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mercredi 27 juin 2007

Terreur locale

Aujourd'hui j'ai parlé avec quelques personnes du quartier. Comme beaucoup savent que j'ai été celui qui a voulu que la fête de la musique ait lieu enfin à Amsterdam (j'ai suffisamment couru le quartier le mobiliser), on vient me voir dès que quelque chose concernant cette fête ne va pas. J'ai ainsi appris que les plaintes se font de plus en plus nombreuses.
Sans rentrer dans les détails sordides, la coordinatrice s'est paraît-il illustrée par ses mensonges et sa violence verbale à l'égard de certains habitants et cafetiers (on a envoyé le même genre d'insultes qu'à moi, comme quoi il y a ici une certaine habitude), et je commence à me demander s'il n'y a pas eu tentative de chantage dans certains cas. En gros, les cafés qui n'ont pas voulu payer se sont retrouvés avec une scène qui leur tournait le dos ou qui empêchait d'atteindre leur terrasse. C'est d'autant plus scandaleux que l'arrondissement a débloqué suffisamment d'argent pour que tout aille comme sur des roulettes.
Après avoir viré les étrangers du projets, s'être mis à dos l'essentiel des volontaires, n'avoir fait aucune publicité pour ne pas avoir à recruter des volontaires et des artistes, avoir refuser de débloquer un peu d'argent pour les musiciens venant de loin, avoir transformé un projet de quartier en une fête vulgaire, commerciale et bruyante, nous voilà confrontés à une organisation qui terroriserait les cafetiers, les racketterait et se ferait malgré tout payer par l'arrondissement... pour promouvoir le lien social. Un comble!
C'est au delà de la honte, cela tourne au scandale. L'évaluation que m'a promise l'échevin va très certainement tirer tout cela au clair. Que mon nom et celui mon parti puisse être associés à de telles pratiques, même de façon indirecte et involontaire, et qu'un événement a priori festif et collectif devienne une chose violente et confisquée par quelques uns me révolte profondément. A suivre, donc.

samedi 23 juin 2007

Une fête presqu'inexistante

Je suis terriblement déçu de la manière dont la fête de la musique pour laquelle je me suis tant battu a été organisée. J'en ai été malade, littéralement (une méga rhume et une terrible bronchite en plein mois de Juin!). Je ne suis bien sûr pas objectif puisque je pense depuis plusieurs mois que l'organisation n'a pas compris (ou pas voulu comprendre) l'esprit de la fête et s'est gardé d'associer les habitants de façon convenable, et surtout de s'associer aux média pour mobiliser les musiciens en herbes et le public. Je rapporte donc des témoignages choisis...

DJ Janine: "Nous avons cherché en vain des indices d'une fête à venir dans les quartiers où nous nous sommes promenés l'après-midi: aucune publicité, aucune affiche. Dans le quartier de Laurent, nous avons subi à partir de 16 heures un saxophone qui jouait toujours la même chose et seuls trois poilus qui le regardait. Sur la place Maria Heineken, où était installé un podium, vers 21 heures un orchestre pop sympa attirait une trentaine de badauds et deux ou trois excitées qui dansaient. Les percussions brésiliennes étaient intéressantes mais il n'y avait pas assez de monde pour leur faire un succès.
Aux nombreuses fêtes de la musique de Paris, les rues étaient encombrées d'une foule joyeuse et bruyante. Il était facile de trouver des musiques à son goût puisque les programmes étaient présents dans les principaux journaux. Ici, rien. Nous avons un souvenir extraordinaire de la cour du Sénat pleine à craquer de gens venus écouter l'orchestre symphonique de Paris. On a voulu aller au Concertgebouw, sur la place des musées, personne. Pas un violon, pas une trompette. Juste quelques chiens et leurs maîtres. Dans la rue Mouffetard où on avait choisi de participer lors de la dernière fête, les habitants se relayaient pour faire danser les gens. Des familles entières jouaient de la musique et chantaient, et tout le monde participait. C'était une sorte de folie collective. Les bals spontanés s'organisaient... la vraie fête, quoi.
Nous aimons aussi aller dans le quartier de la Bastille où l'ambience est un peu folle et toutes les générations et les couleurs de peux se mélangent. Même dans notre petite ville thermale de 1.200 habitants, le bal sur la place ou à la salle des fêtes, selon le temps, fait recette. Et les cafés sont pleins jusque tard. Les fanfares des villages voisins participent, et la chorale des Trois Rivières, de plus en plus connue dans la Vienne, démontre ses talents dans plusieurs endroits de la ville. C'est vraiment la fête de l'été.
Nous avons été extrêmement déçus de cette fête amstellodamoise, de ce vide, alors que nous étions venus spécialement de Paris pour cela. Le peu de public était très sage et pas franchement mélangé. On nous avait pourtant parlé d'un quartier mélangé. Finalement nous sommes rentrés tôt et avons dû subir les plaintes dissonantes du saxophone jusque tard en soirée, mais sans cris de joie ni fête digne de ce nom. Les Amstellodamois ne savent-ils pas faire la fête ou est-ce l'organisation qui a été insuffisante? Finalement, peu m'importe, je ne reviendrai pas."

