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mercredi 10 décembre 2008
lundi 1 décembre 2008
Eurocities et moi, et moi, et moi

J'avais complètement oublié de parler du livre d'Adrian Favell, c'est en rangeant mon
Le livre n'est pas un bel objet et sa lecture n'est pas celle d'un roman, mais elle est très instructive et finalement assez agréable. Au fil des pages, on découvre une nouvelle génération d'Européens largement en avance sur le reste de leurs concitoyens, n'hésitant pas à se mettre en danger culturel, financier et alimentaire pour chercher une nouvelle vie. Ce qui ressort de ce livre, c'est surtout la petitesse des Européens qui ne se déplacent pas, les postes protégés, les abus sur les marchés de l'emploi ou du logement, et la profondeur des frustrations. Car si les leaders et élites européens et nationaux nous parlent de changement, de mobilité et d'adaptabilité, ils sont les derniers à se les appliquer à eux-même.
Farvell me fait passer pour une folle hystéro complètement reine du drame dans ses citations, ce qui ne manquera pas de faire bien rire ses lecteurs. Je conseille sa lecture à tous ceux qui ont émigré ou qui ont l'intention de le faire, ainsi qu'à leurs parents. Quelques jours après l'éruption de colonialisme de la droite australovicienne, voilà un livre qui remet les pendules à l'heure.
lundi 7 juillet 2008
Arrogance française, once again

L'autre jour, c'est l'heure du journal de France 2 sur TV5. Je zappe sur la 809 et... rien. "Cette chaîne n'existe plus". J'appelle UPC, qui est notre fournisseur de câble: envoyez un email à l'APR qui s'occupe de ça. Je vais sur les forums, tout les francophones sont en train de criser, car si TV5 monde est une chaîne de merde, c'est la seule où on peut voir des programmes en français.
Le fin mot de l'histoire, c'est que TV5 a été retirée par UPC parce que TV5 voulait être payée, et qu'UPC a trouvé que, vu l'audience, ça ne valait pas le coup. Du tout. C'est clair. Pire encore, TV5 va partir du satellite, et il faudra un truc cher supercompliqué pour la capter. J'adore me voir un mauvais téléfilm en français de temps en temps avec toujours les mêmes acteurs, mais pas à ce point.
Ce qui me fascine, c'est l'arrogance des Français, qui non contents de martyriser les autres francophones sur TV5 (une longue histoire de domination coloniale envers la Suisse, la Belgique et le Canada), pensent que leur télé fourre-tout est telllement bien que les étrangers vont vouloir payer pour pouvoir diffuser des extraits de France O sur la pèche au goulougoulou en Namibie supérieure, des niouzes canadiennes sur l'augmentation du prix des pelles à neige et de Question pour un champion avec Joceline et Jacky. Ils ne se rendent pas compte qu'on a accès, gratuitement, à plusieurs chaînes de la BBC, à une vingtaine de chaînes néerlandaises, aux chaînes flammandes et allemandes, à une dizaines de canaux d'info et plein de chaînes thématiques. Il débarquent d'où, ceux qui prennent de telles décisions à TV5?
Je m'étais frité à Liège avec un ponte prétentieux et ethnocentriste de la RTBF, si les copains de Sarko nommés à TV5 sont du même niveau, la francophonie est vraiment mal barrée... Une fois de plus, la honte totale. Et toujours cette impression de décalage croissant entre l'élite française et le reste de l'univers...
mardi 20 mai 2008
Le Littré en ligne
Le Littré est enfin en ligne, gratuitement. Pour ceux qui n'ont pas toujours tous les énormes volumes sous la main, il est désormais possible de le consulter en ligne. L'adresse: http://littre.reverso.net/dictionnaire-francaisQuelques citations appropriées et tirées de cette mine:
«La douceur de ce gouvernement [Hollande] et la tolérance de toutes les manières d'adorer Dieu, dangereuse peut-être ailleurs, mais là nécessaire, peuplèrent la Hollande d'une foule d'étrangers»
(Voltaire, Mœurs 187)
«Les Levantins en leur légende
Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas,
Dans un fromage de Hollande
Se retira loin du tracas»
(Jean de la Fontaine, fables VII 2)
«En Hollande, les filles sont de bonne composition»
(Hamilton, Gramm. 6)
«La Hollande est une foire continuelle où personne n'est riche que de sa propre industrie, ou de celle de son père»
(Voltaire, Dict. Phil.)
Pour finir, une définition géniale:
«Hollandiser: Donner à quelque chose, à quelqu'un le caractère, les moeurs hollandaises. On n'a pu hollandiser la Belgique.»
mercredi 14 mai 2008
La loi du plus fort...

Lundi j'ai participé à un débat à Liège sur le thème des gays et des médias, en compagnie de Xavier Ess (qui anime une émission sur les genres sur la radio publique belge) et Alain Gerlache, qui est un grand ponte de la RTBF. C'était très intéressant, mais cela m'a aussi rappelé à quel point la Belgique francophone peut être une colonie culturelle de Paris, surtout parmi ses élites. Gerlache n'a pas arrêté de cracher sur les médias gay en disant qu'ils n'étaient pas viables économiquement. Il a essayé de se la jouer économiste expert en marquétique, mais c'était d'autant plus drôle que, aux dernières nouvelles, la RTBF n'est pas vraiment un média privé vivant uniquement de publicité. Plutôt l'inverse même: monstre mal géré qui engloutit des subsides avec avidité... Mais le plus drôle a été quand il s'en est pris aux méchants "communautaristes" qui placent la communauté avant la nation. Je m'attendais à plus d'intelligence de la part d'un Belge qui sait bien de quoi il en retourne dès qu'on parle de communauté. J'ai ensuite parlé avec des Liégois super sympa (et qui ressemble incroyablement à Pierre C., c'en était effrayant) avec qui nous sommes tombés d'accord sur la question. Ça m'a rassuré.
