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samedi 7 juillet 2007

Back 2 Amsterdam

Il nous a finalement fallu remonter dans le coucou de la compagnie Widerøe (vous remarquerez le joli décor de l'appareil avec des lignes d'horizon qui se recoupent) pour repartir sur Oslo, où une grève des contrôleurs aériens nous attendaient. L'aéroport de Førde est microscopique, mais il nous a fallu déclarer nos bagages à l'unique comptoire, après quoi on a été fouillés dans les règles par une grosse dame avec les cheveux rouges.
Pas à cause des méchants terroristes islamistes, mais à cause d'un réfugié qui avait pété un plomb après que son asile lui a été refusé, et a embarqué une hache à bord. En vol, il a essayé de menacer le pilote, s'est fait faire une grosse tête par les paysans norvégiens qui s'y connaissaient plus que lui en haches et en maîtrise de bêtes sauvages, et le gouvernement a fait équipper tous les aéroports du pays, même les plus minuscules, de matos de détection super techno. Avec les panneaux d'information standardisés comme à l'aéroport d'Oslo. La classe, quoi!




Mais bon. On est trop heureux d'avoir été choisis comme DJ résidents pour Transplant. Un endroit à qui il faut encore construire une crédibilité artistique, mais franchement unique au monde. Quel privilège!


Un concert, ça se prépare

Un vague aperçu d'un morceau de Transplant pas encore fini à côté duquel s'est arrêté le ferry du coin. Les herbes qu'on voit devant ont l'air de rien... sauf qu'elles sont classées réserve naturelle nationale parce qu'un oiseau rare vient y faire son nid.




Pour monter le son de la fête et du concert, un technicien est venu d'un autre village, à plus de deux heures de route, pour nous aider à tout câbler correctement.

Dale i Sunnfjord...

Dale i Sunnfjord ("la vallée du fjord du soleil") est une petite ville de 1500 habitants. C'est magnifique mais on doit s'y ennuyer sec, surtout l'hiver. A part la pêche, la marche et le bourrage de gueule en règle le ouiquenne, les habitants sont surtout occupés à aller bosser sur des plateformes pétrolières, à se construire des maisons supplémentaires (la maison de la mémé date des années 30, celle des parents des années 60, les enfants ont en fait faire une super-techno avec de l'herbe dessus, et on rénove la vieille ferme pour les petits... et puis c'est pas la place qui manque, hein?) et à aller voyager à l'étranger. Si la vie culturelle pré-Transplant y est pauvre, la thune n'y est pas rare.
Les maisons sont toutes en bois, question de tradition, mais surtout d'isolation. Les plus anciennes et les plus modernes ont de l'herbe sur le toit. J'adore.
Les voitures coûtent une fortune, vu qu'elles sont surtaxées, mais cela n'empêche pas les fermiers locaux d'avoir des Volvos, des 4x4 super chers et des coupés allemands: l'agriculture est largement subventionnée, et ça se voit. Les fermes sont magnifiques et les terres bien entretenues. L'Etat achète en monopole les productions agricoles nationales et les revend aux supermarchés. La viande et les produits laitiers sont certes plus chers qu'en Europe communautaire, mais le pays est préservé, les jeunes reviennent à la campagne après leurs études en ville et y fondent une famille, et les produits sont de qualité scandinave: bio, impeccables, traçables. Je ne sais pas si c'est une idée pour l'UE, mais ça a l'air de marcher pour la Norvège. On n'a pas vu d'obèses, les gens ont l'air plutôt en bonne santé, même si par rapport à Oslo c'est clair qu'ils ont l'air de gros paysans. Parce que c'est ce qu'il sont, après tout, non?









Petit-dèj spécial



Le dernier jour, on avait notre avion l'après-midi qui nous attendait à Førde, et Alex et Birgita nous ont emmené prendre notre petit-déjeûner sur le fjord avec leur bateau. Il faut comprendre qu'avant que l'Etat dépense des milliards pour faire des routes jusqu'aux villages les plus reculés avec l'argent du pétrole, le seul moyen de sortir de l'endroit était par bateau... s'il faisait beau. Pour aller chez le dentiste ou l'optitien, cela voulait dire passer une journée à cabotter jusqu'à la ville la plus proche, y dormir, et n'en revenir que le lendemain si le temps le permettait. Par habitude, chaque famille a gardé son bateau, même si avec l'augmentation du niveau de vie, on est passé d'une barque pourrie à un mini-yacht.



Ma grippe a commencé le samedi, boostée par un soleil de minuit glacial. Sur le bateau, au début, je n'étais pas franchement frais...



Mais pendant qu'Alex nous montrais le fjord, Birgita a fait un pain perdu mémorable. J'ai presqu'oublié ma maladie. Lewis a joué au marin qui n'a pas peur des remous et a pris plein de photos. Je n'en laisse que quelques unes...





