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samedi 29 septembre 2007

Référendum piège à conne

Ceci est le 909ème message sur ce blogue. Comme la TR 909 qui fait des beats fabuleux, même si mon vrai amour technique va à la TB 303... Mais bon. La discussion du jour, c'est le référendum.



Pour ceux qui n'ont pas suivi les niouzes bataves du moment, le groupe parlementaire travailliste a décidé de ne pas demander un référendum sur le traité européen. La presse parle d'un marchandage: les travaillistes ne parlent plus de référendum, et en échange les chrétiens-démocrates ne démantèlent pas le droit du travail.
Ce n'est pas facile d'avoir une position sur le sujet. Je suis contre le démantèlement du droit du travail (même s'il est sage de corriger certains excès), mais je suis aussi contre le référendum, mais pas du tout pour les mêmes raisons que les chrétiens-démocrates. D'ailleurs, si on est cohérent, si on a demandé au peuple une fois son avis et qu'il a dit "non", il serait cohérent de redemander à nouveau si on propose quelque chose de similaire.
Mon opposition au référendum tient plutôt à la façon de poser la question, et les possibilités de réponses. En gros, quand on pose mal la question, le peuple répond à la question qu'il aimerait qu'on lui pose. Lors du dernier référendum, il a répondu à trois questions: (1) aimez-vous le gouvernement de Balkenende? (2) souhaitez-vous une économie ultra-libérale et plus de privatisations? (3) êtes-vous totalement confiant dans le caractère démocratique des procédures de décisions européennes?
La réponse à ces trois questions non posées a bien sûr été "non".

Au-delà de la question, la façon dont on peut répondre est limitée: "oui", "non", blanc ou abstention. Il faudrait pouvoir poser des questions différentes, par exemples sur les différentes parties du traité, et offrir plusieurs réponses possibles, soit sur le mode "oui/non" par partie, soit accorder des préférences.
C'est la même chose pour l'élection présidentielle française. Au lieu de voter pour une personne, on pourrait accorder trois positions à attribuer aux candidats de notre choix. Avec le système actuel, en choisissant un candidat, on rejette de la même façon les autres, alors qu'il est peut-être des candidats que l'on préfère en dehors de celui pour lequel on se sent obligé de voter. J'aurais par exemple voté (1) Ségolène Royal, (2) François Bayrou, (3) Dominique Voynet. Je pense que beaucoup de gens de gauche comme de droite auraient mis Bayrou en 2ème ou 3ème choix et le président élu (probablement Bayrou, dans ce cas) aurait bénéficié, de fait, d'un plus grand consensus que le petit Nicolas. On aurait vu que Royal aurait peut-être bénéficié de votes de 2ème ou 3ème rang de la part de l'extrême-gauche ou des centristes, et on aurait probablement vu que certains "petits" candidats (comme Voynet) sont plus populaires qu'on ne le pense. Ce serait une façon plus démocratique d'obtenir un président incontesté, et aussi de marquer nos préférences.
Mais bon, là je rêve un peu...