Jean: "C'est de loin la fête la plus mauvais à laquelle j'ai dû participer. La pluie n'aide pas, mais je sais par expérience que quelque soit le temps les musiciens amènent leurs fans et leur famille. Les musiciens hollandais doivent être orphelins, sans amis et sans fan aucun. J'aurais eu honte de jouer devant trois pékins. Je suis très déçu."

Françoise (par SMS): "Quelle tristesse."

Un américain du quartier: "J'ai vu trois affiches: deux minuscules sur la fête du Pijp, et une autre, immense, pour la 'feest van de muziek' qui se déroule à Bijlmer samedi. Il pleuvait, c'est vrai, mais je n'ai vu aucun article dans aucun journal, aucun reportage sur AT5 (la chaîne locale, NdLC), aucune affiche dans le quartier ces derniers mois. Pas étonnant qu'on s'y soit autant ennuyé. Pas franchement à la hauteur de ce que j'espérais après Barcelonne et Paris. Si j'avais su j'aurais été à celle de New York qui avait l'air organisée de façon beaucoup plus professionnelle."

Lewis: "On est loin de ce que j'espérais. Je suis content d'être parti de la stichting, je n'aurais jamais survécu la honte de cette organisation tellement peu professionnelle. Quand je pense combien la coordinatrice a été payée (€ 12.000 NdLC) pour un tel résultat, je suis content de ne pas avoir eu à voter le budget. J'espère que la ville saura trouver une organisation plus efficace l'année prochaine, avec des vrais volontaires et pas seulement des cafés et trois groupes de blues chantant en frison. Avec tous les Européens et Américains du quartier, un seul groupe (Children Su Madre, NdLC) sur scène, c'est vraiment bizarre."

Egbert: "Het feest was leuk, we hadden meer mensen verwacht maar er was helaas veel regen. De mensen die er waren zijn erg enthousiast. Ik ben je helaas op straat niet tegengekomen." (la fête était sympa, on s'attendait à plus de monde mais, hélas, il a plu. Les gens qui y étaient étaient vraiment enthousiastes. Dommage que je ne t'aie pas vu dans la rue.)

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Pour se remonter le moral, la version parisienne de la fête vue par notre adorable Japonaise:

ルカ 〜序章III
彼と会っているときのわたしはとても普通で、いつもそうだということを、彼の横にいると感じさせられる。一緒にいるときは、横にいるのを感じないくらい自 然なのに、離れるとその空気を強く思い出すのはなぜなのだろう。彼も、わたしといて、わたしがまるでいないかのようにリラックスしている。クラシックの、 屋外の、コンサートを聴いているのに、わたしは左横に座る彼のことが気になる。
 わたしたちは、年にいちど開催される、フェット・ドゥ・ ラ・ミュージックの日にいっしょにでかけた。パリ20区のなか、至るところで音楽が鳴っている。ジャズ、ロック、クラシック、ワールド・ミュージッ ク・・・プロからアマチュアまでが、ストリートで、教会で、広場でそれぞれの楽器を鳴らす。
 晴れて、暑い日だった。わたしは、バスケッ トに冷やしたビールを持ってでかけた。クラシックの好きなわたしたちは、リュクサンブール公園でフリーペーパーを広げ、ビールを片手に、どこに行くかじっ くり相談する。公園の横にある上院の中庭でおこなわれるオペラとオーケストラのコンサートに行くことにした。
 楽しそうに楽器を弾いてい るチェロの奏者。上院の建物の上には三角で鳥の形がてっぺんについた風向計が。くるくるまわるそれを見る。きっとフランスは昔からこうして公衆の前で音楽 をやってきたところで、弾く人も聴く人もそれが当たり前で、わたしの座るシートの下は石畳で。こんなふうに、国をあげて、音楽の、すべてのジャンルの祭典 をやるのはすばらしいな、などと感じる。
 足を動かすと、隣にいる彼の膝にわたしの膝があたる。
ちらっと見てもこちらを見ない彼、目を覗 きこんで、好き?と話しかけると、彼は厳正な顔で頷く。・・・集中して聴いているらしい彼を邪魔しないように、わたしはまたひとり考えごとに戻る。大勢ま わりにいる人たちからみると、きっとわたしたちは恋人どうしに見えるんだろうな。
 わたしは耳半分で音楽を聴き、彼に近いほうのからだの半分で、彼を感じる、その自分の気持ちを、からだ全体で追っていた。
 そんなことが、彼と映画館に行くときも、いっしょに景色を眺めるときも、いつも続いていた。

mercredi 13 juin 2007

La Lestrade



Difficile de passer une semaine avec Didier Lestrade sans en parler un peu. On se connaît depuis de nombreuses années mais jamais je n'ai eu l'occasion de passer autant de temps avec lui. Pas besoin de retracer sa carrière d'activiste, de polémiste, d'amoureux de la musique, de grande gueule de la communauté sida... Beaucoup disent que Lestrade est méchante, qu'il s'est isolé dans son jardin car il déteste l'humanité. Quelles conneries. Vous savez que je n'aime pas dire trop de bien de gens, de peur qu'ils se reposent sur leurs lauriers. Pourtant j'ai découvert une personnalité rare, écorchée, généreuse, drôle, tolérante, altruiste, perspicace et extrêmement intelligente. Nos discussions ont beaucoup fait avancer mon livre. Il m'a aussi raconté plein d'histoires croustillantes sur Têtu, les média, la politique, les folles dans le placard, l'industrie musicale, le sexe...
D'accord, il ne faut pas le chercher quand il n'a pas eu son café le matin ou s'il a très faim (je suis pareil, demandez à Lewis), mais sinon on peut parler de tout, même des sujets les plus chauds. Et ça, c'est franchement génial. Didier, on repart où tu veux quand tu veux enquêter ensemble.

jeudi 24 mai 2007

L'heure des bilans

Hier, j'ai été invité par l'ACB (Amsterdam Centrum Buitenlanders) à un dîner de travail avec une quarantaine d'élus locaux allochtones, dont beaucoup d'Amsterdam et du parti travailliste. J'étais le seul d'ascendance européenne, et beaucoup d'entre eux sont nés aux Pays-Bas et n'ont aucun accent. C'était vraiment très sympa, à la fois technique (les cycles financiers et les bilans bi-annuels, par exemple) et très terre-à-terre (comment on se présente aux autres, ce à quoi on veut arriver dans les quatre ans impartis). De nombreuses stars de la politique (Rachid Jamari, Fatima Elatik, Wil Codrington...) étaient présentes et nous ont fait partager leur expérience. J'ai rencontré de jeunes collègues très sympa (les jeunes, belles et prometteuses Songül Mutluer et Ama Carr en particulier). Un des thèmes de discussion a été ce qu'on veut réaliser, et ce qu'on a réussi jusqu'à maintenant. Oups...

