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mardi 4 novembre 2008

Exogamie, le retour

En cherchant à connaître les chiffres de natalité néerlandais (Wikipédia) pour les comparer à l'Allemagne et la France (Wikipédia), je suis tombé sur plusieurs surprises intéressantes mais effrayantes.

La première est que les Néerlandais ne font pas assez d'enfants. Le taux de natalité néerlandais est en effet de 1,73 (rappel: il faut 2,1 pour renouveler une population), et se maintient à ce niveau essentiellement grâce aux femmes étrangères. Pour aller vite, les immigrés font encore assez d'enfants pour éviter aux Pays-Bas de rejoindre l'Italie ou l'Allemagne qui se dépeuplent sauvagement. Les Pays-Bas font partie des pays qui, s'ils n'importent pas de la chair fraîche, vont se dépeupler. Je ne vais pas repasser une épaisse couche de propagande féministe (même si vous êtes habitués), mais la faiblesse de l'émancipation des femmes néerlandaises est une des causes les plus évidentes du problème, avec des crèches trop chères et mal conçues, une prise en charge minimale des enfants par l'école (horaires restreints, pas de cantine, pas d'étude, après-midi libres), et des perspectives de carrière ridicules (il faut sacrifier sa maternité pour espérer faire une petite carrière).
Ci-dessous: composition de la population néerlandaises. En gris: autochtones, en orange les migrants occidentaux (primo-arrivants en foncé, troisième génération en orange pâle) et en bleu les migrants non-occidentaux.



L'autre surprise est que la force de la natalité française ne repose ni sur les Français ni sur les étrangers... mais sur les couples mixtes. Les couples unissant un(e) Français(e) et un(e) étranger(e) sont ceux qui assurent le renouvellement de la population, alors que les couples endogames (qu'ils soient autochtones ou allochtones) sont à la traîne, à part quelques cas exceptionnels et transitoires, tels certains groupes d'Africians sub-sahariens.



Je viens de reparler brièvement d'Emmanuel Todd. Son crédo (et je pense qu'il a raison) est que l'intégration passe par l'exogamie. Il a encore plus raison qu'il ne le croit, puisque l'exogamie semble être le moyen le plus sûr et naturel de renouveller sa population. Par ailleurs, cela évite "les enfants débiles" (debiele kindjes) comme le dit drôlement Desie dans le très beau film néerlandais "Dunya & Desie" (lien).

Alors, kreukreusconautes célibataires, travaillez à l'intégration et au renouvellement naturel de la population et cherchez un(e) partenaire dans un autre groupe ethnique que le vôtre!

Plan d'occupation des sols



Mercredi dernier, nous avions Conseil municipal. L'enjeu principal était le vote du nouveau plan d'occupation du sol pour le Quartier des Musées et de Valerius, un endroit truffé des luxueuses villas et d'immeubles datant pour la plupart du XIXe siècle. C'est un quartier privilégié qui ne connaît pas encore la crise et où le taux de pauvreté est proche de zéro, contrairement à d'autres quartiers de l'arrondissement.

Mes collègues Marc et Ron sont responsables de ce sujet qui m'intéresse beaucoup et font preuve de beaucoup de compétence. Ils avaient une motion sur laquelle je n'étais pas d'accord et c'est avec beaucoup d'hésitations que j'ai voté pour, sachant qu'on n'obtiendrai pas la majorité, ce qui a effectivement eu lieu: avec 14 voix pour et 14 voix contre, son vote est reporté au prochain Conseil.
En gros, la question est de savoir jusqu'à quel niveau on peut construire dans les parties non-protégées du quartier. D'un côté il y avait les Verts et le VVD qui voulaient qu'on puisse construire jusqu'au niveau de l'immeuble le plus élevé de chaque bloc, et nous qui voulions garder la hauteur actuelle. L'argument libéral est celui de la liberté d'entreprendre (lire=se faire plein de thune) et celui des Verts est que la ville doit se densifier.
Je suis d'accord avec les Verts, à un détail prêt: je suis pour que la ville se densifie autant que possible, mais que le style architectural soit respecté et qu'il n'y ait pas de destruction de batiments.

