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mercredi 10 décembre 2008

Beulgik

Je suis en Belgique, à Vilvoorde pour être précis. La ligne de tranchée entre francophones et néerlandophones. Gezellig, hé? Retour ce soir tard.

samedi 6 décembre 2008

Quand l'humain se fait machine



L'autre jour, ma copine Tamiyo m'a envoyé des liens vidéos d'un groupe qui cartonne au Japon, Perfume. J'en ai parlé à Rodrigue qui m'a pris pour une pauvre cloche: "oui, l'album est génial", comme si tout le monde l'avait déjà. Pour ceux qui sont encore plus cloches que moi, allez voir les vidéos de ポリリズム et de マカロニ.
Le succès de ce groupe doit beaucoup au poids de la culture des jeux vidéos au Japon: les voix sont travaillées pour ressembler le plus possible à des voix synthétiques. Le producteur, un jeune Tokyoïte, avait expliqué dans un reportage sur Arte qu'il essayait de les faire sonner comme de gentilles poupées synthétiques. Ils avaient commencé avec une reprise d'un thème de Mario (ici, mais attention, c'est hardcore), et en sont maintenant à leur deuxième album, GAME. À la longue, les voix passées à la moulinette fatiguent un peu, mais c'est le disque du mois chez les Chambon-Marques, avec le dernier Grace Jones. J'aime beaucoup la façon de penser les arpèges et les sons, tellement totalement nippone. Merci Tamiyo... (ton EP est presque fini).
Ceci dit, la virtualisation a de beaux jours devant elle parce que la nouvelle génération de kids a grandi avec ces jeux, et Mario est aussi réel pour eux que l'a pu être Madonna pour nous. Je m'y étais vaguement essayé dans In My Life (la chanson préférée d'Eddy de Clercq), mais je n'avais pas trop osé pousser le bouchon trop loin. Comme quoi, il faut parfois suivre ses intuitions sans hésiter...

Virtualisation totale = démocratisation



L'industrie musicale a peur des mp3. Moi je pense que la révolution numérique n'est pas du tout finie et que ça va chauffer pour l'ensemble de l'industrie des loisirs. Je vais essayer de faire sens...
Pour ceux qui suivent un peu, il y a une dizaine d'années les synthétiseurs et les boites à rythme ont été virtualisés par les Suédois de Propellerhead, et cela a donné Rebirth, un petit programme tout simple qui permet de faire de la House de base sans matériel (désormais gratuit et disponible ici). Ils ont été suivis par beaucoup, dont les fabricants de matériel (Roland, Yamaha...) qui ont compris qu'il fallait y participer à la virtualisation sous peine de mourir. Personnellement, je me sers beaucoup de Reason, le grand frère de Rebirth. Tous les synthés analogiques d'Überlove, les boucles d'acide et les rythmes ont été fabriqués avec ces programmes virtuels imitant des machines de studio, jusque dans leur esthétique, même si je fais l'effort de rester lo-tech et de surtout ne pas passer aux synthétiseurs numériques et aux plugins à la mode. Le son "Laurent & Lewis" est pour beaucoup dû au Subtractor, au Redrum et à la NN-XT.

Avec une page comme celle d'Hobnox, on passe carrément à autre chose. Il suffit d'un butineur web avec Flash, et on peut commencer à installer plein de machines sans rien devoir installer sur son ordinateur. Alors qu'installer Reason prenait beaucoup de temps et surtout d'espace sur le disque (et d'argent si vous achetez le programme), avec Hobnox on commence tout de suite, gratuitement, sans rien installer.
Avec un internet de plus en plus développé, dans un futur très proche on va pouvoir probablement réserver sa page avec ses chansons en cours, charger des échantillons piqués ici et là ou enregistrés chez soi (des voix, par exemple) et, pour les plus talentueux... faire des chansons qui tiennent la route.
Je vous conseille d'aller sur le site et faire joujou avec les machines, avec un casque si vous êtes marié(e), histoire de le rester. Ça a l'air déroutant au début, mais c'est vraiment extrêmement intuitif: on change de séquence et la mélodie change tout de suite, on ajoute un clap et on l'entend immédiatement, on ajoute des effets qui se branchent tous seuls. Je ne garantie en rien la beauté du résultat, mais je vous assure que vous l'entendrez, pas besoin d'un doctorat en acoustique pour sortir une note.



