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vendredi 2 janvier 2009

Politique locale: peut mieux faire

Pour fêter la fin de l'année, le journal amstellodamois Het Parool a choisi de bitcher sur les arrondissements, souvent source d'irritation pour les habitants de la capitale. C'est en effet les collectivités locales amstellodamoises qui sont n°1 du Top 10 des irritations, devant le ligne de métro Nord/Sud (prévue pour 2007, elle sera finie, au plus tôt, en 2015), la politique d'intégration (inburgering), et le Zuidas (la "ville nouvelle" de gratte-ciels spéculatifs au Sud de la ville)



Je comprends totalement ces irritations, mais il faut expliquer aussi pourquoi...

- La seule chose pour laquelle Oud Zuid est cité est l'histoire du mec qui avait peint sa maison en rose et a été obligé de la repeindre. En fait, moi je connais l'autre version de l'histoire: le mec avait peint sa maison dans le mauvais rose (Lewis a tout de suite tiqué: «c'est quoi ce f#cking rose pas beau?»), et quand l'arrondissement lui a demandé de la repeindre, il s'est mis en colère. Les fonctionnaires et l'échevin lui ont proposé qu'il s'engage à choisir la bonne couleur lors de la prochaine peinte ou s'il revend le bâtiment, mais il les a pris de haut et leur a fait un procès. Manque de pot, ce n'est pas l'arrondissement qui décide des couleurs, il ne fait qu'appliquer un règlement décidé par la Commission d'esthétique, un truc indépendant dont les avis sont généralement respectés pour leur bon sens esthétique et architectural. L'affaire a été jusqu'au Conseil d'État, ce qui a débouché sur l'obligation pour l'arrondissement d'appliquer le règlement et de forcer le mec à repeindre sa maison rapidos. Les médias décrivent ce mec comme une victime des fonctionnaires psychorigides de l'arrondissement, alors qu'il n'a fait que s'enfoncer avec son arrogance et un avocat un peu présomptueux... Il s'agit d'ailleurs d'une bonne illustration de changement de mentalité dans l'arrondissement, où les gens éduqués et les nouveaux riches pensent qu'ils peuvent gagner tous leurs procès parce qu'ils ont une grande gueule. S'ils connaissaient le système judiciaire néerlandais, ils sauraient que la thune et une grande gueule ne suffisent pas. N'est pas O.J. qui veut (et encore, il a été rattrapé lui aussi)...

- Le niveau du personnel politique local néerlandais est encore plus faible que celui des députés, ce qui en dit long sur les conséquences que cette nullité peut avoir sur les décisions publiques. Apparemment, Oud Zuid est de loin l'arrondissement où l'ambiance est la meilleure et où le Conseil est le plus compétent. C'est vrai que certains de mes collègues sont des gens biens, avec un certaine vision du bien commun. Mais parfois, je suis effaré du manque de connaissance et de préparation de certain(e)s collègues. Les contacts que j'ai eus avec mes homologues d'autres arrondissements ont été en général décevants: aucun charisme, manque de travail et de connaissance du sujet, manque de sérieux, aucune vision d'ensemble... Je pense qu'il faudrait rendre les places plus chères (augmenter les indemnités pour rendre le poste attractif, diminuer le nombre de sièges) mais aussi pousser les partis à avoir des procédures de recrutement mieux réalisées (quitte à les faire aider par des cabinets spécialisés) et surtout un suivi un peu plus strict. En gros, aujourd'hui, une fois élu, on peut faire ce qu'on veut, dont ne jamais siéger, sans contrôle aucun. Je trouve ça un peu limite...

- Je ne m'y connais pas assez pour juger ce qui s'est passé sur la ligne Nord/Sud du métro, par contre je vois très bien ce qui a merdé pour la politique d'intégration et le Zuidas: incompétence, populisme et manque de responsabilité. La politique d'intégration (inburgering) est une catastrophe, aussi bien au niveau national qu'au niveau local, avant tout parce qu'elle est le produit du désir pulsionnel d'une analphabète de la politique, notre chère Rita Verdonk. Le fait que la plupart des partis n'ont aucune réflexion sur l'intégration (mon propre parti est d'une nullité effrayante sur la question) a laissé le champ libre à l'extrême-droite et on en paye aujourd'hui le résultat. Comme personne ne soit vraiment responsable de quoi que ce soit, le fiasco en devient encore plus irritant.
En ce qui concerne le Zuidas, je trouve qu'il s'agit d'un projet pour homme blancs arrogants et riches de plus de 50 ans, avec le mauvais plan de financement, une architecture catastrophique, une vision du développement urbain datant des années 1950 et une offre qui ne correspond pas à une demande réelle. Ce qui m'ennuie, c'est que les Amstellodamois risquent de payer longtemps pour ce flop urbain. Là encore, j'aimerais comprendre qui a pris la décision, comment, et sous l'influence de qui...

- Quand on voit la liste des "méfaits" causés par les arrondissements, cela reste très très gentil: un élu s'est fait choper en voiture avec trop d'alcool dans le sang, le Centre voulait couper l'arbre d'Anne Frank, Zeeburg n'a pas mis des barrières assez tôt le long d'un canal (un mort), disputes diverses entre élus dans plusieurs arrondissements... Je pense que les plus grosses fautes sont avant tout causées par des décisions prises à La Haye ou dans l'entourage de notre maire, Job Cohen. Là est, selon moi, la plus grande faiblesse d'Amsterdam: aucun contre-pouvoir au maire et aux hauts-fonctionnaires, une responsabilité diluée, et un manque de vision à long terme des dirigeants assez préoccupant. Le fait que personne ne confronte Lodewijk Asscher à sa conception pour le moins curieuse de la ville du futur (une apartheid moderne, voir ici) montre que le PvdA n'est toujours pas en état de penser clairement... 

Mais bon, la démocratie est un système imparfait, une utopie vers laquelle il faut tendre en se corrigeant continuellement. Le fait que Het Parool puisse aller fouiller dans les poubelles de la politique et offre les actions des élus à l'éventuelle opprobre populaire est la preuve que la démocratie amstellodamoise n'est pas totalement morte.

jeudi 4 décembre 2008

Wifi.. ah, euh, heum, toi même!



Hier, Commission Transport & Entreprise (Verkeer & Ondernemen). C'était pas ça, vraiment. Tout d'abord, j'ai étudié les documents avec surprise, trouvant que vraiment je ne connaissais pas grand chose aux sujets... jusqu'à ce que je découvre qu'on m'avait envoyé les documents de la Commission Finances & Sécurité (qui a lieu la semaine prochaine). La photo ci-dessus le prouve. Juste quelques heures perdues pour rien, comme si je n'avais rien d'autre à faire.
Mais bon, je connaissais mon sujet, puisqu'on devait parler du wifi. Mon idée, dont j'ai déjà parlé sur ce blogue, est d'encourager les gens à partager leur wifi pour avoir moins de radiations, et inciter les cafés à proposer le wifi gratuit pour inciter les gens à ne pas utiliser ni wimax ni UMTS (qui ont des ondes très puissantes et méchantes). Rien d'obligatoire, juste une aide technique et un avis neutre pour les aider à ne pas se faire avoir par les vendeurs de KPN (ancien monopole d'État) et se retrouver avec des antennes qui ne marchent pas bien.