Mes deux camarades ont essayé de limiter la taille des bâtiments car il n'est pas rentable pour les spéculateurs de détruire pour reconstruire sans rajouter des étages. Je me retrouve donc coincé entre mon désir de densifier la ville et celui de ne pas voir des bâtiments de plus d'un siècle (allant de magnifiques à raisonnablement beaux) être remplacé par des choses énormes pour nouveaux riches. Les horreurs bling bling pseudo-vieux qui bordent désormais le Vondelpark dans la P.C. Hooftstraat montrent ce qu'il ne faut surtout pas faire.
Mon problème est aussi politique: on défend un quartier qui, il est vrai, est assez exceptionnel, mais on semble très peu se soucier d'autres quartiers, dont le mien. L'architecture du Pijp est une architecture simple et populaire, faite de maisons mal construites à la même époque mais qui a un caractère unique et une forte unité (photo ci-contre). La quartier a été massacré dans les années 1980 avec des immeubles comme le mien, et le massacre continue depuis. Prochain sur la liste: le Verbindingshoek, un ensemble d'immeubles à l'angle d'un bloc, qu'une des corporations privatisées veut détruire pour remplacer par des immeubles neufs.
Mon impression est que si les riches vivent quelque part leur environnement est protégé, mais dès qu'il s'agit de pauvres ou d'étrangers, la loi du plus fort et de la spéculation règne et quoiqu'on dise, tout le monde s'en moque.

Comprenez moi bien, je ne souhaite pas que le Quartier des Musées soit détruit parce qu'on massacre le Pijp, mais je trouve que si les riches voient leur quartier protégé dans leur particularité, il devrait en être de même pour les autres quartiers.
Il nous reste trois semaines pour que Marc et Ron viennent avec un bon compromis constructif...

Todd sur l'Amérique

Alors que ce soir on saura qui est le prochain président des États-Unis, voilà une analyse un peu différente qui remettra les pendules à l'heure, par le brillant et perspicace Emmanuel Todd, parue dans la Tribune de Genève (merci à Erkan pour l'info). Je recommande vivement la lecture de son essai "Après l'empire" à ce qui ne l'ont pas encore fait.

Emmanuel Todd: "Les Américains ont réalisé la plus grande escroquerie financière de l’histoire de l’humanité"

PRESIDENTIELLE | Pour l’historien Emmanuel Todd, l’élection de Barack Obama «redonnera quelques années de vie supplémentaires à l’empire». Elle ne suffira pas cependant à restaurer l’autorité d’une puissance en voie de déclassement.

JEAN-FRANCOIS VERDONNET et OLIVIER BOT | 01.11.2008 | 00:00

L’élection annoncée de Barack Obama sera interprétée comme une régénération de la démocratie américaine, affirme Emmanuel Todd. Suffira-t-elle pourtant à opérer les ruptures espérées? Historien, démographe, auteur en 2002 d’«un «essai sur la décomposition du système américain», Todd ne cache pas sa perplexité. S’il accueille avec enthousiasme l’accession d’un président noir à la Maison-Blanche, il craint, dit-il, que l’événement ne s’inscrive dans un «processus de dislocation».

- Voilà six ans, vous dressiez le tableau d’un pays devenu «un facteur de désordre international». Une élection de Barack Obama pourrait-elle modifier ce constat?
- Elle donnera dans un premier temps l’image d’une Amérique qui rebondit. Avec Bush, on a eu le pire des présidents - une sorte de Rantanplan, qui fait la guerre, qui par sa maladresse accélère la destruction de l’empire américain. Avec Obama, resurgit le visage d’une Amérique optimiste et dynamique. Une Amérique civilisée, à la politique étrangère plus raisonnable, qui aspire à se retirer d’Irak, qui ne veut pas déclarer la guerre à l’Iran. Une Amérique qui pourrait néanmoins rester aussi anti-russe que la précédente, les démocrates ciblant la Russie comme le seul véritable adversaire stratégique des Etats-Unis.

Dans le climat actuel de débâcle, de déroute financière et morale, et compte-tenu de la responsabilité inouie de l’Amérique dans le désordre du monde, la victoire d’Obama va permettre aux pro-Américains des pays occidentaux de dire que l’Amérique est redevenue merveilleuse. Elle redonnera quelques années de vie supplémentaires à l’empire.