C'est là que je me suis rendu compte que, pour l'instant, 100% de mes projets ont raté:
- une couverture wifi sur le quartier (économie, émancipation des jeunes, santé publique): rejeté par mon parti ("laissons faire le marché")
- un arrondissement propre: l'idée fait son chemin mais les changements sont, pour l'instant, homéopathiques. Surtout, les changements dans la conception de la ville et du mobilier urbain n'ont pas été discutables
- une inspection d'hygiène pour les cafés restaurants: rejeté, il faut laisser faire le marché ("si on est malade on ne revient pas, et à long terme le resto ferme")
- une fête de la musique: même pas la peine d'en parler, c'est une véritable catastrophe
- le pédibus: "ne correspond pas à l'âme hollandaise"

Les raisons? Je n'ai probablement pas réussi à trouver le bons arguments. Il y a aussi l'incompétence de certains (tout ne dépend pas de moi), le manque d'intérêt des autres politiciens, et des différences de culture, la taille de notre fraction et les différences politiques, culturelles et sociales qui s'y trouvent, et aussi mon manque d'expérience. Je ne cache pas que je suis extrêmement déçu de cette première année, même si elle m'a permis d'apprendre beaucoup: la langue, les gens, le parti, le pouvoir, la culture néerlandaise, le quartier...
J'ai d'autres idées mais je me demande si je dois m'embêter à les présenter, vu les résultats.

mardi 8 mai 2007

Le communauté et le mensonge



Je suis en train de lire le dernier bouquin de Didier Lestrade: "Cheikh, journal de campagne". Il ne porte pas sur la campagne électorale mais la campagne où il vit depuis 4 ans. J'en suis à la moitié. Il commence à s'énerver et taper sur la "communauté".

L'ordre divin et sexuel
Je dois être vieille France, car je suis complètement d'accord avec ce qu'écrit Lestrade. Le monde homo est fasciné par la consommation, la compétition et le sexe. Cela devient complètement absurde. Il y a une haine de soi et des autres, un racisme ethnique et social complètement assimilé, dans la façon de se conduire, de traiter les autres, de faire son shopping de sexe sur le net, mais surtout de tout mesurer selon des échelles convenues: il vaut mieux être blanc, musclé, bien monté et riche que l'inverse, comme si la personnalité, les talents et les réalisations ne comptaient pour rien. Une sorte de droitisation des pédés, pour qui seul le code génétique et le compte bancaire suffisent. Peu importe ce qu'on fait de sa vie, ce qui compte c'est la place dans la pyramide sociale et sexuelle. Tout l'inverse de ce qu'on m'a appris.
Pour qui connaît un peu les lois de l'amour, les deux plus fondamentales sont "à froid, la loi du marché domine" et "à chaque pot son couvercle". Dans la façon dont les pédés urbains modernes se conduisent, on retrouve le monde de Sarkozy et des capitalistes protestants croyant à une prédestination divine. Pas étonnant que tant d'homos urbains soient si seuls. On ne donne pas l'occasion aux gens de se connaître assez pour dépasser l'illusion d'un marché parfait où tout se négocie, et on réduit donc fortement les chances de chaque pot de trouver son vrai couvercle, et non pas celui qui est considéré comme le plus beau ou le plus approprié par les autres.
J'ai quelques amis homo parisiens qui sont des garçons brillants, créatifs et de bons amis (et oui, c'est une qualité estimable) et qui sont désespérément seuls. A croire que, structurellement, la "communauté" leur interdit de rencontrer des gens avec qui ils seraient bien. Ils sont trop jeunes, trop vieux, pas assez riches, trop cultivés, trop blancs, pas assez musclés, trop provinciaux... Personne ne leur dit: "je déteste ton travail artistique" ou "tu es trop obsédé par la musique". Non, ils sont juste pas assez cotés au marché de la viande.
Résultat, beaucoup de folles parisiennes trop seules importent des maris de province, histoire d'éviter la mercatisation de leur vie affective. Ces maris importés deviennent vite des Parisiens maigrichons, aigris et dépensiers, et il est alors temps d'importer d'autre provinciaux pour les remplacer.