Je m'attendais à un débat intéressant. J'ai dû bien vite redescendre de mon nuage... La droite n'avait que le "marché" à la bouche, et quand je leur ai rétorqué qu'un marché (voir la définition d'un marché pur et parfait) doit pouvoir offrir la transparence de l'information, et donc que l'accès à l'information doit être possible à tous, la seule réponse à laquelle j'ai eu droit est flauwekul ("n'importe naouaque"), ce qui est vraiment un argument rationnel irréfutable. En gros la droite est contre l'intervention des autorités, même si cette intervention permettrait de s'approcher d'un marché parfait auquel ils disent aspirer. Je les aime bien, nos VVD, ils sont sympas et constructifs, mais là ils ont vraiment besoin d'un petit cours d'économie pour au moins être fidèle à leurs dogmes avec intelligence...
Les petits partis locaux, quant à eux, n'avaient aucune idée de quoi on parlait et ont essayé de nous rouler dans la farine avec des questions idiotes. C'était pas très malin, et c'en était franchement embarassant. Heureusement que nos partenaires de GroenLinks ont plein de neurdes dans leur parti et savaient exactement de quoi je parlais. Eux vont plus loin et pensent que l'arrondissement devrait installer des bornes. C'est une bonne idée, mais mes camarades de parti ne me suivront jamais dans une telle aventure, aussi parce que certains d'entre eux ne comprennent pas grand chose non plus, et puis parce que le parti travailliste est lui aussi contaminé par le mythe du marché-qui-n'existe-jamais.
La déception finale, ce fut l'échevin qui n'avait rien préparé et cela se sentait à des kilomètres. Heureusement, Willem Bos de l'association locale contre l'UMTS (lien), très à la pointe sur la question, est venu remettre les pendules à l'heure et a expliqué qu'un réseau dense de wifi était préférable à trois antennes wimaw ou UMTS pour la santé, que c'était un moindre mal si les réseaux étaient ouverts et que les gens partageaient leur antenne. Ouf.
C'était tellement affreux que j'en ai fait des cauchemars cette nuit. Des vrais rêves horribles qui vous réveillent. Plus concrètement, je vais venir avec une proposition commune avec GroenLinks en espérant qu'on ne va pas perdre encore un an avec des incompétants. Ah, dur la politique...

Après cela, on a parlé du mémo de D66 sur les crottes de chien. Les petits partis ont encore essayé de cacher leur nullité et leur manque de préparation en faisant des blagues éculées sur le fait que D66 n'avait rien de mieux à faire. Ah ah ah. (Not.) J'avais vraiment honte pour eux. Là encore, je vais voir avec le D66 (et GroenLinks, j'espère) comment les embarquer dans mon projet de tolérance envers les chiens sous appel et que ça débouche sur une initiative du Conseil. J'en reparlerai, natuurlijk.

lundi 1 décembre 2008

Attaques territoriales



Aujourd'hui, j'ai reçu le complément "spécial arrondissements" de la compilation annuelle que nous offre le service Recherches & Statistiques de la commune d'Amsterdam. Pas de changement majeur par rapport à l'année dernière, sauf que nous avons perdu 300 habitants: le remplacement des familles logeant dans le social par des bobos sans enfants dans des immeubles privatisés commence à avoir des conséquences.
L'autre chiffre intéressant, c'est qu'Oud Zuid est l'arrondissement à la fois le plus néerlandais, le plus français et le plus portugais de la ville. Les allochtones (pour une grosse moitié occidentaux, pour une petite moitié non-occidentaux) forment encore un tiers des habitants, malgré la politique des corporations immobilières de suburbanisation des allochtones.

Par ailleurs, nous sommes en pleines discussions sur l'avenir des arrondissements amstellodamois. Qui va annexer quel quartier, qui va se marier à qui, qui va disparaître, ce sont les questions du jour. Une commission indépendante est chargée de délivrer son rapport à la mairie centrale très bientôt. Deux souhaits de nos voisins de ZuiderAmstel nous sont désormais connus: ils aimeraient soit annexer un quartier de Zuid, soit fusionner avec nous. Nous n'avons pas vraiment envie de nous faire découper, alors qu'administrativement on se remet à peine de la fusion entre le Pijp et Zuid. Une fusion donnerait un arrondissement géant (probablement appelé "Zuid") de plus de 130.000 habitants, à comparer aux 31.484 habitants d'Oud West ou aux 30.045 de Bos & Lommer.
Politiquement, ils ont 23 élus, dont 7 PvdA, 6 VVD, 2 GroenLinks, 2 CDA, 4 (ex-)SP. Si rien ne changeait aux élections cela donnerait, sur un conseil de 52 membres, 17 PvdA, 13 VVD, 8 GroenLinks, 3 CDA. Les possibilités de coalitions avec GroenLinks seraient plus compliquées (il faudrait au moins un ou deux élus d'un autre parti), alors qu'avec le VVD ce serait plus facile. Mais bon, d'ici les élections de mars 2010, tellement de choses peuvent arriver, comme une grosse crise économique ringardisant la droite néo-libérale, que tout peut changer.
La décision finale sera prise avant les élections, et par le Conseil de la ville centrale. En tant qu'arrondissement, nous n'aurons pas notre mot à dire. Suspense...

vendredi 28 novembre 2008

Colonie ou ville-monde?



Hier, au Conseil, la droite libérale (VVD et D66) a essayé de faire passer une motion demandant à ce que l'arrondissement mette des informations en anglais sur son site internet pour les expatriés, au nom de l'hospitalité amstellodamoise.
Je n'avais rien contre (on parle anglais à la maison) jusqu'à ce que je lise la motion. Là, le choc. "L'anglais est la langue mondiale." Ça m'a mis dans une fureur terrible et m'a empêché de dormir, et j'ai fini par expliquer brièvement au Conseil que je ne voterai pas pour un tel texte, tout en essayant de rester calme. Heureusement mon parti et GroenLinks ne les ont pas suivis.

Ce qui m'irrite dans ce texte et l'attitude de la droite, c'est leur complexe d'infériorité vis-à-vis du monde anglo-saxon, et leur attitude de peuple colonisé. À l'inverse, on a pu entendre que les migrants non-anglo-saxons devaient s'intégrer fissa et apprendre le néerlandais. Je pense que si l'on veut faire preuve d'hospitalité, pourquoi ne pas parler la langue des autres migrants, ceux qui ne sont pas parachutés par les grosses boîtes? Pourquoi pas le polonais avec ceux qui construisent nos maisons, le portugais avec ceux qui les nettoient, le français avec celles qui s'occupent de nos enfants?

Je propose quelque chose de similaire dans les résultats, mais en partant d'une hypothèse différente. Pas celle de la domination coloniale de l'anglais, mais de la diversité amstellodamoise...
1. les textes de communication envers les habitants doivent être rédigés dans un néerlandais simple, compréhensible, et dénué de tout jargon administratif
2. l'utilisation d'icônes claires (une longue et brillante tradition hollandaise) doit être favorisée
3. inciter les fonctionnaires qui parlent d'autres langues que le néerlandais à se porter volontaire pour répondre dans d'autres langues aux questions des habitants qui ne maîtrisent pas encore le néerlandais

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(dimanche 30 novembre)
Oups, va falloir que je fasse gaffe à ce que j'écris... Le message ci-dessus a été repris sur "Nieuws uit Amsterdam" de ce ouiquenne (lien en néerlandais, lien en anglais):

'VVD en D66 gedragen zich als gekoloniseerden'

29 november 2008 - VVD en D66 in Oud-Zuid hebben de ergernis opgeroepen van raadslid Laurent Chambon (PvdA) door het stadsdeel op te roepen om Engelstalige informatie op de website te plaatsen. "Waarom geen Pools spreken met degenen die onze huizen bouwen?"

Chambon, zelf van Franse origine, zegt dat hij sympathie had voor het initiatief om informatie in het Engels op de website van het stadsdeel te plaatsen, tot hij las dat de liberale partijen het Engels omschrijven als 'de' wereldtaal. Hij zegt dat ze hiermee blijk geven van een minderwaardigheidscomplex tegenover de Angelsaksische wereld en een houding van gekoloniseerden.