- L’accession d’un élu noir à la Maison-Blanche ne confirme-t-elle pas les mutations intervenues au sein de la société américaine?
- Il se produit des événements vraiment extraordinaires aux Etats-Unis. L’implosion du système financier et du mythe économique, d’un côté; l’implosion de la structuration raciale, de l’autre. On comprend dans ces conditions que les Américains vivent dans une sorte d’état d’apesanteur. Cela dit, si l’affaissement du sentiment racial est évidemment une bonne nouvelle, le racisme aura vraiment disparu le jour où les électeurs n’attendront rien de particulier d’un président noir. Obama est un homme politique américain. Son discours est truffé des habituelles références aux valeurs religieuses. Il est entouré des personnalités issues de l’establishment démocrate - ces mêmes démocrates qui ont, plus nombreux encore que les républicains, voté les subventions au système bancaire.

- L’élection de Barack Obama ne plaide-t-elle pas pour la vitalité de la démocratie américaine?
- Ce qui se passe est étrange, et paradoxal. Si l’on observe l’histoire des Etats-Unis, on constate en effet que le racisme n’est pas du tout un petit défaut de la démocratie blanche: il en est le fondement. Au départ, les colons anglais n’attachaient pas une grande importance à la valeur de l’égalité, que ce soit dans la famille ou ailleurs. Ce qui a permis alors d’assimiler des Européens d’origines très diverses, c’est la fixation de la différence sur les Indiens et les Noirs. Dans l’Amérique jacksonienne, le président était un héros des guerres contre les Indiens. Le racisme a été le moteur de l’émergence démocratique. Aujourd’hui, on assiste à l’avènement d’une ploutocratie irresponsable: la montée des inégalités constitue la dynamique fondamentale de la société américaine. L’Amérique cesse d’être démocratique au sens économique du terme. Le racisme y est en baisse, mais la démocratie est malade. Elle pourrit sous nos yeux. Dès lors, j’ai peur que l’on tombe très vite de haut. Une partie de l’oligarchie est derrière Obama. Il a du reste ramassé plus d’argent chez les riches que McCain. Son élection sera interprétée comme une regénération de la démocratie américaine. J’ai quant à moi le sentiment qu’elle fait plutôt partie d’un processus de dislocation.

- Les Etats-Unis comptent certaines des meilleures universités du monde. Ils attirent de partout les capitaux, les chercheurs, les entrepreneurs de la nouvelle économie. Ces atouts-là ne leur assurent-ils pas une place centrale dans la compétition internationale?
- Quelques universités sont en effet très bonnes. Mais la majorité d’entre elles est d’une médiocrité absolue. Sur le terrain de la production scientifique et technologique, les chiffres sont sans équivoque: l’Europe est redevenue le centre de gravité du monde. Ce sont les Européens qui savent construire les centrales nucléaires modernes, ou qui fabriquent des avions gros porteurs - même avec retard.
L’ouragan Katrina avait en 2005 constitué un premier moment de vérité. On a compris tout à coup que les Américains ne disposaient pas d’assez d’ingénieurs pour protéger les villes, ou les reconstruire. Je pense aussi que le conflit au Caucase a contribué au cours de l’été dernier à précipiter la crise financière. L’inexistence de l’Amérique a été perçue comme un moment d’atterrissage dans la réalité.

- Il reste pour l’industrie américaine des secteurs porteurs. L’informatique, la Silicon Valley...
- Si l’on songe à ce qu’étaient les Etats-Unis en 1945, il serait étonnant qu’il ne reste rien de leur puissance industrielle et technologique. Mais alors qu’ils étaient excédentaires dans tous les domaines, ils enregistrent aujourd’hui un déficit commercial de 800 milliards de dollars. La vitesse de régression est hallucinante, et elle n’épargnera pas l’informatique: l’Inde va bientôt porter l’estocade.

- Le projet économique du candidat démocrate peut-il contrecarrer la dépression qui menace?
- Il n’a pas de programme économique. Au début de sa campagne, il a bien proposé quelques mesures protectionnistes, mais le déficit commercial est tel que le protectionnisme entraînerait dans une première période une baisse dramatique du niveau de vie.
Obama se confond avec son image. Or les difficultés américaines vont bien au delà d’une image. Pour le moment, le dollar tient, car à l’extérieur, des institutions, des gens riches, des Etats veulent que les Etats-Unis restent au centre du monde. Mais la situation ne changera pas: elle devrait même se dégrader encore. La question est maintenant de savoir comment, avec la fin de la mécanique des subprimes, on va donner aux Américains les moyens financiers de continuer à vivre aux frais de la planète.

