalité française pour s'être marié à un homme et avoir acquis la nationalité néerlandaise. J'ai appelé l'IND (services de naturalisation néerlandais) pour savoir où on en était sur la question, après avoir passé un bon quart d'heure (c'était un numéro surtaxé, natuurlijk) à demander à ses collègues, mon interlocuteur m'a avoué que personne ne savait plus très bien à quoi s'en tenir en matière de double nationalité avec la France: «appelez les autorités françaises qui en savent peut-être plus que nous.»
J'ai appelé le consulat général à Amsterdam, et c'est confirmé: «à partir du 5 ou 9 mars 2009, je ne sais plus très bien, il sera possible de conserver sa nationalité française.» Attention cependant: cette possibilité ne vaut que pour les demandes de naturalisation déposées après cette date. Si on dépose sa demande avant, le vieux système prévaut: goodbye passeport cocorico.
Lundi soir, j'étais à un débat organisé par le parti travailliste au Krakeling (un théâtre pour enfants vraiment mignon) avec Wouter Bos, notre vice-premier et ministre des finances, lui-même en bonne compagnie avec Fatima Elatik («je serai la première mairesse marocaine d'Amsterdam»), Ahmed Marcouch et le président du COC. Remarques très pertinente de Wouter Bos: «Quand Obama a été élu, les Noirs américains n'ont pas dit 'fiers d'être noirs', ni 'fiers d'être africains-américains' mais tout simplement 'fiers d'être américains'. Quand Aboutaleb a été nommé maire de Rotterdam, les jeunes ont dit 'fiers d'être marocains'. Pourquoi pas 'fiers d'être néerlandais', après tout?» Effectivement...
Ce soir-là, le débat a été très intéressant mais a aussi révélé pas mal de choses. Tout d'abord, le nouveau directeur du COC, Wouter Neerings, a rappelé une chose: si on peut choisir sa religion, ses idées politiques ou ses engagements sociaux, on ne peut ni choisir son sexe, ni sa couleur de peau, ni son orientation sexuelle. C'est pour cela que les discriminations en fonction de ces critères 'innés' doivent être combattus avec force, mais aussi qu'en cas de conflit entre orientation sexuelle, couleur ou sexe d'un côté, et politique ou religion de l'autre, le premier doit primer: le droit de ne pas être discriminé ou insulté pour ce que l'on est doit primer sur le droit religieux ou politique. Ça faisait un moment que j'attendais que cet argumentaire soit utilisé en public. Bravo Wouter (l'autre).
Ensuite, il y a eu une discussion sur la religion, l'identité et la nationalité. Malgré les efforts de chacun, impossible de sortir du vocabulaire marocains/musulmans/néerlandais: les jeunes sont "marocains", la culture est "musulmane" et les blancs sont "néerlandais". Je n'ai pas pris la parole, j'en ai marre d'être le Français de service qui donne des leçons de modernité, mais le débat a au moins une génération de retard par rapport à la France ou aux États-Unis. Il est vraiment temps de désethniciser la nationalité néerlandaise. J'en parlais dans des articles il y a plusieurs années (lien et autre lien), mais depuis le débat n'a pas avancé d'un pouce. Il faudrait vraiment que la néerlanditude soit associé à une forme abstraite et généreuse de nationalisme (démocratie, pacifisme, tolérance, modernisme social) et non à une couleur de peau.
Bref, vous l'aurez compris, la question du nationalisme est encore une question brûlante en 2009. Moi qui rêve d'une nationalité européenne inclusive et progressiste, je ne sais pas si j'en verrai la couleur de mon vivant...
P.S. Vous noterez (voir la photo ci-dessus) que Martin le chien a la nationalité néerlandaise: il a un passeport néerlandais d'animal de compagnie. Les bébés poilus comme moyen d'ancrage au pays, c'est vraiment efficace...
mercredi 16 juillet 2008
Sur France 24
jeudi 5 juin 2008
Pas d'espoir, obviously

Il y a quelques semaines, à la lecture de certains articles en sociologie mais aussi de nombreux articles de presse généraliste sur la question, j'avais voulu parler de l'avenir des jeunes de l'arrondissement en réunion de fraction. J'ai essayé d'expliquer que tous ne sont pas égaux et que le futur des certains jeunes est fortement limité dès la naissance. Si on analyse les statistiques sur Amsterdam mais aussi sur l'Occident en général, la tendance lourde est à l'héritage des privilèges et l'exclusion à long termes de certaines parties de la population, avec des variations selon le sexe, l'origine ethnique, le pays de résidence ou la profession des parents.
Pour aller vite, les petits garçons d'origine marocaine nés à Amsterdam ont déjà un avenir de merde tout tracé si on continue ainsi. Pourtant, au lieu de prendre le problème à bras le corps, on m'a opposé le déni le plus rigide. "Mes parents étaient pauvres et pourtant maintenant je suis riche" (mec de 65 ans); "Je connais des Marocains qui ont réussi" (meuf de 35 ans).
Au lieu d'essayer d'imaginer que faire pour s'assurer que tous les jeunes puissent envisager leur avenir en fonction de leurs talents et non leur origine, on m'a traité de menteur. J'étais furieux devant tant de bêtise. Je suis loin de tout maîtriser, mais c'est un peu mon rayon, ce genre de questions. Mais non, rien à faire.
Hier, la "une" du Parool, le journal amstellodamois, titrait ainsi: "Impuissance face à la fracture sociale". Sous-titre: "L'échevin Asscher: ça empire et on ne maîtrise plus rien. / 'les différences ne sont pas résolvables avec un plan' "
Voilà. C'est le genre de moment compliqué, où je suis à la fois content d'avoir eu raison, mais en même temps où j'aimerais avoir tort. Mais bon, maintenant que c'est clair, que même l'échevin ne sait plus comment s'y prendre, il est bon d'imaginer comment y travailler sur le long terme. J'ai quelques pistes de travail...
1. Émanciper les femmes. S'assurer que faire des enfants n'empêche pas de faire une carrière. Suivre la Norvège et exiger que les entreprises aient au moins 40% de femmes parmi leurs dirigeants. Punir ceux qui s'obstinent à n'avoir que des hommes à leur tête. Si les femmes néerlandaises n'arrivent pas à faire carrière, comment peut-on imaginer que les allochtones y arrivent?
2. Punir sévèrement les discriminations. Renverser la charge de la preuve et faire en sorte que les entreprises qui discriminent ne puissent avoir de contrats avec les autorités. Et que les institutions qui discriminent ne puissent toucher des fonds publics.
3. Penser sérieusement à des politiques de discrimination positive. Tout en restant très pragmatique: hors de question de se retrouver dans une situation à la sud-africaine où tous les jeunes hommes blancs vont voir ailleurs tant leurs chances de trouver un travail sont faibles.
4. L'école doit pouvoir remplacer les parents déficients. Si les parents ne sont pas capables d'enseigner le néerlandais à leurs enfants ou même leur transmettre les clefs culturelles leur permettant de réussir dans la vie, c'est à la collectivité de s'en charger. Cela va coûter du temps et de l'argent, mais à la fin tout le monde en profitera.