"Aan de andere kant is gezegd dat niet-Angelsaksische migranten als de bliksem moeten integreren en Nederlands leren. Als je gastvrijheid wil tonen, waarom zou je dan niet de taal spreken van andere migranten, degenen die niet zijn geparachuteerd door de grote bedrijven? Waarom geen Pools [spreken] met degenen die onze huizen bouwen, Portugees met degenen die ze schoonmaken, Frans met degenen die op onze kinderen passen?"

Op een meer praktisch niveau stelt Chambon voor dat het stadsdeel zich bedient van eenvoudig Nederlands zonder bestuurlijk jargon en gebruik maakt van duidelijke ikonen ('een lange en glansrijke Nederlandse traditie').

jeudi 20 novembre 2008

Wifi sélectif


L'autre jour, je suis allé pour un déjeuner de travail à Smørrebrød avec mon Mac. Là-bas, malgré une réception wifi parfaite, impossible de se connecter. "L'antenne que m'a installé KPN [l'opérateur historique] ne marche qu'avec Windows™" me raconte alors le tenancier, après avoir fait joujou avec ma machine pour voir ce qui n'allait pas.
Quelques semaines avant, même mésaventure au Café Poef: antenne KPN, seulement Windows™. Aujourd'hui, je suis allé au Coffee Company, où j'ai écrit une partie de mon livre: plus de wifi. Il y a avait trop de gens avec leur ordinateur portable, vu que c'était le seul endroit du quartier avec wifi gratuit. Désormais, dans mon quartier, où une population éduquée et créative est suréquipé en Mac, il n'y a plus d'endroit où se connecter. Impossible de bosser tranquillement nulle part. Il faut rester chez soi, le fil à la patte.

Mon projet de wifi sera discuté bientôt en commission. Il est plus que temps. Les cafés du quartier se plaignent du baisse de leur chiffre d'affaire avec l'interdiction de fumer, mais il y est impossible d'y travailler en journée. Et quand ça l'est, ces parasites krypto-monopolistiques de KPN se débrouillent pour que seuls les PC équipés par le géant de Redmont puissent se connecter.
Un peu comme si les routes étaient réservées aux seules voitures et camions Renault, et encore que quelques unes soient payantes (et chères!), et d'autres en très mauvais état. Notre économie n'y survivrait pas. Et pourtant c'est exactement ce qu'on fait en ce moment avec le wifi. Comme quoi le coup du marché qui s'autorégule et qui est le plus à même d'offrir ce que les gens veulent est un gros mythe urbain qui est loin de se vérifier.

Concrètement, si la commission me soutient dans ma démarche, il va falloir que l'arrondissement aide les cafés à avoir un wifi gratuit surtout aux heures creuses (avant 17h) et surtout les aider à se sortir des griffes acérées de KPN pour s'assurer que leur réseau est accessible non seulement depuis Windows™, mais aussi avec un Mac (pour nos innombrables créatifs) ou un portable sous Linux, de plus en plus fréquents avec la vague des micro-portables. Encourrager un monopole à travers des installations limitées aux Windows est, d'ailleurs, tout à fait antilibéral. Mais venant d'un ancien monopole, est-ce vraiment surprenant? En gros, il ne s'agit pas de casser un marché, mais au contraire de l'ouvrir vraiment à la concurrence. On verra si le VVD et le D66 nous suivent sur cette question...

mardi 4 novembre 2008

Plan d'occupation des sols



Mercredi dernier, nous avions Conseil municipal. L'enjeu principal était le vote du nouveau plan d'occupation du sol pour le Quartier des Musées et de Valerius, un endroit truffé des luxueuses villas et d'immeubles datant pour la plupart du XIXe siècle. C'est un quartier privilégié qui ne connaît pas encore la crise et où le taux de pauvreté est proche de zéro, contrairement à d'autres quartiers de l'arrondissement.

Mes collègues Marc et Ron sont responsables de ce sujet qui m'intéresse beaucoup et font preuve de beaucoup de compétence. Ils avaient une motion sur laquelle je n'étais pas d'accord et c'est avec beaucoup d'hésitations que j'ai voté pour, sachant qu'on n'obtiendrai pas la majorité, ce qui a effectivement eu lieu: avec 14 voix pour et 14 voix contre, son vote est reporté au prochain Conseil.
En gros, la question est de savoir jusqu'à quel niveau on peut construire dans les parties non-protégées du quartier. D'un côté il y avait les Verts et le VVD qui voulaient qu'on puisse construire jusqu'au niveau de l'immeuble le plus élevé de chaque bloc, et nous qui voulions garder la hauteur actuelle. L'argument libéral est celui de la liberté d'entreprendre (lire=se faire plein de thune) et celui des Verts est que la ville doit se densifier.
Je suis d'accord avec les Verts, à un détail prêt: je suis pour que la ville se densifie autant que possible, mais que le style architectural soit respecté et qu'il n'y ait pas de destruction de batiments.

Mes deux camarades ont essayé de limiter la taille des bâtiments car il n'est pas rentable pour les spéculateurs de détruire pour reconstruire sans rajouter des étages. Je me retrouve donc coincé entre mon désir de densifier la ville et celui de ne pas voir des bâtiments de plus d'un siècle (allant de magnifiques à raisonnablement beaux) être remplacé par des choses énormes pour nouveaux riches. Les horreurs bling bling pseudo-vieux qui bordent désormais le Vondelpark dans la P.C. Hooftstraat montrent ce qu'il ne faut surtout pas faire.
Mon problème est aussi politique: on défend un quartier qui, il est vrai, est assez exceptionnel, mais on semble très peu se soucier d'autres quartiers, dont le mien. L'architecture du Pijp est une architecture simple et populaire, faite de maisons mal construites à la même époque mais qui a un caractère unique et une forte unité (photo ci-contre). La quartier a été massacré dans les années 1980 avec des immeubles comme le mien, et le massacre continue depuis. Prochain sur la liste: le Verbindingshoek, un ensemble d'immeubles à l'angle d'un bloc, qu'une des corporations privatisées veut détruire pour remplacer par des immeubles neufs.
Mon impression est que si les riches vivent quelque part leur environnement est protégé, mais dès qu'il s'agit de pauvres ou d'étrangers, la loi du plus fort et de la spéculation règne et quoiqu'on dise, tout le monde s'en moque.

Comprenez moi bien, je ne souhaite pas que le Quartier des Musées soit détruit parce qu'on massacre le Pijp, mais je trouve que si les riches voient leur quartier protégé dans leur particularité, il devrait en être de même pour les autres quartiers.
Il nous reste trois semaines pour que Marc et Ron viennent avec un bon compromis constructif...

dimanche 19 octobre 2008

Tel maître, tel chien



Un projet qui est dans les tuyaux depuis longtemps (depuis que j'ai un chien et que je dois me farcir les plaintes des maîtres des autres chiens) est en train, je l'espère, de devenir réalité. Pour l'instant ma fraction politique me soutient, j'attends encore la réponse de nos partenaires de coalition avant de l'envoyer à tous les élus australoviciens.
L'idée du projet est de manier la carotte et le bâton avec les heureux propriétaires de chiens et les inciter à socialiser correctement leurs animaux. Rien n'est obligatoire, juste que les maîtres qui ont investi dans l'éducation de leur chien pourraient obtenir une réduction sur la taxe canine (presque 100 euros tous les ans, quand même!) et que ceux qui ont produit un monstre asocial devraient être obligés de les maintenir en laisse tout le temps.
Je publirai la traduction du projet quand les autres élus auront réagi... Ouaf!

mardi 30 septembre 2008

Australoviciens sans fil



Mon initiative pour propager l'internet sans fil ouvert dans l'arrondissement (surtout via les cafés australoviciens, vraiment nombreux) vient de passer comme "proposition d'initiative", qui sera donc discutée bientôt en commission, et finira par arriver au Conseil assez rapidement. Il semble que nos amis verts (nos partenaires de coalition) se réveillent et soient en pourparlers plus ou moins sérieux avec FON. C'est bien, mais Amsterdam a beaucoup de retard par rapport à beaucoup de villes comparables.
Je vous épargnerai les détails de ceux qui étaient contre depuis presque deux ans parce qu'ils pensaient que je parlais de... Wii. No comment. Une aventure à suivre...

