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dimanche 30 novembre 2008

Ouiquenne glacé en Veluwe



Ce ouiquenne, Lewis a voulu fuir la ville et m'a emmené en Veluwe (en province de Gueldre), dans la dernière forêt sauvage des Pays-Bas. Promenade géniale dans la boue, la neige et les feuilles mortes. Température: 1°c. Taux d'humidité: 99%. Pas d'internet, mobile éteint. État du chien, des humains et des vêtements ce soir: fatigués et pleins de gadoue. D'autres photos suivent ci-dessous, en particulier avec Martin se faisant les crocs sur des troncs d'arbres.

En revenant, on est passés par Lelystad, en Flevoland, l'énorme polder au nord-est d'Amsterdam. Autoroutes ultradroites et totalement désertes, éoliennes géantes dans la brume, aéroport sans avion aucun, forêts immenses avec des arbres bien alignés succédant aux énormes fermes industrielles: les Hollandais n'ont même pas essayé de faire semblant d'avoir construit une zone naturelle. La nature y est, en fait, violemment artificielle.
Lelystad est une ville qui n'en est pas une, constituée seulement de banlieues où les maisons se ressemblent toutes. Certaines zones sont délicieusement avant-gardes et cubiques, d'autres terriblement démodées et laides. Ils sont en train de construire un centre-ville dont l'architecture est vraiment intéressante (übercubique noir et métal, principalement, photo ici), mais cela n'embellit pas pour autant le reste de la ville, ni ne la densifie vraiment. Une erreur architecturale et urbaine qui, je le crains, est amenée à disparaître. Je l'appelais Lelijkstad pour rigoler (lelijk veut dire "laid" en néerlandais), maintenant j'ai vraiment pitié et n'ose plus répéter ma vanne en public.

En rentrant, nous sommes passés par Enkhuizen, en Frise Occidentale (même si techniquement cela fait partie de la Hollande Septentrionale). Ville minuscule ultra-mignone avec des maisons de poupées datant du 17e siècle et des cafés bruns très conviviaux. De quoi faire sérieusement hyperventiler n'importe quel touriste américain. Pire, j'y ai mangé le meilleur hamburger du pays ever au café "van Bleiswijk": steak haché persillé de légumes, de la salade fraîche avec des miettes de paprika, du bacon revenu à mort, du fromage hollandais fondu et du pain croustillant légèrement beurré. Et des frites fraîches, of course, mais en Hollande on ne le précise jamais tant c'est évident. Le froid creuse, certes, mais là, bravo. Burgermeister et McBeurk (tous les deux Albert Cuypstraat) peuvent aller se recoucher.

Avant cela, nous sommes passés sur la digue d'une trentaine de kilomètres qui relie Lelystad à Enhuizen. À l'origine, il était prévu qu'un autre polder soit construit entre les deux, mais c'est entretemps devenu une réserve naturelle très riche en animaux protégés (poissons, oiseaux, que sais-je...) et son assèchement a été abandonné. On a laissé la digue pour relier le polder à la terre ferme, mais c'est bien tout.
30 km d'une étroite route bordée par l'eau glacée, à peine protégée par quelques blocs de béton et une barrière en métal. Avec la brume, la neige et le vent, on avait une visibilité quasiment nulle, et le navigateur satellite nous renvoyait sur la carte à une bande verte coincée par deux espaces bleus immenses, sans rien d'autre. Une traversée délicieusement effrayante, en gros.
J'ai voulu vanner Lewis et lui ai demandé qu'on s'arrête en plein milieu pour sentir l'air frais et permettre au chien de nager dans de l'eau propre. Il a pété un plomb, m'a dit qu'on n'était pas sur un plage à Nice et a refusé de s'arrêter. La tempête de neige/pluie et l'humour, pas toujours compatibles, donc.

Bref, ouiquenne exotique sans non plus devoir aller en avion dans des dictatures méridionales. On s'est jurés de refaire ça plus régulièrement, même s'il fait froid. La forêt sauvage, pas Lelystad ni les dictatures.





vendredi 28 novembre 2008

Ville en transition



Hier, Conseil municipal spécial budget 2009. J'en reparlerai. Mais l'important, c'est que le Conseil à voté à l'unanimité (c'est assez rare pour être souligné) en faveur de la motion que je présentais avec GroenLinks et Amsterdam Anders/De Groenen sur les toits verts. En gros, on aide financièrement les habitants qui se décident à mettre un tapis d'herbacés sur leur toit. Cela permet de mieux gérer les pluies, d'offrir un espace de nidification pour les oiseaux, de renforcer l'isolation thermique et sonore, et surtout d'être magnifique. Cela nous coûte presque rien (surtout vu notre budget général), et beaucoup d'habitants m'ont déjà témoigné de leur enthousiasme.

Bon, la question pressante, selon moi, est désormais de mettre Amsterdam en mouvement et en faire une "ville en transition", vers zéro émission de carbone et surtout vers une emprunte minimale sur la nature, avec la participation des citoyens (j'insiste là-dessus).
Pour vous donner une petite idée des révolution qui doivent avoir lieu, je vous incite à aller voir la vidéo ci-dessus du ministère nippon de l'agriculture, des forêts et de la pêche. C'est un bon antidote à la propagande pro-nucléaire de la pub d'Areva que vous avez peut-être vue (revoir ici), artistiquement fabuleuse, mais révoltante dans son message.






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(lundi 1er décembre)
Le vote a donné lieu dans la presse spécialisée à un compte rendu/interview par Martine Potsma (lien):

Stadsdelen Amsterdam ontdekken groene daken
Na het Amsterdamse stadsdeel Centrum (88.000 inwoners) komt nu ook Oud-Zuid (ruim 83.000) met een subsidieregeling om groene daken in het stadsdeel te stimuleren. En ook andere stadsdelen in Amsterdam raken geleidelijk aan bekend met de duurzame dakbedekking die bestaat uit mossen, gras en andere planten.

De deelraad van stadsdeel Oud-Zuid nam afgelopen donderdag een motie aan waarin voor subsidie op groene daken werd gepleit. De motie was ingediend door de PvdA-fractie in het stadsdeel en werd door de voltallige deelraad gesteund. "Dat is politiek heel bijzonder", zegt PvdA-raadslid Laurent Chambon. "De deelraad telt 29 leden en er is altijd wel een kleine partij die tegen stemt."
In dit geval dus niet. "Maar groene daken zijn ook zo simpel en zo leuk voor iedereen", aldus Chambon. "Ik begrijp eigenlijk niet waarom ze in Nederland niet allang veel populairder zijn. Het klimaat is er hier bijzonder geschikt voor, met al die regen."

