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dimanche 9 décembre 2007

Indépendance du Groënland en vue?



La nouvelle vidéo de Björk "Declare Independance" a été réalisée par Michel Gondry. Ce qui me fascine... c'est le drapeau groënlandais sur les uniformes des soldats et de Björk elle-même.
Il faut savoir que l'Islande était elle aussi une colonie danoise. Vu les ravages de la colonisation danoise au Groënland (hallucinante est la façon dont les Danois ont détruit la culture inuit et les ont poussé à l'alccolisme et la criminalité... on se croirait en Australie avec les Aborigènes), cela ne m'étonnerait pas beaucoup de notre folle septentrionale qu'elle veuille faire doucement avancer ce dossier à travers cette étrange vidéo.
Mes soupçons ont été confirmés par quelques articles, dont un sur Wikipedia, qui confirme que Björk a dédié cette chanson au Groënland (capitale: Nuuk, 15.000 habitants) et aux Îles Féroé (capitale: Thórshavn, 20.000 habitants). J'en profite pour envoyer une pensée à Cécile Dee (Thulé freak) et à Pierre (Reykjavien récent)...



En attendant, soutenez le Groënland... Envoyez vos enfants étuder à l'Université du Groënland située à Nuuk (150 étudiants) : ilisimatusarfik.gl

http://www.medium4you.be/article.php3?id_article=2379

lundi 30 juillet 2007

L'Afrique du Sud à la radio



Ce soir je suis invité par la radio francophone d'Amsterdam à aller parler de mon voyage en Afrique du Sud. A écouter live de 20h à 21h sur le câble à Amsterdam...

mardi 12 juin 2007

Cap>Joburg>Paname



Me voilà rentré à Paris. L'énergie, la nature, la lumière et la beauté des gens me manquent déjà. Demain, retour à Amsterdam, avec un paquet de travail hallucinant qui m'attend...

vendredi 8 juin 2007

Melvin





Le nouveau quartier qui monte à Johannesbourg, c’est Melvin. S’y retrouvent gays, magasins ethniques, restaurants, librairies, on y est en relative sécurité. Très San Francisco il y a 20 ans. Je n’insiste pas trop, demain très tôt notre avion nous emmène au Cap.

Mark & Val



Nous avons interviewé Mark et Val, l’un étant sud-africain afrikaanophone d’origine indienne originaire du Cap, folle des pieds psychiatre étudiant l’opéra, l’autre un Johannesbourgeois anglophone d’origine roumaine ayant grandi en Israël, nounours gentil supersexy et ingénieur informatique. Ils m’ont rappelé Aaron-Carl et Mel de Detroit, c’était incroyable. Mark est l’archétype de la folle qui sait ce qu’elle veut, qui parle à la place de son mec et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, on l’a adoré. Quelques phrases choisies: « Comme dit ma mère, plus t’es riche, plus t’as de télécommandes » (une pour l’alarme, l’autre pour le portail, une autre pour les fils électrifiés…) ; « Je veux trois enfants et ça n’est pas négociable. Et six chiens aussi. Et puis au moins deux ou trois hectares de terrain » (regard résigné de son mec…) ; « Bloemfontein, c’est tellement ennuyeux, tu clignes deux fois des yeux et t’as tout vu » (mouvements de sourcils) ; « A Pretoria il y a tellement d’Afrikaners dans le placard on l’appelle Brokeback City » ; « les homophobes le sont avec moi une seule fois, tu peux me croire » (mouvement de la main) ; « je n’ai aucun problème avec ceux qui sont contre le mariage des couples de même sexe car je me fous de ce qu’ils pensent » (autre mouvement de la main et petit mouvement de la tête avec une moue bien bitchy).
Tout ça sous le regard amoureux, amusé et protecteur de son neurde de mec. J’aurais dû les filmer. Commentaire de Didier : « Ah ces folles je les connais par cœur. A New York, à Johannesbourg ou à Paris, elle sont partout aussi méchantes et trop drôles à la fois. Ouais, comme dans Torch Song Trilogy. C’était bien, hein ? »

