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samedi 3 janvier 2009

Une crise plus grave aux Pays-Bas?



C'était probablement vers 2003 ou 2004. Je me rappelle de l'endroit, du bruit, des odeurs, de la discussion... c'était avec mon pote Laurent V, on parlait de l'économie alors qu'il me ramenait au Métro. Il jouait à la bourse, et disait déjà: "Je joue avec du vent. Ce qui se passe à la Bourse n'a aucun rapport avec la réalité économique. On va droit dans le mur mais tant que personne ne s'en rend compte, il ne va rien se passer. Je ne sais pas si ça va péter demain ou dans quelques années, mais ça ne va pas tenir, c'est impossible de continuer éternellement comme ça." Je voulais bien le croire, sauf que tout le monde disait le contraire, surtout aux Pays-Bas.

Depuis plus d'un an, on parle beaucoup des économies néerlandaises et islandaises avec mon pote X (qui souhaite rester anonyme, je me demande vraiment qui ça peut être...), qui est à Reykjavik depuis quelques temps déjà. On avait l'impression d'être deux paysans réactionnaires, à ne pas croire en la réalité du "miracle islandais" ou du modèle économique Polder. Même en étant très fort, en travaillant d'arrache-pied et en étant très futé, on ne peut pas passer aussi vite d'un mode de vie assez frustre à un tel débordement de richesse. "Je ne peux pas croire qu'ils aient trouvé la méthode miracle pour passer de la pêche et de l'agriculture de survie à un mode de vie californien avec Humvees et voyages autour de la terre plusieurs fois par an pour tous en une décennie."

De mon côté, je vois bien que l'enrichissement de beaucoup de Néerlandais ne provient nullement d'un travail accru ou d'une efficacité supérieure, mais pour beaucoup des miettes des différentes bulles spéculatives, et encore plus du crédit. Les politiques gouvernementales pour forcer les gens à placer leur retraite à la Bourse (qu'on le veuille on non, d'ailleurs) et acquérir leur logement a surtout eu pour conséquence de faire grimper les prix de l'immobilier, d'augmenter le taux d'endettement, surtout pour les classes moyennes et inférieures, et de faire perdre des centaines voire des milliers de milliards des retraites.
J'avais l'impression d'être un trotskiste anti-capitaliste primaire quand je trouvais que la confiance des Bataves en leur économie va bien au delà du raisonnable: "Laurent, tu vois tout en noir, l'économie financiarisée est vraiment moderne maintenant, on utilise des mathématiques de pointe. En plus l'économie néerlandaise est forte par essence. Il n'y a aucune raison que nous vivions une quelconque récession et les prix de l'immobilier ne vont pas baisser de sitôt."

Le culte que les Néerlandais vouent au Marché et à la fable libérale n'a cessé de me fasciner depuis la période du gouvernement de Wim Kok. Alors que leurs connaissances en économie sont plus que médiocres, ils s'obstinent à croire que le Marché est la réponse à tout, même lorsqu'il est plus qu'évident que ce n'est pas vrai: ils doivent désormais payer des fortunes sur 30 ans pour habiter les mêmes petits appartements en brique mal isolés qu'avant, leur santé s'est dégradée alors qu'ils payent plus que jamais des assurances privées qui ne remboursent presque rien, le système ferroviaire privatisé est mal entretenu, cumule les retards et coûte toujours plus cher, les fournisseurs d'énergie sont moins efficaces et plus chers qu'avant la privatisation, les fournisseurs télécoms (téléphonie, internet et télévision) sont reconnus comme des voleurs qui abusent les enfants, les pauvres et sont prêts à tout pour ne pas laisser le "Marché" pousser les prix à la baisse... Je ne parle même pas du fiasco de l'assurance maladie américaine ou du réseau ferré britannique dont tout le monde connaît l'histoire. Que faut-il donc qu'il arrive pour qu'on se rende compte que le Roi est nu?
Au risque de passer encore pour des Cassandres grincheuses, le dernier rapport du GEAB (lien) ne fait que confirmer nos intuitions de garçons modernes relativement éduquées en économie (tous les trois nous sortons d'un IEP): non seulement la crise au niveau mondiale durera au moins jusqu'à la fin 2010 (pour l'Asie et la zone Euro), mais pour les économies ultra-financiarisées (États-Unis et Grande-Bretagne) probablement jusqu'en 2018. Enfin, les pays ayant "investi" leurs retraites en Bourse auront un gros problème avec l'arrivée des baby-boomers à l'âge de la retraite, la plupart de ces "investissement" ayant été avalés par la crise.

Allez, en cadeau de début d'année, je vais jouer au Nostradamus franco-amstellodamois, et je vous livre mes intuitions, que j'espère fausses:
- Grosse montée du chômage en 2009, avec grosses catastrophes économiques aux États-Unis et au Royaume-Uni (grosses boîtes qui ferment, chute du marché immobilier, éventuellement banqueroute étatique plus ou moins contrôlée, forte baisse du Dollar et de la Livre) et un sale coup dur en zone Euro et en Chine
- Gros mouvements sociaux dans le monde. En Chine, soit une dérive fasciste ultra-nationaliste, soit des conflits sociaux très très violents. En Occident, beaucoup de tensions, et la naissance de plusieurs mouvements de protestation, probablement en France où la culture politique est plus développée qu'ailleurs. Si la gauche gouvernementale se réveille et canalise cela, on peut assister à une refonte de l'économie européenne et de l'État-providence. Sinon, gros conflits sociaux, violence étatique (aussi avec l'aide des nouvelles technologies) et délires d'extrême-gauche et d'extrême-droite en perspective.
- Baisse très forte de l'immobilier partout, peut-être plus limité dans les centre-villes historiques des grandes villes. On peut très bien imaginer beaucoup de faillites personnelles (comme en Angleterre il y a quinze-vingt ans) à cause de cette chute immobilière.
- Statistiquement, les périodes de "correction" sont facteur d'insécurité et on ne peut pas exclure des conflits armés, soit périphériques (en mode Israël/Palestine) pour occuper les peuples, soit interne, par exemple si les classes dirigeantes veulent maintenir leur train de vie à tout prix. Une Chine qui s'en prend à ses voisins pour canaliser la colère populaire est tout à fait envisageable. Ou des États-Unis maintenant un niveau de conflit raisonnable un peu partout pour justifier un complexe militaro-industriel bien trop cher financé par l'Europe et l'Asie...

Si quelques uns des kreukreusconautes souhaitent plus de détails, avec références et explications simples, vous savez comment me contacter, j'en ferai peut-être des messages ici-même, avec des chôlis schémas aussi clairs que possible. Les réactions intéressantes (même fortement divergentes) seront mises en ligne aussi, natuurlijk...

vendredi 2 janvier 2009

Politique locale: peut mieux faire

Pour fêter la fin de l'année, le journal amstellodamois Het Parool a choisi de bitcher sur les arrondissements, souvent source d'irritation pour les habitants de la capitale. C'est en effet les collectivités locales amstellodamoises qui sont n°1 du Top 10 des irritations, devant le ligne de métro Nord/Sud (prévue pour 2007, elle sera finie, au plus tôt, en 2015), la politique d'intégration (inburgering), et le Zuidas (la "ville nouvelle" de gratte-ciels spéculatifs au Sud de la ville)



Je comprends totalement ces irritations, mais il faut expliquer aussi pourquoi...