- Les Etats-Unis gardent une forte capacité d’influence sur les leaders d’opinion du monde occidental. Leur image est-elle en train de se troubler?
- L’Amérique, c’est une image. On ne peut en parler sans évoquer le cinéma, les scénarios de feuilletons télévisés, Hollywood. Il y a dans tout ce qui est américain un côté extraordinairement virtuel. Et voilà que par étape on voit émerger la réalité. Il sera en ce sens très intéressant de suivre l’évolution de l’opinion dans les oligarchies financières occidentales. Elles éprouvent un sentiment de solidarité avec l’Amérique. Mais elles viennent aussi de se faire plumer... Je n’aimerais pas être en ce moment un ploutocrate français de la sphère financière.

- La notion d’«hyperpuissance» a-t-elle un sens pour vous?
- Dans le domaine militaire, le monde est déjà multipolaire. L’incertitude tient aux illusions que les Américains entretiennent encore sur eux-mêmes. Ils sont un peu comme les Russes, au moment de l’effondrement du communisme. Lorsqu’ une puissance de cette nature possède encore une armée, elle n’est pas à l’abri de réactions irrationnelles.
Les Etats-Unis ont également perdu la place centrale qu’ils occupaient sur le terrain économique. Avec l’aventure des subprimes, ils ne viennent pas moins de réaliser la plus grande escroquerie financière de l’histoire de l’humanité. Autrement dit, ils ne sont plus dans ce domaine une hyperpuissance, mais compte-tenu de l’absence de régulation de l’économie mondiale, ils détiennent une «hypercapacité de nuisance».

* Emmanuel Todd vient de signer chez Gallimard «Après la démocratie».
** Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain. Gallimard 2002. Folio actuel 2005.

lundi 3 novembre 2008

L'ADE en images

Une grosse semaine après l'Amsterdam Dance Event 2008, un petit retour en images...


L'ADE s'est installé au Felix Meritis mais aussi a squatté l'Hôtel Dylan, un endroit magnifique tout en noir, blanc et beige...


La grande salle du Felix Meritis a donné lieu à toutes les tractations les plus absurdes, qui cherchant à vendre leur démo, qui essayant de convaincre que leur plateforme numérique est tellement mieux qu'iTunes...


Le lieu est magnifique, complètement déconstruit et décadent. Apple sait y faire, et a prêté ses machines histoire d'asseoir son monopole encore un peu plus. Anyway, un DJ avec un Toshiba, c'est pas crédible.


Alors que je rate mes photos avec un Archos dont les piles ne durent pas longtemps, Didier Lestrade se la joue lo-tech et s'en tient à ses cahiers. Il écrit superbien en laissant des marges. I'm impressed.


On parle bizness au Dylan, ça rigole pas. En gros, l'industrie est vue comme quasiment morte, seule des lois dépassées la maintiennent encore en vie. Bon appétit.


Un DJ hollandais fan du travail de Geneviève Gauckler. Disco.


Kevin Saunderson et Dave Clarke pour parler des 20 ans de la House. Ça ne nous rajeunit pas, hein?


DJ Pierre et Eddy de Clercq, toujours sur les 20 ans de la House. Sans l'Europe, tous ces DJs blaques américains seraient portés disparus. Cette incroyable soirée sous exta en 1994, elle était due à de Clercq. Ouah.


L'ADE a tout bien organisé de façon impressionnante. Jusqu'au choix des sièges. Chapeau.



Au Dylan, on bosse dans un écrin un peu décadent. Ça drague quand même un peu, je donne une copie d'Überlove à ceux qui ont une belle barbe, consigne de Didier.


Autre atelier où on parle bizness. Même histoire: industrie morte, le DJ est le futur de la musique dansable, blablabla...


Première conférence totalement lumineuse avec (à droite), Sa Majesté François K, notre héros à tous. Clair, bien préparé, impressionnant.


Tous ces jeunes qui ont cassé leur tirelire pour s'entendre dire que la voie vers la thune va être longue et périlleuse. C'est clair que s'ils y sont pour l'argent, autant changer de passion. Mais où sont les filles?