5. Casser les privilèges. Il ne peut y avoir de démocratie basée sur le mérite si tous les postes intéressants sont hérités et non mérités. Je sais que beaucoup de gens dans des situations intéressantes ont peur de ne pas pouvoir transmettre leur position à leurs enfants, mais on ne peut pas à la fois demander à ce que les allochtones s'intègrent et en même temps les empêcher de pouvoir s'épanouir librement en fonction de leurs talents.
C'est un vaste programme. Ce ne sont que quelques pistes. Ce n'est pas réalisable en deux ans avec quelques millions d'euros, mais il faut savoir ce que l'on veut, non?
vendredi 9 mai 2008
Hirsch Ballin et les allochtones
Dans Vrij Nederland:
"J’aimerais bien faire une promenade posthume avec mes parents, qui sont morts trop tôt dans ma vie", dit le ministre CDA de la Justice, Ernst Hirsch Ballin, dans une interview dans laquelle il parle beaucoup de son passé et de ses parents. "Je ne connais que des fragments de leur histoire. Ce sont des morceaux qui forment ensemble une sorte de mosaïque. Mais j’aurais beaucoup aimé en parler avec eux."
"Ceux qui se sont demandés pourquoi le dirigeant CDA a réagi avec une émotivité inhabituelle de sa part à l’intention de brûler ou de déchirer le Coran [dans le film Fitna de Geert Wilders] devraient peut-être s’intéresser de plus près à son passé", écrivent les deux journalistes qui l’ont interviewé. "En tant que fils d’un réfugié juif allemand et d’une mère catholique d’Amsterdam qui se sont rencontrés pendant la guerre, Hirsch Ballin a toujours été conscient du fait que l’identité des gens est composée de plus de dimensions que les manichéens comme Wilders ne jugent possible."
Interrogé sur l’existence de "forces qui veulent faire des allochtones et des musulmans des citoyens de deuxième rang", le ministre répond : "Il y a des processus implicites d’exclusion en cours et ils sont très sournois. J’ai beaucoup coopéré avec des personnes d’origine étrangère à l’Université catholique du Brabant. Je leur ai donné des cours ou je les ai rencontrés ailleurs. La plupart ont réussi. L’un est professeur, un autre inspecteur dans l’enseignement, un troisième directeur général des services dans une mairie. Pourtant, ils me font savoir qu’ils ont le sentiment qu’ils sont classés à part dans les Pays-Bas d’aujourd’hui. Je me rappelle un entretien avec un ancien collègue antillais, qui m’a dit : autrefois je me sentais un Néerlandais antillais et maintenant un allochtone. Je reçois régulièrement des SMS d’eux, avec ce message. Cela m’inquiète." "Je me suis senti personnellement froissé lorsque le groupe PVV à la Chambre a attaqué Nebahat Albayrak à cause de sa double nationalité. Nebahat avait deux ans quand elle est arrivée aux Pays-Bas. C’est une excellente juriste. Elle a été députée et maintenant elle est secrétaire d’Etat. Nebahat est rotterdamoise, elle est néerlandaise !"
http://www.ambafrance.nl/spip.php?article9643
"J’aimerais bien faire une promenade posthume avec mes parents, qui sont morts trop tôt dans ma vie", dit le ministre CDA de la Justice, Ernst Hirsch Ballin, dans une interview dans laquelle il parle beaucoup de son passé et de ses parents. "Je ne connais que des fragments de leur histoire. Ce sont des morceaux qui forment ensemble une sorte de mosaïque. Mais j’aurais beaucoup aimé en parler avec eux."
"Ceux qui se sont demandés pourquoi le dirigeant CDA a réagi avec une émotivité inhabituelle de sa part à l’intention de brûler ou de déchirer le Coran [dans le film Fitna de Geert Wilders] devraient peut-être s’intéresser de plus près à son passé", écrivent les deux journalistes qui l’ont interviewé. "En tant que fils d’un réfugié juif allemand et d’une mère catholique d’Amsterdam qui se sont rencontrés pendant la guerre, Hirsch Ballin a toujours été conscient du fait que l’identité des gens est composée de plus de dimensions que les manichéens comme Wilders ne jugent possible."
Interrogé sur l’existence de "forces qui veulent faire des allochtones et des musulmans des citoyens de deuxième rang", le ministre répond : "Il y a des processus implicites d’exclusion en cours et ils sont très sournois. J’ai beaucoup coopéré avec des personnes d’origine étrangère à l’Université catholique du Brabant. Je leur ai donné des cours ou je les ai rencontrés ailleurs. La plupart ont réussi. L’un est professeur, un autre inspecteur dans l’enseignement, un troisième directeur général des services dans une mairie. Pourtant, ils me font savoir qu’ils ont le sentiment qu’ils sont classés à part dans les Pays-Bas d’aujourd’hui. Je me rappelle un entretien avec un ancien collègue antillais, qui m’a dit : autrefois je me sentais un Néerlandais antillais et maintenant un allochtone. Je reçois régulièrement des SMS d’eux, avec ce message. Cela m’inquiète." "Je me suis senti personnellement froissé lorsque le groupe PVV à la Chambre a attaqué Nebahat Albayrak à cause de sa double nationalité. Nebahat avait deux ans quand elle est arrivée aux Pays-Bas. C’est une excellente juriste. Elle a été députée et maintenant elle est secrétaire d’Etat. Nebahat est rotterdamoise, elle est néerlandaise !"
http://www.ambafrance.nl/spip.php?article9643
mercredi 23 avril 2008
Un article dans Têtu Livres

Et bien, c'est drôle comment les choses se téléscopent parfois. Je reçois la compile de DidierLestrade, en parle, et voilà que Paul de Têtu m'envoie l'article que Didier a écrit sur moi. On pourrait croire que je l'ai corrompu tellement il est bien. Je vous assure que ce n'est pas le cas, c'est presque l'inverse, en fait. Allez, on enjoy, c'est pas tous les jours que je lis un article aussi dithyrambique sur ma musique et mon livre... (cliquez sur l'image pour l'article en taille lisible)
Question de Mix
Le sociologue Laurent Chambon publie un essai décapant sur les "minorités" et la diversité française et sort... un premier album très réussi de pop-house. Quand le talent se double du don d'ubiquité.
Têtu Mai 2008, Page 24.