lundi 22 septembre 2008

Verdonk disparaît mais ses idées demeurent

La semaine dernière, notre copine Manú était nulle part joignable alors qu'elle était censée avoir passé un super ouiquenne à Paris avec sa fille. Depuis, son portable est mort, comme celui se sa meilleur copine Ivête. Impossible de savoir où elles sont.
Ce matin, un article dans la presse locale révèle qu'un bus en provenance de Paris a été intercepté par la Maréchaussée néerlandaise, et que sur les 45 Brésiliens, 32 étaient en "situation irrégulière" et seront donc renvoyés au Brésil. Parmi eux figurent donc sûrement Ivête accompagnée de Manú et sa petite fille. Aucun moyen de savoir. Il n'y a personne chez elles, leurs lignes téléphoniques sont coupées. Comme si elles n'avaient jamais existé. Dire que j'avais prêté mon dictionnaire Franco-portugais à Manú pour qu'elle profite de son séjour, vous parlez d'un cadeau qui porte chance...

On est fin 2008, Verdonk a non seulement disparu du gouvernement, mais son parti Troots Op Nederland ("Fier(e/s) des Pays-Bas") est en train de s'effondrer (les gens se rendent compte qu'elle n'a aucun programme). Pourtant, ses idées xénophobes sont toujours en vigueur. On continue d'arrêter des gens qui n'ont pas les bons papiers (sachant qu'il est désormais quasiment impossible d'avoir des papiers, même pour des gens comme Manú ou Ivête qui vivent ici depuis des années et travaillent dur), on continue à faire des razzias dans les bus, les restaurants, les chantiers... Les seuls qui sont punis sont les sans-papiers, les seuls à vraiment en profiter sont ceux qui les exploitent, et ces derniers profitent d'une impunité quasi-totale.

Le PvdA avait parlé d'un politique humaine, pour l'instant je vois surtout des amis arrêtés, des minorités intimidées, les allochtones non-occidentaux chassés de mon arrondissement par la politique spéculative des corporations immobilières (avec la bénédiction des politiques), et toujours cette arrogance nationaliste bien-pensante sur le visage de trop de gens. J'ai honte pour l'Europe, j'ai honte pour les Pays-Bas, j'ai honte pour les politiques, j'ai honte pour le PvdA.

dimanche 31 août 2008

Folie sur le Gerard Douplein



Aujourd'hui, sur AT5, petit reportage (lien) sur les problèmes sur le Gerard Douplein, près d'où j'habite. Pour résumer, deux cafés sont très populaires, accueillent une faune alcoolique et asociale qui suffisent à pourrir la vie des habitants depuis deux ans. Les problèmes: des vélos et ses scooters partout, beaucoup d'alcool et de cocaïne, des gens bourrés qui hurlent au milieu de la nuit, les mecs qui pissent partout (des femmes aussi, entre les voitures, à la grande surprise de mon chien Martin), des gens qui baisent sur les voitures ou contre les portes d'entrées, les gens qui restent fumer dehors en parlant très fort jusqu'à 3 ou 4 heures du matin (depuis que fumer dedans est interdit), quelques mecs agressifs (cocaïne, hein...) et surtout des tenanciers qui s'en foutent complètement. Sur le micro-reportage d'AT5, un des tenanciers: "les habitants n'ont qu'à prendre un peu plus de Prozac".
Dans le genre sortie du placard en tant que connard asocial, j'ai rarement vu mieux...

Cela fait des mois que je tire la sonnette d'alarme, mais l'échevin dit ne rien pouvoir faire, et la police ne voit pas où je veux en venir. Les habitants, à chaque fois qu'ils me voient, viennent me raconter leurs malheurs et je m'efforce de calmer tout le monde mais je ne peux pas faire de miracles.
C'en est au point où les rumeurs circulent: le propriétaire serait de la famille royale et donc intouchable, l'agent de quartier aurait été vu à y boire des bières, et serait donc corrompu. J'ai demandé à l'échevin de parler à la police et d'envoyer quelqu'un de neutre pour rassurer les habitants. Sans résultats pour l'instant.

La question est plus large que le respect des règles. On a affaire à des tenanciers qui utilisent l'insulte, l'intimidation et les menaces pour faire de l'argent (un mètre carré de terrasse rapporte des dizaines de milliers d'euros par saison) et à une faune jeune, excitée, alcoolisée, parfois cocaïnée, sans aucune forme de contrôle social.
L'argument qu'ils utilisent est que les terrasses sont sympa. Bien sûr que les terrasses sont sympa, personne ne dit le contraire. Je suis moi-même un grand utilisateur des terrasses amstellodamoises, mais cela ne veut pas dire qu'on aime les femmes qui pissent dans la rue, les jeunes qui vomissent sur les vélos ou des connards alcooliques qui braillent dans la rue au milieu de la nuit.
Ce n'est pas un problème de terrasse, mais un problème plus large de manque de savoir-vivre, d'absence de tout contrôle sociale, et d'impunité totale pour les tenanciers qui peuvent pourrir la vie des habitants sans aucune conséquence pour faire de l'argent.

J'ai des projets pour changer cela au niveau politique, j'en reparlerai ici. En attendant, cette place est une bombe à retardement, et j'aimerais que mes collègues du Conseil s'en rendent compte.

jeudi 10 juillet 2008

Casser la hiérarchie des quartiers



Une des discussions qui préoccupent le plus les Amstellodamois en ce moment porte sur la réforme des arrondissements amstellodamois. Mon parti, le PvdA, a ainsi décidé que d’ici quelques années ne devraient survivre, au plus, que dix arrondissement. Il y a de grandes chances que ce souhait devienne réalité. Pour une ville d’environ 800.000 habitants, cela veut dire des arrondissements de la taille d’Oud-Zuid, c’est à dire environ 80.000 habitants.
La question qui taraude tout le monde est de savoir s’il va suffire de faire fusionner les arrondissements les moins peuplés ou s’il va devoir remettre à plat l’ensemble de la ville. Je pense que, vu l’énergie et l’argent que coûte une simple fusion, une remise à plat est de facto exclue.
Un des problèmes d’Amsterdam est la hiérarchisation croissante des quartiers, avec au centre les blancs privilégiés, et au-delà du périphérique, les pauvres et les migrants. Le nom des arrondissements est en soi révélateur de ces disparités : le centre historique s’appelle Centrum, le nom de mon arrondissement se réfère à cet ultra-centre, et à l’inverse le nom des arrondissements excentrés puent la campagne, avec des noms de lacs, de champs et de systèmes hydrauliques. Un peu comme ces cités pourries de banlieues qui ont des kolis noms bucoliques, mais dès qu’on sort « cité des Myosotis » ou « Quartier du puits joli », tout le monde sait qu’il s’agit de barres oubliées, de voitures brûlées et des centres commerciaux désertés. Je trouve que repenser les arrondissements d’Amsterdam devrait aussi passer par certains changements de noms.