Gewoon niet zo duur
De subsidieregeling gaat per 2009 in. Het dagelijks bestuur van het Amsterdamse stadsdeel trekt er voor dat jaar 15.000 euro voor uit. Dat lijkt misschien weinig, geeft Chambon toe. "Vergeleken met het totale budget van het stadsdeel is het niks." Toch is er volgens hem geen sprake van symboolpolitiek. "Een groen dak is gewoon niet zo duur. Dat is nu juist het mooie. Het is een maatregel die heel goedkoop is en tegelijkertijd heel goed werkt, op allerlei gebieden."
In stadsdeel Centrum, waar half november al werd besloten tot een subsidieregeling voor groene daken, is wel kritiek op het budget. Het stadsdeel stelt 20.000 euro beschikbaar, met een maximum van duizend euro per aangelegd groen dak. "Daarvan ben je al tweehonderd euro kwijt aan een constructeur", weet Lydia Geijtenbeek, deelraadslid voor de lokale partij Amsterdam Anders/De Groenen (AA/DG). Die maakt zich al jaren sterk voor groene daken in de stad.
De partij diende afgelopen donderdag, samen met de VVD-fractie in het stadsdeel, een voorstel in om de groenedakenregeling te verruimen. Volgens het voorstel moet er volgend jaar 200.000 euro beschikbaar komen voor groene daken. "Dat kan makkelijk", zegt Geijtenbeek. Stadsdeel Centrum heeft volgens haar het afgelopen jaar miljoenen euro's overgehouden. Dat geld zou allemaal besteed kunnen worden aan "groene dingen", vindt AA/DG.

Meer vliegen in één klap
Niet alleen particulieren zouden zich volgens de partij op groene daken moeten storten, ook de gemeente zelf moet ermee aan de slag. "Het stadsdeel heeft 25 panden met platte daken", vertelt Geijtenbeek. "Slechts één daarvan heeft nu een groen dak. Dat moeten er veel meer worden. Waarom heeft bijvoorbeeld de Stopera (het Amsterdamse stadhuis, red.) nog geen groen dak?"
Ook in andere Amsterdamse stadsdelen begint het onderwerp langzaam door te dringen. In Oost-Watergraafsmeer (60.000 inwoners) bijvoorbeeld bestaat nog geen subsidieregeling, maar het stadsdeel nam groene daken dit najaar wel op in de Woonvisie 2015. In dat document zet het bestuur zijn ideeën over wonen in het stadsdeel uiteen. "Met groene daken kunnen een aantal vliegen in één klap worden geslagen", schrijven de bestuurders. Zij wijzen erop dat daken met plantjes erop niet alleen zorgen voor groen in de buurt, maar ook een uitkomst zijn op het gebied van waterberging en warmte-isolatie.

Gepubliceerd op www.duurzaamgebouwd.nl op 1 december 2008

mardi 21 octobre 2008

Pauvreté, la surprise



Le rapport de l'OCDE sur la pauvreté est intéressant, et surprenant. Il révèle que la pauvreté est moins développée en France qu'aux Pays-Bas, en bien sûr encore moins qu'aux Etats-Unis. Plus intéressant, on découvre que la France dépense plus d'argent pour sa population que les Pays-Bas. La pauvreté a reculé en France en 20 ans, alors qu'elle a augmenté aux Pays-Bas.
Découvrez par vous-même ces résultats graphiquement ici. L'image ici est l'évolution depuis les années 80. En gros plus on est en haut à gauche, plus la société est inégalitaire et moins elle dépense pour les faibles. Plus on est en bas à gauche, plus la société est égalitaire. Seuls les pays scandinaves et l'Autriche sont plus solidaires que la France, et seule la Suède dépense plus socialement que la France.

J'avais déjà eu cette impression, mais tout le monde me soutenait le contraire. C'est vrai que la France s'est paupérisée, mais quand je vois les infrastructures sociales existantes (le resto U fait la différence entre les étudiants pauvres néerlandais qui mangent des merdes et les étudiants pauvres français qui mangent chaud et équilibré deux fois par jour), je vois bien ce qui manque aux Pays-Bas.
Aux Pays-Bas le régime d'assurance-chômage a été complètement lessivé, l'assurance-maladie coûte de plus en plus cher tout en ne couvre qu'une petite partie des besoins sanitaires, et surtout les pauvre sont vraiment coincés dans des trappes à pauvreté humiliantes.
Bien sûr dans mon arrondissement cela se voit moins car nous avons plein de riches. Obscènement riches pour certains, même. Il n'empêche que malgré tous ces riches nous avons une banque alimentaire. Oui, à Amsterdam Oud-Zuid, en 2008.

On dit que la société néerlandais est devenue plus dure depuis quelques années. C'est un fait culturel et politique, mais aussi social, donc. Le fait que le pays prenne moins soin de ses pauvres et que les différences entres riches et pauvres s'accroissent est un facteur explicatif évident: difficile de rester gentil et poli dans une société qui valorise le chacun pour soi.
La question est désormais de savoir si l'élection présidentielle américaine et la crise financière va avoir des conséquences positives sur ces différences, avec par exemple la remontée du parti travailliste dans les sondages, ou pas.

dimanche 6 juillet 2008

Un supermarché responsable



Cela faisait un moment qu'on m'en avait parlé, et c'est un lisant un article dans un gratuit local que Lewis a décidé qu'on allait y faire un tout. Depuis plus d'un an, la presse parle de ce nouveau venu et se demande si ça va marcher, si le public est là... Ça s'appelle Marqt ("marché" en néerlandais, avec un Q remplaçant le K), le design est leché, et les produits proposés sont tous de bonne qualité, à un prix relativement raisonnable.
L'idée est que c'est un endroit où l'on trouve des produits alimentaires "responsables", dont beaucoup de produits venant de pas trop loin, et tous biologiques, bien sûr. Tout est acheté directement au producteur, et la qualité est garantie sur tout la ligne, aussi bien sur le produit que sur le social. Ils ont aussi des produits maison (j'ai adoré le packaging du lait, voir photo ci-dessous), et beaucoup de fruits et légumes très beaux et pas vraiment plus cher que sur le marché ou chez Albert Heijn. Il faut dire qu'en trouver est un sport difficile à Amsterdam, et que très souvent on nous vend des fruits pas mûrs du tout (beaucoup de Hollandais détestent les fruits mûrs car on ne leur a jamais appris à apprécier le juteux et le sucré, au lieu du croquant habituel des pommes) ou déjà pourris (je ne recommande par le marché Albert Cuyp pour ça: leur hobby semble être de vendre des produits pourris).
Niveau épicerie, je trouve tout cela un peu trop luxueux, et je ne pense pas y acheter ma moutarde ou mon poivre, à moins d'avoir des infrormations supplémentaires quant au goût exceptionnel ou l'origine.
Testé pour l'instant: le pain (délicieux), les fruits (parfaits) et la salade (fraîche). La note qui tue: les petits crochets pour attacher le chien, comme dans beaucoup de petites boutiques mignones (ici marqué "Fifi"). On va y retourner, c'est clair. Ils sont sur Overtoom, à quand une ouverture dans le Pijp?