Überlove encensé



Aujourd'hui j'ai reçu un email du DJ belge installé à Amsterdam Eddy de Clercq, un mec que j'ai toujours beaucoup admiré, qui a introduit la House aux Pays-Bas, a fondé le Roxy, et est vu comme un des papes de la House européenne. Rien que ça.
Petit extrait en angliche: "What a great CD you gave me... I am really impressed with the production and the vocals. Especially track 5 'In My Life' has been played overhere quite a lot, also 'Never Have It To End'. 'In My Life' reminds so much of Fingers Inc, the mood, the lyrics and the vocals. My friend also loved hearing the CD, he describes it as melodic, soulful house music. And that's exacly my idea as well. 'In My Life' is really quite an outstanding tune, very cleverly produced. I am sure I will play this in a dj-set. But overall your CD brings back a lot of memories of great music, with an edge to the production that is very today. That's the way great music should be, I think..."
Autant dire que ça fait terriblement plaisir...

Puisqu'on en parle, la revue de référence DJ Broadcast va recenser Überlove en novembre, nous sommes curieux. On parle aussi d'Überlove dans le magazine de luxe néerlandais Good2b (lien), où ils se sont contentés de remixer ce qu'on a envoyé à la presse... "Lekkere plaat, gekke mix, kortom, eentje voor in de collectie" (disque délicieux, mix génial, en résumé, un disque pour votre collection). Pas mal, nan?

mardi 21 octobre 2008

Pauvreté, la surprise



Le rapport de l'OCDE sur la pauvreté est intéressant, et surprenant. Il révèle que la pauvreté est moins développée en France qu'aux Pays-Bas, en bien sûr encore moins qu'aux Etats-Unis. Plus intéressant, on découvre que la France dépense plus d'argent pour sa population que les Pays-Bas. La pauvreté a reculé en France en 20 ans, alors qu'elle a augmenté aux Pays-Bas.
Découvrez par vous-même ces résultats graphiquement ici. L'image ici est l'évolution depuis les années 80. En gros plus on est en haut à gauche, plus la société est inégalitaire et moins elle dépense pour les faibles. Plus on est en bas à gauche, plus la société est égalitaire. Seuls les pays scandinaves et l'Autriche sont plus solidaires que la France, et seule la Suède dépense plus socialement que la France.

J'avais déjà eu cette impression, mais tout le monde me soutenait le contraire. C'est vrai que la France s'est paupérisée, mais quand je vois les infrastructures sociales existantes (le resto U fait la différence entre les étudiants pauvres néerlandais qui mangent des merdes et les étudiants pauvres français qui mangent chaud et équilibré deux fois par jour), je vois bien ce qui manque aux Pays-Bas.
Aux Pays-Bas le régime d'assurance-chômage a été complètement lessivé, l'assurance-maladie coûte de plus en plus cher tout en ne couvre qu'une petite partie des besoins sanitaires, et surtout les pauvre sont vraiment coincés dans des trappes à pauvreté humiliantes.
Bien sûr dans mon arrondissement cela se voit moins car nous avons plein de riches. Obscènement riches pour certains, même. Il n'empêche que malgré tous ces riches nous avons une banque alimentaire. Oui, à Amsterdam Oud-Zuid, en 2008.

On dit que la société néerlandais est devenue plus dure depuis quelques années. C'est un fait culturel et politique, mais aussi social, donc. Le fait que le pays prenne moins soin de ses pauvres et que les différences entres riches et pauvres s'accroissent est un facteur explicatif évident: difficile de rester gentil et poli dans une société qui valorise le chacun pour soi.
La question est désormais de savoir si l'élection présidentielle américaine et la crise financière va avoir des conséquences positives sur ces différences, avec par exemple la remontée du parti travailliste dans les sondages, ou pas.

Exogamie



Ma sœur Patricia vient de sa marier. Félicitations, Patricia!
La famille s'étend toujours plus vers le reste du monde, avec une Patricia moitié-camerounaise et son mari kabyle, la femme de mon frère qui est bulgare, mon mari qui est américano-brésilien, la femme de mon cousin qui est aussi kabyle, le mari de ma cousine qui est italo-malgache, leur ayant été marié à une Thaïlandaise... Les statistiques portant sur l'exogamie des Français fait plus que se vérifier dans la branche Chambon de la famille. Le côté breton va-t-il relever le défi?