Qui aujourd'hui a la capacité de publier, le même mois, un livre novateur sur l'intégration des minorités et un album indépendant de house music? Laurent Chambon. Ce sociologue et politologue livre un essai, Le grand mélange, Minorités, tolérance et faux semblants dans la France de Nicolas Sarkozy, et, simultanément, commercialise son premier album, Überlove, composé et produit en collaboration avec son partenaire dans la vie, Lewis Marques. Et la surprise ne s'arrête pas là. Le livre et l'album sont tous les deux renversants, au point qu'on se représenterait volontiers leur auteur comme l'un des leaders de cette nouvelle génération dont la communauté LGBT française a grandement besoin. Tout commence, il y a dix ans, quand cet homosexuel de 36 ans s'installe à Amsterdam. Son premier ouvrage, Le sel de la démocratie, l'accès des minorités au pouvoir politique au pouvoir politique en France et aux Pays-Bas (Université d'Amsterdam, 2002) a mis la question communautaire au coeur de son travail. La création du site Minorites.org et de son blog Kreukreuscopie, l'affaire de l'assassinant de Pim Fortuyn facilitent la visibilité de ce workoholic qui parle couramment l'anglais et le flamand, et qui maîtrise les questions liées à la laïcité ou à l'immigration.En tant que gay naturellement affirmé, Laurent Chambon - qui collabore occasionnellement à Têtu - dispose d'un autre joker: son analyse met sans cesse en perspective l'intégration des minorités sexuelles et celles des ethnies minoritaires, y compris dans le cadre de la religion. Tous les sujets explosifs de notre temps, en quelque sorte. Il est souvent sollicité par les médias français tels que Libération, surtout depuis 2006, quand il devient conseiller municipal pour le Parti travailliste dans l'arrondissement du Vieux-Sud à Amsterdam et le seul élu local européen (non-néerlandais) aux Pays-Bas. Le travail de Laurent Chambon se présente alors sous de multiples facettes: c'est un chercheur gay qui milite politiquement, au niveau local. Pour la défense de ses idées, mais aussi pour mieux comprendre le système.
La parution de son dernier livre, chez Denoël, résume l'ensemble de ses recherches et le résultat est loin de ressembler aux clichés des chercheurs homosexuels qui s'enlisent dans le républicanisme gay. Droits des gays, retard du coming-out des célébrités en France, bilan du pacs, islam politique, port du voile, représentation des minorités dans les médias, émeutes dans les banlieues en 2005, multiculturalisme, discrimination positive, crise de la gauche... Les sujets polémiques ne manquent pas, mais ils sont tous analysés avec équilibre. Chambon, souvent ironique, s'adresse directement au lecteur en livrant des détails intimes de sa vie ou de celle de son entourage. C'est un document qui fera date, car il échappe au nombrilisme hexagonal quand il met nos préjugés en perspective avec ce qui se passe vraiment aux Pays-Bas, en Europe, aux États-Unis et en Afrique.
Le livre de Laurent Chambon peut aussi servir d'introduction au disque Überlove, comme si ce dernier était le prolongement musical de la sincérité de l'essayiste. Et là, je peux me permettre d'être personnel. Il y a dix ans, Laurent est venu me voir avec ses premières démos. Elles étaient rudimentaires, très influencées par les Pet Shop Boys, mais on y sentait un bourgeon d'impatience, une naïveté urgente. Il découvrait la house. En une décennie, il est devenu un geek de l'autoproduction, un DJ nerd, revenant sans cesse sur ses premiers morceaux pour les améliorer. Son mari, le sexy Américano-Portugais Lewis Marques, assure les vocaux sur l'album et sur scène. Laurent est parti à Detroit pour travailler avec Aaron-Carl et Ron Murphy, des magiciens de la techno américaine. Et son premier album sort ce mois-ci, sur le label Cherry Juice Recordings, avec un pochette dessinée par son ami et graphiste Pierre Marly (de la nébuleuse Geneviève Gauckler). Dix titres de pop house étrangement insistante, avec un réel potentiel de cross-over (mon morceau préféré: One Street Further). On vous a toujours dit qu'il n'y avait qu'un pas entre les droits des minorités et les basses acides de la house. Laurent Chambon en apporte la preuve.
Didier Lestrade
Le Grand mélange, Minorités, tolérance et faux-semblants dans la France de Nicolas Sarkozy, Denoël, 253 pages, 18€.
Überlove, de Laurent & Lewis, Cherry Juice Recordings.
www.laurentchambon.com - www.laurentetlewis.com
mardi 4 mars 2008
Wilders est un provocateur mais a peur des discussions
Je n'ai pas relayé toutes les niouzes politique du moment. Mais là ce qui se passe est intéressant, car Wilders est confronté à sa propre parole. Dans la presse néerlandaise:
"Ils sont jeunes, ont réussi, sont totalement intégrés et se présentent aujourd’hui comme la ’génération relais’", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "Huit Néerlandais marocains veulent rompre la spirale négative du débat sur les musulmans. Et un entretien avec Geert Wilders est souhaitable pour cela."
"Le 22 janvier, le groupe - dont fait partie Mohammed Allach, directeur technique du club de football VVV - a invité Wilders à un entretien, dans une lettre. Les huit, qui sont tous d’origine islamique, estiment qu’il est grand temps de ’relever le niveau du débat’. Ils écrivent : ’En effet, les gens qui ont voté pour vous n’attendent pas seulement de vous que vous signaliez les problèmes, mais aussi que vous les résolviez.’ Un mois et demi plus tard, Wilders n’a toujours pas réagi."
"Ils ne sont pas les seuls à faire chou blanc. Le leader du PVV refuse catégoriquement toutes les invitations, ainsi que le montre une tournée des organisations et programmes télévisés liés à l’islam ou au multiculturalisme. Wilders a annoncé qu’il commencerait un ’jihad libéral contre l’islam’, mais il élude le débat depuis des années. Il pose pour ainsi dire un cordon sanitaire autour de la communauté musulmane."
"Il y a aussi l’expérience de l’Union des étudiants néerlandais (SUN), une organisation multiculturelle. ’Nous avons d’abord invité M. Wilders, puis d’autres députés PVV, mais personne n’a voulu venir’, déclare son secrétaire Harun Yildirim. ’Aux yeux de Wilders, ce sont les musulmans qui sont le problème. Il ne se rend pas compte qu’il y a des musulmans qui souhaitent assurer la réussite de la question des allochtones. ’Il n’y a rien à faire contre la tactique de Wilders’, craint Yildirim. ’Il lance quelque chose dans les médias et puis il débranche son téléphone’."
"La communauté musulmane Ahmadiyya (devise : ’amour pour tout le monde ; haine contre personne’) a écrit deux lettres auxquelles Wilders n’a pas réagi. Le centre amstellodamois de jeunes Argan - qui organise régulièrement des débats avec d’éminentes personnalités politiques - a aussi entrepris de vaines tentatives. La première fois Wilders s’est décommandé et les deux fois suivantes il n’a même pas réagi, selon Argan. Une organisation officielle comme le Conseil musulman néerlandais - à laquelle sont affiliées plus de cent mosquées et associations - ne reçoit pas de réponse non plus. ’La première fois a été en août, après son appel à l’interdiction du Coran’, dit le président Abdelmajid Khairoun. Le mois dernier, il a adressé une lettre à plusieurs parlementaires, au nom d’un organe de contact islamique. ’Tout le monde a réagi, sauf Wilders. Nous avons déjà eu un entretien avec Rita Verdonk. Nous divergeons d’opinion, mais ce n’est pas grave. Wilders évite tous les musulmans, qu’ils soient modérés ou radicaux’."