Cela m'a rappelé la discussion que j'avais eue avec Carry, le mari de Bertrand. Alors que Bertrand est un Français crashé à Bruxelles, Carry est un Flamand vivant lui aussi à Bruxelles. Ils se parlent surtout en anglais, même si Carry pousse notre Bébert national à se mettre au kreukreu. Carry m'a raconté que le Roi parlait un néerlandais lamentable et que sa femme, après plus de 40 ans passés dans le royaume, ne captait toujours pas un mot de flamand. Leurs enfants sont presqu'aussi nuls que leur mère: alors que côté francophone ils sont enthousiastes et bavards, côté néerlandophones ils se tiennent très bien et attendent que ça se passe tellement ils ont peur de faire des gaffes car leur kreukreu est vraiment misérable. Cela est perçu par beaucoup comme un forme d'arrogance extrême alors que Maximá, la future reine des Pays-Bas, hispanophone, a passé plusieurs semaines à Vught chez les nonnes à parfaire son kreukreu, avec un résultat non seulement impressionnant, mais aussi très sexy.
Les réactions de Gerlache, notre grand ponte, m'ont rappelé mes analyses sur les élites françaises (voir mon livre, oui oui, achetez le, il est très bien, c'est Lestrade qui le dit) mais aussi le remarques de Carry sur les souverains monolingues d'un pays trilingue: entre pairs tout a l'air normal, mais s'ils sortaient un peu de leur ghetto médiatico-chic, ils se rendraient compte qu'ils sont vraiment à côté de la plaque.
J'ai eu vraiment honte pour lui quand il a essayé de défendre CNN, que j'avais appelé "chaîne de merde" tant le niveau de leur information fait passer les tabloids européens pour des magazines culturelles: approximations nullissimes, correspondants qui ne parlent jamais la langue, cartes fantaisistes, traitement des émeutes en France comme s'il s'agissait de Ben Laden à Bagdad, racisme latent malgré les présentateurs diversifiés... À se mettre toujours du côté du plus fort, on finit par oublier qui on est et ce qu'on doit faire.
Une leçon à retenir? Ceci dit, allez à Liège. Ville géniale, indigènes vraiment sympathiques.
mardi 13 mai 2008
J'ai adoré Liège
Hier j'ai passé la journée à Liège pour participer à un débat. Tout le monde m'avait dit, façon "Bienvenue chez les Ch'tis" que c'était une ville laide et chiante, que tout le monde était édenté, au chômage et semi-clochard. J'avais un peu peur... En fait la ville est magnifique, et les indigènes sont sympas et charmants, et plutôt sexy pour beaucoup d'entre eux.
Plus je m'y suis promené, plus j'ai aimé. Le centre historique (la plupart des photos qui suivent), mais aussi un gratte-ciel noir que je n'ai pas réussi à photographier tellement j'étais amoureux de l'objet. Liège c'est plein de petites rues avec des restos partout, des terrasses sur toutes les places, des passages ultra-mignons et des tours modernistes comme j'aime, quasiment japonaises. La nouvelle gare, presque finie, est une sorte de squelette magnifique. Jamais vu une aussi belle gare, aussi légère et lumineuse...
Niveau humain, c'est probablement un des endroits les pus tolérants d'Occident, avec une intégration plutôt réussie de la plupart des minorités, et des gays qui sont très bien soutenus par les pouvoirs publics, tout comme les artistes. Et en plus les gens sont polis. Bref, j'ai adoré. J'y retourne bientôt y passer un ouiquenne avec Lewis, c'est sûr.











Plus je m'y suis promené, plus j'ai aimé. Le centre historique (la plupart des photos qui suivent), mais aussi un gratte-ciel noir que je n'ai pas réussi à photographier tellement j'étais amoureux de l'objet. Liège c'est plein de petites rues avec des restos partout, des terrasses sur toutes les places, des passages ultra-mignons et des tours modernistes comme j'aime, quasiment japonaises. La nouvelle gare, presque finie, est une sorte de squelette magnifique. Jamais vu une aussi belle gare, aussi légère et lumineuse...
Niveau humain, c'est probablement un des endroits les pus tolérants d'Occident, avec une intégration plutôt réussie de la plupart des minorités, et des gays qui sont très bien soutenus par les pouvoirs publics, tout comme les artistes. Et en plus les gens sont polis. Bref, j'ai adoré. J'y retourne bientôt y passer un ouiquenne avec Lewis, c'est sûr.
samedi 19 avril 2008
Les neutres enfin listés

Ah, le genre des mots en néerlandais... un vrai mystère stressant pour les allophones comme moi. Est-ce "het" ou "de"? J'ai l'impression de parler comme Jane Birkin, à mélanger les genres à la manière de "la couteau dans le plaie".
Ça va faire presque dix ans que je cherche partout une liste des mots neutres en néerlandais. Même en ligne, impossible de les trouver. Pourtant, à part quelques règles, la seule manière de savoir si un mot doit avoir "het" (neutre) ou "de" (masculin et féminin) est de les apprendre par coeur.
J'ai concocté ma petite liste sur http://www.laurentchambon.com/het-woorden.html pour ceux que ça intéresse. Pour ceux qui ont encore des problèmes avec les règles, ou ceux qui veulent la liste dans sa totalité, le mieux est encore d'aller acheter le livre à Intertal. On y trouve des exercices et un plan de travail.
Ce qui me fascine dans cette histoire, c'est le néerlandocentrisme des grammairiens, qui ont assumé depuis le début qu'on assimilait les genres en naissant aux Pays-Bas, comme si cela n'intéressait aucun allophone de s'y mettre. Que personne n'ait mis nulle part une liste des mots neutres, c'est quand même incroyable, non? Après plus de quatre siècles de grammaire néerlandaise, il était temps, vous ne trouvez pas?