- La seule chose pour laquelle Oud Zuid est cité est l'histoire du mec qui avait peint sa maison en rose et a été obligé de la repeindre. En fait, moi je connais l'autre version de l'histoire: le mec avait peint sa maison dans le mauvais rose (Lewis a tout de suite tiqué: «c'est quoi ce f#cking rose pas beau?»), et quand l'arrondissement lui a demandé de la repeindre, il s'est mis en colère. Les fonctionnaires et l'échevin lui ont proposé qu'il s'engage à choisir la bonne couleur lors de la prochaine peinte ou s'il revend le bâtiment, mais il les a pris de haut et leur a fait un procès. Manque de pot, ce n'est pas l'arrondissement qui décide des couleurs, il ne fait qu'appliquer un règlement décidé par la Commission d'esthétique, un truc indépendant dont les avis sont généralement respectés pour leur bon sens esthétique et architectural. L'affaire a été jusqu'au Conseil d'État, ce qui a débouché sur l'obligation pour l'arrondissement d'appliquer le règlement et de forcer le mec à repeindre sa maison rapidos. Les médias décrivent ce mec comme une victime des fonctionnaires psychorigides de l'arrondissement, alors qu'il n'a fait que s'enfoncer avec son arrogance et un avocat un peu présomptueux... Il s'agit d'ailleurs d'une bonne illustration de changement de mentalité dans l'arrondissement, où les gens éduqués et les nouveaux riches pensent qu'ils peuvent gagner tous leurs procès parce qu'ils ont une grande gueule. S'ils connaissaient le système judiciaire néerlandais, ils sauraient que la thune et une grande gueule ne suffisent pas. N'est pas O.J. qui veut (et encore, il a été rattrapé lui aussi)...

- Le niveau du personnel politique local néerlandais est encore plus faible que celui des députés, ce qui en dit long sur les conséquences que cette nullité peut avoir sur les décisions publiques. Apparemment, Oud Zuid est de loin l'arrondissement où l'ambiance est la meilleure et où le Conseil est le plus compétent. C'est vrai que certains de mes collègues sont des gens biens, avec un certaine vision du bien commun. Mais parfois, je suis effaré du manque de connaissance et de préparation de certain(e)s collègues. Les contacts que j'ai eus avec mes homologues d'autres arrondissements ont été en général décevants: aucun charisme, manque de travail et de connaissance du sujet, manque de sérieux, aucune vision d'ensemble... Je pense qu'il faudrait rendre les places plus chères (augmenter les indemnités pour rendre le poste attractif, diminuer le nombre de sièges) mais aussi pousser les partis à avoir des procédures de recrutement mieux réalisées (quitte à les faire aider par des cabinets spécialisés) et surtout un suivi un peu plus strict. En gros, aujourd'hui, une fois élu, on peut faire ce qu'on veut, dont ne jamais siéger, sans contrôle aucun. Je trouve ça un peu limite...

- Je ne m'y connais pas assez pour juger ce qui s'est passé sur la ligne Nord/Sud du métro, par contre je vois très bien ce qui a merdé pour la politique d'intégration et le Zuidas: incompétence, populisme et manque de responsabilité. La politique d'intégration (inburgering) est une catastrophe, aussi bien au niveau national qu'au niveau local, avant tout parce qu'elle est le produit du désir pulsionnel d'une analphabète de la politique, notre chère Rita Verdonk. Le fait que la plupart des partis n'ont aucune réflexion sur l'intégration (mon propre parti est d'une nullité effrayante sur la question) a laissé le champ libre à l'extrême-droite et on en paye aujourd'hui le résultat. Comme personne ne soit vraiment responsable de quoi que ce soit, le fiasco en devient encore plus irritant.
En ce qui concerne le Zuidas, je trouve qu'il s'agit d'un projet pour homme blancs arrogants et riches de plus de 50 ans, avec le mauvais plan de financement, une architecture catastrophique, une vision du développement urbain datant des années 1950 et une offre qui ne correspond pas à une demande réelle. Ce qui m'ennuie, c'est que les Amstellodamois risquent de payer longtemps pour ce flop urbain. Là encore, j'aimerais comprendre qui a pris la décision, comment, et sous l'influence de qui...

- Quand on voit la liste des "méfaits" causés par les arrondissements, cela reste très très gentil: un élu s'est fait choper en voiture avec trop d'alcool dans le sang, le Centre voulait couper l'arbre d'Anne Frank, Zeeburg n'a pas mis des barrières assez tôt le long d'un canal (un mort), disputes diverses entre élus dans plusieurs arrondissements... Je pense que les plus grosses fautes sont avant tout causées par des décisions prises à La Haye ou dans l'entourage de notre maire, Job Cohen. Là est, selon moi, la plus grande faiblesse d'Amsterdam: aucun contre-pouvoir au maire et aux hauts-fonctionnaires, une responsabilité diluée, et un manque de vision à long terme des dirigeants assez préoccupant. Le fait que personne ne confronte Lodewijk Asscher à sa conception pour le moins curieuse de la ville du futur (une apartheid moderne, voir ici) montre que le PvdA n'est toujours pas en état de penser clairement... 

Mais bon, la démocratie est un système imparfait, une utopie vers laquelle il faut tendre en se corrigeant continuellement. Le fait que Het Parool puisse aller fouiller dans les poubelles de la politique et offre les actions des élus à l'éventuelle opprobre populaire est la preuve que la démocratie amstellodamoise n'est pas totalement morte.

Le sel de la démocratie sur Issuu

Ah, l'instabilité d'internet. Je teste maintenant un nouveau service, issuu, pour mettre ma thèse de doctorat à disposition du public. On va voir si ce service tient longtemps... On peut lire le document en ligne (la mise en forme est relativement agréable, surtout avec un grand écran), mais aussi le télécharger gratuitement... Le lien direct est ici.

jeudi 1 janvier 2009

Straight Pig Pride™

Hier, c'était le réveillon, comme partout ailleurs sur terre. Sauf qu'aux Pays-Bas, la tradition veut qu'on célèbre ça avec des pétards et des feux d'artifice. Chaque année les Néerlandais se surpassent en dépensant encore plus d'argent que précédemment, et chaque année les autorités mettent les gens en garde contre les pétards de contrebande qui explosent les doigts et mettent le feu aux cheveux.
En fait, si on se promène dans la rue entre 19h et 2h du matin le soir du réveillon, on voit surtout des adolescent et des hommes jeunes qui terrorisent tout le monde avec leurs tubes rouges. Plus ils sont gros, plus ils font du bruit, plus ils sont contents. Pas besoin d'avoir un doctorat en anthropologie pour y voir un substitut phallique (un gros bâton rouge qui explose, hello people!). C'est d'ailleurs comment un de mes amis résume le réveillon à la batave: Pig Straight Pride™.  La "fête de la fierté des gros porcs hétéros". C'est un peu extrême mais c'est quand même bien vu: on ne voit en effet que les hétéros complexés (les jeunes d'origine marocaine et turque, ainsi que toutes les génération d'hommes white trash), pratiquement aucune femme, aucun homo, aucun père de famille respectable.
Le reste de l'année, ils se contentent d'uriner partout dans la rue (alors que les femmes doivent faire la queue dans les cafés). Mais pour fêter la nouvelle année, faire peur à tout le monde et dégueulasser la rue (des tonnes et des tonnes de papier rouge partout dans les rues) est un must.

Dans ma rue, heureusement, il n'y a que les mômes white trash qui explosent leurs substituts phalliques rouges. Je leur ai dit qu'il faisaient peur à Martin le chien avec leurs crottes explosives, et ils sont gentiment allés les péter ailleurs. En fait, Martin n'a pas peur, c'est moi qui sursaute bêtement à chaque attaque. 
Mais bon, ce réveillon à la hollandaise nous le rappelle: nous vivons en plein patriarcat hétérocentré. Même à Amsterdam, où même si les homos et les femmes sont plus libres qu'ailleurs, on sait qui commande. Bonne année. Paf!

mardi 23 décembre 2008

Ploumen n'a-t-elle rien compris?