En plus, pour les gens bordéliques créatifs comme moi, avoir tout dans une seule page (ou un seul programme) sans avoir trop de fils partout, c'est vraiment un don du ciel. Les machines sont toujours propres, ne tombent jamais en panne, on n'a pas égaré leur alimentation, on peut voyager avec sans avoir une armée de porteurs pour vous accompagner à la gare ou l'aéroport...
Cet accès simple et instantané va avoir des conséquences incroyables, puisque le coût d'entrée dans l'industrie de l'entertainment va être quasiment nul. N'importe quel kid d'Amstelveen, de Châtenay-Malabry, de Soweto ou de Kuala Lumpur aura la possibilité technique de devenir le Mozart du XXIe siècle, et avec un peu de pratique, n'importe qui va pouvoir créer où qu'il soit, dans une fête, spontanément avec ses amis, faire un gig avec une inconnue rencontrée dans le bus.
On assiste à la mise en place d'une infrastructure de création (musicale, mais on le voit de plus en plus avec la vidéo) totalement démocratique qui va remettre à plat l'ensemble de l'industrie. La crise économique et civilisationnelle aidant, je ne donne pas cher de la peau des éléphants de l'entertainment du XXe siècle, ceux qui déjà n'avaient pas compris la révolution de la virtualisation des supports musicaux.

vendredi 5 décembre 2008

Archive surprise

J'ai trouvé par hasard la vidéo d'un programme de France 24 auquel j'avais été invité. Pour le fun...

jeudi 4 décembre 2008

Wifi.. ah, euh, heum, toi même!



Hier, Commission Transport & Entreprise (Verkeer & Ondernemen). C'était pas ça, vraiment. Tout d'abord, j'ai étudié les documents avec surprise, trouvant que vraiment je ne connaissais pas grand chose aux sujets... jusqu'à ce que je découvre qu'on m'avait envoyé les documents de la Commission Finances & Sécurité (qui a lieu la semaine prochaine). La photo ci-dessus le prouve. Juste quelques heures perdues pour rien, comme si je n'avais rien d'autre à faire.
Mais bon, je connaissais mon sujet, puisqu'on devait parler du wifi. Mon idée, dont j'ai déjà parlé sur ce blogue, est d'encourager les gens à partager leur wifi pour avoir moins de radiations, et inciter les cafés à proposer le wifi gratuit pour inciter les gens à ne pas utiliser ni wimax ni UMTS (qui ont des ondes très puissantes et méchantes). Rien d'obligatoire, juste une aide technique et un avis neutre pour les aider à ne pas se faire avoir par les vendeurs de KPN (ancien monopole d'État) et se retrouver avec des antennes qui ne marchent pas bien.

Je m'attendais à un débat intéressant. J'ai dû bien vite redescendre de mon nuage... La droite n'avait que le "marché" à la bouche, et quand je leur ai rétorqué qu'un marché (voir la définition d'un marché pur et parfait) doit pouvoir offrir la transparence de l'information, et donc que l'accès à l'information doit être possible à tous, la seule réponse à laquelle j'ai eu droit est flauwekul ("n'importe naouaque"), ce qui est vraiment un argument rationnel irréfutable. En gros la droite est contre l'intervention des autorités, même si cette intervention permettrait de s'approcher d'un marché parfait auquel ils disent aspirer. Je les aime bien, nos VVD, ils sont sympas et constructifs, mais là ils ont vraiment besoin d'un petit cours d'économie pour au moins être fidèle à leurs dogmes avec intelligence...
Les petits partis locaux, quant à eux, n'avaient aucune idée de quoi on parlait et ont essayé de nous rouler dans la farine avec des questions idiotes. C'était pas très malin, et c'en était franchement embarassant. Heureusement que nos partenaires de GroenLinks ont plein de neurdes dans leur parti et savaient exactement de quoi je parlais. Eux vont plus loin et pensent que l'arrondissement devrait installer des bornes. C'est une bonne idée, mais mes camarades de parti ne me suivront jamais dans une telle aventure, aussi parce que certains d'entre eux ne comprennent pas grand chose non plus, et puis parce que le parti travailliste est lui aussi contaminé par le mythe du marché-qui-n'existe-jamais.
La déception finale, ce fut l'échevin qui n'avait rien préparé et cela se sentait à des kilomètres. Heureusement, Willem Bos de l'association locale contre l'UMTS (lien), très à la pointe sur la question, est venu remettre les pendules à l'heure et a expliqué qu'un réseau dense de wifi était préférable à trois antennes wimaw ou UMTS pour la santé, que c'était un moindre mal si les réseaux étaient ouverts et que les gens partageaient leur antenne. Ouf.
C'était tellement affreux que j'en ai fait des cauchemars cette nuit. Des vrais rêves horribles qui vous réveillent. Plus concrètement, je vais venir avec une proposition commune avec GroenLinks en espérant qu'on ne va pas perdre encore un an avec des incompétants. Ah, dur la politique...