Une petite vidéo pour le pheune...



Et une, plus longue mais plus complète, moins sociale...

Transplant, l'usine créative






L'idée derrière Transplant, si j'ai bien compris, c'est de servir de lieu de retraite, de travail et de partage pour les créatifs, les designers bien sûr, mais aussi les écrivains, les chefs, les peintres, les plasticiens, les musiciens... L'endroit sera complètement prêt à la rentrée, avec des espaces de travail séparés, une cuisine professionnelle, un réseau qui parcourt l'endroit...
Le bâtiment est fait en bois, en béton, en verre et en nouveaux matériaux. Tout est à l'avant-garde de l'architecture, du design et de la technologie, dans le respect du milieu et pour une consommation énergétique minimale. Il est un peu en forme de main, avec chaque doigt qui est représenté par un bâtiment orienté vers le fjord.
Mais moi ce qui me fait le plus flipper, c'est l'espace autour, la nature, la vue. Je pense qu'on va pouvoir organiser des fêtes vraiment fabuleuses!

Inauguration de Transplant



Le maire de Dale i Sunfjord prononce un discours. Il est suivi par la présidente de la Région (je ne sais pas laquelle, Westland je crois).



Birgita et Alexandre sont tendus et nerveux, ils ne devraient pas, ça va être un succès. Voilà plusieurs années qu'ils travailent à cette ouverture, ils ont réalisé un travail incroyable.



Le ministre norvégien de la culture et du sport coupe le ruban après un discours interminable que je n'ai pas compris, mais où "art", "création", "norvège" et "opportunités" revenaient régulièrement. Il a ensuite raconté à plein de gens à quel point il trouvait ce projet fabuleux et qu'Alex et Birgita devraient demander plein de thune au ministère.



Et puis les gens s'approprient l'endroit... engloutissent le champagne gratuit (ils n'y croyaient pas au début) et le fromage français (un brie entier, un émmental entier et un demi-bleu!), en commencent à s'ennivrer scientifiquement.



Le lieu est magnifique, cela n'échappe à personne.



Surtout la terrasse-lounge aménagée par Lewis qu'ils se sont aussi appropriés jusqu'au lendemain matin...



La fête va durer tard, avec un concert de Lewis. On a fait danser les autochtones, il paraît que ce n'est pas facile du tout. Meilleur succès? "Melody" de Towa Tei feat. Byron Stingly, en Grand Nelson's R25 Remix. C'est vrai que c'est irrésistible.
Croisés: un américain-américain qui veut se marier à Transplant, deux designers hollandais qui sont partis se coucher... en bateau. Et plein de Norvégiens sympa, même s'il leur a fallu pas mal d'alcool pour parler.

Préparations

Avant que Transplant soit officiellement ouvert, il a fallu que les ouvriers finissent l'essentiel, et chacun a mis la main à la pâte, designers et djs compris... L'ensemble du lieu n'est pas encore fini, mais la salle principale l'est.





La non-nuit

Ce qui nous a beaucoup amusé et perturbé en Norvège, c'est le jour qui ne tombe jamais. C'est cliché, mais il faut l'avoir vécu pour comprendre que cela dépasse le simple fait que la nuit n'arrive pas: la température et la luminosité chutent, mais le corps, malgré la fatigue, se dit qu'il lui faut continuer à fonctionner sans sommeil. On se retrouve excité, épuisé, sans sommeil, avec l'envie de faire la fête, tout en rêvant d'un lit dans une chambre totalement sombre.
Par ailleurs, c'est le moment où la ville se vide de ses vieux, qui avec les années ont dû s'habituer à se coucher avec la lumière, et où les jeunes se rassemblent pour aller faire la fête (ont voit des silhouettes vagues passant devant la station-service, c'est eux). Et boire beaucoup, bien sûr. J'en ai profité pour faire quelques photos.









vendredi 19 janvier 2007

Mixage à la souris

J'ai mixé toute la journée (avec de grandes pauses) au DogA, le centre pour le design et l'architecture. C'était une journée organisée par Alexandre Bau, un pote de mon frère, qui a un bureau de design avec sa femme suédoise dans un fjord au fin fond de la Norvège, dont je vous raconterai l'histoire bientôt. Comme ce n'était pas pour danser mais uniquement comme fond sonore intéressant, je ne me suis pas embarrassé de vinyls ou de CD, mais j'ai juste pris mon Mac et ai tout mixé avec la souris.
Pendant les pauses j'ai rencontré des gens intéressant. Et j'ai découvert un nouveau matériau fait en Espagne à partir de coquilles d'amandes: étanche, très solide et léger, c'est une sorte de bois reconstitué qu'on peut mouler pour lui donner les formes et les textures les plus délirantes. Un matériau que ma future cuisine attendait!