Je vous soumets mes idées, qui ne restent que des idées, bien sûr….
- Centrum : pour casser le centralisme et permettre au reste de la ville d’exister en toute légitimité, il faudrait trouver autre chose. « Grachten » (Canaux), par exemple. Tout le monde sait de quoi on parle, sans qu’une hiérarchie autre qu’historique ou architecturale s’impose.
- Oud-Zuid est un nom terrible, qui réfère à une légitimité historique vis-à-vis des banlieues (le « vieux » par opposition aux nouveaux quartiers d’après-guerre), mais aussi qui doit son nom au Centre. Le logo de l’arrondissement (une part de camembert qui pointe vers le Centre qu’Oud Zuid n’est pas) en est l’illustration la plus tangible. Deux possibilité : jouer sur l’histoire avec « Pijp & Olympisch » par exemple (le Pijp est connu dans tout le pays, et le reste a été conçu et construit essentiellement pour les Jeux olympiques), ou carrément draguer les touristes avec « Musea » (« Musées »)… Si on veut absolument rappeler qu’on est au sud, on peut aussi opter pour le très latin « Midi », qui semble déjà beaucoup plus ensoleillé. Une manière subtile de vendre nos terrasses…
- Pour « West », je propose le très beau « Ponant »
- Pour l’arrondissement de « Noord » (au nord de l’IJ), je pense que s’ils veulent casser l’image d’une arrondissement isolé et froid, il faut se débarrasser du nom, comme les Côtes-du-Nord sont devenues les Côtes-d’Armor, ce qui semble l’avoir rendu moins pluvieux. Avec « Overij » par exemple (« au-delà de l’IJ »), ou une version moins effrayante comme « Boreaal ». Le risque est que les décideurs trouvent cela trop arctique…
- Pour Zuid-Oost (« Sud-Est », aussi connu sous les noms « Bijlmer » ou « Bijlmemeer »), toujours cette référence au centre, qui souligne son côté excentré. On pourrait imaginer utiliser « Bijlmer », que je trouve un joli nom. Tout le monde connaît la gare de Bijlmer, autant s’y tenir. Ou « Arena », puisque le stade du même nom y est situé.
Mais bon, ce ne sont que des noms. Lutter contre la ségrégation spatiale va coûter beaucoup plus d’efforts qu’un changement de noms.

mercredi 9 juillet 2008

Nouvel apartheid

Ah, la politique de la ville... Plus j'ai le nez dedans, plus j'ai l'impression qu'on dépense des milliards vraiment n'importe comment. On joue à l'urbaniste tout puissant alors que la plupart des problèmes dépassent largement la question de l'habitat: ségrégation sociale, discrimination sexuelle et ethnique, ethnocentrisme (aussi de classe) des décideurs, précarisation des classes moyennes et inférieures, mondialisation, crise de l'énergie... Pire, en voulant "libéraliser" le "marché" immobilier, on accélère le blanchisation des centres-ville et l'ethnicisation des banlieues.
En gros, en privatisant l'immobilier en centre-ville, on s'assure que seules les classes plus ou moins privilégiées (classes moyennes supérieures, massivement blanches) ont accès au centre historique, et on repousse les autres dans les banlieues lointaines. Ici, à Oud Zuid, malgré tout ce qu'on nous dit (même au sein de mon parti), on continue à remplacer des logements sociaux mixtes par des logements réservés aux classes moyennes supérieures blanches: soit on rénove et les nouveaux loyers sont tels que la plupart des habitants sont obligés de partir plus loin du centre, soit on privatise complètement, et là, la totalité des habitants originels en est exclue définitivement.
On parle d'intégration, de politique de la ville, de cohésion sociale, mais pour l'instant je vois surtout une parisianisation d'Amsterdam: les privilégiés et les ultra-pauvres qui les servent au centre, les classes moyennes fragilisées et les immigrés en banlieue. Plus on est loin (comptez la distance en temps de transports en communs, pas en kilomètres), plus on est pauvre et exclu.
J'essaye d'alerter les gens de mon parti, leur expliquer qu'on est en train de faire les mêmes conneries que les Français depuis 30 ans, mais personne n'est prêt à m'écouter. C'est vraiment cause toujours tu m'intéresses.

Ce qui me choque, c'est le degré de violence exercée: on vire les gens d'un quartier qu'ils ont contribué à rendre sympa pour les remplacer par d'autres qui "achètent" leur confort, non pas aux précédents locataires, mais aux agences locatives (autrefois dépendant des pouvoirs publics et financés par l'État, désormais privatisés et extrêmement rentables). Les malheureux sont non seulement exilés dans des quartiers lointains, mais il payent aussi la médiocrité de l'urbanisme européen depuis la guerre, en vivant dans des quartiers laids, mal conçus, et où la voiture est une nécessité absolue. Exclusion sociale, exil forcé, nouvelles charges de transport...

Pour ceux qui ont lu mon bouquin, Le grand mélange, c'est un truc que j'explique sur pas mal de pages. Mais c'est de toutes façons un thème qui commence à être enfin compris par le grand public: ségrégation spaciale, ségrégations sociale, ségrégation ethnique... Combien de temps faudra-t-il aux décideurs pour percuter, je ne sais pas.

Allez, un peu de presse hollandaise pour changer:
Le Volkskrant publie à la une les résultats d’une étude de l’université d’Utrecht qui montrerait que « les quartiers limitrophes des 40 quartiers prioritaires de la ministre de l’intégration et des quartiers, Mme Vogelaar, sont les prochains quartiers prioritaires » (…). « Les chercheurs ont étudié durant trois ans les effets des grands projets de restructuration urbaine à Leyde, Utrecht et la Haye, et ont constaté que les habitants quittent les quartiers en rénovation pour se réinstaller dans un cadre comparable à leur ancien habitat : beaucoup de logement social, d’allochtones non occidentaux et de revenus faibles. Ces ‘quartiers d’accueil’ se dégradent ensuite rapidement : ‘l’objectif de la restructuration est souvent d’éviter les concentrations, par exemple de logement social et de familles à bas revenu, mais la politique menée favorise justement ces concentrations dans d’autres parties de la ville’, commente un des chercheurs du NICIS Institute. (…) ‘Beaucoup de responsables croient qu’il suffit de raser des quartiers pour résoudre la concentration de problèmes. Nous n’y croyons absolument pas. Il est extrêmement onéreux et radical de vouloir résoudre des problèmes sociaux par des mesures d’aménagement urbain ».
http://www.ambafrance.nl/spip.php?article9858

dimanche 6 juillet 2008

Une ville plus agréable

Je me suis rendu compte que j'avais oublié de parler du dernier Conseil municipal avant les vacances d'été... Nous avons examiné l'utilisation faite par les échevins et leur administration des fonds votés d'année dernière et avons fait quelques propositions. Une, très importante, est que le budget ne doit pas être déficitaire de façon structurelle (quelque chose difficile à réaliser mais nécessaire). Dans les détails importants, et auxquels je suis associé, plusieurs choses:

- nous avons chargé l'échevin chargé de l'économie, Eddy Linthorst, de s'occuper des petits entrepreneurs et tenanciers de boutiques qui sont victimes de la spéculation immobilière. Ils ont besoin d'information, d'aide juridictionnelle, voire d'une avance sur les frais de justice: beaucoup sont intimidés par des propriétaires qui savent qu'ils ne peuvent pas se permettre financièrement de commencer un procès. En gros, il nous faut maintenant réparer les conséquences de la désastruese loi Dekker sur la libéralisation des loyers. Franchement, les gens qui ont préparé cette loi n'ont aucune connaissance de la réalité et se sont laissés guider par leur foi en la doxa pseudo-libérale. Enfin...

- le même échevin est chargé de monter un fond pour promouvoir les activité économiques liées à la culture. Dans les détails ça se concrétise par de l'aide aux petites entreprises innovantes, aux initiatives culturelles pouvant à terme faire de l'argent... Tout le monde parle de culture, mais à part donner des subsides par ci par là, il semble que l'aide à ceux qui veulent en vivre (non pas par des subsides, mais par la commercialisation de leur art) est inexistante.