Allez, het huis, het winkeltje, het afval, het wachtwoord, het web... répétez après moi.
mardi 15 avril 2008
Martin a deux ans et demi




Émilie est passée nous voir dans le Poitou et a fait quelques photos, en particulier du bébé poilu, Martin, aka Lapin-en-chocolat (voir http://martindaraby.blogspot.com pour la totale). Il vient d'avoir deux ans et demi et est donc presque un adulte. Il restera compact et mignon, apparement. À part ça? Je me suis pris un sale coup de soleil (je pèle, ça gratouille, j'avais oublié combien le soleil d'avril peut être violent) alors que Lewis a bronzé. La loterie génétique n'a pas été généreuse avec tout le monde niveau mélanine, c'est clair.
Avec le retour, pas mal de chose prévues: le livre sort bientôt, la sortie du disque à préparer, des projets politiques, des projets de recherche aussi... Passage via Mehmet à Vilvoorde, près de Bruxelles, on s'est tellement amusés que j'ai oublié de faire des photos. Ce sera pour la prochaine fois.
samedi 29 mars 2008
samedi 22 décembre 2007
Hôtesse du fer
Aujourd'hui, Thalys en direction de Paris pendant que Cléry et Steefaan nous croisent sans le savoir en voiture (ils viennent de Normandie via Lille pour s'occuper de Jean-Louis le chat en attendant qu'Aldo arrive d'Italie).
À Bruxelles, surprise: Mister B., aka DJ Bærtran (le DJ House attitré de Cherry Juice Recordings), monte dans le train. Retrouvailles en photo dans le bar... En fait on savait, on s'était arrangé. Mais même si c'était une surprise sans surprise, ça reste une agréable semi-surprise... Et puis c'est diablement international, tout ça, non?


Martin le chien a été ravi de jouer avec tonton Bærtran qui l'a connu quand il avait à peine quelques semaines et qu'on pouvait encore le transporter dans un sac (voir ici)...

À Bruxelles, surprise: Mister B., aka DJ Bærtran (le DJ House attitré de Cherry Juice Recordings), monte dans le train. Retrouvailles en photo dans le bar... En fait on savait, on s'était arrangé. Mais même si c'était une surprise sans surprise, ça reste une agréable semi-surprise... Et puis c'est diablement international, tout ça, non?
Martin le chien a été ravi de jouer avec tonton Bærtran qui l'a connu quand il avait à peine quelques semaines et qu'on pouvait encore le transporter dans un sac (voir ici)...
lundi 17 décembre 2007
Une Wallonie française?
J'ai lu l'autre jour un article dans Libération qui m'a beaucoup surpris: "Un appel à une Belgique française".Je cite: "Le francophone du Mouvement réformateur (MR) Daniel Ducarme, ancien ministre et actuel député de la région de Bruxelles-capitale, propose, dans un discours prononcé samedi matin que Libération s’est procuré, que les francophones créent une «Belgique française», réunissant les régions de Bruxelles et de Wallonie, qui serait «associée» à la France."
Je ne suis pas un expert, mais cela me paraissait vraiment exagéré. J'ai donc demandé à mes amis de Minorités qui y vivent ou y ont vécu si c'était crédible.
Pierre-Yves Lambert: "Depuis qu'il dirige la "section internationale" du MR (les sections du MR hors de Belgique), Daniel Ducarme passe probablement trop de temps en France ou avec les gens des sections de l'UMP en Belgique, et le fait qu'il ait donné une interview simultanée au Soir et à Libération est significatif, il veut briller en France (et je suppose que Le Figaro n'aurait pas ouvert ses colonnes à cet hurluberlu has-been et fraudeur fiscal). Que la fin de la Belgique soit inéluctable à moyen terme, et peut-être même à court terme, je crois que de plus en plus de personnes qui vivent ici s'en rendent compte, mais les Belges francophones n'ont en général aucune sympathie pour le France et les Français, ça va même parfois jusqu'à une forme de racisme (le pendant logique des "blagues belges"), il n'y a qu'une minorité d'illuminés à côté de leurs pompes, vivant dans une bulle a-historique, qui militent pour une forme ou une autre de rattachement ou d'"association" à la France. Personnellement, je n'ai aucune envie d'être associé à la Wallonie, en tant que Bruxellois polyglotte et plurinational je ne me sens rien en commun avec les Wallons, et l'état d'esprit en Flandre m'inquiète. L'idéal serait un district européen à Bruxelles, ou toute autre forme de ville libre. Mais je plains ceux qui n'ont que la nationalité belge, ça doit être dur pour eux de ne pas savoir à quelle sauce ils seront mangés..."
'Abu Dabi' (un pseudo): "Pas crédible, du tout. Même si la scission à terme de la Belgique semble très probable, et extrémement problématique (on en sous-estime toujours les grandes difficultés), je vois mal la Wallonie et Bruxelles, habitués à l'autonomie d'un système fédéral, passer au jacobinisme français. D'ailleurs, le rattachement de Bruxelles me semble absolument exclu, car le siège des institutions communautaires pourra difficilement tomber dans le giron français sans que les autres grands Etats de l'UE ne réagissent. Seule la Wallonie pourrait être intéressée, et encore, peut-être que Liège ;-)
Dire que la Wallonie pourrait avoir un statut comme celui de la Polynésie c'est du grand n'importe quoi. Croire que le Nord-Pas de Calais, l'Alsace ou la Bretagne accepteraient de voir une région voisine avoit un statut quasi-fédéral alors qu'elles sont toujours sous la tutelle d'un préfet, c'est réver les yeux ouverts. Et je n'évoque même pas ici lers calculs économiques (je doute que la Wallonie fasse envie) et politiques (un bastion du PS)...
Mais Dieu est le plus savant comme on dit chez nous..."
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jeudi 1 novembre 2007
Mehmet s'arrête, quel gâchis!