Soweto
















Aujourd’hui, nous sommes allés à Soweto. C’est clairement le township le plus célèbre du monde, et chaque endroit abrite une partie du mythe : les manifestations partaient de telle église, les discussions secrètes avaient lieu ici, sur cette place se réunissaient les leaders du mouvement anti-apartheid, dans telle maison a vécu untel, ici a été tué tel autre… Nous avons visité la maison de Nelson Mandela, qui a été transformée en un musée super cheap où sont assemblés les diplômes d’honneur, les photos de ses femmes et les cadeaux envoyés du monde entier (« cette robe traditionnelle a été envoyée du Ghana, et ce boubou vient de New York, mais oui Monsieur le Français, de New York »). C’est probablement le musée le plus pourri qu’il m’ait été donné de visiter, et pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’être ému.
Soweto, c’est officiellement trois millions de personnes, mais probablement beaucoup plus : l’Etat ne s’aventure pas beaucoup à y compter les gens, et il y a beaucoup de travailleurs illégaux. Soweto, c’est avant tout une banlieue à l’américaine, avec des petites maisons alignées sur des kilomètres. Des jolies comme aux Etats-Unis, des plus pauvres comme dans le reste de l’Afrique. C’est un des seuls endroits de la province de Gauteng (prononcer « khaoteng », la ville de l’or en plein de langues locales) a être proprement desservi par le train : il fallait alors s’assurer que la main d’œuvre noire pas chère puisse aller bosser en ville ou dans les mines d’or. Mais les embouteillages sont terribles : « nos trois millions de travailleurs rentrent à la maison » rigolait notre chauffeur de taxi.
Ce qui m’a frappé le plus, c’est l’espace. Il ne manque à personne, et chacun a un jardin. Pas d’immeubles de plus de 3 étages (et encore, ce sont des HLM tout récents qui me rappellent le Danemark), et des boutiques un peu partout. Des grands espaces où les jeunes jouent au foot. Des endroits inoccupés où poussent des herbes de trois mètres de haut. Et pas de fil barbelé ou de clôtures électrifiées comme partout en ville, il était temps.
Si certains s’embourgeoisent et se permettent de construire de vraies villas au point d’y ouvrir un resto, un Bed & Breakfast ou une discothèque, d’autres en sont réduits à squatter de minuscules cabanes faites de tôles récupérées et vivre dans les fumées noires des feux de n’importe quoi (c’est l’hiver, il ne fait pas si chaud que ça).
Comparé au centre-ville ou à d’autres townships, Soweto est relativement sûr. Il faut dire que le contrôle social y est fort. On y a entendu de la belle House Music bien lente comme je l’aime, électronique et groovy, en mangeant dans un resto sympa (notre chauffeur s’est fait servir des intestins marinés qui sentaient très bon mais que je n’ai pas osé goûter), la lumière était magnifique.
Oui, c’est clair, j’ai adoré Soweto. J’y reviendrai faire de la musique, c’est sûr.

jeudi 7 juin 2007

Le skyline de Jo'burg



Pris par Didier...



Photo volée prise du taxi en revenant à l'hôtel...

Interviews

Dans l'ordre, Edwin Cameron (juge à la Cour de Cassation), Didier au vieux fort (où Gandhi a été emprisonné), David Bilchitz (conseiller légal pour le mariage), Thuli (Behind the Mask) et Joël (Camerounais travaillant à l'IGLHRC)...





Herbe rouge



Dans l'ancien fort avec la prison où Gandhi et Mandela ont été enfermés, il y a des herbes incroyables. Didier n'a pas résisté et a été voler des graines. C'est pas illégal, ça?

mercredi 6 juin 2007

Première journée à Jo'Burg



Nous sommes arrivés lundi matin à Johannesbourg. Il faisait froid et brumeux. Un taxi nous a emmené à l’hôtel, situé dans un centre de loisirs avec pour thème les chercheurs d’or. Une sorte de Disneyland un peu fake, avec une architecture coloniale et une armée d’ouvriers et de jardiniers.
Partout, autour de nous, des grilles très hautes surmontées de fils électriques, et pour rentrer dans l’hôtel il faut passer deux péages avec des barrières et des gardes. Au début nous étions très déçus, on voulait vivre en centre-ville, et puis, une fois qu’on a eu visité downtown, finalement on s’est habitués à notre confort colonial.