mardi 1 juillet 2008

Adapter son régime



Ça fait déjà un moment qu'en plus de compacter, je m'interroge sur notre nourriture. Je suis loin d'être le seul: à part quelques imbéciles heureux, tout le monde est plus ou moins préoccupé par son régime alimentaire. Avec raison, d'ailleurs. Cela fait longtemps que je n'achète presque plus jamais de plats tout préparés: outre le fait que la plupart sont mal équilibrés et souvent riches en choses dont on ne veut pas, beaucoup sont vraiment très mauvais, surtout aux Pays-Bas, où le goût "gras" est considéré comme un délice ultime.
Je m'efforce d'ingurgiter un maximum de fruits, vu que je ne suis pas un fan de légumes. La salade, ça passe sans problème, mais les autres c'est déjà plus dur. Quand on est paresseux mais d'esprit ludique, on se fait un "fruit mix" au blender: une ou deux pommes, plus les fruits qui nous tombent sous la main, un peu de lait de soja ou de yaourt, et parfois des baies surgelées (bien plus fraîches, propres et moins cher que sur le marché), des framboises aux myrtilles, et voilà. Même les moins fructivores en raffolent.

Par ailleurs, j'ai décidé de ne plus manger de mammifères, non seulement pas empathie (nous sommes quatre mammifères à la maison, de trois espèces différentes), mais aussi parce que jusqu'à maintenant je n'ai pas réussi à trouver de la viande qui est garantie sans violence, sans stress et sans souffrance. (D'après mon ami Laurent L, fructivore hardcore, la viande c'est du poison, mais je n'en suis pas encore là.)
Je ne parle même pas de ce que les animaux mangent, ni de la façon dont la viande est traitée. On se contente donc d'œufs, d'un peu de poulet élevé en plein air et de poudre de protéine d'origine lactique (nous sommes en train d'essayer de faire fondre notre gras à la gym sans trop perdre de muscle et on nous a recommandé d'en prendre).

La trouvaille du jour (voir photo): un objet rigolo (à 1€) qui fait des tranches et zappe le trognon. À utiliser uniquement avec des pommes et des poires (je précise, on sait jamais...).

mercredi 4 juin 2008

Café frappé



La recette originale du café frappé est grecque et n'a que du café et de la glace. Beurk. La mienne est post-lactique pour ceux qui ne digèrent pas le lait (et ce n'est pas dans ma tête, comme le disent les Néerlandais: une minorité d'humains peut digérer le lait à l'âge adulte, ce n'est pas une question de volonté). Les ingrédients:
- un café (moi: capsule rouge de déca Nespresso, que c'est ludique...)
- un verre de lait de soja
- 3 ou 4 glaçons
- 2 cubes/sachets de sucre
- 1 cuiller de lait écrémé en poudre (pour le goût)
Il suffit de mixer ça ensemble et de servir. C'est pas difficile, hein?

jeudi 29 mai 2008

Énergie



Ces derniers temps, le prix de l'énergie augmente. Cela a incité les marins-pécheurs français à demander au gouvernement de subventionner leur énergie pour qu'ils finissent de piller la mer. Cela n'empêche toujours pas mes parents de se taper un aller-retour à un autre supermarché, à 12 km (donc 24 km aller/retour), pour économiser quelques euros. Cela n'empêche toujours pas les fausses blondes trop riches de se balader en Humvee en ville ou les classes moyennes de déménager dans les polders ou en banlieue lointaine.

J'ai lu pas mal d'articles sur le sujet. La demande d'énergie (surtout fossile) augmente, la production stagne et risque de baisser rapidement. Pire, la pollution et l'effet de serre menace notre survie et celle des autres espèces, végétales et animales, bref notre planète tout entière. Tout va beaucoup plus vite que prévu et risque d'avoir des conséquences très concrètes, même pour les pays riches: tensions sociales, catastrophes naturelles, migrations massives, guerres pour s'approprier les ressources, famines... On parle d'immigration choisie, mais si on ne fait rien ce débat nous semblera complètement absurde d'ici peu de temps.
D'un autre côté, les Cassandres de service exagèrent pas mal. J'ai pu lire que nous devrons renoncer à toute énergie non-animale ou aux communications modernes. C'est absurde. Le problème n'est pas uniquement le fait que nous allons manquer d'énergie si nous continuons ainsi, mais qu'il va falloir faire baisser très fortement notre consommation et que sa production devra être renouvelable et propre. Cela ne veut pas dire que nous devrons abandonner l'énergie solaire, casser tous les barrages électriques ou démonter les éoliennes. Ce n'est pas en tenant des discours extrémistes que l'ont obtiendra des gens des changements.

Concrètement, cela veut dire quoi pour nous, à relativement moyen terme? Tout d'abord, il va falloir isoler correctement nos habitations, de nouveaux matériaux prometteurs sont dévoilés régulièrement, mais certaines traditions (circulation d'eau à la romaine, cheminées à courant d'air iraniennes) pourront enfin remplacer le gaspillage de l'air conditionné. L'éclairage devra être utilisé à bon escient et le remplacement des ampoules à incandescence par des leds une évidence. Il va aussi sûrement devoir nous habituer à vivre moins large (pour certains en tout cas).
Plus important, il va falloir repenser l'aménagement du territoire. Fini les banlieues-dortoir, les maisons isolées à la campagne où habitent des citadins et les embouteillages le matin et le soir. Fini toutes ces bagnoles d'une tonne transportant une seule personne, prenant plein de place et crachant plein de mauvaises choses. Fini l'avion pour aller en vacances chaque année. Il va falloir se mettre aux villes compactes, aux transports en commun, au vélo, au scooter électrique, au train à grande vitesse entre les grandes villes, les trains normaux entre les autres.
Il va falloir réorganiser le travail: télétravail, mais aussi travail délocalisé pas loin de chez soi. On sait faire, on a la technologie, on a juste été trop gâtés pour s'en soucier. Il va falloir y aller mollo sur les fruits et légumes importés. On devra manger beaucoup moins de poisson, en les tous cas moins de poissons carnivores comme le thon. Il va falloir gaspiller beaucoup moins. On va devoir moins manger de viande. On va sûrement devoir repenser notre rapport aux vêtements et à la mode. Peut-être devra-t-on redévelopper les filatures locales qu'on avait démantelées. Pareil pour la sidérurgie, faute de pouvoir transporter à bas coût les équipements lourds.