Mon ami Mehmet Koksal (co-fondateur de Minorités) arrête son blog. C'est d'autant plus triste que c'est la première chose que je lisais le matin en me levant, tellement c'était intéressant. Comme il l'explique dans son dernier message (ci-dessous), entre les menaces et l'impunité des gens dont il dénonce les dérives, ça commence à faire beaucoup. Dommage pour la Belgique, dommage pour l'Europe, dommage pour le journalisme sérieux, dommage pour nous tous.
J'arrête ! Posted: 29 Oct 2007 04:53 AM CDT
J'ai accordé un entretien au supplément d'investigation (Reporter) du quotidien flamand De Morgen (27/10/07) où j'explique notamment que les problèmes découlant du retard linguistique et du regroupement familial ne peuvent être surmontés sans, notamment, passer par l'obligation d'apprendre une des langues du pays de résidence. La preuve ? La plupart des parents qui étaient invités à venir chercher leur gamin-casseur sympathisant loup-gris dans les commissariats de police ne comprenaient ni le français, ni le flamand. Comment voulez-vous encore leur expliquer que les manifestations étaient illégales et que les "jeunes" ont commis des actes de vandalisme intolérables ? C'est d'autant plus difficile que les médias turcs (essentiellement Hürriyet) n'ont presque pas évoqué les dégâts et les victimes en faisant croire que l'Etat policier belge arrêtait toute personne évoquant le mot "Turquie". Pire, pas un seul "responsable" politique ou associatif en Belgique n'a osé critiquer (en turc) ces jeunes arborant fièrement le drapeau de l'extrême droite. De mon côté, la situation est devenue insupportable.
Menaces et insultes, pression familiale et procès à charge dans les associations et cafés turcs, j'en ai marre de devoir expliquer des principes de base d'une société démocratique à des personnes qui refusent tout dialogue. J'en parlais encore récemment avec un ami. "Ecoute Mehmet, tu as raison mais ce n'est plus la raison qui s'applique dans ce cas. Dans l'affaire Kir aussi, tu avais raison et la justice t'a aussi donné raison mais c'est finalement toi qui a perdu. Regarde les choses en face : Emir Kir n'a rien eu comme conséquence, il peut toujours tranquillement se balader avec son chauffeur tout en continuant à faire croire dans les cafés turcs que c'est toi qui l'a attaqué parce qu'il refusait de reconnaître le génocide arménien. C'est lui le gagnant car il a pu changer à lui seul la ligne du PS sur le génocide arménien même si on n'osera jamais ouvertement l'avouer au siège du parti. Tu révèles la présence d'un loups gris sur la liste PS à Schaerbeek ? Avec Laurette Onkelinx, c'est tout l'appareil du PS qui te déteste et te disqualifie. Tu gagnes en justice face à Kir, c'est Philippe Moureaux qui t'accuse d'imbécilité et de calomnie. Tu traduis les propos négationnistes des élus MR (Köse, Öztürk,...), c'est toi qu'on accuse de traîtrise. Tu relates le service militaire en Turquie d'un député SP.A, c'est toi qu'on accuse d'espionnage. Tu dénonces le communautarisme du CDH, tu deviens automatiquement persona non grata dans les débats. Tu relates le discours belliqueux d'Ergün Top (CD&V) contre la Belgique, aucune réaction de la part d'Yves Leterme. Les gars sont toujours en place, ils sont même parfois promus mais c'est toi qui ramasses en fin de compte", commente mon interlocuteur.
L'immobilisme politique, ou l'a-politisme, des dirigeants belges n'a effectivement que renforcé les discours autoritaires, les valeurs antidémocratiques et les propos négationnistes sur le terrain bruxellois. Un exemple : alors que la pénalisation des propos négationnistes a été bloquée au Sénat (par le PS et le CDH), sur le terrain bruxellois ce sont ceux qui reconnaissent le génocide arménien qui ont été punis manu militari. "Bon, Mehmet, tu savais quand même qu'ils allaient un jour te casser la gueule après tout ce que tu as déjà pu écrire sur la question arménienne. Concernant le propriétaire du café arménien qu'ils ont attaqué, il paraît que cette personne a été reconnue devant l'ambassade de Turquie alors qu'il manifestait pour la reconnaissance du génocide arménien. Il n'est donc pas tout à fait blanc non plus!", dit un observateur. Suis-je le seul à m'inquiéter de ce glissement dangereux soutenu par les dirigeants politiques de ce pays ? Les dirigeants se rendent-ils compte des "modèles" politiques qu'ils sont en train de promouvoir pour de simples calculs électoralistes à court terme ? Par ailleurs, je ne suis toujours pas convaincu du gain électoral qui découlerait d'une campagne communautariste dans la niche ethnique et je suis prêt à faire le pur calcul électoraliste pour argumenter sur l'expérience contraire.
Bref, la classe politique et le système clanique empêchent donc l'émergence d'un journalisme d'investigation totalement indépendant des groupes de pression. "La Belgique n'aime pas les francs-tireurs mon cher ami", m'avait précisé mon ancien professeur à l'ULB. "Il n'y a pas de marché en Belgique francophone pour le style de journalisme que vous défendez. Vous êtes déjà très isolé, il ne sera pas très difficile de vous écarter définitivement du petit monde journalistique".
Ce sera donc mon dernier papier sur ce blog "Humeur allochtone" que j'avais lancé le 24/10/2003 (j'ai l'impression d'entendre un grand "ouf" de soulagement). L'idée était de promouvoir un journalisme d'investigation sur les affaires politiques belges (pas internationales) en jouant sur un maximum de transparence possible. Parallèlement, j'en avais marre de lire que "les allochtones" étaient comme-ci puis comme-ça sous la plume de certains journalistes ou élus qui n'y pigeaient généralement rien de la gestion des affaires "très étrangères". L'objectif était donc de faire "comme la presse" mais en relatant les choses à partir d'un point de vue subjectif avoué et en suscitant l'interactivité avec le lectorat. En peu de temps, j'ai eu l'impression de contribuer, de manière constructive, aux débats politiques.