Dire que j'avais voté pour Ploumen. Si seulement je pouvais retirer mon vote...
Ma copine Natasha m'a envoyé un article (lien) sur les dernières déclarations de la présidente du Parti Travailliste, Lilialle Ploumen, disant que les migrants qui deviennent néerlandais ne devraient garder que leur passeport néerlandais. Je ne vais pas revenir sur le fond de l'histoire, tant elle a été rabâchée. Je vais juste rappeler que les Pays-Bas sont le seul pays qui a un problème avec les nationalités multiples.
On en parlait dans la voiture vers Lille l'autre jour avec Lewis: pourquoi les Français ou les Américains se désintéressent-ils des multiples nationalités de leurs compatriotes alors que les Néerlandais nous font de telles grossesses nerveuses? Mon hypothèse est que les Français et Américains sont relativement à l'aise avec leur identité et n'ont pas de complexe d'infériorité. Au contraire, même, puisqu'ils jugent avec une certaine arrogance que seule leur nationalité compte, et que les autres ne sont que le produit des histoires collectives et familiales. À l'inverse, les Néerlandais ont un gros complexe d'infériorité et ont le besoin qu'on leur rappelle que si, quand même, on pense aussi à eux et au passeport néerlandais parfois.

Ceci dit, je suis extrêmement déçu par Ploumen. Je ne la connais pas du tout, j'ai juste entendu des rumeurs sur son éventuelle médiocrité, auxquelles je n'ai pas beaucoup prêté attention. Toujours est-il que si les crises de nerfs de Wilders ou de Verdonk sur les nationalité multiples collent assez bien avec leur personnage politique (xénophobe, populiste, bas du front), que la présidente du parti travailliste vienne se vautrer dans ces eaux sombres me met très en colère. 
Alors Lilianne, écoute moi bien: non seulement tu me fais honte, mais en plus, je le dis publiquement, si j'avais su que tu allais te comporter comme une cruche xénophobe de bas étage, non seulement je n'aurais pas voté pour toi, mais j'aurais fait campagne contre toi.

Le message envoyé à la direction du parti:
Beste Kameraden,
Ik heb met schamte ontdekt wat onze voorzitter Lilianne Ploumen heeft gezegd over migranten en hun dubbele nationaliteit. Ik vind het ongepast, ongewenst en echt gênant voor een progressieve Europese partij.
Of Lilianne heeft geen idee, en ze moet zich houden aan wat ze weet, of dat was een bewuste beweging, en ik vind het schandalig en vraag me waarom ik nog lid van de PvdA ben.
Wat is de politieke nut van zo'n verklaring? Wil de PvdA gaan jagen op de gronden van Wilders en Verdonk?
Wil de PvdA echt een hamonieuse intergatie of zijn de migranten alleen pionnen in een grotere politieke speel? Als socioloog en deskundige op de integratievraag kan ik geen goede verklaring vinden.
In elk geval verwacht ik of een snelle correctie, of een serieuse verklaring van onze voorzitter.
Vriendelijke groeten,
Laurent Chambon
(PvdA SDRaadslid Amsterdam Oud Zuid)


Article dans le NRC:
PvdA: migrant moet oude nationaliteit opgeven
Gepubliceerd: 23 december 2008 08:34 | Gewijzigd: 23 december 2008 10:28   ANP
Amsterdam, 23 dec. PvdA-voorzitter Lilianne Ploumen wil dat migranten die Nederlander willen worden alleen nog een Nederlands paspoort gaan dragen. Dat heeft ze vandaaag gezegd in een interview in de Volkskrant.
,,Loyaliteit heeft voor mij niets met nationaliteit te maken. Maar de greep van herkomstlanden moet verdwijnen. Om Nederlander te worden moet je je oude nationaliteit in principe opgeven'', aldus Ploumen.
Ze heeft een partijnotitie over integratie geschreven. Volgens haar is de PvdA te lang te tolerant geweest voor migranten. ,,De fout die we nooit meer mogen maken, is het inslikken van kritiek op culturen of religies omwille van de tolerantie''.

vendredi 19 décembre 2008

Bientôt sous l'eau?



Le Guardian est non seulement un des meilleurs journaux du monde, de loin, mais il lui arrive aussi d'avoir des choses vraiment très bien faites en ligne. Dans l'édition de mardi, une carte cliquable du monde interactive sur la production de dioxyde de carbone (lien). Tellement simple, tellement effrayant...
Ci-dessous, on voit la consommation en Europe avec les Pays-Bas sur-représentés, vu que ce sont les plus gros producteurs par habitant, loin devant l'Allemagne et la France. Non pas parce qu'ils produisent du gaz, par exemple, mais surtout parce qu'ils en consomment. C'est un de seuls pays où la production de CO2 régresse, mais vu le niveau, il n'y a pas matière à fierté.



Le plus monstrueux, ci-dessous, ce sont les États-Unis. Plus gros fournisseur du monde de gaz à effet de serre par habitant (et aussi en chiffres absolus). Ce n'est pas vraiment une surprise. Obama a du boulot en perspective.



Ces chiffres me confortent dans ma politique: aller aussi rapidement et efficacement que possible vers une ville zéro émission de CO2, avec les habitants et les industries. Quand j'explique aux gens que s'ils veulent des terrasses chauffés, autant laisser leur frigo ouvert, laisser la douche ouverte tout le temps ou la télé allumée aussi quand on n'est pas là, certains comprennent, mais d'autres sont encore en déni.
Ceci dit, vu la vitesse à laquelle les glaces des pôles fondent, la question sera résolue aux Pays-Bas... puisque le pays aura disparu. Si l'Antartique fond (une hypothèse pas folle du tout à moyen terme), le niveau des mers montera de 50m (cinquante mètres!). Même avec des super-digues, ce sera très très difficile de survivre en Hollande...

dimanche 14 décembre 2008

Je quitte le PS



Je suis membre du Parti travailliste néerlandais, et j'étais membre du Parti socialiste français. J'ai décidé de lâcher le parti socialiste français. C'est moins un problème que je pourrais avoir avec son programme (il n'y en a pas, malheureusement), qu'avec son fonctionnement interne.
J'avais expliqué le mode de désignation du président du parti travailliste, avec la méthode dite de Condorcet (voir ici). On vient de renouveler l'opération pour savoir qui va être la tête de liste travailliste pour les prochaines élections européennes: on indique nos candidats préférés dans l'ordre qui nous sied, et celui ou celle qui a le plus de voix est désigné(e) comme tête de liste. Cette méthode, qui existe depuis plusieurs siècles, permet de générer de la légitimité. On peut voter par internet, par téléphone ou par courier. Simple, non?