Moi-même je m'y mets doucement: on n'a pas de voiture, on essaye de prendre le train, le vélo et les transports en commun, on a réduit notre consommation d'objets inutiles, on mange moins de viande et de produits hors-saison. On essaye de recycler les objets, de moins céder aux modes et aux pulsions. Ce n'est pas très difficile. Plus dure est la pression sociale, surtout au travail de Lewis, où la réussite personnelle passe par l'accumulation d'objets et le gaspillage des ressources.

Le plus gros problème, finalement, est politique. Beaucoup de nos élites sont trop privilégiées pour réaliser à quel point il faut d'y mettre maintenant, que c'est presque déjà trop tard. Surtout, leur système de valeurs et leurs privilèges sont en désaccord total avec ce que nous allons devoir réaliser. Croissance, toujours plus, gaspillage, grosses bagnoles, voyages lointains, grosses maisons... J'ai peur qu'elles n'utilisent le manque d'énergie pour accumuler encore plus de pouvoir, de richesses et de privilèges au lieu de faire leur travail et de penser à l'intérêt général. J'ai peur qu'on ne finisse en dictature terrible pour lutter contre les ennemis qu'on s'est fabriqués en refusant de voir la vérité en face à temps. J'ai peur du peuple et des ses réactions primitives quand on va lui annoncer qu'il va gagner beaucoup moins très bientôt, que la viande va être rare et chère, que sa voiture ne vaut plus un clou, que sa maison Kaufman & Brod est une boîte en carton sans valeur aucune qui devra être détruite, et que les objets qu'ils a péniblement accumulés sont déjà obsolètes.

Quand j'entends le gouvernement néerlandais qui veut construire plus de routes, quand je vois qu'au conseil australovicien on veut bien construire des places de parking supplémentaires mais qu'on ne veut pas interdire les terrasses chauffées, quand le peuple réclame qu'on l'aide à gaspiller du pétrole pour pouvoir aller habiter encore plus loin pour avoir un petit jardin, j'ai honte de la classe politique et des syndicats pour ne pas faire leur travail.
Suis-je le seul à penser ainsi?

dimanche 30 mars 2008

Endroits indispensables pour survivre dans le Pijp

La situation gastronomique australovicienne est moins catastrophique qu'il y a quelques années. Surtout, le Pijp offre de plus en plus de diversité de produits alimentaires. Un petit résumé des adresses utiles illustrées par les photos de Mehmet (voir son flickr)...

1. Marché Albert Cuyp



Malgré une offre parfois frustrante (trop de merdes chinoises, de frippaille et de bonimenteurs), il y a un certain choix de produits. Les fruits et les légumes peuvent être intéressants, mais attention tout de même aux marchands qui continuent à vendre des produits pourris ou qui sont xénophobes et insultent les étrangers. Bon endroit pour les fruits, le poisson frais, les fleurs et les CD vierges.



2. Het Franse Winkeltje
La boutique de Sandra (Albert Cuyp 123) offre les meilleurs saucissons de la ville, mais aussi des conserves de qualité (saucisses aux lentilles artisanales), des galettes bretonnes au vrai beurre salé, du sirop de menthe et de la moutarde biologique absolument incroyable.
Le problème est qu'un concurrent indélicat profite de la pub dont elle a bénéficié et sa popularité et a ouvert un stand sur le marché qui lui ressemble (il se garde bien de dire qu'il ne travaille pas pour elle), sauf qu'il vend des saucissons de merde et du foie gras acheté au Lidl. C'est la loi du marché, mais il faut le savoir.

3. Puyk
Le magasin est ouvert du jeudi au samedi sur le Sarphatipark et a parfois du beurre normand salé (trop souvent uniquement du doux) mais surtout de l'huile d'olive grecque, espagnole et italienne absolument délicieuse. Du fromage pas mal non plus mais un peu cher...

4. Le fournil de Sébastien
C'est un peu plus loin, il vaut mieux avoir un vélo, mais ça vaut le coup (Olympiaplein): le seul vrai boulanger français artisanal du pays. J'en a déjà parlé. Incontournable.

5. Smørrebrød
Le café suédois sur Albert Cuyp est non seulement sympa, mais propose des sandouiches incroyables. Le soir, il fait cantine avec des menus complets à 15 euros. On peut aussi y acheter de la confiture de baies nordiques tout en écoutant du Abba. C'est mon quartier général...




6. IJscuypje
Le micro-glacier de la 1e v/d Helststraat reste le meilleur de la ville. Il rouvre ses portes le 1er avril et tout le quartier n'attend que cela. Il y a même des possibilités d'abonnements pour les gourmands. Oubliez leur crêpes (pareil pour la crêperie sur Albert Cuyp: beurk).

7. Tjin's
Le vieux est malpoli, cynophobe et voleur, mais il a une offre de produits exotiques qui fait que c'est une boutique incontournable pour ceux qui veulent cuisiner exotiques. Ses sandouiches surinamiens sont très populaires (1e v/d Helststraat).

8. Les boutiques ethniques
Il y a pas mal de boutiques ethniques qui valent le coup. Par exemple des micro-supermarchés iraniens offrent des poudres pour cuisiner le poulet qui sont vraiment incroyables. La boutique thaïlandaise sur le Sarphatipark offre des bonnes choses aussi à des prix raisonnables. Les merguez du boucher arabe (toujours 1e v/d Helststraat) sont les plus mangeables du quartier. Le bœuf du boucher turc (même rue) n'est pas mal du tout.

9. Supermarchés turcs
Ils vont du plus petit (Ferdinand Bolstraat) au plus grand (dans le Zuid Pijp, sur la van Woustraat), on y trouve de la feta turque, du ayran (une boisson salée au yaourt dont je ne peux plus me passer), mais aussi des olives à la tonne, des légumes frais, des poivrons grillés vendus dans des bocaux de plusieurs litres et des mélanges méditerranéens à tartiner. Infiniment moins cher que l'Albert Heijn, moins déprimant que le Dirk, bien plus propre que certains autres "supermarchés" ethniques.