L’après-midi, nous sommes allés nous promener en centre-ville. Tout date des années 1960 et 1970, très béton brun brut et couleurs un peu douteuses (orange pourri, bleu délavé, marron sale), et dans la rue il n’y a que des Noirs. Les seuls Blancs qu’on voit sont dans des voitures. Comme Didier et moi avons été dans des quartiers un peu chauds, en France ou aux Etats-Unis, on se sent à l’aise. Nous pénétrons dans un magasin hallucinant, apparemment consacré aux rites magiques et de médecine traditionnelle. Des queues de je ne sais quel animal pendent au plafond, des gri-gris de toutes tailles et couleurs (le plus souvent bruns ou noirs) sont accrochés partout. Des cornes de gazelles, des cannes sculptées, des pots récupérés plus ou moins remplis de poudres de toutes les couleurs.
La tenancière, une petite Indienne un peu grasse, nous interpelle « Vous faites quoi ici ? » Nous : « On se promène. » Elle : « vous venez d’où ? » Nous : « De France. » Elle : « Ecoutez, je vous aime bien, partez d’ici et ne revenez jamais ! » Un peu interloqués, on lui demande pourquoi : « C’est trop dangereux pour les Blancs ici. Vous vous pensez en sécurité, et puis tout à coup ça vous tombe dessus. Ce sont des animaux ! »
Elle nous appelle un taxi et lui donne pour mission de nous emmener à Sandton, un autre quartier de la ville. On arrive dans une ville néo-romaine où les îlots de maisons sont entourés de grilles immenses avec des gardes, et les bâtiments plus grands ressemblent à des châteaux forts. Littéralement. Des tours avec des crénelages, des micro-fenêtres (pour lancer des flèches sur les assaillants ?) et des murs épais et immenses.
A l’intérieur, il y a un centre commercial immense qui s’organise autour d’une place centrale dominée par un immeuble d’une trentaine d’étages qui ressemble à l’image qu’on se fait des immeubles pour nouveaux-riches de Moscou : néo-kitsch, balcons compliqués et penthouse au sommet. Une immense statue de Nelson Mandela montre le chemin du futur radieux aux visiteurs. On se croirait dans n’importe quel mall américain, sauf qu’il y a des gardes (noirs) partout et que les voitures doivent se faire ouvrir la grille pour pénétrer dans le parking sécurisé.
En revenant à l’hôtel, le taxi nous a baladés par les quartiers riches : des villas entourés de murs immenses, avec des boucles de fils barbelés, des clôtures électrifiées ou, le plus à la pointe, le ‘razor wire’ (le fil-rasoir), ultra coupant.
A chaque coin de rue, une petite cabane en bois avec un garde (noir), probablement armé. Quelle journée !

lundi 4 juin 2007

En route vers Johannesbourg



Dans l'avion, Didier se prend pour le Dalaï Lama, obviously. Vol terrible, j'ai dormi 40 minutes. Mais heureux d'arriver en Afrique du Sud...

dimanche 3 juin 2007

En route vers Jo'bourg

Me voilà en partance pour l'aéroport de Paris Charles de Gaulle, terminal 1. Destination: l'Afrique du Sud. Première étape: Johannesbourg. Le vol va durer une douzaine d'heures, mais heureusement il n'y a pas de décalage horaire. Comme nous sommes logés assez luxueusement, je peux emporter mon Mac et j'essayerai de tenir un mini-journal de mes aventures sud-africaines...
Entretemps je me suis renseigné sur plein de choses. L'afrikaans qui reste beaucoup moins compréhensible que prévu, même avec une bonne connaissance de l'anglais et du néerlandais, les villes, les townships, la politique, la violence, le sida, l'histoire sur plusieurs niveaux, les Boers, les Anglais, les Zoulous, les Xhosas... Le nouveau drapeau sud-africain est un mélange du drapeau anglo-néerlandais (bleu blanc rouge) et du drapeau des mouvements africanistes (noir jaune vert). On retrouve cette tendance sur le drapeau de Johannesbourg (à droite).