Le fait que le PS ne soit pas même en état d'imaginer que ce soit possible laisse entrevoir son mode de fonctionnement réel. La réaction des éléphants aux tentatives de Ségolène Royal d'ouvrir le parti à d'autres groupes de militants avec les adhésions à 20 euros, et la façon dont ces adhérents ont été ostracisés par les vieux adhérents en dit long sur la mentalité de forteresse assiégée qui y règne.
Je suis sensé être membre de la section de La Haye. Pour les élections du nouveau secrétaire du parti, il fallait que je me déplace à La Haye (plus de trois heures de porte à porte l'aller-retour) pour pouvoir voter. Dans une section aussi large (tous les Pays-Bas), pourquoi est-ce inimaginable de ne pas pouvoir voter autrement? Je leur ai écrit que c'était une méthode d'exclusion un peu dépassée en ces temps de "rassemblement", mais ils n'ont pas compris mes reproches, tout occupés qu'ils étaient à mesurer leurs motions et savoir comment faire avancer la leur... Dans cette fameuse section, la plupart des membres que j'y ai rencontrés sont avant tout obsédés par la France et les jeux politiques; les Pays-Bas ne les intéressent pas. Je pense, au contraire, que notre situation particulière, entre deux cultures et deux pays, fait de nous une boîte-à-idées, et que notre rôle n'est pas d'occulter le plat pays, mais au contraire de construire un relais politique et culturel entre les deux pays.
Pour le reste, notre relation consistait surtout à faire en sorte que je ne prenne pas trop de place et que je ne vole pas le "pouvoir" de notre présidente. Comme si je n'avais que ça à faire. Franchement... Je pensais qu'il faudrait plutôt construire un pont vers les Socialistes européens et le Parti travailliste. Mais, clairement, mes idées étaient inconvenantes, et je n'ai que très peu entendu parler de notre section par la suite. Ce qu'on m'a raconté sur d'autres sections ailleurs m'a beaucoup calmé: contrôle du "pouvoir", exclusion de ceux qui ne pensent pas comme il faut, coût d'entrée réel (autre que l'adhésion) montre que le parti n'est pas du tout un système démocratique, mais une machine à s'assurer de l'élection de quelques uns. Les aventures des intellectuels de gauche qui ont essayé de faire changer les choses ont bien montré ce qu'il en était réellement dans le parti: on leur a demandé de se taire et on les a physiquement empêchés de parler au congrès.
Quoiqu'on puisse penser d'elle, les propositions de Royal sur la démocratie interne me semblaient sages, et il est clair qu'elles ne seront pas prises en compte. Son contact avec de nombreux intellectuels de gauche (même si elle n'a pas su les inclure correctement lors des présidentielles) laissait présager un peu d'intelligence au service du peuple. La timide ouverture a fait long feu.

La crise au PS est une bonne parabole de la crise française qui dépasse largement les problèmes du parti: une élite qui a confisqué le pouvoir, se bat pour conserver ses privilèges et qui ne comprend même plus que les vrais problèmes dépassent le choix entre les motions A, B ou Z; un peuple qui a été exclu; des méthode antidémocratiques; et beaucoup d'arrogance. J'ai honte de l'UMP et de son attitude servile vis-à-vis de Sarkozy, mais j'ai encore plus honte du PS. Hors de question de légitimer un tel système par ma présence. Je ne lui souhaite même pas bonne chance, ce serait en faire mauvaise utilisation.

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Le texte de mon email envoyé ce soir à 23:57: «Je sousigné Laurent Chambon, né le 22 mai 1972 à Châtenay-Malabry (92), membre de la section de La Haye (Pays-Bas), déclare ne plus être adhérent au Parti socialiste à partir d'aujourd'hui. Je souhaite être rayé des listes d'adhérents, ne plus recevoir de couriers et ne plus être mentionné comme membre du parti. Fait à Amsterdam le dimanche 14 décembre 2008.»

samedi 13 décembre 2008

Meilleur ou pire

La hype du moment aux Pays-Bas, c'est la question du meilleur et du pire politicien de l'année. Cette année, on a Wouter Bos comme meilleur, et Gert Wilders comme pire. Plus ou moins l'inverse de l'année derniers. On retrouve dans le tiercé perdant Rita Verdonk, et chez les gagnants Alexander Pechtold. Bon, ça a la valeur qu'on accorde aux sondages. "Yawn..." (baillement) comme dit Lewis.
Plus intéressant est le changement qui a lieu dans le projections de voix et de sièges à la Deuxième Chambre: Rita Verdonk comme Gert Wilders se tassent sévèrement, les travaillistes remontent et les gentils partis (GroenLinks, D66) regagnent ce qu'ils avaient perdu récemment. Ça ressemble terriblement à une stabilisation de la politique néerlandaise: une extrême-droite présente mais pas dominante, une extrême gauche présente mais pas du tout en état de gouverner, des partis du centre qui ronronnent, allez vous coucher ma bonne dame, tout est sous contrôle.

Mon impression? Qu'une fois que les crises d'identité retombées, on s'occupe à nouveau de l'économie, et que le clivage gauche/droite recommence à faire sens. C'est une bonne nouvelle, parce qu'on va enfin pouvoir parler de choses sur lesquelles le gouvernement peut vraiment agir. La mauvaise nouvelle, c'est que les citoyens que l'extrême-droite et l'extrême-gauche avaient réveillés chacune à leur manière vont à nouveau se détourner de la politique. Les partis gouvernementaux doivent être soulagés, mais je ne sais pas si c'est vraiment une victoire pour la démocratie. Car, je vous le rappelle, la démocratie ce n'est pas la dictature de la majorité, mais bien le régime qui prend en compte aussi les minorités. Toutes. On en est encore loin.

jeudi 4 décembre 2008

Wifi.. ah, euh, heum, toi même!



Hier, Commission Transport & Entreprise (Verkeer & Ondernemen). C'était pas ça, vraiment. Tout d'abord, j'ai étudié les documents avec surprise, trouvant que vraiment je ne connaissais pas grand chose aux sujets... jusqu'à ce que je découvre qu'on m'avait envoyé les documents de la Commission Finances & Sécurité (qui a lieu la semaine prochaine). La photo ci-dessus le prouve. Juste quelques heures perdues pour rien, comme si je n'avais rien d'autre à faire.
Mais bon, je connaissais mon sujet, puisqu'on devait parler du wifi. Mon idée, dont j'ai déjà parlé sur ce blogue, est d'encourager les gens à partager leur wifi pour avoir moins de radiations, et inciter les cafés à proposer le wifi gratuit pour inciter les gens à ne pas utiliser ni wimax ni UMTS (qui ont des ondes très puissantes et méchantes). Rien d'obligatoire, juste une aide technique et un avis neutre pour les aider à ne pas se faire avoir par les vendeurs de KPN (ancien monopole d'État) et se retrouver avec des antennes qui ne marchent pas bien.

Je m'attendais à un débat intéressant. J'ai dû bien vite redescendre de mon nuage... La droite n'avait que le "marché" à la bouche, et quand je leur ai rétorqué qu'un marché (voir la définition d'un marché pur et parfait) doit pouvoir offrir la transparence de l'information, et donc que l'accès à l'information doit être possible à tous, la seule réponse à laquelle j'ai eu droit est flauwekul ("n'importe naouaque"), ce qui est vraiment un argument rationnel irréfutable. En gros la droite est contre l'intervention des autorités, même si cette intervention permettrait de s'approcher d'un marché parfait auquel ils disent aspirer. Je les aime bien, nos VVD, ils sont sympas et constructifs, mais là ils ont vraiment besoin d'un petit cours d'économie pour au moins être fidèle à leurs dogmes avec intelligence...
Les petits partis locaux, quant à eux, n'avaient aucune idée de quoi on parlait et ont essayé de nous rouler dans la farine avec des questions idiotes. C'était pas très malin, et c'en était franchement embarassant. Heureusement que nos partenaires de GroenLinks ont plein de neurdes dans leur parti et savaient exactement de quoi je parlais. Eux vont plus loin et pensent que l'arrondissement devrait installer des bornes. C'est une bonne idée, mais mes camarades de parti ne me suivront jamais dans une telle aventure, aussi parce que certains d'entre eux ne comprennent pas grand chose non plus, et puis parce que le parti travailliste est lui aussi contaminé par le mythe du marché-qui-n'existe-jamais.
La déception finale, ce fut l'échevin qui n'avait rien préparé et cela se sentait à des kilomètres. Heureusement, Willem Bos de l'association locale contre l'UMTS (lien), très à la pointe sur la question, est venu remettre les pendules à l'heure et a expliqué qu'un réseau dense de wifi était préférable à trois antennes wimaw ou UMTS pour la santé, que c'était un moindre mal si les réseaux étaient ouverts et que les gens partageaient leur antenne. Ouf.
C'était tellement affreux que j'en ai fait des cauchemars cette nuit. Des vrais rêves horribles qui vous réveillent. Plus concrètement, je vais venir avec une proposition commune avec GroenLinks en espérant qu'on ne va pas perdre encore un an avec des incompétants. Ah, dur la politique...