10. Les cafés
Il y a énormément de cafés dans le quartier, des plus horriblement bobos aux petits cafés bruns traditionnels. Il y a du wifi gratuit au Coffee Company et au café Poef (près de l'Oranjekerk). Bazaar est bruyant mais l'endroit est magnifique. Café de Punt est l'un des cafés les plus sympa du quartier. La terrasse de Mash (Gerard Douplein) est la plus sympa et la mieux ensoleillée du quartier (mais n'emmenez que les gens sympa, les autres peuvent aller au Paardje avec tous les autres bobos prétentieux). Le v/d Helstplein est pas mal non plus, surtout l'été. On peut aussi y grignoter quelque chose, du burger au toasti, des tapas aux bitterballen.

Et vous? Envoyez nous vos endroits de survie...

Bertrand: le vendeur de fraises à la crème
Sur le Munt, près de Tuschinski, le vendeur de fraises à la crème est l'endroit de passage obligé de Bébert. C'est vrai que ça se mange bien ces trucs là...

mardi 25 mars 2008

Alors, crise ou pas?

L'économie un sujet auquel je ne peux m'empêcher de penser quotidiennement. Je sais je suis bizarre, peut-être est-ce dû à mon relatif recul sur la question au niveau théorique, mais aussi au fait que j'ai le nez dedans en tant qu'élu...

Pour l'instant, tout le monde est enthousiaste aux Pays-Bas dès qu'il s'agit d'économie. On a jeté des projets sociaux ici dans Oud Zuid parce que l'économie est tellement demandeuse de main d'œuvre que même les jeunes allochtones non-diplômés trouvent un emploi. Mais, croyez-moi, ça ne va pas durer. Et j'ai comme l'impression que personne ne cherche à se préparer.

Pourquoi je pense que la crise va frapper et ne passera pas rapidement? C'est très simple: les salaires et l'endettement. Les Pays-Bas sont globalement devenus riches, et à Oud Zuid nous avons de plus en plus de riches, mais cette richesse ne profite pas à tous, loin de là. Cela fait bien longtemps que les différences entre riches et pauvres n'ont été aussi grandes ici, comme dans le reste de l'Occident. La plupart des classes moyennes ont dû s'endetter sur au moins 30 ans pour se loger (à des prix vraiment ridiculement élevés) et le niveau de vie net a baissé, même avec l'arrivée des femmes sur le marché du travail.
Ceux qui continuent à consommer comme des riches le font grâce au crédit. Je connais tellement de gens qui vivent à crédit que j'en suis à croire que l'essentiel des classes moyennes néerlandaises vit à crédit. Enfin, beaucoup de gens sont condamnés à vivre dans la précarité, tant les boulots stables et bien payés se font de plus en plus rares. L'idée d'avoir un travail plus de cinq ans de suite est presque devenu de la science fiction. Cette précarité a un coût: l'endettement pour maintenir son niveau de vie et assurer la transition entre deux boulots (une transition qui peut être bien longue en cas de récession).

Quand je lis ce qui se passe aux États-Unis et en Grande-Bretagne, où la croissance a essentiellement été créée par l'endettement des classes moyennes (dont le revenu net baisse) et des classes inférieures (dont le revenu a largement baissé et dont la précarité s'est grandement accru), et que je pense à ce qui est en train de se passer (remise à zéro des compteurs avec des millions de personnes en faillite personnelle et expulsés de leur logement), je ne peux m'empêcher de penser à ce qui va se passer aux Pays-Bas.
Certes, la plupart des gens seront sauvés d'une manière ou d'une autre via l'État-providence (si les politiques ne l'auront pas complètement démantelé d'ici là) et ne finiront pas à la rue, mais je prévois de la casse. Comme d'habitude, les premiers à payer seront les jeunes, les femmes et les allochtones. Au-delà du problème purement économique (perdre sa maison, être mis en faillite), c'est le coût social qui risque d'être énorme: tensions politiques, tensions familiales, dépressions, émeutes...

Je peux vous assurer qu'ici, à Oud Zuid, nous ne sommes pas prêts du tout à faire face à un coup dur: tout le monde fait comme si tout le monde allait devenir riche et que l'économie allait croître infiniment pour toujours. S'il y a un vraie remise à zéro des compteurs de l'économie occidentale, ça va chauffer.

Je suis peut-être pessimiste mais j'ai parfois l'impression de vivre les derniers moments d'une époque, celle où on consommait comme si demain n'existait pas, où on gaspille l'énergie, le plastique et la nourriture, et où on traite les migrants comme des voleurs alors que les Occidentaux pillent la planète.
Je viens de lire un constat assez impressionnant sur le manque de vision de nos politiques sur la question depuis 30 ans: il est temps que la gauche européenne se réveille de son rêve néo-libéral et pense à l'avenir des Européens. N'hésitez pas à signer la pétition...

lundi 17 mars 2008

Helsinki vite fait

Helsinki en quelques images...



(ci-dessus et ci-dessous) L'architecture d'Helsinki est un mélange d'influence suédoise et russe, avec de grands immeubles assez mastoques et pas mal de murs peints en jaune. Si on s'attarde on voit que les architectes se sont donnés du mal pour décorer tout ça avec originalité. Je suis un peu moins enthousiaste quant aux legs des années 1970 et 1980: tous ces immeubles noirs, c'est un peu too much pour moi.




(ci-dessous) Le charme principal d'Helsinki tient à sa position exceptionnelle: la mer y est partout présente. De nombreux endroits de la ville, on a une vue imprenable sur des bras de mer, des îles lointaines, et le soir on peut apercevoir les lumières des villes estoniennes.



(ci-dessous) Même si l'absence de neige se fait sentir, on voit qu'outre l'isolation de folie de tous les immeubles (double-portes, fenêtres à double vitrages doublées, murs bien épais...), il est des objets dont on ne peut se passer, comme cette brosse à l'entrée des immeubles qui permet d'enlever la neige de ses chaussures et éviter d'avoir de la neige fondue partout ensuite.



(ci-dessous) Il ne faut pas oublier Moumine, bien sûr, dont les objets ont envahi les maisons des Finlandais. Tous ont grandi avec et ont une faiblesse pour ces personnages attachants. J'ai moi-même été initié à la passion de la elcture en découvrant les éditions françaises de Moumine, et depuis je suis un papivore acharné. J'ai ramené plein de mugs fabriqués par Arabia avec le troll nordique et ses amis.