- un autre échevin, chargé du milieu et des transports, Paul van Grieken, est désormais chargé d'étudier dans quelle mesure les canaux du quartiers peuvent retrouver leur usage originel et permettre à des bateaux électriques d'apporter des biens en ville (et remplacer les camions), en complément de CityCargo, le projet de tram de marchandises (très critiqué par certains habitants). Les Verts ont voté contre car il voient les canaux comme une zone naturelle. Je suis en partie d'accord, mais défoncer la ville avec des camions pour éviter d'utiliser quelques voies navigables me semble un drôle de geste écologique. L'eau ne manque pas ici, et s'ils voulaient vraiment faire des canaux un lieu naturel protégé, il faudrait interdire les bateaux de plaisance qui polluent énormément et repenser tout le système aquatique de la ville. C'est un peu comme si on n'utilisait plus les routes parce que l'herbe y pousse et que les fourmis adorent les espaces entre les briques, et que pour compenser on défonçait les trottoirs avec des camions et des voitures pour passer.

Nouvelles aventures politiques en septembre...

mercredi 18 juin 2008

Wifi devient wimax

Ça fait plus de deux ans que j'essaye de faire en sorte que notre arrondissement partage le Wifi d'une manière ou d'une autre pour que tout le monde y ait accès (dont les gens de passage) et que le niveau de radiations baisse grâce à une meilleure utilisation des réseaux existants.
Ça bloque à mort dans mon parti, surtout à cause de certains "camarades" qui n'y connaissent vraiment rien mais se prennent pour des spécialistes. J'avais alors commencé à voir discrètement comment on pourrait faire faire ça par des entreprises spécialisées et combien cela coûterait.

Je viens de lire que le Wimax arrive, et qu'avec quelques antennes on peut couvrir une grande partie de la ville à moindre frais. J'ai donc décidé de laisser tomber mon combat pour un wifi collectif: pas la peine de réveiller les monstres alors qu'une nouvelle technologie arrive et qu'elle résoudra une partie de mes attentes (et de celles de beaucoup de gens).
Le problème est donc résolu à moyen terme. Reste qu'il m'a permis de comprendre la nullité de certains, pétris d'une connaissance qu'ils n'ont pas et de certitudes inébranlables. J'ai un peu honte pour eux, en fait. Mais bon, rien de nouveau là dedans, hein? "Et pourtant, elle est ronde"...

samedi 31 mai 2008

Un peu plus de scooters électriques



Jeudi soir, la motion que j'ai proposé (co-signée par Arend Hamstra de GroenLinks et par Alexander Scholtes du D66) a été adoptée à l'unanimité par le Conseil australovicien (à part le point n°2 sur lequel le VVD a voté contre). L'échevin chargé de l'espace public a eu pour seule réaction "c'est une bonne motion". Un résumé de la motion:

Le Conseil australovicien... (blablabla)...

Considérant que
- les scooters sont de plus en plus populaires à Amsterdam et dans le Vieux Sud et peuvent être une bonne alternative aux voitures, à côté des vélos et des transports publics
- les scooters à essence sont très polluants (particules, CO2 et bruit)
- les scooters électriques sont 90% plus économes en énergie que les scooters à essence
- les scooters électriques ne produisent aucune particule et ne font pratiquement aucun bruit

Décide que
1. la mairie fasse faire une enquête sur la façon dont les utilisateurs de scooters électriques pourraient rapidement et facilement avoir accès à l'électricité
2. fasse enquêter sur la possibilité de places de stationnement réservées
3. fasse remplacer les scooters à essence utilisés par l'arrondissement par des scooters électriques
4. de couvrir les coûts de l'enquête à partir du fonds mobilité
...(blablabla)...

jeudi 29 mai 2008

Énergie



Ces derniers temps, le prix de l'énergie augmente. Cela a incité les marins-pécheurs français à demander au gouvernement de subventionner leur énergie pour qu'ils finissent de piller la mer. Cela n'empêche toujours pas mes parents de se taper un aller-retour à un autre supermarché, à 12 km (donc 24 km aller/retour), pour économiser quelques euros. Cela n'empêche toujours pas les fausses blondes trop riches de se balader en Humvee en ville ou les classes moyennes de déménager dans les polders ou en banlieue lointaine.

J'ai lu pas mal d'articles sur le sujet. La demande d'énergie (surtout fossile) augmente, la production stagne et risque de baisser rapidement. Pire, la pollution et l'effet de serre menace notre survie et celle des autres espèces, végétales et animales, bref notre planète tout entière. Tout va beaucoup plus vite que prévu et risque d'avoir des conséquences très concrètes, même pour les pays riches: tensions sociales, catastrophes naturelles, migrations massives, guerres pour s'approprier les ressources, famines... On parle d'immigration choisie, mais si on ne fait rien ce débat nous semblera complètement absurde d'ici peu de temps.
D'un autre côté, les Cassandres de service exagèrent pas mal. J'ai pu lire que nous devrons renoncer à toute énergie non-animale ou aux communications modernes. C'est absurde. Le problème n'est pas uniquement le fait que nous allons manquer d'énergie si nous continuons ainsi, mais qu'il va falloir faire baisser très fortement notre consommation et que sa production devra être renouvelable et propre. Cela ne veut pas dire que nous devrons abandonner l'énergie solaire, casser tous les barrages électriques ou démonter les éoliennes. Ce n'est pas en tenant des discours extrémistes que l'ont obtiendra des gens des changements.

Concrètement, cela veut dire quoi pour nous, à relativement moyen terme? Tout d'abord, il va falloir isoler correctement nos habitations, de nouveaux matériaux prometteurs sont dévoilés régulièrement, mais certaines traditions (circulation d'eau à la romaine, cheminées à courant d'air iraniennes) pourront enfin remplacer le gaspillage de l'air conditionné. L'éclairage devra être utilisé à bon escient et le remplacement des ampoules à incandescence par des leds une évidence. Il va aussi sûrement devoir nous habituer à vivre moins large (pour certains en tout cas).
Plus important, il va falloir repenser l'aménagement du territoire. Fini les banlieues-dortoir, les maisons isolées à la campagne où habitent des citadins et les embouteillages le matin et le soir. Fini toutes ces bagnoles d'une tonne transportant une seule personne, prenant plein de place et crachant plein de mauvaises choses. Fini l'avion pour aller en vacances chaque année. Il va falloir se mettre aux villes compactes, aux transports en commun, au vélo, au scooter électrique, au train à grande vitesse entre les grandes villes, les trains normaux entre les autres.
Il va falloir réorganiser le travail: télétravail, mais aussi travail délocalisé pas loin de chez soi. On sait faire, on a la technologie, on a juste été trop gâtés pour s'en soucier. Il va falloir y aller mollo sur les fruits et légumes importés. On devra manger beaucoup moins de poisson, en les tous cas moins de poissons carnivores comme le thon. Il va falloir gaspiller beaucoup moins. On va devoir moins manger de viande. On va sûrement devoir repenser notre rapport aux vêtements et à la mode. Peut-être devra-t-on redévelopper les filatures locales qu'on avait démantelées. Pareil pour la sidérurgie, faute de pouvoir transporter à bas coût les équipements lourds.

Moi-même je m'y mets doucement: on n'a pas de voiture, on essaye de prendre le train, le vélo et les transports en commun, on a réduit notre consommation d'objets inutiles, on mange moins de viande et de produits hors-saison. On essaye de recycler les objets, de moins céder aux modes et aux pulsions. Ce n'est pas très difficile. Plus dure est la pression sociale, surtout au travail de Lewis, où la réussite personnelle passe par l'accumulation d'objets et le gaspillage des ressources.