Le mensonge comme arme universelle
Un autre truc qui m'intéresse dans son livre, c'est la question du mensonge. C'est quelque chose qui me touche beaucoup, car le mensonge a ceci de particulier qu'il pollue la vérité: dès que l'on sait qu'il y a un mensonge, la vérité s'en trouve ternie. On ne sait plus ce qui est mensonge de ce qui ne l'est pas. On le voit avec la prolifération des nouvelles mal vérifiées, trop simplifiées ou juste mensongères. On le voit aussi sur le net: le drague se passe sur des critères mensongers, avec des centimètres internet plus courts que les centimètres terrestres, ou des années plus longues. Tout le monde y est beau, bien monté, grand, musclé, mince, riche et jeune.
C'est cette utilisation du mensonge, aussi en politique, qui me pose le plus de problèmes et qui me révolte le plus. Ce n'est pas pour rien si les Classiques sont obsédés par la Vertu et la Vérité, ils savent que le mensonge corrompt tout. Les relations, les contrats, l'information, l'amitié, les relations sociales. Je ne sais pas si c'est dû à ma position d'outsider dans une société étrangère, hétéronormée et germanique, mais je me suis rendu compte que le mensonge était à l'origine de beaucoup de problèmes. Au travail, avec des chefs qui mentent. En amitié avec des gens qui trahissent leurs engagements amicaux (Lewis s'est fait une spécialité de tomber sur ce type de personnes). Dans les rapports avec les entreprises où la première question qui vient désormais à l'esprit quand on signe un contrat est "en quoi m'ont-ils menti, où vont-ils m'arnaquer?". Et en politique où l'utilisation du mensonge est l'arme la plus fréquemment utilisée, et elle est même considérée par beaucoup comme une preuve d'intelligence et de pragmatisme.

Je ne vais pas cacher que mon engagement à ne rien dire des discussions qui ont lieu dans mon parti me posent un problème de taille. Je le ressens comme une forme de censure a priori, et Dieu sait si j'en aurais de bonnes à raconter, mais le pire est que la transparence, qui est la seule arme que je possède, est donc a priori interdite. Dans un monde politique où chacun joue de ses capitaux (sociaux, symboliques, financiers), ma position est assez difficile. Seul un recours à la transparence me permet de dépasser les mensonges et les censures. Et c'est justement sur cette transparence que je suis régulièrement attaqué, ce n'est pas un hasard.
Me traiter de menteur, c'est délégitimer ce que je construit patiemment depuis des années, avec ce blogue, avec des positions publiques parfois difficile, et avec mes articles et interventions diverses.
Je me demande si la victoire de Sarkozy est un hasard dans ce cas: dans une société où le menteur est de mieux en mieux vu (regardez, Bush, Chirac ou Sarkozy), où le traître devient le maître et où les qualités se mesurent en euros ou en dollars, le mensonge est une valeur refuge... Certains parleront de déni, je n'en crois rien. Les lepénistes savent bien qu'on a torturé et tué lors de la colonisation. Ils savent bien que les Juifs ont été exterminés avec la collaboration active de l'Etat français. Ce n'est pas un déni, donc. C'est un mensonge qu'ils savourent avec un plaisir non dissimulé.

Bref, le livre de Lestrade, en plus d'être bien écrit, me lance sur des pistes de réfléxion auxquelles je n'aurais pas pensé. La suite très bientôt.

Histoires de pervers narcissiques

Je viens de lire le blogue du psychiatre Serge Hefez sur le site de Libération (lien du message) sur le cas des pervers narcissiques. Cela décrit assez bien la personnalité qu'un certain Nicolas Sarkozy, notre nouveau président bien-aimé, affiche en public. Je cite quelques situations cliniques que je trouve assez impressionantes:

• Le déni : «La France n’a jamais commis de génocide», en France, on a rien fait, la collaboration n’a pas existé, donc nous n’avons pas besoin de repentance (et on tue en même temps le Père en détruisant le remarquable travail de mémoire accompli par son prédécesseur).
• La diffamation sans y toucher : «ON égorge des moutons dans les baignoires », le ON anonyme du mépris et du colonialisme.
• Frapper l’autre d’inexistence pour le mépriser et le déstabiliser : je ne regarde pas mon adversaire au cours d’un débat, je dis «elle» en regardant un témoin.