(ci-dessous) Et une visite n'est jamais complète sans un passage à Hesburger, le McDo local, plus cher mais aussi plus populaire. Les frites sont médiocres mais le ketchup est incroyable (assez acide, pas trop sucré) et les hamburgers pas mal du tout.

lundi 10 mars 2008

Miam miam





Esko m'a emmené dans le meilleur bouiboui de Carélie, une cabane au milieu de rien, dont le but est de financer l'équipe de hockey sur glace locale, et où on fait les meilleurs burgers de la galaxie. Et c'est vrai en plus. Un truc avec du fromage au poivre, des piments verts et je ne sais quelle sauce. Ça arrache bien mais c'est vraiment beyond délicieux. Surtout quand on s'est tapé la neige et le froid.
Les locaux font parfois plusieurs dizaines de kilomètres en bagnole pour aller manger un de leurs burgers. Ça se fait à la finlandaise, of course, seul dans sa bagnole à écouter du hard rock à fond. Romantique, hein?

jeudi 7 février 2008

Une grande étape de franchie

J'ai été quelque peu silencieux ces derniers temps, mais cela ne veut pas dire que je dormais. En bref, rattrapage des niouzes kreukreuscopiques...

- J'ai fini mon livre hier matin, comme je l'avais promis à mon éditeur. J'ai passé les deux derniers jours (et la dernière nuit) à tout relire, corriger, compléter, préciser. La sortie est prévue le 24 avril, je vous donnerai des précisions (titre, résumé, quatrième de couverture, que sais-je) d'ici là...

- "Just Want To Be Loved" sera disponible en vinyl dans vos magasins préférés le jour de la Saint Valentin. L'ensemble des remixes devrait être disponible d'ici là sur vos plateformes numériques préférées (dont iTunes). En attendant, vous pouvez en écouter quelques un sur cette page ou sur notre Myspace.

- Je pars début mars en Finlande masteriser notre album (titre de travail: Überlove), histoire d'avoir un son bien scandinave. Je passerai à Helsinki puis à Lappeenrata (près de la frontière russe) pour lui donner le son que je veux en compagnie d'Ecodelay. Pierre Marly est déjà très avancé sur la pochette, ça a l'air vraiment chouette. Entretemps, "Ouh Bébé" sera ressorti, avec une pochette réalisée par Pierre et Geneviève Gauckler. Je n'ai rien vu mais je suis très curieux...

- Après moult drames compliqués, le Conseil s'est décidé sur la Ferdinand Bolstraat: pas de voitures, probablement le retour du tram, une étude sur les kiosques, voilà les grandes lignes. Le VVD aurait voulu une grande promenade sans tram. Moi aussi je veux plein de trucs, mais la question est aussi l'intérêt général: il faut transporter les gens, les amener aux boutiques et au marché, il faut désenclaver les quartiers sud (Rivierenbuurt) et préparer la venue du cargotram. Bref, il faut savoir parfois mettre ses envies en veilleuse et s'assurer que l'on fait ce qui est le plus utile pour le quartier mais aussi le reste de la ville.

- D'après ce que j'ai entendu, la guerre des tranchées à la Maison Descartes continue. C'est vraiment du n'importe quoi et je me demande parfois pourquoi l'État français continue à financer tous ces cadres parachutés et incompétants. Le directeur fait de son mieux pour virer un maximum de gens avant son départ, prévu en août. C'est d'un niveau... Aux question de Tanguy Le Breton sur l'usage du bâtiments, l'ambassade a pondu une lettre en novlangue administrativo-diplomatique disant que tout allait pour le mieux, pas besoin de stresser mes petits chéris. Parle à ma main... Entretemps, Vincent Toulotte déclare partout qu'on a retrouvé son usurpateur (des messages intéressants avaient été postés en son nom sur ce blogue), ce qui me fait beaucoup rire. Soit il ment, soit il est bête, soit il est un génie en informatique ayant réussi à entrer par effraction dans les serveurs des Google, mais je ne vois vraiment pas comment il aurait pu réussir ce tour de force. Il faudra qu'ils me montrent comment ils arrivent à faire tout ça si bien, il me reste tant à apprendre...

- Sandra, notre vendeuse attitré de saucissons sur le marché Albert Cuyp (riches en vitamines B12 et Z14, mais surtout vraiment crécrébons), va ouvrir une boutique sur le marché. Ça s'appelle 'Het Franse Winkeltje' (la petite boutique française), c'est Albert Cuypstraat 123, ça ouvre officiellement le 18 février, mais il y a un vernissage de saucissons le samedi 16 février à partir de 19 heures. On espère qu'elle proposera aussi du beurre d'Isigny demi-sel et du cidre doux. Miam.

dimanche 27 janvier 2008

Food Chain



J'ai adoré Food Chain, l'expo de Geneviève Gauckler, vraiment. Pourtant, j'avais trouvé sympa mais n'avais pas complètement accroché autant à son expo précédente, à Paris. Je préfère son art vectoriel à ses collages numériques, tout simplement parce que sa maîtrise de l'espace, de ses sujets et des couleurs est totale en vectoriel (j'adorerais la voir travailler sur Illustrator™, elle doit trop avoir le coup de main).
Ce qui me fascine, outre sa virtuosité graphique, c'est son œil quasi-sociologique. Elle met en évidence notre rapport malsain à la bouffe, mais au lieu de nous vendre du caca en boite ou des animaux découpés et coulés dans du plastoque, elle nous faire rire. Elle nous a raconté qu'elle a passé beaucoup de temps sur Google à regarder des sites consacrés à la constipation chez les poissons rouges ("faut que je t'envoie le site, c'est super intéressant"). Gauckler, c'est des Barbapapa queer, c'est Moumine le Troll passé à l'ère industrielle, c'est Babar qui délocalise pour faire baisser les coûts et va faire du shopping à Dubaï. Complètement décalé, mais poésie intacte avec de l'humour en plus.
Dieu sait que je n'aime pas trop me ballader pour rien en train aux Pays-Bas, et bien là ça vaut largement le déplacement à Eindhoven. Galerie Mu, à trois pas de la gare centrale. Vous avez un mois.

(Photos par Alix, ci-dessus mon poster préféré, ci-dessous GG interviewée par Marcus de la Radio francophone)

jeudi 3 janvier 2008

France-Hollande, bilan à presque A+10

Les fêtes et un petit séjour en France sont l'occasion de comparer mes deux pays (de naissance et d'adoption) et de faire un petit bilan superficiel de la vie qu'on peut y mener, après presque dix ans de Pays-Bas. Je vais commencer par le plus positif pour la France, et finir en bitchant un peu, histoire de se la jouer neutre.