"Il n’y a pas que les organisations musulmanes ou ’allochtones’ qui fassent chou blanc. A Hilversum Wilders a la réputation de ne pas participer à un programme dès qu’il y a des musulmans. Le réalisateur Jan Kooyman, de Meiden van Halal [les filles halal] - programme dans lequel trois musulmanes portant le foulard discutent avec des non-conformistes - est initialement parti du principe que Wilders viendrait, compte tenu de sa déclaration : ’Les foulards, je n’en fais qu’une bouchée !" L’assistant de Wilders lui a répondu : ’Nous n’allons pas vous aider.’ Kooyman : ’Manifestement, ils estiment qu’il n’y a rien à gagner pour lui’." Jihad Alariachi, une des filles halal : ’Nous sommes la preuve vivante que ce qu’il affirme n’est pas juste. Je comprends bien qu’il craigne que ses électeurs ne le délaissent si nous le confrontons à des arguments. Mais pour quelqu’un qui traite volontiers les autres de lâches, c’est lâche’."
"Wilders n’a pas non plus voulu apparaître dans Ab & Sal, une série de la NPS dans laquelle deux Marocains procèdent à un examen critique des Pays-Bas. A la différence de Filip Dewinter, du Vlaams Belang, souligne le rédacteur coordinateur de la NPS Frans Jennekens."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9367
"Ils sont jeunes, ont réussi, sont totalement intégrés et se présentent aujourd’hui comme la ’génération relais’", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "Huit Néerlandais marocains veulent rompre la spirale négative du débat sur les musulmans. Et un entretien avec Geert Wilders est souhaitable pour cela."
"Le 22 janvier, le groupe - dont fait partie Mohammed Allach, directeur technique du club de football VVV - a invité Wilders à un entretien, dans une lettre. Les huit, qui sont tous d’origine islamique, estiment qu’il est grand temps de ’relever le niveau du débat’. Ils écrivent : ’En effet, les gens qui ont voté pour vous n’attendent pas seulement de vous que vous signaliez les problèmes, mais aussi que vous les résolviez.’ Un mois et demi plus tard, Wilders n’a toujours pas réagi."
"Ils ne sont pas les seuls à faire chou blanc. Le leader du PVV refuse catégoriquement toutes les invitations, ainsi que le montre une tournée des organisations et programmes télévisés liés à l’islam ou au multiculturalisme. Wilders a annoncé qu’il commencerait un ’jihad libéral contre l’islam’, mais il élude le débat depuis des années. Il pose pour ainsi dire un cordon sanitaire autour de la communauté musulmane."
"Il y a aussi l’expérience de l’Union des étudiants néerlandais (SUN), une organisation multiculturelle. ’Nous avons d’abord invité M. Wilders, puis d’autres députés PVV, mais personne n’a voulu venir’, déclare son secrétaire Harun Yildirim. ’Aux yeux de Wilders, ce sont les musulmans qui sont le problème. Il ne se rend pas compte qu’il y a des musulmans qui souhaitent assurer la réussite de la question des allochtones. ’Il n’y a rien à faire contre la tactique de Wilders’, craint Yildirim. ’Il lance quelque chose dans les médias et puis il débranche son téléphone’."
"La communauté musulmane Ahmadiyya (devise : ’amour pour tout le monde ; haine contre personne’) a écrit deux lettres auxquelles Wilders n’a pas réagi. Le centre amstellodamois de jeunes Argan - qui organise régulièrement des débats avec d’éminentes personnalités politiques - a aussi entrepris de vaines tentatives. La première fois Wilders s’est décommandé et les deux fois suivantes il n’a même pas réagi, selon Argan. Une organisation officielle comme le Conseil musulman néerlandais - à laquelle sont affiliées plus de cent mosquées et associations - ne reçoit pas de réponse non plus. ’La première fois a été en août, après son appel à l’interdiction du Coran’, dit le président Abdelmajid Khairoun. Le mois dernier, il a adressé une lettre à plusieurs parlementaires, au nom d’un organe de contact islamique. ’Tout le monde a réagi, sauf Wilders. Nous avons déjà eu un entretien avec Rita Verdonk. Nous divergeons d’opinion, mais ce n’est pas grave. Wilders évite tous les musulmans, qu’ils soient modérés ou radicaux’."
"Il n’y a pas que les organisations musulmanes ou ’allochtones’ qui fassent chou blanc. A Hilversum Wilders a la réputation de ne pas participer à un programme dès qu’il y a des musulmans. Le réalisateur Jan Kooyman, de Meiden van Halal [les filles halal] - programme dans lequel trois musulmanes portant le foulard discutent avec des non-conformistes - est initialement parti du principe que Wilders viendrait, compte tenu de sa déclaration : ’Les foulards, je n’en fais qu’une bouchée !" L’assistant de Wilders lui a répondu : ’Nous n’allons pas vous aider.’ Kooyman : ’Manifestement, ils estiment qu’il n’y a rien à gagner pour lui’." Jihad Alariachi, une des filles halal : ’Nous sommes la preuve vivante que ce qu’il affirme n’est pas juste. Je comprends bien qu’il craigne que ses électeurs ne le délaissent si nous le confrontons à des arguments. Mais pour quelqu’un qui traite volontiers les autres de lâches, c’est lâche’."
"Wilders n’a pas non plus voulu apparaître dans Ab & Sal, une série de la NPS dans laquelle deux Marocains procèdent à un examen critique des Pays-Bas. A la différence de Filip Dewinter, du Vlaams Belang, souligne le rédacteur coordinateur de la NPS Frans Jennekens."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9367
dimanche 2 mars 2008
NBK: Les Néerlandais se réveillent

Ça y est, les Néerlandais se réveillent. Alors que la planète est en hystérie totale à propos d'un film de quelques minutes qui n'a même pas encore été montré, beaucoup semblent se rendre compte que Wilders n'est pas un phénomène isolé, mais bien le symptôme d'une maladie largement répandue, à savoir le racisme et la xénophobie.
Lundi derier j'ai été à une réunion préparatoire de la manifestation du 22 mars sur le Dam. Il y avait les mêmes gauchistes et nous étions deux du parti travailliste. Personne de GroenLinks, ni du CDA, ni de D66, ni bien sûr du VVD. En fait, quand on voit la politique néerlandaise à propos des sans-papiers (tous les jours, coups de filets de la police à la Gare centrale, où seuls les bronzés doivent montrer leurs papiers) alors que le PvdA est au gouvernement, je me demande si la plupart des partis néerlandais ont vraiment envie de se battre contre le racisme.Le délit de faciès est devenu une réalité, le droite drague ouvertement les électeurs de Wilders et Verdonk avec des déclarations toujours aussi xénophobes, et les seuls à s'élever contre ça, outre les organisations de migrants, sont... les Églises et les associations juives.
Je ne suis pas 100% satisfait par les choix stratégiques faits par Nederland Bekent Kleur, et il est évident que les gauchistes d'IS y sont encore trop présents, mais c'est surtout parce que les autres s'y font trop rares: la plupart étaient ravis que deux travaillistes y aient montré le bout de leur nez.
Je pense qu'il faut retourner le stigmate: que ce ne soit pas les gens comme moi qui soient vus comme paranoïaques, mais bien les connards comme Wilders ou Verdonk qui soient vus tels qu'ils sont. Des démagogues de la pire espèce, une menace pour l'Europe et pour les Pays-Bas, et des dangers pour l'économie, la politique, la culture et l'unité nationale.
Bref, j'invite ceux qui peuvent à me rejoindre sur le Dam samedi 22 mars à 13:00.
dimanche 10 février 2008
Hirsi Ali revient. Encore?