J'arrête donc ce blog, victime de son succès, afin d'offrir une fausse "vie normale" à mon entourage. Je n'ai peur ni du système, ni des réseaux mais je veux surtout calmer les inquiétudes de mon entourage en mettant un terme à cette passionnante expérience de journalisme en direct. Les menaces et les insultes que je reçois me font généralement rire mais je comprends que mon entourage ne partage ni mes opinions, ni mon sens de l'humour. Je vais donc continuer à écrire ... mais sur d'autres supports médiatiques.
En vous remerciant tous d'avoir suivi les quelques "scoops" sur ce blog (merci aussi pour vos commentaires forts amusants, instructifs, étonnants ou révoltants) je vous adresse mes plus sincères salutations.
http://allochtone.blogspot.com/
J'arrête ! Posted: 29 Oct 2007 04:53 AM CDT J'ai accordé un entretien au supplément d'investigation (Reporter) du quotidien flamand De Morgen (27/10/07) où j'explique notamment que les problèmes découlant du retard linguistique et du regroupement familial ne peuvent être surmontés sans, notamment, passer par l'obligation d'apprendre une des langues du pays de résidence. La preuve ? La plupart des parents qui étaient invités à venir chercher leur gamin-casseur sympathisant loup-gris dans les commissariats de police ne comprenaient ni le français, ni le flamand. Comment voulez-vous encore leur expliquer que les manifestations étaient illégales et que les "jeunes" ont commis des actes de vandalisme intolérables ? C'est d'autant plus difficile que les médias turcs (essentiellement Hürriyet) n'ont presque pas évoqué les dégâts et les victimes en faisant croire que l'Etat policier belge arrêtait toute personne évoquant le mot "Turquie". Pire, pas un seul "responsable" politique ou associatif en Belgique n'a osé critiquer (en turc) ces jeunes arborant fièrement le drapeau de l'extrême droite. De mon côté, la situation est devenue insupportable.
Menaces et insultes, pression familiale et procès à charge dans les associations et cafés turcs, j'en ai marre de devoir expliquer des principes de base d'une société démocratique à des personnes qui refusent tout dialogue. J'en parlais encore récemment avec un ami. "Ecoute Mehmet, tu as raison mais ce n'est plus la raison qui s'applique dans ce cas. Dans l'affaire Kir aussi, tu avais raison et la justice t'a aussi donné raison mais c'est finalement toi qui a perdu. Regarde les choses en face : Emir Kir n'a rien eu comme conséquence, il peut toujours tranquillement se balader avec son chauffeur tout en continuant à faire croire dans les cafés turcs que c'est toi qui l'a attaqué parce qu'il refusait de reconnaître le génocide arménien. C'est lui le gagnant car il a pu changer à lui seul la ligne du PS sur le génocide arménien même si on n'osera jamais ouvertement l'avouer au siège du parti. Tu révèles la présence d'un loups gris sur la liste PS à Schaerbeek ? Avec Laurette Onkelinx, c'est tout l'appareil du PS qui te déteste et te disqualifie. Tu gagnes en justice face à Kir, c'est Philippe Moureaux qui t'accuse d'imbécilité et de calomnie. Tu traduis les propos négationnistes des élus MR (Köse, Öztürk,...), c'est toi qu'on accuse de traîtrise. Tu relates le service militaire en Turquie d'un député SP.A, c'est toi qu'on accuse d'espionnage. Tu dénonces le communautarisme du CDH, tu deviens automatiquement persona non grata dans les débats. Tu relates le discours belliqueux d'Ergün Top (CD&V) contre la Belgique, aucune réaction de la part d'Yves Leterme. Les gars sont toujours en place, ils sont même parfois promus mais c'est toi qui ramasses en fin de compte", commente mon interlocuteur.
L'immobilisme politique, ou l'a-politisme, des dirigeants belges n'a effectivement que renforcé les discours autoritaires, les valeurs antidémocratiques et les propos négationnistes sur le terrain bruxellois. Un exemple : alors que la pénalisation des propos négationnistes a été bloquée au Sénat (par le PS et le CDH), sur le terrain bruxellois ce sont ceux qui reconnaissent le génocide arménien qui ont été punis manu militari. "Bon, Mehmet, tu savais quand même qu'ils allaient un jour te casser la gueule après tout ce que tu as déjà pu écrire sur la question arménienne. Concernant le propriétaire du café arménien qu'ils ont attaqué, il paraît que cette personne a été reconnue devant l'ambassade de Turquie alors qu'il manifestait pour la reconnaissance du génocide arménien. Il n'est donc pas tout à fait blanc non plus!", dit un observateur. Suis-je le seul à m'inquiéter de ce glissement dangereux soutenu par les dirigeants politiques de ce pays ? Les dirigeants se rendent-ils compte des "modèles" politiques qu'ils sont en train de promouvoir pour de simples calculs électoralistes à court terme ? Par ailleurs, je ne suis toujours pas convaincu du gain électoral qui découlerait d'une campagne communautariste dans la niche ethnique et je suis prêt à faire le pur calcul électoraliste pour argumenter sur l'expérience contraire.
Bref, la classe politique et le système clanique empêchent donc l'émergence d'un journalisme d'investigation totalement indépendant des groupes de pression. "La Belgique n'aime pas les francs-tireurs mon cher ami", m'avait précisé mon ancien professeur à l'ULB. "Il n'y a pas de marché en Belgique francophone pour le style de journalisme que vous défendez. Vous êtes déjà très isolé, il ne sera pas très difficile de vous écarter définitivement du petit monde journalistique".