La bouffe
Je sais que c'est cliché, mais même le petit supermarché du coin offre plus de diversité culinaire que le plus grand des supermarchés néerlandais. Les Pays-Bas reviennent de loin, c'est vrai (quand je suis arrivé c'était un choix plus que restreint: pain synthétique blanc ou brun, bière, concombre, beurre de cacahuette, salade-chou, flocons en chocolat et margarine), mais il y a encore énormément de travail à faire. Nouveauté à laquelle je n'avais pas prêté attention auparavant: rayon casher, rayon portugais et arabe bien fournis, et rayons asiatique, antillais et africains impressionnants...



(ci-dessus) Dans le supermarché près de chez mes parents, les produits laitiers ont droit à trois allées différentes. Un choix stressant. Yaourt nature sans gras, avec oligo-éléments, crème au caramel ou truc régime synthétique. Oh nan, de la faisselle légère et un crème brûlée. Et puis, non, du fromage blanc aux fruits éxotiques, à moins que j'achète des yaourts aux fruits enrichis aux oméga 3 et 12 et au polonium 132. Ah, je n'arrive pas à choisir!



(ci-dessus) ... Le truc qui effraye les amerloques: de la cervelle de porc. J'ai été obligé de gober ça tout petit, depuis je m'en passe très bien. C'est peut-être délicieux, je ne veux pas savoir. J'ai déjà oublié de quoi on parlait, c'est dire.



(ci-dessus) Lewis, qui a une petit fixette sur les compotes, n'en croit pas ses yeux. Même de la compote sans sucre ajouté pommes vertes-lychee. Comment a-t-on pu vivre sans jusque là, je me demande encore...
(ci-dessous) Et le classique: le fromage! Dieu sait si j'adore le fromage hollandais, mais il sait aussi que les armes bactériologiques made in France me manquent. Et pas seulement le vieux calandos qui pue vendu au prix du caviar quand les boutiques de délicatesses d'Amsterdam.



(ci-dessous) Et puis, bien sûr, le cocholat, comme dit ma nièce. Ah, le chocolat... Même quand on est trop vieux pour apprécier le sexe, la musique ou les grandes ballades, il reste le chocolat. Il y en a pour tous les goûts, toutes les bourses, tous les palais. Mais que fait la Commission européenne?



Transports en commun
(ci-dessous) Et le truc que j'ai adoré, en plus de faire semblant de jouer au conducteur à l'avant de la ligne 14 du métro (sans conducteur), c'est le nouveau tram T3. Grand, lumineux, confortable, silencieux, vraiment rapide. Stations magnifiques aussi. Le seul problème: ça va si vite qu'on a à peine le temps de s'asseoir qu'on est déjà arrivé. Par rapport aux lignes pourries d'Amsterdam, où même les nouveaux trams sont laids, malfoutus et pas confortables, ça change. Si ces bordéliques de Grenouilles arrogantes y arrivent, pourquoi pas les Kreukreux, hein?



La banlieue
Le truc qui me tue, c'est la banlieue. Autant Paris intra muros est une ville vraiment magnifique, autant la banlieue m'horripile. Peut-être parce que j'y ai grandi et que j'en connais tous les travers. Ce n'est pas tant le chaos que le règne de la bagnole qui m'agace. Même pour aller au supermarché du coin (5 minutes à pied), il faut prendre sa caisse. Y aller à pied est dangereux: rien n'est prévu pour vous, il vous faudra traverser un échangeru d'autoroute et un parking immense avant d'être à l'abris d'un trottoir. Et seuls les Africains de la première génération y vont en bus, pas par choix mais parce qu'ils ne peuvent pas encore se payer une tire. Quelle horreur humaine, urbaine, écologique, sociale...



La laideur marchande
(ci-dessus et ci-dessous) La passion des Hollandais pour le shopping m'horripile, mais l'avarice des grand promoteurs français me fait vomir. Pour que les masses populaires aillent se fournir en bouffe, en écrans plats, en fringues chinoises ou en cadeaux merdiques pour Noël, ils ont construit des lieux d'une laideur sans nom où les petits Français bien dociles viennent dépenser leurs euros chèrement gagnés. Pour eux, pas de vitrines jolies, pas de service spécial, pas d'éclairage particulier ou d'architecture attrayante. Des hangars d'acier, des pancartes moches, des piles d'objet à accumuler. Même la fnac s'est transformée en zone de gros où on achète des Macs, des iPods et des livres à la tonne. J'ai failli pleurer. Les boutiques mignones du Pijp m'ont alors terriblement manqué.



La pauvreté, la richesse
Je m'inquiète des différences croissantes entre riches et pauvres aux Pays-Bas. Mais en France c'est pire. Les riches sont vraiment très très très riches, que ce soit intra muros ou dans les ghettos qui leur sont réservés en banlieue. Mais la plupart des gens tirent la langue et négocient les parts de gâteau chez le boulanger, achètent leurs slips chez Tati et leur télé à crédit. Cette confiscation de la richesse par quelques uns est ce qui m'a le plus choqué. Que notre président, tout occupé à lever des meufs et faire la bise au Pape, s'en fiche éperdument, me donne des soucis. Connaissant la France, cela va nécessairement avoir des conséquences. Montée du FN? Des émeutes? Besancenot et ses amis au pouvoir?

Bref, sachant que la vie en France reste une des plus agréables au monde, si la vie n'est pas toujours facile en Hollande, on pourrait être dans un endroit bien pire, non?

jeudi 15 novembre 2007

Nouveau bar à jus



Mon quartier change, parfois en mal (le nettoyage ethnique et social), parfois en bien. Vient de s'ouvrir un bar à jus "Frood", comme on peut en trouver à San Francisco depuis plus de dix ans. On y trouve des jus, des smoothies, des jus d'herbe (commencer par des petites quantités!) et des jus aux protéines. Je me suis laisser tenter par un smoothie mangue melon citron vert et yaourt: pas mal du tout. C'est pas tellement bon marché (3,60€ pour 500ml) mais pas trop cher non plus. C'est l'hiver, et il faut des vitamines anyway. Miam.

mercredi 17 octobre 2007

Ça bosse au café suédois

Ah, écrire est dur. Il faut arriver à se concentrer. J'ai donc pris Martin d'une main et mon ordinateur de l'autre et suis allé bosser au café suédois d'à côté. Délicieux. On a parlé avec le tenancier (Ingemar) et sa copine (Belge sans nom connu pour l'instant). Il a des idées dont j'ai pu me servir: Rita Verdonk comme diva homo, girl who kicks ass. Tout ça à lire bientôt en intégralité dans ce satané bouquin, of course...

samedi 28 juillet 2007

Ah, ce pain...