Et voilà que Hirsi Ali revient. Cette fois, elle veut la nationalité française et que l'État français paye pour sa sécurité pendant qu'elle écrit pour un thinktank bushiste aux États-Unis. Cette fois-ci escortée par Caroline Fourest, of course, mais aussi BHL et notre brillante et très décorative Rama Yade.
Je ne sais plus si je dois rire ou me mettre en colère. Mon conseil à tous ceux qui fuient les meurtres, la terreur et les intimidations et à qui on refuse de rester en France: crachez sur les musulmans, traitez Mahomet de pervers, mentez à tout le monde, trahissez vos amis et faites tomber un gouvernement avec vos mensonges, ça risque de faciliter les choses. Obviously.
J'ai trouvé un commentaire à l'article de Libération sur les dernières aventures d'Hirsi Ali qui m'a semblé bien résumer la situation:
meg96 Imposture
Ayaan Hirsi Ali a pris des contacts avec le think-tank ultra-conservateur American Enterprise Institute avant même que des menaces de mort soient formulées à son encontre. La réalité est bien moins rose que ce Caroline Fourest et d'autres gogos s'imaginent (ou feignent de s'imaginer). La carrière entière d'Hirsi Ali est placée sous le signe de l'opportunisme. Remarquée par des membres du PvdA (l'équivalent néerlandais du PS), elle est recrutée pour travailler au sein de ce parti. Mais Mme Hirsi Ali estime qu'elle mérite mieux que ça, et qu'on n'utilise pas ses talents, qu'elle croit grands. Elle passe alors avec armes et bagages au VVD (équivalent néerlandais de l'UMP), qui lui offre un poste de députée sur un plateau. Las, Mme Hirsi Ali est bien trop égocentrique pour respecter ne serait-ce qu'un semblant de discipline de parti, et elle ne tarde pas à se mettre à dos la quasi-totalité du VVD par ses déclarations à l'emporte-pièce sur la place de l'islam aux Pays-Bas, qui ne font que jeter de l'huile sur un feu qui couve déjà. C'est alors qu'elle prend contact avec les ultra-réacs de l'American Enterprise Institute. Rien n'a obligé Hirsi Ali à quitter les Pays-Bas, et si elle y était restée, elle serait protégée en permanence. Mais la question est : quel pays accepterait de payer la protection de quelqu'un qui a choisi volontairement d'aller vivre ailleurs ? On peut aussi se poser la question suivante : qu'est-ce qui lie tous ce "intellectuels" français qui ont lancé cet appel ? Une même obsession pour un pseudo danger islamo-fasciste, peut-être ?
Dimanche 10 Février 2008 - 16:42
Je ne sais plus si je dois rire ou me mettre en colère. Mon conseil à tous ceux qui fuient les meurtres, la terreur et les intimidations et à qui on refuse de rester en France: crachez sur les musulmans, traitez Mahomet de pervers, mentez à tout le monde, trahissez vos amis et faites tomber un gouvernement avec vos mensonges, ça risque de faciliter les choses. Obviously.
J'ai trouvé un commentaire à l'article de Libération sur les dernières aventures d'Hirsi Ali qui m'a semblé bien résumer la situation:
meg96 Imposture
Ayaan Hirsi Ali a pris des contacts avec le think-tank ultra-conservateur American Enterprise Institute avant même que des menaces de mort soient formulées à son encontre. La réalité est bien moins rose que ce Caroline Fourest et d'autres gogos s'imaginent (ou feignent de s'imaginer). La carrière entière d'Hirsi Ali est placée sous le signe de l'opportunisme. Remarquée par des membres du PvdA (l'équivalent néerlandais du PS), elle est recrutée pour travailler au sein de ce parti. Mais Mme Hirsi Ali estime qu'elle mérite mieux que ça, et qu'on n'utilise pas ses talents, qu'elle croit grands. Elle passe alors avec armes et bagages au VVD (équivalent néerlandais de l'UMP), qui lui offre un poste de députée sur un plateau. Las, Mme Hirsi Ali est bien trop égocentrique pour respecter ne serait-ce qu'un semblant de discipline de parti, et elle ne tarde pas à se mettre à dos la quasi-totalité du VVD par ses déclarations à l'emporte-pièce sur la place de l'islam aux Pays-Bas, qui ne font que jeter de l'huile sur un feu qui couve déjà. C'est alors qu'elle prend contact avec les ultra-réacs de l'American Enterprise Institute. Rien n'a obligé Hirsi Ali à quitter les Pays-Bas, et si elle y était restée, elle serait protégée en permanence. Mais la question est : quel pays accepterait de payer la protection de quelqu'un qui a choisi volontairement d'aller vivre ailleurs ? On peut aussi se poser la question suivante : qu'est-ce qui lie tous ce "intellectuels" français qui ont lancé cet appel ? Une même obsession pour un pseudo danger islamo-fasciste, peut-être ?
Dimanche 10 Février 2008 - 16:42
lundi 4 février 2008
Bleu de Delft 2.0
À la gare d'Amsterdam Rai, l'ancienne salle d'attente est désormais occupée par un artiste un peu obsédé par le Bleu de Delft. Il détourne le truc et garde la technique. J'ai trouvé ça sympa. En tous les cas bien mieux qu'un distributeur de frites...
Geert Wilders en prend pour son grade (ci-dessus), mais aussi Al Qaida, qui, je vous le rappelle, est vendu comme une institution terroriste avec franchises (ci-dessous). Mignon, nan?

http://www.Medium4You.be/article.php3?id_article=3365
mardi 29 janvier 2008
Live sur Radio5
Je suis ce soir live entre 22h et 23h sur Radio 5 (NMO) pour parler de l'islam en France. Le lien: http://www.radio5.nlBonne écoute!
Libellés :
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mercredi 16 janvier 2008
Identité néerlandais en crise
Je suis tombé sur une interview de Christophe de Voogd, ancien directeur de la Maison Descartes. Il pointe la crise identitaire qui traverse les Pays-Bas depuis plusieurs années, et je suis totalement d'accord avec lui (voir ma page textes pour plus de détails sur le sujet). Ce qui est intéressant, c'est que la plupart des observateurs le constatent, sauf les Néerlandais, qui semble en pleine crise de déni. Impossible d'en parler, surtout pour un étranger. C'est dommage, le nationalisme parfois violent des Français devraient leur servir de repoussoir, il n'en est rien. Même dans mon parti, impossible d'en parler.
J'en profite pour saluer Christophe, qu'on regrette beaucoup à Amsterdam, surtout depuis un an ou deux, la Maison Descartes s'enfonçant dans l'invisibilité et les guéguerres de personnes.
Dans la presse néerlandaise:
"Qui nous sommes et ce que nous faisons, le Centraal Bureau voor de Statistiek nous le dit chaque semaine", écrit le Volkskrant (p.2) dans le chapeau d’un tour d’horizon sur l’identité néerlandaise. "Et quand ce n’est pas lui, c’est le Sociaal Cultureel Planbureau ." "Ce que nous pensons, c’est Maurice de Hond qui nous le dit, ou sinon Standpunt.nl ." "Mais ce qui nous est propre, nous lie et fait partie de l’identité néerlandaise est plus difficile à exprimer dans des tableaux."