Après cela, on a parlé du mémo de D66 sur les crottes de chien. Les petits partis ont encore essayé de cacher leur nullité et leur manque de préparation en faisant des blagues éculées sur le fait que D66 n'avait rien de mieux à faire. Ah ah ah. (Not.) J'avais vraiment honte pour eux. Là encore, je vais voir avec le D66 (et GroenLinks, j'espère) comment les embarquer dans mon projet de tolérance envers les chiens sous appel et que ça débouche sur une initiative du Conseil. J'en reparlerai, natuurlijk.

lundi 1 décembre 2008

Attaques territoriales



Aujourd'hui, j'ai reçu le complément "spécial arrondissements" de la compilation annuelle que nous offre le service Recherches & Statistiques de la commune d'Amsterdam. Pas de changement majeur par rapport à l'année dernière, sauf que nous avons perdu 300 habitants: le remplacement des familles logeant dans le social par des bobos sans enfants dans des immeubles privatisés commence à avoir des conséquences.
L'autre chiffre intéressant, c'est qu'Oud Zuid est l'arrondissement à la fois le plus néerlandais, le plus français et le plus portugais de la ville. Les allochtones (pour une grosse moitié occidentaux, pour une petite moitié non-occidentaux) forment encore un tiers des habitants, malgré la politique des corporations immobilières de suburbanisation des allochtones.

Par ailleurs, nous sommes en pleines discussions sur l'avenir des arrondissements amstellodamois. Qui va annexer quel quartier, qui va se marier à qui, qui va disparaître, ce sont les questions du jour. Une commission indépendante est chargée de délivrer son rapport à la mairie centrale très bientôt. Deux souhaits de nos voisins de ZuiderAmstel nous sont désormais connus: ils aimeraient soit annexer un quartier de Zuid, soit fusionner avec nous. Nous n'avons pas vraiment envie de nous faire découper, alors qu'administrativement on se remet à peine de la fusion entre le Pijp et Zuid. Une fusion donnerait un arrondissement géant (probablement appelé "Zuid") de plus de 130.000 habitants, à comparer aux 31.484 habitants d'Oud West ou aux 30.045 de Bos & Lommer.
Politiquement, ils ont 23 élus, dont 7 PvdA, 6 VVD, 2 GroenLinks, 2 CDA, 4 (ex-)SP. Si rien ne changeait aux élections cela donnerait, sur un conseil de 52 membres, 17 PvdA, 13 VVD, 8 GroenLinks, 3 CDA. Les possibilités de coalitions avec GroenLinks seraient plus compliquées (il faudrait au moins un ou deux élus d'un autre parti), alors qu'avec le VVD ce serait plus facile. Mais bon, d'ici les élections de mars 2010, tellement de choses peuvent arriver, comme une grosse crise économique ringardisant la droite néo-libérale, que tout peut changer.
La décision finale sera prise avant les élections, et par le Conseil de la ville centrale. En tant qu'arrondissement, nous n'aurons pas notre mot à dire. Suspense...

Eurocities et moi, et moi, et moi



J'avais complètement oublié de parler du livre d'Adrian Favell, c'est en rangeant mon bordel très léger désordre que je l'ai retrouvé. Adrian était passé m'interviewer il y a quelques années, on avait beaucoup ri, j'avais beaucoup bitché sur ma situation (alors totalement catastrophique), et il m'a re-contacté lors la sortie de son livre qui porte sur les migrations inter-européennes. Je lui avais donné quelques contacts, dont je ne suis pas sûr qu'il ait fait utilisation.

Le livre n'est pas un bel objet et sa lecture n'est pas celle d'un roman, mais elle est très instructive et finalement assez agréable. Au fil des pages, on découvre une nouvelle génération d'Européens largement en avance sur le reste de leurs concitoyens, n'hésitant pas à se mettre en danger culturel, financier et alimentaire pour chercher une nouvelle vie. Ce qui ressort de ce livre, c'est surtout la petitesse des Européens qui ne se déplacent pas, les postes protégés, les abus sur les marchés de l'emploi ou du logement, et la profondeur des frustrations. Car si les leaders et élites européens et nationaux nous parlent de changement, de mobilité et d'adaptabilité, ils sont les derniers à se les appliquer à eux-même.

Farvell me fait passer pour une folle hystéro complètement reine du drame dans ses citations, ce qui ne manquera pas de faire bien rire ses lecteurs. Je conseille sa lecture à tous ceux qui ont émigré ou qui ont l'intention de le faire, ainsi qu'à leurs parents. Quelques jours après l'éruption de colonialisme de la droite australovicienne, voilà un livre qui remet les pendules à l'heure.