Après cela, on a parlé du mémo de D66 sur les crottes de chien. Les petits partis ont encore essayé de cacher leur nullité et leur manque de préparation en faisant des blagues éculées sur le fait que D66 n'avait rien de mieux à faire. Ah ah ah. (Not.) J'avais vraiment honte pour eux. Là encore, je vais voir avec le D66 (et GroenLinks, j'espère) comment les embarquer dans mon projet de tolérance envers les chiens sous appel et que ça débouche sur une initiative du Conseil. J'en reparlerai, natuurlijk.

lundi 1 décembre 2008

Eurocities et moi, et moi, et moi



J'avais complètement oublié de parler du livre d'Adrian Favell, c'est en rangeant mon bordel très léger désordre que je l'ai retrouvé. Adrian était passé m'interviewer il y a quelques années, on avait beaucoup ri, j'avais beaucoup bitché sur ma situation (alors totalement catastrophique), et il m'a re-contacté lors la sortie de son livre qui porte sur les migrations inter-européennes. Je lui avais donné quelques contacts, dont je ne suis pas sûr qu'il ait fait utilisation.

Le livre n'est pas un bel objet et sa lecture n'est pas celle d'un roman, mais elle est très instructive et finalement assez agréable. Au fil des pages, on découvre une nouvelle génération d'Européens largement en avance sur le reste de leurs concitoyens, n'hésitant pas à se mettre en danger culturel, financier et alimentaire pour chercher une nouvelle vie. Ce qui ressort de ce livre, c'est surtout la petitesse des Européens qui ne se déplacent pas, les postes protégés, les abus sur les marchés de l'emploi ou du logement, et la profondeur des frustrations. Car si les leaders et élites européens et nationaux nous parlent de changement, de mobilité et d'adaptabilité, ils sont les derniers à se les appliquer à eux-même.

Farvell me fait passer pour une folle hystéro complètement reine du drame dans ses citations, ce qui ne manquera pas de faire bien rire ses lecteurs. Je conseille sa lecture à tous ceux qui ont émigré ou qui ont l'intention de le faire, ainsi qu'à leurs parents. Quelques jours après l'éruption de colonialisme de la droite australovicienne, voilà un livre qui remet les pendules à l'heure.

dimanche 30 novembre 2008

Ouiquenne glacé en Veluwe



Ce ouiquenne, Lewis a voulu fuir la ville et m'a emmené en Veluwe (en province de Gueldre), dans la dernière forêt sauvage des Pays-Bas. Promenade géniale dans la boue, la neige et les feuilles mortes. Température: 1°c. Taux d'humidité: 99%. Pas d'internet, mobile éteint. État du chien, des humains et des vêtements ce soir: fatigués et pleins de gadoue. D'autres photos suivent ci-dessous, en particulier avec Martin se faisant les crocs sur des troncs d'arbres.

En revenant, on est passés par Lelystad, en Flevoland, l'énorme polder au nord-est d'Amsterdam. Autoroutes ultradroites et totalement désertes, éoliennes géantes dans la brume, aéroport sans avion aucun, forêts immenses avec des arbres bien alignés succédant aux énormes fermes industrielles: les Hollandais n'ont même pas essayé de faire semblant d'avoir construit une zone naturelle. La nature y est, en fait, violemment artificielle.
Lelystad est une ville qui n'en est pas une, constituée seulement de banlieues où les maisons se ressemblent toutes. Certaines zones sont délicieusement avant-gardes et cubiques, d'autres terriblement démodées et laides. Ils sont en train de construire un centre-ville dont l'architecture est vraiment intéressante (übercubique noir et métal, principalement, photo ici), mais cela n'embellit pas pour autant le reste de la ville, ni ne la densifie vraiment. Une erreur architecturale et urbaine qui, je le crains, est amenée à disparaître. Je l'appelais Lelijkstad pour rigoler (lelijk veut dire "laid" en néerlandais), maintenant j'ai vraiment pitié et n'ose plus répéter ma vanne en public.

En rentrant, nous sommes passés par Enkhuizen, en Frise Occidentale (même si techniquement cela fait partie de la Hollande Septentrionale). Ville minuscule ultra-mignone avec des maisons de poupées datant du 17e siècle et des cafés bruns très conviviaux. De quoi faire sérieusement hyperventiler n'importe quel touriste américain. Pire, j'y ai mangé le meilleur hamburger du pays ever au café "van Bleiswijk": steak haché persillé de légumes, de la salade fraîche avec des miettes de paprika, du bacon revenu à mort, du fromage hollandais fondu et du pain croustillant légèrement beurré. Et des frites fraîches, of course, mais en Hollande on ne le précise jamais tant c'est évident. Le froid creuse, certes, mais là, bravo. Burgermeister et McBeurk (tous les deux Albert Cuypstraat) peuvent aller se recoucher.

Avant cela, nous sommes passés sur la digue d'une trentaine de kilomètres qui relie Lelystad à Enhuizen. À l'origine, il était prévu qu'un autre polder soit construit entre les deux, mais c'est entretemps devenu une réserve naturelle très riche en animaux protégés (poissons, oiseaux, que sais-je...) et son assèchement a été abandonné. On a laissé la digue pour relier le polder à la terre ferme, mais c'est bien tout.
30 km d'une étroite route bordée par l'eau glacée, à peine protégée par quelques blocs de béton et une barrière en métal. Avec la brume, la neige et le vent, on avait une visibilité quasiment nulle, et le navigateur satellite nous renvoyait sur la carte à une bande verte coincée par deux espaces bleus immenses, sans rien d'autre. Une traversée délicieusement effrayante, en gros.
J'ai voulu vanner Lewis et lui ai demandé qu'on s'arrête en plein milieu pour sentir l'air frais et permettre au chien de nager dans de l'eau propre. Il a pété un plomb, m'a dit qu'on n'était pas sur un plage à Nice et a refusé de s'arrêter. La tempête de neige/pluie et l'humour, pas toujours compatibles, donc.

Bref, ouiquenne exotique sans non plus devoir aller en avion dans des dictatures méridionales. On s'est jurés de refaire ça plus régulièrement, même s'il fait froid. La forêt sauvage, pas Lelystad ni les dictatures.





Waterschappen: pas encore ça



Oui j'ai voté pour les waterschappen il y a une semaine, mais mon enthousiasme commence à se transformer en effroi: il n'y a aucun(e) allochtone sur aucune des listes, ce qui est quand même fascinant en 2008. Allochtone weblog est outré, à raison d'ailleurs.
Pire encore, le CDA ne présente que des hommes, aucun ne venant d'Amsterdam (c'est vrai que le CDA ne cartonne pas vraiment ici), mais c'est surtout deux partis qui commencent à sentir leurs oreilles siffler: la liste Eigen Woning en Water (Habitation particulière et Eau, un parti de propriétaires) et celle de la Socialistische Waterschapvereniging (Union socialiste des waterschappen, qui dit vouloir défendre les locataires) sont toutes deux fondées par un loulou vaguement escroc qui a réussi à être élu (deux sièges pour chaque parti, quand même).