Selon le Français Christophe de Voogd, ancien directeur de la Maison Descartes, à Amsterdam, "la question de savoir ce qui lie les Néerlandais se pose en temps d’incertitude internationale". "Par exemple durant la deuxième moitié du XIXe siècle, lorsque les Pays-Bas craignaient d’être absorbés par l’Allemagne. Dans une grande Europe, les Pays-Bas ont du mal à déterminer leur place. Etudiez la motivation de ceux qui ont voté non au référendum sur l’Europe et vous trouvez la peur. Les Néerlandais insistent sur l’ouverture, mais leur pays est fermé, sauf sur le plan économique." "L’Europe des six était encore un petit comité. Maintenant, le sentiment de se perdre dans un océan domine."
"L’identité nationale a rarement été un thème : on était citoyen du monde. Depuis 2001 et Pim Fortuyn, le pays est dérouté. Cela peut alimenter le populisme de droite comme de gauche." "Il est bon d’avoir un certain sentiment national. Et d’établir des ’canons’. Les Néerlandais ne connaissent pas bien leur histoire. Ils clament ’Orange, Orange !’ durant les matches de football et à Koninginnendag, mais c’est du commerce. Ils ne savent pas que cette couleur est liée à la Principauté d’Orange (en France). Il y a une différence entre le passé national et la nationalisation du passé. Beaucoup de Néerlandais pensent vraiment qu’ils sont un produit direct de Dieu."
"Les Pays-Bas traversent une crise d’identité depuis quelques années", estime aussi la Polonaise Malgorzata Bos-Karczewska, rédactrice en chef de Polonia.nl, le site de la communauté polonaise des Pays-Bas. "Le meurtre de Pim Fortuyn et de Theo van Gogh et le non au référendum sur l’UE, en 2005, ont provoqué des ondes de choc."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9208
J'en profite pour saluer Christophe, qu'on regrette beaucoup à Amsterdam, surtout depuis un an ou deux, la Maison Descartes s'enfonçant dans l'invisibilité et les guéguerres de personnes.
Dans la presse néerlandaise:
"Qui nous sommes et ce que nous faisons, le Centraal Bureau voor de Statistiek nous le dit chaque semaine", écrit le Volkskrant (p.2) dans le chapeau d’un tour d’horizon sur l’identité néerlandaise. "Et quand ce n’est pas lui, c’est le Sociaal Cultureel Planbureau ." "Ce que nous pensons, c’est Maurice de Hond qui nous le dit, ou sinon Standpunt.nl ." "Mais ce qui nous est propre, nous lie et fait partie de l’identité néerlandaise est plus difficile à exprimer dans des tableaux."
Selon le Français Christophe de Voogd, ancien directeur de la Maison Descartes, à Amsterdam, "la question de savoir ce qui lie les Néerlandais se pose en temps d’incertitude internationale". "Par exemple durant la deuxième moitié du XIXe siècle, lorsque les Pays-Bas craignaient d’être absorbés par l’Allemagne. Dans une grande Europe, les Pays-Bas ont du mal à déterminer leur place. Etudiez la motivation de ceux qui ont voté non au référendum sur l’Europe et vous trouvez la peur. Les Néerlandais insistent sur l’ouverture, mais leur pays est fermé, sauf sur le plan économique." "L’Europe des six était encore un petit comité. Maintenant, le sentiment de se perdre dans un océan domine."
"L’identité nationale a rarement été un thème : on était citoyen du monde. Depuis 2001 et Pim Fortuyn, le pays est dérouté. Cela peut alimenter le populisme de droite comme de gauche." "Il est bon d’avoir un certain sentiment national. Et d’établir des ’canons’. Les Néerlandais ne connaissent pas bien leur histoire. Ils clament ’Orange, Orange !’ durant les matches de football et à Koninginnendag, mais c’est du commerce. Ils ne savent pas que cette couleur est liée à la Principauté d’Orange (en France). Il y a une différence entre le passé national et la nationalisation du passé. Beaucoup de Néerlandais pensent vraiment qu’ils sont un produit direct de Dieu."
"Les Pays-Bas traversent une crise d’identité depuis quelques années", estime aussi la Polonaise Malgorzata Bos-Karczewska, rédactrice en chef de Polonia.nl, le site de la communauté polonaise des Pays-Bas. "Le meurtre de Pim Fortuyn et de Theo van Gogh et le non au référendum sur l’UE, en 2005, ont provoqué des ondes de choc."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9208
jeudi 6 décembre 2007
Amants coraniques interdits d'expo
Le Musée municipal de La Haye a décidé de ne pas exposer les photos de l'artiste d'origine iranienne Soorah Hera représentant deux amants portant le masque de Mohamed et son beau-fils Ali.
Accusé par la photographe de céder à la peur, son directeur, Wim van Krimpen, cherche surtout à éviter la polémique et se concentrer sur l'art: "Si elle n'avait pas publié ces propos sur Mahomet, ces photos d'hommes masqués seraient maintenant exposées", explique Wim van Krimpen lui-même dans le NRC Handelsblad de mercredi. "C'est du bon travail. Du moment qu'elle a cherché la publicité, c'est brusquement devenu une discussion politique. Je ne me laisse pas exploiter pour cela."
Cette polémique a lieu au moment où les Pays-Bas s'interrogent sur les limites de la provocation artistique et politique, surtout depuis que le leader de l'extrême droite islamophobe, Geert Wilders, a annoncé vouloir faire un film sur l'Islam. A charge, évidemment.
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=12202
Accusé par la photographe de céder à la peur, son directeur, Wim van Krimpen, cherche surtout à éviter la polémique et se concentrer sur l'art: "Si elle n'avait pas publié ces propos sur Mahomet, ces photos d'hommes masqués seraient maintenant exposées", explique Wim van Krimpen lui-même dans le NRC Handelsblad de mercredi. "C'est du bon travail. Du moment qu'elle a cherché la publicité, c'est brusquement devenu une discussion politique. Je ne me laisse pas exploiter pour cela."
Cette polémique a lieu au moment où les Pays-Bas s'interrogent sur les limites de la provocation artistique et politique, surtout depuis que le leader de l'extrême droite islamophobe, Geert Wilders, a annoncé vouloir faire un film sur l'Islam. A charge, évidemment.
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=12202
mercredi 28 novembre 2007
Après Théo van Gogh et Ayaan Hirsi Ali, c'est au tour de Geert Wilders de devenir "cinéaste"
Déjà le fait que Theo van Gogh soit désormais présenté comme "cinéaste" me posait des problèmes (il a fait des films, certes; j'ai fait des pâtes, est-ce que cela fait de moi un chef?), mais maintenant c'est au tour du populistissime Geert Wilders de vouloir se faire de la pub facile, avec, vous l'aurez compris, le projet d'un film. Surprise, il portera sur... l'Islam.Panique à La Haye, déjà soulagés que le coup des caricatures ait eu lieu au Danemark et pas ici, mais où on sent que ça va chauffer avec le nouveau hobby de Geert. Sa passion pour le septième art est aussi ancienne que son islamophobie est subtile, c'est dire, et l'on sent que le seul but c'est se faire mousser, cracher sur les arabes et jouer à la victime, pas léguer une œuvre grandiose à l'humanité. La vanité de ces politiciens investis d'une mission et qui pensent qu'ils peuvent tout faire me laisse pantois.