Ce sera donc mon dernier papier sur ce blog "Humeur allochtone" que j'avais lancé le 24/10/2003 (j'ai l'impression d'entendre un grand "ouf" de soulagement). L'idée était de promouvoir un journalisme d'investigation sur les affaires politiques belges (pas internationales) en jouant sur un maximum de transparence possible. Parallèlement, j'en avais marre de lire que "les allochtones" étaient comme-ci puis comme-ça sous la plume de certains journalistes ou élus qui n'y pigeaient généralement rien de la gestion des affaires "très étrangères". L'objectif était donc de faire "comme la presse" mais en relatant les choses à partir d'un point de vue subjectif avoué et en suscitant l'interactivité avec le lectorat. En peu de temps, j'ai eu l'impression de contribuer, de manière constructive, aux débats politiques.
J'arrête donc ce blog, victime de son succès, afin d'offrir une fausse "vie normale" à mon entourage. Je n'ai peur ni du système, ni des réseaux mais je veux surtout calmer les inquiétudes de mon entourage en mettant un terme à cette passionnante expérience de journalisme en direct. Les menaces et les insultes que je reçois me font généralement rire mais je comprends que mon entourage ne partage ni mes opinions, ni mon sens de l'humour. Je vais donc continuer à écrire ... mais sur d'autres supports médiatiques.
En vous remerciant tous d'avoir suivi les quelques "scoops" sur ce blog (merci aussi pour vos commentaires forts amusants, instructifs, étonnants ou révoltants) je vous adresse mes plus sincères salutations.
http://allochtone.blogspot.com/
jeudi 4 octobre 2007
Impact médiatique
À midi je suis allé déjeûner avec Patricia B., une copine française qui se débrouille déjà pas mal en néerlandais (bravo Patricia!) dans le café suédois du quartier. C'était vraiment très bon, on en a pour son argent et l'endroit est vraiment sympa. Il y a des jouets pour les enfants, des livres de cuisine, une échelle pour mesurer si on est vraiment grand avec une dessin de Moumine le Troll (le livre qui m'a donné la passion de lire), des pains suédois et danois, et du jus de canneberge.Le plus drôle a été que le mec du café, un Suédois qui parle néerlandais parfaitement, m'a demandé "je peux vous poser une question personnelle?". J'ai répondu oui, bien sûr. "Vous aurais-je vu sur Buitenhof ?" Presque deux ans après, ce passage télé en duo avec Dyab Abou Jahjah de la Ligue Arabe Européenne, semble avoir laissé des traces. À l'époque, j'avais été éreinté par la presse de droite pour mon analyse des émeutes françaises, mais félicité dans la rue par des inconnus, surtout des jeunes d'origine allochtone. Il y a quelques semaines un mec d'origine marocaine de la gym m'a présenté à un copain à lui d'origine turque en parlant de ce passage télé. C'est dingue comment une grosse demi-heure à la télé peut marquer les gens. Pas étonnant que tant de gens veulent à tout prix passer sur le petit écran.
On a ensuite eu une discussion sur l'état du pays, les conséquences politiques de la vague Fortuyn, la place particulière des allochtones d'origine occidentale, le sexe avec les Néerlandais(es), et la Belgique (sa copine est Belge). Très intéressant. Mec sympa, café recommandé.Regardez qui était présent sur le plateau télé derrière moi. Oui, Loulou en personne. J'étais maquillé comme une voiture volée, mais c'est aussi ça, la télé.
vendredi 31 août 2007
Modèle travailliste en question
J'ai été appelé par des socialistes européens aujourd'hui. Ils m'ont dit: "On attend de voir ce qui se passe au PvdA avant de commencer quoi que ce soit. On veut d'abord voir qui gagne cette bataille pour le pouvoir au sein du parti, maintenant que Bos est au gouvernement et qu'il est évident que sa stratégie a été la plus grosse raison de l'humiliation des dernières élections. Le résultat aura des conséquences sur le Bénélux, mais aussi en France, et probablement, en cascade, sur l'ensemble des pays européens."
Je résume, bien sûr. Ce n'est un secret pour personne que la droitisation du parti travailliste m'a rendu très malheureux. Au niveau national, mais aussi au niveau local, où la reprise sans critique de la fable néo-libérale pour justifier tout et n'importe quoi m'a révolté (voir les labels PvdA, Politique ou Oud Zuid). Dans ma fraction, il y a clairement une branche gauche et une branche droite, qui est pour beaucoup liée à la classe sociale. En gros, les riches sont de droite, les classes moyennes de gauche. Franchement cliché, mais c'est ainsi.
J'espère sincèrement qu'à défaut de reprendre le pouvoir (c'est toujours très compliqué, et le PvdA est un parti très difficile à gérer, avec de nombreux courants), l'opération "plumes rouges" va permettre de remettre les bonnes questions au centre du débat.
Dans la presse néerlandaise:
Le Volkskrant publie une tribune de Jacques Monasch, qui a pris la tête d’un groupe de socialistes favorables à un retour à une idéologie clairement marquée à gauche pour le PvdA : « il est temps de prendre un virage à gauche et de quitter la Troisième Voie ».
Selon M. Monasch, « la position de la social-démocratie en Europe est partout préoccupante, et aussi aux Pays-Bas où le PvdA ne cesse de baisser dans les sondages. Alors que dans les années quatre vingt dix, elle avait connu une renaissance miraculeuse sous le signe de la ‘Troisième Voie’. (...) Avec les coalitions ‘violettes’, le PvdA s’est subrepticement rapproché de ce mouvement de renouveau européen. Sur un certain nombre de sujets, le parti se distingue ainsi positivement de ses principaux concurrents électoraux : le SP a encore une approche simpliste de l’économie et dans les grandes villes, il s’oppose - de même que GroenLinks - à une politique de retour à l’activité des personnes bénéficiant d’une allocation sociale. Mais sur nombre d’autres questions, le renouveau n’apporte pas de réponse : la protection sociale a été assimilée à des citoyens peureux et une ligne de dépense pour l’Etat ; la globalisation est un processus inévitable, dont on met en valeur seulement les aspects positifs ; des thèmes de droite comme les privatisations et l’internationalisation ont été repris sans broncher et même encouragés par certains dirigeants du PvdA. (...)