En regardant les résultats (lien), on voit que la participation a été faible (18,2%, contre 20,1% en 2004) et que l'équilibre politique de la région est ailleurs: 5 sièges pour les verts de Water Natuurlijk (l'Eau naturellement), 3 pour le PvdA, 3 pour le VVD (dont Anne-Lize van der Stoel, ancienne échevine de l'arrondissement du Centre), 3 pour le CDA, 2 pour chacune des listes bizares sus-citées, 2 pour le Partij voor de Dieren (le parti pour les animaux), 1 pour la ChristenUnie, et 1 pour deux listes traditionnelles. 9 femmes sur 29 (31%) ce n'est pas mauvais, ni fabuleux non plus.
Rob van der Bijl m'a dit de ne pas trop perdre de temps là-dessus, tant cette institution est, d'après lui, amenée à disparaître. Trop ringarde, trop provinciale, trop masculine, pas assez efficace. L'ouverture aux partis politiques traditionnels (et un moyen de caser leurs éléphants) va-t-elle lui permettre de survivre?

vendredi 21 novembre 2008

Ah, la crise va peut-être venir ici aussi

Le système financier s'effondre, et d'après ce que j'ai compris on n'est pas sortis de la mouise, mais les Pays-Bas seraient totalement immunes. Bien sûr, à part le fait que l'économie néerlandaise est une des plus ouvertes d'Europe, qu'Amsterdam est devenue une ville ultra financiarisée, qu'on a privatisé une partie des systèmes de retraite (désormais investis en bourse) et le système maladie au nom du dogme libéral, que la spéculation immobilière a touché le pays plus encore que ses voisins, avec la bénédiction de l'État (il y a peu on voulait encore nous vendre un emprunt immobilier sur 30 ans sans remboursement du capital avec investissement en bourse...), et qu'un tiers des ménages néerlandais est surendetté, tout va bien!
Dans mon parti, quand je leur disais que leurs modèles immobiliers basés sur l'hypothèse d'une croissance infinie de l'économie et des richesses collectives et individuelles me paraissaient un peu casse-cou, on me traitait de râleur. Il suffisait que je leur parle de la pauvreté qui augmente dans les quartiers les plus déshérités de l'arrondissement pour que certain(e)s ne mettent à crier et à me couper la parole violemment. Outre le fait que certain(e)s camarades ont un problème (d'ordre psychiatrique) avec leur propre richesse et le manque de richesse de certains australoviciens, l'idée même d'une baisse de la croissance économique était un blasphème inacceptable. Sainte Croissance qui êtes aux cieux, sauvez nos placements!

Là, surprise... Wouter Bos parle enfin de récession. Même Lodewijk Asscher, pourtant un échevin d'un néo-libéralisme très enthousiaste et adepte d'une ville à deux vitesses (privilèges pour les riches issus du monde de la finance, bureaucratie pour les autres), commence à évoquer des possibles problèmes économiques pour Amsterdam. Il a même déclaré, ô surprise, que beaucoup d'amstellodamois pourraient sombrer dans la pauvreté. Eh, Lodewijk, smell the coffee, certains n'en sont même jamais sortis, de la pauvreté.
Quelle perspicacité, quand même, ils ont nos chefs, hein? Je me sens tellement en sécurité avec de tels devins de la finance, j'y crois à peine moi-même. (Not.)

Les homophobes ne sont pas qui on croit

Rappelez vous, il y a environ un an, panique: les jeunes "Marocains" sont homophobes. Ouh, vilaine culture musulmane homophobe. L'intégration est ratée, c'est terrible... Vite, Sainte Rita Verdonk, viens sauver les pédés! Ayaan, au secours!
En fait, on vient de le découvrir (ou on feint de le découvrir): 75% des actes homophobes sont perpétrés par des jeunes blancs issus des classes sociales inférieures. Des white trash, pour parler simplement. Cela ne m'étonne pas du tout: je n'ai jamais eu aucun problème avec les jeunes d'origine maghrébine ou turque alors que plusieurs fois j'ai surpris des remarques violemment homophobes venant de certains groupes indigènes. De la violence verbale à la violence physique, il n'y a qu'un pas...
D'après les chercheurs qui se sont penchés sur la question, il s'agit encore et toujours de jeunes hommes ayant du mal avec leur masculinité, et issus de familles à problèmes. "Duh", comme dirait Lewis. Comme si on ne le savait pas. N'importe quel pédé de base peut vous faire le profil de l'homophobe type, mais qui se soucie de nous écouter, hein?

Ce qui m'agace dans cette histoire, c'est qu'une fois de plus les pédés blancs issus des classes favorisés (l'ancien directeur du COC en tête) nous ont fait le plan des méchants Arabes homophobes, et qu'ils ont été suivis par la meute des politiciens à la recherche d'un bouc émissaire idéal. Le rôle des élites homo, c'est justement de s'attaquer à l'homophobie d'où qu'elle vienne, et surtout de ne pas céder à la xénophobie. Il faut attaquer l'homophobie à sa racine, et surtout ne pas se tromper de combat. L'ennemi, ce sont les conditions sociales et culturelles qui engendrent l'homophobie (problèmes familiaux, problèmes identitaires, problèmes personnels, dynamique de groupe, traditions homophobes dans divers corps de métiers...), pas une origine ethnique ou une religion.
Cela fait des années que je dénonce l'utilisation des violences homophobes par la droite nationaliste pour ostraciser des pans entiers de la population néerlandaise, alors que sa clientèle électorale est, à mon avis, tout aussi homophobe. J'avais l'impression de prêcher dans le désert. Voilà qu'une étude vient confirmer officiellement cette imposture. Il était temps...
D'ailleurs, je me dis parfois que dans ce genre de cas, des excuses publiques de la part des grandes gueules à la Verdonk, Hirsi Ali ou van Dale seraient tout à fait appropriés. On peut rêver, non?

jeudi 20 novembre 2008

Décoller en toute légalité



Décoller (get high) est un besoin humain, apparemment. Les riches y arrivent avec de la coke ou du shopping, les pauvres avec des courses de chevaux ou de la beuh, les classes moyennes avec de la codéine et de la bière. Bref, même si on connaît parfaitement les conséquences économiques et sociales qu'ont les drogues, il s'agit d'une réponse humaine à la dureté des relations sociales.

La question qui domine les Pays-Bas ces dernières semaines est celle de la politique de la drogue. En gros, les jeunes libéraux veulent une légalisation alors que les chrétiens-démocrates veulent une interdiction. L'argument des amis de Balkenende: comme les autres pays n'ont toujours pas dévié de leur politique répressive, notre politique a échoué.
Il y a un échec, c'est vrai, mais il est dû au législateur: en tolérant la vente de marie-jaja tout en interdisant la production d'herbe, il s'est débrouillé pour que, de facto, la production soit controlée par des criminels. Qui interdit un produit demandé s'assure que son économie profitera aux entrepreneurs avec les moins de scrupules.
Je pense que la politique néerlandaise a fait la preuve de son efficacité, non pas en éloignant la filière des criminels (mais c'est dû à l'hypocrisie des différents gouvernements), mais par les chiffres. Les Néerlandais consomment moins que les autres. Alors que les pays les plus répressifs sont ceux où on fume le plus. Plus c'est interdit, plus c'est désiré. C'est bête mais c'est ainsi.
Plein de Français ou d'Américains, quand ils apprennent que je vis à Amsterdam, se font des gros rêves: "mec, tu dois fumer tout le temps!", "si j'y vivais, je me roulerais des gros ouinjes de la mort." Et bien nan, comme c'est accessible, la tentation n'est pas là. L'interdiction fonctionne comme les soldes: on se sent obligé d'acheter car c'est une occasion, alors qu'on n'en a pas forcément ni besoin ni envie.

Au lieu de suivre les chrétiens-démocrates dans leur moralisme hypocrite, il vaudrait mieux s'assurer de la sécurité des consommateurs (avec des contrôles qualité et une traçabilité irréprochable) et des producteurs honnêtes (qui ne manqueront pas de se mettre au travail dès que la culture sera légalisée). J'espère que les politiciens haguenois auront l'intelligence de ne pas écouter les discours hypocrites des Français ou des Américains sur la question, où pourtant ils ont fait preuve de leur incompétence. Mais le complexe d'infériorité des élites néerlandaises est un facteur à ne pas sous-estimer dans ce genre de décisions...