J'imagine déjà le prochain épisode: monter un resto trois étoiles uniquement avec des recettes au porc et au chien, lancer un spectacle de trapézistes néo-classique avec des femmes voilées mais seins-nus, créer une chorégraphie avant-gardiste avec des versets du Coran enveloppés d'ironie, et pourquoi pas une exposition caligraphique en arabe avec des insultes au prophètes.
Wilders, héros du nouvel individualisme xénophobe sans limites, symptôme d'une élite arrogante et ignorante ou juste cas psychiatrique? Vos réponses par email.
Dans la presse néerlandaise:
Le Telegraaf annonce à la une un « film provocateur de Wilders ». « L’émotion est grande dans les milieux gouvernementaux », explique le journal populaire, « à l’annonce des projets de film de Geert Wilders. Le leader du PVV prépare dans la plus grande discrétion un téléfilm provocateur sur le Coran, qui doit paraître sur les écrans à la fin du mois de janvier. (...) Ce film est une mise en accusation du Coran. Des extrait du livre sacré des musulmans seront présentés devant la caméra dans un style comparable à celui de ’Submission’. Ce film de Théo Van Gogh avait provoqué une réaction de colère dans les milieux musulmans ; son réalisateur a été assassiné en 2004 par un musulman radical peu avant sa sortie. Wilders accepte de confirmer qu’il prépare un film dans lequel le Coran occupe une place centrale.
‘Dans mon film, cela conduit à quelque chose’, précise l’homme politique, qui refuse de révéler si par exemple il déchire un Coran : ‘Je ne veux rien dire, il faudra aller voir mon film’. Les projets cinématographiques de Wilders préoccupent vivement le gouvernement. En plus de problèmes de sécurité dans notre pays, celui-ci pourrait également déclencher des réactions néerlandophobes dans les pays musulmans. Les trois ministères concernés - affaires étrangères, justice et intérieur - en discutent avec Wilders. Le coordinateur national pour le terrorisme, Tjibbe Joustra, est impliqué dans les entretiens. Un porte-parole de la Justice fait savoir que ‘le gouvernement met tout en œuvre pour se préparer à une discussion subite et violente à l’intérieur comme à l’extérieur’. Wilders a déclaré dans le passé que les musulmans devraient déchirer la moitié du Coran s’ils voulaient rester aux pays-Bas ; il a également comparé le livre à ‘Mein Kampf’. Le leader du PVV est en discussion avec une chaîne de télévision pour diffuser son film ; il envisage également d’utiliser le temps d’émission réservé aux partis politiques pour le diffuser ».
Hommes politiques « investis d’une mission » Le Trouw est d’avis que « les hommes politiques investis d’une mission ne durent jamais longtemps ». « Un parti politique en bonne santé est composé de gens enthousiastes qui veulent imprimer leur marque à la société. A l’intérieur de chaque parti, il y a même une catégorie particulière, souvent modeste, de gens dont l’enthousiasme surpasse celui de leurs collègues - ce sont les politiciens investis d’une mission personnelle. Si tout se passe bien, ils représentent un plus pour leur parti .... mais parfois, ils dépassent les bornes, et ils laissent derrière eux un parti abasourdi ou dans certains cas soulagé. (...) Au PvdA, depuis la radiation d’Esfan Jami, le calme est revenu (...) Mais il resurgira quelque part, parce que les politiciens qui se sentent investis d’une mission ont tendance à changer de parti. Cela fut le cas d’Ayaan Hirsi Ali, qui après un bref passage au PvdA fut accueillie à bras ouverts par le VVD. A ses yeux, le VVD ne représentait qu’un podium, a-t-elle répété à plusieurs reprises, pour faire connaître ses idées et ses propositions sur l’Islam et l’injustice faite aux femmes. Elle ne s’intéressait pas au message libéral en général.
Hirsi Ali est devenue l’une des femmes les plus influentes du monde (selon Time Magazine), mais aux Pays-Bas, son rôle semble terminé. Le VVD bénéficie d’une solide expérience en terme de politiciens à forte personnalité. Dans deux cas, Geert Wilders et Rita Verdonk, la mission ne s’est révélée, comme pour Paul sur le chemin de Damas, que lorsqu’ils ont commencé à jouer un rôle politique actif. Wilders avait au VVD la réputation d’un ambitieux péroxydé avec des opinions tranchées sur la politique étrangère et la WAO (incapacité de travail). Son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE a provoqué son exclusion du parti. Ce n’est qu’après cela qu’il s’est senti porté par une mission contre l’Islam. Rita Verdonk n’a vu la lumière que lorsque dans ses fonctions de ministre, les sondages ont montré qu’elle jouissait d’une grande popularité et qu’elle a reçu d’énormes sacs de courrier. Verdonk a laissé derrière elle un parti déchiré, qui avait déjà été fortement secoué par le passage de Wilders et d’Hirsi Ali.
Il est indéniable que Pim Fortuyn compte parmi les plus grands dans le domaine des personnes convaincues de détenir la clef en or qui permettra de résoudre les problèmes de la société. Fortuyn est allé frapper à la porte de la plupart des partis, mais tous l’ont refusé, et il a fini par créer son propre parti. Le CDA n’a pas non plus été épargné : on se rappelle encore le cas de Jacques de Milliano, le visage de Médecins sans Frontières dans les années quatre vingt dix. Son engagement au sein du CDA, parti conservateur, a été une source d’étonnement pour tout le monde, et l’on n’était pas encore revenu de sa stupéfaction qu’il avait déjà claqué la porte à cause d’une politique d’asile qu’il jugeait trop inhumaine. Il a annoncé par la suite qu’il comptait fonder son propre mouvement, mais il y a finalement renoncé ».
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9093
mercredi 14 novembre 2007
Intégration: on y arrive

Après plusieurs années à me demander si je n'étais pas en train de perdre la tête (titre du Parool de lundi: "VVD: nous ne devons pas devenir un pays musulman", n'importe naouaque!), voilà que je me rends compte que quelques collègues de mon partis se réveillent. Une bonne nouvelle.
Dans la presse néerlandaise d'aujourd'hui:
"Le problème de l’intégration a deux aspects, souligne Ella Vogelaar à plusieurs reprise, lors de la présentation de son Integratienota 2007-2011 ", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "Les allochtones souffrent du durcissement de la société et les autochtones jugent menaçants les changements rapides et la présence de plus en plus visible de l’islam. Cette dernière constatation est un élément nouveau dans l’analyse de Vogelaar. Lorsqu’elle a pris ses fonctions, elle semblait considérer la ministre de l’Intégration qui l’a précédée, Verdonk, comme le principal obstacle à une société harmonieuse : en modérant le ton, la société se modérerait d’elle-même."
"C’était un champ de mines. Dans ses premières interviews, elle a dit que la burqa ne la gênait pas : chacun ses goûts. Plus tard, elle a été critiquée pour avoir évoqué la perspective des Pays-Bas comme pays en partie islamique."