Ce matin, pendant que je préparais une omelette au fromage (recette secrète mais incroyable, ceux qui sont sages y auront droit) avec les œufs des poules qu'on a adoptées (Sophie et Cruella), Lewis est allé chercher du pain chez le boulanger français de l'Olympiaplein, "le fournil de Sébastien".
Il m'a raconté qu'il y avait deux Anglais chiants qui n'aimaient rien ("Des figues? Beurk! Et là, un pain aux oignons et au fromage? Quelle horreur!) et à qui il a failli filer une mandale, et ensuite deux Hollandais obèses qui ont dévalisé l'endroit et on acheté tous les cannelés ("C'est qui ces gens? Ils ne peuvent pas me laisser mes 4 cannelés? Ils ont l'air bien nourris, ils n'ont pas besoin de tous ces cannelés. Aaah, je veux des cannelés!"). Bref, Lewis a une passion pour les cannelés de l'endroit et n'est pas prêteur, c'est là son moindre défaut.
Il m'a tout de même ramené un pain à l'épeautre absolument fabuleux: une croûte bien croustillante et dorée, un cœur bien léger et moëlleux, et un petit goût acide subtile. Je sais combien c'est difficile de faire un bon pain à l'épautre (j'ai essayé avec ma machine à pain et ai juste obtenu une brique indigeste, et tous les magasins biologiques que j'ai visités ne font pas mieux) pour apprécier la performance à sa juste valeur.
La baguette au pavot est parfaite, le pain complet aussi. Par contre je ne comprends pas pourquoi Lewis s'obstine à acheter des croissants. Ils sont toujours aussi lourds et compacts. Mon conseil? Concentrez vous sur les pains et les cannelés, oubliez la viennoiserie. Et puis, les croissants, c'est quand même un peu cliché, non?

Résultat, Marian, une copine de Lewis, s'est incrustrée pour goûter... "Allo? Lewis? Je suis dans le quartier. Tu as été chez ton boulanger? Bon, ben j'arrive. Non, ne t'inquiète pas, je ne reste pas longtemps. Il te reste du beurre? A tout de suite!" Euh, ben oui, monte donc, schat. La preuve par l'image.

jeudi 26 juillet 2007

On cuisine pour se détendre



L'écriture du bouquin me pompe pas mal d'énergie. Glander en ligne me fatigue plus qu'autre chose. Comme ce soir l'übergroupe se réunit chez moi, j'ai décidé de m'accorder une petite pause et de faire des petits gâteaux à la noix de coco et au citron. Un a disparu... heum, je me demande bien où il est passé. Tout ce que je peux vous dire, c'est que d'après des sources autorisées, c'est miam miam... Allez, back to work, bande de fainéants.
Pour ceux qui me connaissent bien, vous remarquerez que j'ai nettoyé la cuisine. En général, Laurent qui cuisine, c'est un peu comme quand Israël se retire du Liban. Mais Lewis-le-gentil-Casque-Bleu est là, heureusement, pour reconstruire le pays, euh, nettoyer la cuisine. Il dit que ça le détend. Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, ça, croyez-moi.

dimanche 22 juillet 2007

Première vraie boulangerie française des Pays-Bas



Il y a une semaine s'est ouverte la première boulangerie française des Pays-Bas, sur l'Olympiaplein, dans mon arrondissement (à 10 minutes des vélo du Pijp). Comme Lewis travaille juste à côté, au World Trade Center, il y est passé presque chaque jour pour me ramener pains et viennoiseries.
Hier j'y suis allé pour la première fois. Il y avait une queue d'une vingtaine de personne, ce qui est rarissime aux Pays-Bas. S'y mélangeaint français, indigènes et européens de toutes origines. Juste à côté, il y a une boulangerie hollandaise, et pas mal de gens qui ne voulaient pas faire la queue s'y sont précipités. On les a vus revenir faire la queue avec nous ensuite, preuve que ce n'est pas franchement comparable.
D'après ce que m'a raconté la patrone (une Hollandais qui parle et écrit le français à la perfection et qui explique avec patience aux autochtones comment apprécier au mieux tel ou tel pain), son boulanger de mari vient de Vendée et prépare ses pains et viennoiseries de façon traditionnelle, avec les meilleures farines biologique et du beurre salé importés de France. Mais le plus important, c'est le levain naturel qu'il utilise (18 heures pour lever!) qui non seulement donnent un goût unique à ses pains, mais rend l'ensemble beaucoup plus digeste, puisque le gluten (qui est un poison) est transformé par les bactéries.
Ce que j'en pense, de ces pains? La baguette est délicieuse, bien croquante eu dehors, bien moëlleuse dedans. Les pains complets sont délicieux: croûte bien croquante, mie moëlleuse mais ferme (ne se déchire pas quand on étale du beurre), et ils se conservent bien.
Le pain aux figues a de grosses figues bien mûres dedans (et pas un extrait de poudre de figue, comme on le voit souvent). Il en est de même pour le pain aux noix: il y a de vraies noix! Je n'ai pas encore pu tout goûter: beaucoup de pains disparaissent très vite, vue la popularité du lieu, mais ça a l'air d'être une boulangerie sérieuse et le boulanger sait ce qu'il fait.
Personnellement je trouve les croissants et pains aux chocolat un peu lourds. Il utilise du vrai beurre salé, c'est vrai. J'ai eu mangé des croissants plus légers et goûtus, mais je sais que ce n'est pas quelque chose de facile, et j'ai eu goûté probablement les meilleurs croissants du monde dans certaines boulangeries parisiennes. En tous cas il n'utilise pas de margarine ou de colorants comme dans les boulangeries hollandaises. A défaut d'être léger au moins on n'est pas empoisonné.
Par contre, les madeleines sont vraiment bonnes, et les cannelés sont absolument parfaits: bien caramélisés en dehors, bien crémeux au-dedans. On m'a dit qu'il avait été nommé meilleur ouvrier de France pour ses cannelés, et je veux bien le croire.
Cette boulangerie est déjà un succès, et je pense que c'est mérité. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi il n'y a pas eu de vrai boulanger français qui s'est installé ici: les marché est plus que mûr pour de bons pains artisanaux. Les prix? Très raisonnables, et même moins cher qu'à Paris. Recommandé, donc, vous l'aurez compris.

Maintenant, mon problème est de trouver du beurre salé avec du goût de beurre pour mettre dessus. Voire, pour les gourmands qui font attention, des émulsions aux huiles végétales non-hydrogénées comme le Saint-Hubert 41, chose absolument introuvable ici...

Info: Le Fournil. Olympiaplein 119, 1077 CW Amsterdam. Horaires d'ouverture: du lundi au samedi, de 7h00 a 19h00.