• La jouissance du sous-entendu : « Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas». Ce qu’on pense tout bas, ce n’est en général pas très beau, et justement, on ne le dit pas. Ou «en France, on ne peut pas dire les choses» : par exemple, les nègres nous emmerdent, foutons les dehors…
• Provoquer la sidération et l’adhésion de l’entourage en le confrontant à l’horreur absolue : par exemple parler longuement du calvaire de la mère de Sohane pour faire passer une loi sur la récidive.

• Etre mégalomane, ne pas supporter le moindre accro à sa propre image : faire virer un grand patron de presse pour avoir été montré sous les traits ridicules du cocu.
• Enfance : venger une mère abandonnée qu’on ne quitte qu’à l’âge de 28 ans.
• Amour de la traîtrise : prendre pour porte-parole celui qui a trahi et calomnié son propre camp…

Au regard de ce qui m'est arrivé ces derniers mois, lorsque j'ai été attaqué, calomnié et menacé par des gens (pour une certaine fête dont j'ai décidé de ne plus parler) pour qui seul leur pouvoir et leur désir comptaient, je commence à comprendre que ce profil psychiatrique se rencontre assez souvent. Chez un chef vraiment méchant et manipulateur, chez des parents abusifs, chez des politiciens dérangés (on a parlé d'Ayaan Hirsi Ali comme d'une personalité borderline, je me demande si le terme "perverse narcissique" s'applique à elle ou pas).
Quelque part ça me rassure: ces mensonges et plans compliqués pour me forcer à exécuter leurs quatre volontés n'étaient pas normaux. C'est bien de signe d'un esprit malade. Je commençais à douter, me dire que j'étais vraiment crétin et qu'être en politique signifiait que tous les coups étaient permis.
Allez, il est temps de passer à autre chose. Il faut savoir se couper des personnalités toxiques, et j'ai bien l'intention de le faire.

vendredi 4 mai 2007

Loulou démissionne

Lewis, à qui on avait demandé de devenir secrétaire de la Stichting Feest der M... (on nous a demandé de ne plus la citer, comprenne qui pourra), a annoncé sa démission. Comme représentant non-officiel des Occidentaux non-néerlandais et garant de l'esprit de la fête, il se sentait depuis plusieurs semaines très très mal. Il a reçu des ultimatums, des pressions téléphoniques et même des insultes par email. Une traduction sauvage de l'email qu'il a envoyé:

Chers membres du bureau,
En tant que secrétaire de la Stichting Feest der M..., je voudrais vous informer que je ne souhaite plus être associé à celle-ci à partir de maintenant, parce que je ne me retrouve pas dans l'esprit de la fête telle qu'elle a pris forme ces derniers mois.
L'idée d'importer la fête de la musique aux Pays-Bas a été un de mes souhaits les plus chers. Comme secrétaire, je me suis fixé comme objectif de respecter l'esprit de la fête. Etant donné que je ne peux plus me retrouver dans le cours qui a été fixé par la stichting et que je suis d'avis qu'il n'est plus rien resté du plan originel d'organiser une fête similaire aux Pays-Bas, je suis obligé de me retirer comme membre du bureau.
Il a assez été discuté de l'organisation, de la stichting et de l'implication des volontaires ces dernières semaines. Il ne me semble pas nécessaire d'en reparler dans cet email. Des décisions qui ont été prises par le président et la coordinatrice auraient dû être d'abord discutées avec les autres membres du bureau. Le budget a été façonné sans explication avec le bureau, et je veux souligner que les sommes destinées à la coordination de la fête sont vraiment importantes pour une stichting. Par ailleurs, des dépenses ont été engagées pour un nouveau site internet qui n'avait pas lieu d'être... il y avait déjà un site internet. Lors de notre première réunion, cela avait déjà été discuté.

Pour faire bref, je trouve dommage que la fête ne puisse pas se dérouler comme cela avait été prévu au début. Le Conseil municipal avait voté une motion sur la fête de laquelle, je trouve, on ne retrouve plus rien. C'est triste mais compréhensible quand on ne prend pas en compte l'esprit de la fête.
Pour conclure je souhaite une bonne continuation à ceux qui sont encore impliqués dans la Feest der M... nouvelle version pour le 21 juin prochain.
Salutations amicales

Lewis Marques