Dans la presse néerlandaise d'aujourd'hui (lien):
"Plus de la moitié des maires qui ont des coffee-shops dans leur commune sont favorables à la légalisation de la ’chaîne des drogues douces tout entière’, y compris donc l’approvisionnement des coffee-shops", relève le Volkskrant (p.3). "Ils veulent qu’on mette fin au ’système dualiste’ dans lequel la vente de cannabis par la porte de devant est tolérée, alors que la culture et l’approvisionnement par la porte de derrière ne le sont pas."
"C’est ce qui ressort d’une enquête de Binnenlands Bestuur , une publication hebdomadaire pour gestionnaires et fonctionnaires publics. Les Pays-Bas comptent 106 communes avec un ou plusieurs coffee-shops. Tous ces maires ont été approchés par téléphone pour leur demander s’ils sont partisans de la légalisation de la ’porte de derrière’, du maintien de la politique de tolérance actuelle ou de l’interdiction des coffee-shops."
"88 maires ont coopéré à l’enquête : 54 ont déclaré vouloir légaliser toute la chaîne de production et de vente, 25 veulent continuer la politique de tolérance actuelle et 9 veulent interdire les coffee-shops. Six maires n’ont pas voulu exprimer de préférence."
"Parmi les partisans de la légalisation (plus précisément de la régulation) se trouvent les maires d’Amsterdam, d’Utrecht, de Tilburg, de Groningue, de Leeuwarden, de Leyde, de Maastricht, d’Enschede, de Haarlem et de Hilversum. Les maires VVD de Rotterdam et La Haye se sont prononcés pour la poursuite de la politique de tolérance."

dimanche 16 novembre 2008

Waterschappen: je vote



Voilà, j'ai reçu une enveloppe avec le nécessaire à voter aux élections des waterschappen: un mode d'emploi, les détails de chaque liste, un bulletin de vote, et une enveloppe affranchie. Il suffit de rentrer son année de naissance, colorier la case de la liste choisie et du candidat pour lequel on souhaite voter. Dans l'enveloppe, et voilà.
Si vous recevez votre enveloppe, n'oubliez pas de voter!


vendredi 14 novembre 2008

Nous fabriquons des monstres

L'éducation des enfants est un sujet de discussion sans fin pour les étrangers vivant aux Pays-Bas: nos chères têtes blondes sont très souvent des monstres d'impolitesse, d'égoïsme et de gêne infinie pour tout le monde.
Natasha, dans son blogue (totalement addictif d'ailleurs) 24oranges, décortique par le menu pourquoi c'est encore possible: les parents néerlandais préfèrent que leur môme casse les pieds de tout le monde que devoir le confronter et le corriger. Beaucoup pensent encore que corriger les mauvaises attitudes des enfants est traumatique et va brider leur créativité.
Hurler, manger comme un cochon, se rouler par terre, terroriser les autres enfants, faire des colères pour obtenir ce qu'on veut n'est pas, à mon sens, une aide à la créativité, bien au contraire. Pour être très occupé à créer moi-même, je peux vous assurer qu'une culture bien bétonnée et un sens de la discipline personnelle est encore le meilleur moyen de réaliser ses rêves créatifs, sinon, cela reste du blabla et du rêve jamais réalisé.
Les Néerlandais ont du mal à croire que je tienne mon chien sous appel sans laisse ni violence: Martin a appris qu'il peut jouer et courir quand c'est possible, mais que s'il veut rester avec nous sans qu'on le mette en laisse, il doit rester près de nous et obéir quelques règles très simples. Il attend au feu rouge, s'assoit quand on lui demande, nous attend sagement à l'entrée des boutiques et ne mord jamais. En échange, on le nourrit, le protège, on ne le tape jamais, et on lui donne beaucoup de câlins. Il faut parfois le corriger, mais cela n'est presque plus nécessaire. Bien sûr, un petit humain est plus complexe et d'une interaction plus riche, mais le principe est étrangement identique dès qu'il s'agit de l'élever: en échange d'amour, de protection et de nourriture, on lui apprend des règles de plus en plus sophistiquées lui permettant de vivre en harmonie avec son environnement social et naturel.

Certaines discussions sur les enfants que nous avons parfois dans mon parti me choquent profondément. Beaucoup pensent que l'enfant s'éduque tout seul, le laissent choisir lui-même sa nourriture à tout moment et toute heure de la journée, et surtout rechignent à poser des limites. Je préfère ne pas m'énerver, mais ce n'est pas toujours facile.

Quand je reviens en France, je vois que les adultes se plaignent que les enfants d'aujourd'hui ne savent pas se tenir. Il arrive effectivement que des monstres mal élevés nous cassent les pieds (souvent des petits nouveaux-riches d'ailleurs), mais mon impression générale est, qu'au contraire, beaucoup de petits Français se tiennent très bien (surtout à table, je suis impressionné). Mon plus gros problème avec l'éducation à la française tient à la façon dont on corrige parfois les enfants: corriger et punir sont souvent confondus (la punition devrait être un outil qu'on peut éventuellement utiliser pour corriger, ce n'est en rien une obligation systématique), et surtout, violence et humiliation sont encore trop souvent utilisées. Les fessées et les humiliations publiques n'ont jamais rien arrangé à l'attitude d'un enfant, au contraire. Qu'on discute encore de la possibilité de laisser les parents battre leurs enfants pour les "corriger" me laisse pantois: on demande aux adultes de ne pas abuser des autres, mais on viole l'intégrité des enfants sans problème. Je parle des parents, mais aussi des enseignants, de la police, des autres adultes...

Entre le laisser-aller à la hollandaise et l'éducation humiliante à la française, je crois qu'il est possible de trouver un juste milieu: rappeler à l'enfant qu'il y a des règles de savoir-vivre à respecter, qu'il est des limites à ne pas dépasser, mais sans recourir à la violence ou à l'humiliation. Et si les parents veulent aider leurs enfants à être créatifs, pourquoi ne pas éteindre la télé et passer du temps à jouer avec eux, à chanter ensemble, danser, construire des objets, cuisiner, inventer des histoires avec des marionnettes, jouer avec des mots qui n'existent pas...?
Si une éducation stricte mais dénuée de violence est possible avec un chien (Martin: 35kg de muscle, 4 pattes, une vitalité sans limite et une gourmandise énorme), ça devrait pouvoir l'être avec un enfant, non?

jeudi 13 novembre 2008

Élections aquatiques ouvertes à tous: votez!



Cette semaine, ce sont les élections des waterschappen (les "agences de l'eau" en français d'après Wikipédia), ces organismes multiséculaires chargés de l'entretien des territoires humides néerlandais, fort nombreux vous le savez. Elles existent depuis le Moyen-Âge et sont à l'origine du modèle polder de concertation pacifique et d'égalité politique entre citoyens. Partout on nous appelle à voter, mais je n'ai rien reçu par la poste, si ce n'est un flyer m'invitant à me renseigner.
Sur leur site, il est dit que tout habitant de la zone de sa waterschap ayant plus de 18 ans peut voter. J'ai juste appris que je dépendais de la waterschap Amstel, Gooi & Vecht (chôli logo ci-dessus). J'ai donc appelé leur bureau pour savoir ce que je devais faire: après de longues concertations internes, il est apparu que seuls les possesseurs d'un passeport néerlandais ont le droit de vote. En cherchant avec les mots clefs approprés dans Google, il apparaît que c'est exact (lien). J'étais très très déçu jusqu'à ce que le service de presse des waterschappen (à qui j'avais laissé un message) m'assure que ce n'est pas vrai: quiconque est enregistré dans une commune, quelle que soit sa nationalité, est invité à voter. Les billets de votes sont partis hier, m'a-t-on dit, et donc tout le monde va recevoir sa carte par la poste cette semaine.