La social- démocratie est pour nous plus qu’un mouvement destiné à renverser les obstacles et à oublier la protection des revenus moyens (pour ne leur apporter que des mesures d’urgence de type aide sociale ou projet subventionné). On ne bâtit pas un projet politique sur de simples filets de secours. Notre société moderne a toujours besoin d’arrangements de protections sociales à côté des arrangements stimulant la participation des citoyens. Le PvdA doit, plus que tout autre parti, être capable de proposer une combinaison de sécurité, d’émancipation et de perspectives d’avenir.
Les thèmes qui sont au cœur de notre initiative ‘plumes rouges’ doivent être les thèmes d’un PvdA moderne et progressiste : solidarité dans le domaine des revenus (...) ; maintien d’une législation protectrice dans le domaine du licenciement (...) ; lutte contre la pauvreté (...) ; préservation du critère humain comme mesure de toute chose (...) ; liberté d’expression (...). Et finalement, conformément à notre tradition internationale, nous demandons un débat sérieux sur la Constitution européenne, à l’issue duquel les électeurs devront être consultés par référendum.
Cela représente une rupture par rapport à la tradition de responsabilité gouvernementale du PvdA, qui pense trop souvent savoir ce qui est bon pour les citoyens. (...) Le vent de la politique s’apprête à souffler dans une autre direction, la Troisième Voie va être reléguée au passé. Une série d’études internes et le nouveau programme du parti n’ont pas permis de renouvellement notable. Le moment est venu pour les adhérents de faire savoir qu’ils souhaitent un changement d’orientation et d’organisation pour le plus grand parti social-démocrate des Pays-Bas. »
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=8835
Je résume, bien sûr. Ce n'est un secret pour personne que la droitisation du parti travailliste m'a rendu très malheureux. Au niveau national, mais aussi au niveau local, où la reprise sans critique de la fable néo-libérale pour justifier tout et n'importe quoi m'a révolté (voir les labels PvdA, Politique ou Oud Zuid). Dans ma fraction, il y a clairement une branche gauche et une branche droite, qui est pour beaucoup liée à la classe sociale. En gros, les riches sont de droite, les classes moyennes de gauche. Franchement cliché, mais c'est ainsi.
J'espère sincèrement qu'à défaut de reprendre le pouvoir (c'est toujours très compliqué, et le PvdA est un parti très difficile à gérer, avec de nombreux courants), l'opération "plumes rouges" va permettre de remettre les bonnes questions au centre du débat.
Dans la presse néerlandaise:
Le Volkskrant publie une tribune de Jacques Monasch, qui a pris la tête d’un groupe de socialistes favorables à un retour à une idéologie clairement marquée à gauche pour le PvdA : « il est temps de prendre un virage à gauche et de quitter la Troisième Voie ».
Selon M. Monasch, « la position de la social-démocratie en Europe est partout préoccupante, et aussi aux Pays-Bas où le PvdA ne cesse de baisser dans les sondages. Alors que dans les années quatre vingt dix, elle avait connu une renaissance miraculeuse sous le signe de la ‘Troisième Voie’. (...) Avec les coalitions ‘violettes’, le PvdA s’est subrepticement rapproché de ce mouvement de renouveau européen. Sur un certain nombre de sujets, le parti se distingue ainsi positivement de ses principaux concurrents électoraux : le SP a encore une approche simpliste de l’économie et dans les grandes villes, il s’oppose - de même que GroenLinks - à une politique de retour à l’activité des personnes bénéficiant d’une allocation sociale. Mais sur nombre d’autres questions, le renouveau n’apporte pas de réponse : la protection sociale a été assimilée à des citoyens peureux et une ligne de dépense pour l’Etat ; la globalisation est un processus inévitable, dont on met en valeur seulement les aspects positifs ; des thèmes de droite comme les privatisations et l’internationalisation ont été repris sans broncher et même encouragés par certains dirigeants du PvdA. (...)
La social- démocratie est pour nous plus qu’un mouvement destiné à renverser les obstacles et à oublier la protection des revenus moyens (pour ne leur apporter que des mesures d’urgence de type aide sociale ou projet subventionné). On ne bâtit pas un projet politique sur de simples filets de secours. Notre société moderne a toujours besoin d’arrangements de protections sociales à côté des arrangements stimulant la participation des citoyens. Le PvdA doit, plus que tout autre parti, être capable de proposer une combinaison de sécurité, d’émancipation et de perspectives d’avenir.
Les thèmes qui sont au cœur de notre initiative ‘plumes rouges’ doivent être les thèmes d’un PvdA moderne et progressiste : solidarité dans le domaine des revenus (...) ; maintien d’une législation protectrice dans le domaine du licenciement (...) ; lutte contre la pauvreté (...) ; préservation du critère humain comme mesure de toute chose (...) ; liberté d’expression (...). Et finalement, conformément à notre tradition internationale, nous demandons un débat sérieux sur la Constitution européenne, à l’issue duquel les électeurs devront être consultés par référendum.