Le plus gros problème, finalement, est politique. Beaucoup de nos élites sont trop privilégiées pour réaliser à quel point il faut d'y mettre maintenant, que c'est presque déjà trop tard. Surtout, leur système de valeurs et leurs privilèges sont en désaccord total avec ce que nous allons devoir réaliser. Croissance, toujours plus, gaspillage, grosses bagnoles, voyages lointains, grosses maisons... J'ai peur qu'elles n'utilisent le manque d'énergie pour accumuler encore plus de pouvoir, de richesses et de privilèges au lieu de faire leur travail et de penser à l'intérêt général. J'ai peur qu'on ne finisse en dictature terrible pour lutter contre les ennemis qu'on s'est fabriqués en refusant de voir la vérité en face à temps. J'ai peur du peuple et des ses réactions primitives quand on va lui annoncer qu'il va gagner beaucoup moins très bientôt, que la viande va être rare et chère, que sa voiture ne vaut plus un clou, que sa maison Kaufman & Brod est une boîte en carton sans valeur aucune qui devra être détruite, et que les objets qu'ils a péniblement accumulés sont déjà obsolètes.

Quand j'entends le gouvernement néerlandais qui veut construire plus de routes, quand je vois qu'au conseil australovicien on veut bien construire des places de parking supplémentaires mais qu'on ne veut pas interdire les terrasses chauffées, quand le peuple réclame qu'on l'aide à gaspiller du pétrole pour pouvoir aller habiter encore plus loin pour avoir un petit jardin, j'ai honte de la classe politique et des syndicats pour ne pas faire leur travail.
Suis-je le seul à penser ainsi?

jeudi 24 avril 2008

Agressivité et inflation de paperasse

Hier soir jusque tard, c'était le dernier conseil municipal du printemps. Il y avait pas moins de trois interpellations. C'était intéressant et assez révélateur de pas mal de choses...

Un des drames du moment c'est deux maisons assez mignones qui doivent être rasées pour faire place à 4 villas, le tout contrôlé par une des associations locatives (à l'origine une truc social, mais depuis quelques années une truc ultra-rentable qui cherche à se faire de la thune). On n'aime pas trop ça et on préfererait que les maisons mignones restent, mais tout a été décidé avant notre élection, par une coalition VVD/GroenLinks. En gros, si on empêche l'association locative de mener à bien son projet, il y a rupture de contrat et on doit payer des sommes incroyables. Bref, on est coincés par une décision prise par d'autres et maintenant on a l'air de méchants sans-cœur. Dur, le pouvoir.

Un autre drame de la soirée, c'est l'arrestation de huit jeunes qui sont tombés dans la criminalité et ont été arrêtés dans l'arrondissement. Le VVD a interpellé les échevins et demande comment ça a été possible, le tout enrobé de sous-entendus extrêmement stigmatisants pour les habitants du Diamantbuurt (une des zones assez pauvres de l'arrondissement avec beaucoup d'allochtones) alors que le lien est assez lâche. Comme l'a rappelé notre bourgmestre, Egbert de Vries, s'il y a traffic de drogues dures c'est parce qu'il y a une forte demande depuis le Pijp: yuppies et jeunes loups de la finance ont de telles demandes de cocaïne et d'xtc que pas mal de petits jeunes se sont montés un business plutôt que de garder leur McJob. On appelle ça une stratégie de survie (voir les nombreux ouvrages de socio et de criminologie écrits sur le sujets), et à défaut d'être acceptable, c'est assez facile à comprendre.
Ce qui me fascine, c'est que le VVD ne semble pas mesurer les différences de richesses entre le quartier du Midi (Zuid) et les Diamantbuurt. Il suffit de regarder les statistiques: on a d'un côté une concentration obscène de richesses, de l'autre un cumul de retards sociaux, économiques et scolaires qu'on essaye de réparer tant bien que mal. Je m'étonne que plus de jeunes ne sombrent pas dans la criminalité: cela montre que les aides marchent plutôt bien et que les jeunes ne sont pas aussi mauvais que le VVD aimerait le penser.
Surtout, l'agressivité de cette intervention montre que le sang neuf au VVD ne veut pas forcément dire amélioration de l'équipe. Trois cadres brillants du parti sont partis: Wouter Slettenhaar car son business décollait (l'immobilier, of course), son frère Paul a été nommé échevin de l'arrondissement d'à côté, et Emile Jaensch a été nommé échevin à Bijlmer. À la place des ces trois, on a trois jeunes en costume-cravate qui ont des problèmes d'agressivité et avec qui il est difficile de discuter. Un des trois s'améliore, mais les deux autres me font peur. J'ai l'impression qu'ils sont sur la ligne de la poujado-nationaliste Rita Verdonk, alors que leurs prédécesseurs étaient plutôt mesurés et progressistes. Est-ce la fin du VVD australovicien comme parti responsable et avec qui on peut correctement discuter? Ce serait dommage...

Plus ridicule encore, la tournure pro-nature d'un des partis locaux. Tout à coup, cette élue s'est prise de passion pour la nature, sentant que c'est un thème porteur (le Parti des animaux a arraché deux sièges aux dernières législatives), même si seuls les humains votent. Alors qu'on a mis en place un cadre très progressiste (probablement un des premiers aux Pays-Bas à être aussi systématique et progressiste) sur la nature et les animaux, en s'efforçant de protéger leur bien-être au-delà de ce qu'ils signifient pour les hommes (leur valeur intrinsèque, terme qui a été repris ad nauseam par tous), on s'est retrouvés attaqués par trois micro-partis locaux appuyés par des défenseurs des animaux anti-viande.
J'avais l'impression d'être dans un mauvais film avec l'histoire des gentils poissons ou des pauvres souris menacées. Comme si le pire qui puisse arriver aux souris n'était pas... un chat. À les entendre, il faudrait interdire la mort et les humains. Je n'aime pas la mort non plus, mais c'est inévitable, non? Au lieu d'interdire la mort (ce qui est impossible), il vaudrait mieux s'assurer que la vie est agréable, aussi pour les animaux.



Ces mêmes partis ont essayé de se distinguer en défendant un arbre menacé sur un lot de 18 dans un endroit de l'arrondissement où des logements pour étudiants vont être construits. Ceci dit, cela ne les a pas empêché de déposer une dizaine de motions redondantes et n'ayant aucune chance d'être adoptées (photo ci-dessus), ce qui a résulté en une inflation de la paperasse distribuée. J'aimerais qu'on puisse faire une enquête sur le nombre total d'arbres abattus et d'animaux délogés de leur habitant résultant directement de l'inflation de motions et autre amendements ridicules déposés par ces petits partis. On pourrait alors voir s'ils se préoccupent vraiment de la nature ou s'il ne s'agit que d'une pose populiste.

Comme l'a souligné notre désormais ex-collègue Joep Blaas du D66 (ancien échevin, qui a démissioné pour devenir conseiller de l'arrondissement en immobilier), il faut arrêter avec cette inflation des motions égocentriques et faire son travail en amont pour s'assurer que les bonnes idées sont reprises par les échevins. C'est ce que j'essaye de faire depuis le début. Cela ne génère pas beaucoup de paperasse spectaculaire avec mon nom dessus, mais au moins mes idées sont mises en application. Et c'est ce qui compte, in fine, non?

Enfin... Rentrée politique dans trois semaines. D'ici là, quelques projets à mettre en place. J'en reparlerai quand cela aura pris forme...

mercredi 23 avril 2008

Un article dans Têtu Livres



Et bien, c'est drôle comment les choses se téléscopent parfois. Je reçois la compile de DidierLestrade, en parle, et voilà que Paul de Têtu m'envoie l'article que Didier a écrit sur moi. On pourrait croire que je l'ai corrompu tellement il est bien. Je vous assure que ce n'est pas le cas, c'est presque l'inverse, en fait. Allez, on enjoy, c'est pas tous les jours que je lis un article aussi dithyrambique sur ma musique et mon livre... (cliquez sur l'image pour l'article en taille lisible)

Question de Mix
Le sociologue Laurent Chambon publie un essai décapant sur les "minorités" et la diversité française et sort... un premier album très réussi de pop-house. Quand le talent se double du don d'ubiquité.
Têtu Mai 2008, Page 24.