J'en ai profité pour répondre aux questions du site Kieskeurig sur ces élections (lien), et il en ressort que le parti dont je suis le plus proche est mon propre parti, le Parti travailliste (PvdA). En fait il est possible que j'en sois encore plus proche, sauf que je me suis abstenu de répondre à des questions techniques que je ne maîtrisais pas. Voilà le résultat graphique:



Petit détail qui m'a fait sourire: quand on appelle de numéro de renseignements des waterschappen, une voix nous dit en néerlandais: "si vous voulez parler avec quelqu'un en frison, tapez 1, sinon tapez 2." C'est bien la première fois que je vois le biliguisme officiel du pays de façon concrète.
Si vous habitez aux Pays-Bas et recevez une invitation à votez, remplissez votre devoir d'habitant de zone submersible: allez voter !

Ces histoires de nationalité



Ah, la question de la nationalité... Aujourd'hui, j'ai lu qu'un ex-président du Conseil italien était content que Carla Bruni ne soit plus italienne après qu'elle eût déclaré être contente d'être désormais française, suite à la remarque de Berlusconi sur le bronzage parfait d'Obama (quelle remarque de folle superficielle, d'ailleurs). Quel niveau...
Hier, Natasha la Canadienne m'a appelé pour me raconter comment, après dix ans dans le Royaume Submersible, en ayant appris la langue toute seule et s'étant construite une carrière sans aide publique, elle a reçu une lettre de son arrondissement lui demandant de venir pour un entretien afin de tester son néerlandais et d'apporter ses diplômes qu'on puisse parler perspectives d'emploi. La raison cachée est, apparemment, que les arrondissements paniquent après avoir vu que les lois Verdonk sur l'intégration sont inapplicables et ont surtout engendré un monstre bureaucratique, et que si elles ne prouvent pas rapidos qu'elles ont essayé de lever des clients, elles vont devoir rembourser des sommes énormes au Royaume de subsides non-utilisés.

Il y a quelques mois, c'était le sort de Frédéric Minvielle que j'avais soulevé, le pauvre ayant perdu sa nationalité française pour s'être marié à un homme et avoir acquis la nationalité néerlandaise. J'ai appelé l'IND (services de naturalisation néerlandais) pour savoir où on en était sur la question, après avoir passé un bon quart d'heure (c'était un numéro surtaxé, natuurlijk) à demander à ses collègues, mon interlocuteur m'a avoué que personne ne savait plus très bien à quoi s'en tenir en matière de double nationalité avec la France: «appelez les autorités françaises qui en savent peut-être plus que nous.»
J'ai appelé le consulat général à Amsterdam, et c'est confirmé: «à partir du 5 ou 9 mars 2009, je ne sais plus très bien, il sera possible de conserver sa nationalité française.» Attention cependant: cette possibilité ne vaut que pour les demandes de naturalisation déposées après cette date. Si on dépose sa demande avant, le vieux système prévaut: goodbye passeport cocorico.

Lundi soir, j'étais à un débat organisé par le parti travailliste au Krakeling (un théâtre pour enfants vraiment mignon) avec Wouter Bos, notre vice-premier et ministre des finances, lui-même en bonne compagnie avec Fatima Elatik («je serai la première mairesse marocaine d'Amsterdam»), Ahmed Marcouch et le président du COC. Remarques très pertinente de Wouter Bos: «Quand Obama a été élu, les Noirs américains n'ont pas dit 'fiers d'être noirs', ni 'fiers d'être africains-américains' mais tout simplement 'fiers d'être américains'. Quand Aboutaleb a été nommé maire de Rotterdam, les jeunes ont dit 'fiers d'être marocains'. Pourquoi pas 'fiers d'être néerlandais', après tout?» Effectivement...
Ce soir-là, le débat a été très intéressant mais a aussi révélé pas mal de choses. Tout d'abord, le nouveau directeur du COC, Wouter Neerings, a rappelé une chose: si on peut choisir sa religion, ses idées politiques ou ses engagements sociaux, on ne peut ni choisir son sexe, ni sa couleur de peau, ni son orientation sexuelle. C'est pour cela que les discriminations en fonction de ces critères 'innés' doivent être combattus avec force, mais aussi qu'en cas de conflit entre orientation sexuelle, couleur ou sexe d'un côté, et politique ou religion de l'autre, le premier doit primer: le droit de ne pas être discriminé ou insulté pour ce que l'on est doit primer sur le droit religieux ou politique. Ça faisait un moment que j'attendais que cet argumentaire soit utilisé en public. Bravo Wouter (l'autre).
Ensuite, il y a eu une discussion sur la religion, l'identité et la nationalité. Malgré les efforts de chacun, impossible de sortir du vocabulaire marocains/musulmans/néerlandais: les jeunes sont "marocains", la culture est "musulmane" et les blancs sont "néerlandais". Je n'ai pas pris la parole, j'en ai marre d'être le Français de service qui donne des leçons de modernité, mais le débat a au moins une génération de retard par rapport à la France ou aux États-Unis. Il est vraiment temps de désethniciser la nationalité néerlandaise. J'en parlais dans des articles il y a plusieurs années (lien et autre lien), mais depuis le débat n'a pas avancé d'un pouce. Il faudrait vraiment que la néerlanditude soit associé à une forme abstraite et généreuse de nationalisme (démocratie, pacifisme, tolérance, modernisme social) et non à une couleur de peau.

Bref, vous l'aurez compris, la question du nationalisme est encore une question brûlante en 2009. Moi qui rêve d'une nationalité européenne inclusive et progressiste, je ne sais pas si j'en verrai la couleur de mon vivant...

P.S. Vous noterez (voir la photo ci-dessus) que Martin le chien a la nationalité néerlandaise: il a un passeport néerlandais d'animal de compagnie. Les bébés poilus comme moyen d'ancrage au pays, c'est vraiment efficace...

mercredi 12 novembre 2008

Überlove dans DJ Broadcast



Überlove a droit à sa revue dans la revue néerlandaise "DJ Broadcast". Cliquez sur l'image ci-dessus pour un article en taille lisible (en néerlandais). Traduction sauvage...

«Pendant l'Amsterdam Dance Event de l'année dernière, Dave Clarke et Kevin Saunderson ont fait une session démo lors de laquelle des producteurs en herbe pouvaient offrir leur œuvre au jugement sans pitié des deux pros reconnus. Malgré toutes les pressions, Dave Clarke a su trouver la perle: Motion, une piste de Laurent & Lewis. "We have a winner here" a jugé Clarke, et c'est exactement ce qu'on pensé d'innombrables clubbers du monde entier. Motion est devenu un disque culte aux États-Unis et au Japon, et entretemps le premier album de Laurent & Lewis est dan tous les bacs, sorti par Cherry Juice, un label de Detroit. Überlove est une production pan-européenne de deux migrants qui vivent et travaillent à Amsterdam - et c'est d'ailleurs une carte de visite parfaite de la housenation amstellodamoise.
Le producteur Laurent Chambon (un Français) est politologue, publiciste (sur les questions d'intégration) et membre du conseil municipal d'Amsterdal Zuid-Oost (sic). Son partenaire (et ceci littéralement, Laurent & Lewis sont officiellement mariés) a des origines portugaises-américaines et est la voix du duo. Überlove est un cocktail qui dépasse les genres fait de deep-house, de techno et de pop avec une forte injection de disco. Justus Köhncke est lyrique à leur endroit et la scène française en trépigne d'excitation. Avec raison, car c'est un album fort qui se tamponne des trucs faciles et des modes. Avec une piste finale telle que Dansen Is Leuk ["j'adore danser" NdLC] on a le popotin qui groove.» *** (Enrico Riva)

C'est pas enthousiaste, ça, comme revue? (Gros sourire niais)...