Cela représente une rupture par rapport à la tradition de responsabilité gouvernementale du PvdA, qui pense trop souvent savoir ce qui est bon pour les citoyens. (...) Le vent de la politique s’apprête à souffler dans une autre direction, la Troisième Voie va être reléguée au passé. Une série d’études internes et le nouveau programme du parti n’ont pas permis de renouvellement notable. Le moment est venu pour les adhérents de faire savoir qu’ils souhaitent un changement d’orientation et d’organisation pour le plus grand parti social-démocrate des Pays-Bas. »
http://www.ambafrance.nl/article.php?id_article=8835
mardi 28 août 2007
Transformations corporelles canines
Hier, j'ai découvert par hasard sur internet que les chiens qui vivent autour de nous sont certes le produit d'une sélection génétique particulière (le Labrador a été sélectionné pour ses carractéristiques physiques et mentales particulières), mais qu'ils subissent très souvent des transformations corporelles à la naissance: taille des oreilles, coupe ou racourcissement de la queue ou ablation des ergots. Je n'en avais aucune idée. Pourtant Martin ne présente aucun ergot aux pattes arrières, il est donc probable qu'on les lui a otés peu après sa naissance. Les ergots sont le reste de ce qui correspond chez nous au pouce, et on les coupe généralement, du moins sur les pattes arrières, lors du 3ème jour, surtout pour éviter que les chiens ne se blessent, l'ergot étant souvent mal attaché à la patte et s'arrachant facilement.
La coupe des oreilles et de la queue est strictement interdite dans l'Europe du Nord, et autorisée dans l'Europe du Sud, avec, entre les deux, quelques pays mixtes où elle est autorisée uniquement pour certaines races. Les scandinaves considèrent qu'il s'agit d'un mauvais traitement, et les latins que c'est une opération indolore si pratiquée assez tôt et qui empêche le chien de se blesser et de souffrir inutilement. Aux Pays-Bas, l'ablation de la queue ou la coupe des oreilles est interdite et l'on voit des chiens magnifiques affublés d'une queue maigre et ridicule qui, j'imagine, peut s'abimer facilement pour peu qu'ils s'agisse d'un chien chasseur ou aventurier des buissons sauvages.
Il semble que la position des différents pays européens sur la question est franchement culturelle et ne correspond pas à une décision rationnelle: la question de la nature est absurde au vu de la façon dont les chiens ont été sélectionnés, presqu'aucun des chiens qui sont autour de nous n'étant dans un tel état dans la nature. La torture que peut représenter de telles transformations corporelles sont discutées (certains disent qu'il s'agit de torture, d'autres que le chiot de quelques jours n'a pas encore connecté tout son système nerveux), mais ce qui ressort de ces discussions, c'est que les nordiques fantasment complètement sur l'état de nature supposé des chiens (une vision protestante?), et que les latins voient les chiens comme une machine qui doit être efficace sans trop se poser de questions sur les souffrance éventuelles des chiots.
Ce qui me fascine, c'est que les nordiques se font des soucis pour la queue des chiens, mais continuent à tolérer des élevages de porcs ou de poulets où les animaux sont non seulement torturés via des castrations, des coupes de queues ou d'oreilles sans anesthésie, mais aussi et surtout par leurs conditions de vie, enfermés, stressés, maltraités, sans espace ni nourriture saine. Pire encore, ils nourissent leurs propres enfants (humains) avec de la bouffe de merde et en font des obèses (top européen: Allemagne, Belgique, Pays-Bas). Si ce n'est pas une forme de transformation corporelle confinant à la torture, je ne sais pas ce que c'est...
La coupe des oreilles et de la queue est strictement interdite dans l'Europe du Nord, et autorisée dans l'Europe du Sud, avec, entre les deux, quelques pays mixtes où elle est autorisée uniquement pour certaines races. Les scandinaves considèrent qu'il s'agit d'un mauvais traitement, et les latins que c'est une opération indolore si pratiquée assez tôt et qui empêche le chien de se blesser et de souffrir inutilement. Aux Pays-Bas, l'ablation de la queue ou la coupe des oreilles est interdite et l'on voit des chiens magnifiques affublés d'une queue maigre et ridicule qui, j'imagine, peut s'abimer facilement pour peu qu'ils s'agisse d'un chien chasseur ou aventurier des buissons sauvages.
Il semble que la position des différents pays européens sur la question est franchement culturelle et ne correspond pas à une décision rationnelle: la question de la nature est absurde au vu de la façon dont les chiens ont été sélectionnés, presqu'aucun des chiens qui sont autour de nous n'étant dans un tel état dans la nature. La torture que peut représenter de telles transformations corporelles sont discutées (certains disent qu'il s'agit de torture, d'autres que le chiot de quelques jours n'a pas encore connecté tout son système nerveux), mais ce qui ressort de ces discussions, c'est que les nordiques fantasment complètement sur l'état de nature supposé des chiens (une vision protestante?), et que les latins voient les chiens comme une machine qui doit être efficace sans trop se poser de questions sur les souffrance éventuelles des chiots.
Ce qui me fascine, c'est que les nordiques se font des soucis pour la queue des chiens, mais continuent à tolérer des élevages de porcs ou de poulets où les animaux sont non seulement torturés via des castrations, des coupes de queues ou d'oreilles sans anesthésie, mais aussi et surtout par leurs conditions de vie, enfermés, stressés, maltraités, sans espace ni nourriture saine. Pire encore, ils nourissent leurs propres enfants (humains) avec de la bouffe de merde et en font des obèses (top européen: Allemagne, Belgique, Pays-Bas). Si ce n'est pas une forme de transformation corporelle confinant à la torture, je ne sais pas ce que c'est...
dimanche 22 juillet 2007
Post-nationalisme belge
Il m'arrive de critiquer le manque de culture générale des élites néerlandaises. Et bien, nos voisins sont bien pire. Regardez donc cet embarrassant reportage, un peu méchant mais tellement jouissif, d'un journaliste de la RTBF sur l'étendue des connaissances de la classe politique belge: le futur-premier ministre confond la Marseillaise et la Brabançonne, et l'ancien premier minitre déclare qu'on célèbre le jour de la fête nationale... la fête nationale.
Il est aussi intéressant de voir que les commentaires français sur l'événement portent sur le francotropisme des wallons et de l'éventuel rattachement de la Wallonie à la France. Comme quoi, la politique expansionniste française a encore de beaux jours devant elle!
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