"En présentant sa note sur l’intégration, elle se réfère à plusieurs reprises, avec admiration, à Land van Aankomst [Pays d’arrivée], le dernier ouvrage de Paul Scheffer, qui a donné en 2000 le coup d’envoi du débat sur l’intégration avec son essai Het Multiculturele Drama."
"Vogelaar annonce 56 mesures au total, allant de règles simplifiées pour l’insertion sociale à une ’prise de position’ sur l’immigration d’Europe de l’Est."
"Le ton prend à un moment donné une vivacité familière. Le gouvernement, dit Vogelaar, veut une société à laquelle les gens puissent s’identifier. ’C’est diamétralement opposé à une compétition pour voir qui prône l’approche la plus sévère vis-à-vis des étrangers. Wilders, qui veut interdire le Coran, Verdonk qui nous a laissé une loi sur l’intégration inapplicable et maintenant Henk Kamp qui cherche lui aussi à rejoindre ce peloton’."
"Le langage dur de députés comme Geert Wilders et Rita Verdonk, mais aussi du député VVD Henk Kamp, semble plutôt accroître les antagonismes entre les groupes de la population, selon Vogelaar", retient le Trouw. "’Le parler musclé est la recette de l’insécurité et du renforcement des antagonismes.’ C’est ce que Vogelaar a dit hier en commentant son Integratienota 2007-2011, dans laquelle elle conclut que le monde des allochtones et le monde des autochtones sont trop éloignés l’un de l’autre, qu’il n’y a plus de ’chimie’ et que cela débouche ’sur un sentiment croissant de malaise’."
Pour l’éditorialiste du journal chrétien progressiste, "Vogelaar fait un pas en avant, le VVD un pas en arrière". "L’approche de la ministre Vogelaar paraît équilibrée et réaliste. Il faut rapprocher le monde des autochtones et celui des immigrés, au lieu d’élargir le fossé."
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=9063
lundi 15 octobre 2007
Droits fondamentaux remis en question par l'Islam radical
Si l'Islam non-violent progresse beaucoup aux Pays-Bas et en Europe, la variante radicale et violente n'a pas disparu et risque d'entraîner des tensions entre musulmans et non-musulmans. C'est ce qu'écrivent les Renseignement généraux néerlandais (AIVD) dans un rapport rendu public cette semaine.
Plus grave encore: l'influence de cet Islam radical violent risque d'empêcher l'exercice de certains droits fondamentaux. Premiers visés: les homos et les femmes, surtout de confession musulmane. Selon l'AIVD, la pression exercée sur les musulmans ne suivant pas le droit chemin déterminé par les musulmans radicaux se fait de plus en plus forte et empêche leur émancipation.
Ce rapport, très mesuré, arrive après plusieurs déclarations officielles de la police qui l'étaient beaucoup moins sur le cassage de pédés par des jeunes d'origine marocaine. Avec l'ancienne ministre xénophobe Rita Verdonk et l'élu islamophobe Geert Wilders qui sont au plus haut dans les sondages, il n'est pas sûr qu'une lecture rationnelle de ce rapport soit faite par tous aux Pays-Bas.
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=11967
Plus grave encore: l'influence de cet Islam radical violent risque d'empêcher l'exercice de certains droits fondamentaux. Premiers visés: les homos et les femmes, surtout de confession musulmane. Selon l'AIVD, la pression exercée sur les musulmans ne suivant pas le droit chemin déterminé par les musulmans radicaux se fait de plus en plus forte et empêche leur émancipation.
Ce rapport, très mesuré, arrive après plusieurs déclarations officielles de la police qui l'étaient beaucoup moins sur le cassage de pédés par des jeunes d'origine marocaine. Avec l'ancienne ministre xénophobe Rita Verdonk et l'élu islamophobe Geert Wilders qui sont au plus haut dans les sondages, il n'est pas sûr qu'une lecture rationnelle de ce rapport soit faite par tous aux Pays-Bas.
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=11967
jeudi 4 octobre 2007
Jami déraille complètement
Ça chauffe pour Ehsan Jami (photo), l'ex-musulman d'origine iranienne et la nouvelle mascotte des islamophobes et des racistes hollandais. Comme je l'ai écrit il y a peu, chacun doit pouvoir exercer sa liberté religieuse à sa façon, et cela inclue le droit de changer de religion, mais insulter les gens ou disqualifier les croyants n'est pas une preuve de liberté ou de laïcité, mais juste une faute politique majeure, surtout pour un élu (travailliste!). Est-il trop jeune, est-il naïf, est-il cynique, est-il mal conseillé, cherche-t-il à se faire un nom, est-il un sous-marin d'Hirsi Ali et ses amis? Je ne comprends pas très bien ce qui le pousse à dérailler à ce point... Ce qui me frappe, c'est que ce n'est pas le premier élu allochtone à péter un plomb aux Pays-Bas. Il serait intéressant de comprendre à quoi cela tient. Les allochtones sains d'esprit sont-ils ignorés? La pression est-elle trop forte? Ceci dit, je me demande aussi ce que Dick Pels (site officiel) a été faire dans ce nœud de vipère...Dans la presse néerlandaise:
Le président du groupe PvdA au conseil municipal de Rotterdam, Peter van Heemst, est d’avis que son collègue de parti Ehsan Jami doit renoncer à son siège au conseil de Leidschendam-Voorburg. Van Heemst, qui a siégé à la Deuxième Chambre pendant des années, estime que Jami s’est disqualifié en tant qu’élu en comparant dans un article le prophète Mahomet à Hitler. Jami a rédigé cet article publié par le Volkskrant la semaine dernière avec le député PVV Geert Wilders. Dans le Volkskrant d’hier, le président intérimaire du PvdA, Ruud Koole, s’est également distancié de la comparaison faite par Jami et Wilders. Le prochain congrès du PvdA élira une nouvelle direction de parti. Jami a posé sa candidature à une fonction au sein de cette direction, mais la direction intérimaire actuelle ne la soutient pas. Des membres du comité de soutien aux ex-musulmans fondé par Jami commencent à s’en détacher à cause du ton du débat mené par l’apostat. Hier, le sociologue de gauche Dick Pels a annoncé son départ (AD Haagsche Courant p.3, Trouw p.7).
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=8936
mardi 18 septembre 2007
Les gays voteraient massivement Verdonk
L'hégérie de la droite nationaliste et xénophobe Rita Verdonk serait de plus en plus populaire chez les homos. C'est ce qui ressort d'un sondage effectué sur le site du GayKrant. Même si la représentativité des lecteurs du GayKrant peut prêter à caution, elle recoupe les tendances nationales. Avec 31% d'intentions de vote, l'ancienne ministre de l'intégration devance les autres politiciens et dépasse largement les partis qui se sont toujours prononcés pour la cause homo, surtout à gauche. Alors Rita Verdonk vient d'être exclue du groupe parlementaire libéral pour manque de discipline, l'extrême-droite nationaliste et islamophobe de Geert Wilders se voit déjà l'accueillir en son sein. Sur son seul nom elle avait réuni presque la moitié des voix libérales lors des élections aux dernières législatives, en novembre 2006. Qui a dit que les homos étaient forcément de gauche?http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=11847
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