Qui aujourd'hui a la capacité de publier, le même mois, un livre novateur sur l'intégration des minorités et un album indépendant de house music? Laurent Chambon. Ce sociologue et politologue livre un essai, Le grand mélange, Minorités, tolérance et faux semblants dans la France de Nicolas Sarkozy, et, simultanément, commercialise son premier album, Überlove, composé et produit en collaboration avec son partenaire dans la vie, Lewis Marques. Et la surprise ne s'arrête pas là. Le livre et l'album sont tous les deux renversants, au point qu'on se représenterait volontiers leur auteur comme l'un des leaders de cette nouvelle génération dont la communauté LGBT française a grandement besoin. Tout commence, il y a dix ans, quand cet homosexuel de 36 ans s'installe à Amsterdam. Son premier ouvrage, Le sel de la démocratie, l'accès des minorités au pouvoir politique au pouvoir politique en France et aux Pays-Bas (Université d'Amsterdam, 2002) a mis la question communautaire au coeur de son travail. La création du site Minorites.org et de son blog Kreukreuscopie, l'affaire de l'assassinant de Pim Fortuyn facilitent la visibilité de ce workoholic qui parle couramment l'anglais et le flamand, et qui maîtrise les questions liées à la laïcité ou à l'immigration.
En tant que gay naturellement affirmé, Laurent Chambon - qui collabore occasionnellement à Têtu - dispose d'un autre joker: son analyse met sans cesse en perspective l'intégration des minorités sexuelles et celles des ethnies minoritaires, y compris dans le cadre de la religion. Tous les sujets explosifs de notre temps, en quelque sorte. Il est souvent sollicité par les médias français tels que Libération, surtout depuis 2006, quand il devient conseiller municipal pour le Parti travailliste dans l'arrondissement du Vieux-Sud à Amsterdam et le seul élu local européen (non-néerlandais) aux Pays-Bas. Le travail de Laurent Chambon se présente alors sous de multiples facettes: c'est un chercheur gay qui milite politiquement, au niveau local. Pour la défense de ses idées, mais aussi pour mieux comprendre le système.

La parution de son dernier livre, chez Denoël, résume l'ensemble de ses recherches et le résultat est loin de ressembler aux clichés des chercheurs homosexuels qui s'enlisent dans le républicanisme gay. Droits des gays, retard du coming-out des célébrités en France, bilan du pacs, islam politique, port du voile, représentation des minorités dans les médias, émeutes dans les banlieues en 2005, multiculturalisme, discrimination positive, crise de la gauche... Les sujets polémiques ne manquent pas, mais ils sont tous analysés avec équilibre. Chambon, souvent ironique, s'adresse directement au lecteur en livrant des détails intimes de sa vie ou de celle de son entourage. C'est un document qui fera date, car il échappe au nombrilisme hexagonal quand il met nos préjugés en perspective avec ce qui se passe vraiment aux Pays-Bas, en Europe, aux États-Unis et en Afrique.

Le livre de Laurent Chambon peut aussi servir d'introduction au disque Überlove, comme si ce dernier était le prolongement musical de la sincérité de l'essayiste. Et là, je peux me permettre d'être personnel. Il y a dix ans, Laurent est venu me voir avec ses premières démos. Elles étaient rudimentaires, très influencées par les Pet Shop Boys, mais on y sentait un bourgeon d'impatience, une naïveté urgente. Il découvrait la house. En une décennie, il est devenu un geek de l'autoproduction, un DJ nerd, revenant sans cesse sur ses premiers morceaux pour les améliorer. Son mari, le sexy Américano-Portugais Lewis Marques, assure les vocaux sur l'album et sur scène. Laurent est parti à Detroit pour travailler avec Aaron-Carl et Ron Murphy, des magiciens de la techno américaine. Et son premier album sort ce mois-ci, sur le label Cherry Juice Recordings, avec un pochette dessinée par son ami et graphiste Pierre Marly (de la nébuleuse Geneviève Gauckler). Dix titres de pop house étrangement insistante, avec un réel potentiel de cross-over (mon morceau préféré: One Street Further). On vous a toujours dit qu'il n'y avait qu'un pas entre les droits des minorités et les basses acides de la house. Laurent Chambon en apporte la preuve.
Didier Lestrade
Le Grand mélange, Minorités, tolérance et faux-semblants dans la France de Nicolas Sarkozy, Denoël, 253 pages, 18€.
Überlove, de Laurent & Lewis, Cherry Juice Recordings.
www.laurentchambon.com - www.laurentetlewis.com

mercredi 19 mars 2008

Première grande victoire: la propreté



Avant et après les élections, j'avais déclaré à plusieurs journaux locaux que la propreté de mon quartier était une des mes priorités: c'était un quartier très visité et populaire, mais la saleté qui y régnait empêchait un développement plus complet et gênait fortement la "vivabilité" comme on dit ici, la leefbaarheid.
Après être passé pour un ronchon, plusieurs prises de bec en commission et une campagne du parti pour expliquer aux habitants que c'était une de nos priorités (managériales et budgétaires), voilà que ça commence à payer. C'est vrai que mes camarades de fraction m'ont soutenu, surtout Jan Witting et Alper Tekin Erdogan, et que l'échevin a eu l'intelligence de comprendre à quel point c'était important.
Non seulement on voit désormais partout dans Oud Zuid des affiches incitant les gens à être propres (dont des énormes panneaux 4x3), mais l'échevin s'affiche avec plein de groupes différents en train de nettoyer les rues. Mieux, c'est devenu une semaine d'action nationale pour la propreté qui commence dans mon quartier et qui est appliquée dans toutes les communes néerlandaises.
Je suis très content d'avoir été entendu, et je vois qu'il faut parfois être persistant: ça finit par payer.

Les autres sujets pour lesquels j'attends encore d'être entendu: un plan de développement durable de l'économie du quartier, un plan communication correct pour promouvoir le Pijp auprès des Néerlandais, des entreprises et des touristes, la mise en place à court terme d'un système de paiement universel et facile dans le quartier (surtout autour du marché: visa, mastercard et points de retraits un peu partout), et surtout un réseau internet sans fil gratuit (éventuellement via les habitants et les commerces par un réseau FON), et pour finir un plan correct pour lutter contre les discriminations, que ce soit à l'embauche, dans les bars ou au logement.
Bref, il y a encore du pain sur la planche...

Drague permise au Vondelpark

La drague et le sexe, c'est autorisé tant qu'on ramasse ses capotes, c'est ce qu'a déclaré l'échevin de l'arrondissement amstellodamois en charge du Vondelpark, situé en plein coeur d'Amsterdam, Paul van Grieken, un parc très populaire qui reçoit dix millions de visiteurs chaque année.
Les nouvelles règles dans le parc ont donné lieu à de larges commentaires dans la presse, et des réactions irritées des riverains, tenus de laisser leurs chiens en laisse à certains endroits. "Les chiens qui traversent les pistes cyclables causent beaucoup plus d'irritations que les homos qui draguent dans la roseraie, en général tard le soir" explique l'arrondissement du Vieux-Sud.
Les partis chrétiens (très minoritaires à Amsterdam) sont furieux, mais la très puissante association des amis du Vondelpark est ravie: "La drague est un droit, elle existe depuis si longtemps. Tout le monde sait ce qui se passe près des rosiers. Et comme ça a lieu très tard, personne ne peut se plaindre que ça gène qui que ce soit."
Non seulement elle n'interviendra qu'en cas de sexe au vu de tous en journée, mais la police aimerait que les homos se draguent au vu de tous et non dans les fourrés ou les lieux mal éclairés, ce qui éviterait les risques attaques homophobes. L'années dernière, 20 personnes ont fini à l'hôpital.

http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=12661