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jeudi 1 juin 2006

La méthode hollandaise

Cette semaine, il y a dans le Courrier International un article de Fokke Obbema (correspondant du Volkskrant à Paris) sur Jean-Marc Ayrault. Il raconte combien il l'admire pour sa "néerlandité" politique. Pour faire de Nantes, sa ville, un endroit dynamique, il n'a pas hésité à s'allier à Olivier Guichard, le président de région, de droite, alors qu'il est lui-même socialiste. Obbema loue son absence de méfiance envers le capitalisme, son pragmatisme politique et surtout, c'est très kreukreucentriste, son manque de charisme national.
Je partage complètement l'analyse d'Obbema. Je serais très malheureux en France si je faisais de la politique: coincé dans les dogmes, confronté à une droite bête bien souvent, méchante parfois, cerné par des éléphants socialistes qui se chamaillent les restes d'une république mourante, et où, en fin de compte, très peu d'énergie est dépensée à écouter le peuple et améliorer le pays.
Aux Pays-Bas, il existe une certaine médiocrité qui est parfois pesante, mais, au moins ici au sein du parti travailliste à Oud-Zuid, les questions récurantes sont: que veut le peuple, comment faire de cette ville un endroit agréable, dynamique et mélangé, comment faciliter la vie des habitants, comment imaginer l'Amsterdam de demain, comment inclure les autres partis (dont l'opposition de droite) pour réformer au mieux l'arrondissement... Nous risquons certes, trop souvent, de nous perdre dans des détails techniques (notre rôle, dans cet arrondissement, se résume souvent à des décisions techniques d'applications de règles décidées ailleurs), mais on est loin de l'autoritarisme démagogue et cynique que j'ai pu observer en France.
Malgré un crise identitaire évidente (comment être travailliste en 2006, coincés entre une gauche démagogue, des chrétiens-démocrates terrorisés à l'idée de perdre des voix et une droite en voie de lepénisation), être travailliste aux Pays-Bas est plus facile qu'être socialiste en France.